Lundi 29 décembre 2008





































 Il n'est pas réjouissant de déguster seul une tranche de saumon fumé toute aussi solitaire dans son emballage sous vide ; il est difficile d'avoir chaud dans une maison sans présence humaine. L'envie d'avoir une compagne ou un compagnon s'exprime sur les liste de voeux adressés au Père Noël ou dans les prières adressées au Très Haut. « Gall, du wottsch e Mannele ? » « Ja, Chrischtkindel, ja » !



 Demander l'assistance du ciel pour avoir deux oreilles de plus dans son lit, c'est admettre la présence nécessaire d'un tiers pour réaliser le désir de couple. Mine de rien, on retourne quelques décennies an arrière, quand les couples se formaient avec l'aide d'une marieuse ou quand les rencontres devaient se faire dans des bals de débutants ou des foires aux célibataires.



 Heureusement, quand la campagne a été désenclavée par les trains et les bus, quand les jeunes allèrent à la ville, les amours débutèrent autrement. Coup de foudre sur le lieu de travail, dans les transports en commun, sur les bancs des lycées, sur les fauteuils des cinémas, à la table de bridge... La passion amoureuse trouvait ses racines dans les hasards de la vie.


Cherche partenaire particulière


 Hélas, le bonheur n'est pas toujours le fruit du hasard. La multiplication des divorces en atteste. Les candidats à la vie à deux préfèrent à l'heure actuelle des relations durables, mais dans un cadre dénué de passion.


 Dans les premières approches, les questions ont pris la place des exclamations. Après les « t'as d'beaux yeux, tu sais  ! ! » et les « tu es si douce ! ! », on entend des « tu travailles où ? » « t'as un CDI ? », « l'appart est à toi ? », « t'as des enfants en garde ? Une pension alimentaire à verser ? ». Désormais, on fait un essai ; c'est le temps des partenariats.



 Le partenariat est comme une association loi 1901. Les deux membres doivent avoir un ou plusieurs points communs (la musique, le ciné, les jeux vidéo) ; ils payent une cotisation pour la survie de l'association (moitié du loyer et des charges, moitié des frais de bouche etc.) ; ils sont habilités à avoir des subventions (des parents, grands-parents et autres bienfaiteurs).


 Les heureux membres des partenariats peuvent avoir un appartement plus grand que les studettes de 25 m² dévolues aux personnes seules avec un revenu. La vie quotidienne est plus facile.


 Pas besoin de passer une demi-journée au téléphone pour trouver quelqu'un qui vous accompagne au ciné, en boîte ou au ski. Il y a un « toujours prêt » ou une toujours « prête » sous la main, il suffit de dire « on y va ? » et l'écho répond « on y va ! ! » Le Scrabble et les autres jeux deviennent plus vivants, les repas plus animés avec les dernières vannes ou les récits de l'« autre ».


 « On reste ensemble parce que c'est mieux que d'être seul ». Hopla ! Et pourquoi ne pas choisir encore plus pratique ? Un kiné si on a un mal de dos chronique ? Une pédicure si on a du mal à soigner ses pieds ? Un plombier pour en avoir un sous la main. Ou comme ma tante, celle qui dit « je vis avec Dédé parce que moi j'ai la voiture et lui le permis ».


Et l'amour dans tout ça ?


 Et l'amour dans tout ça ? Ma tata l'a proclamé, « l'amour, ça vient ou pas mais ça n'empêche pas les gens de vivre ensemble ».


 Comme dit ma voisine, elle aussi en partenariat, « un homme que tu aimes est comme une dent. Tu le soignes, il te donne tes plus beaux sourires mais te fait souffrir. L'homme que tu n'aimes pas est une sorte de pivot : la vie est plus facile si tu en as un et celui-là ne peut pas te faire souffrir ».


 

 
























"Un homme que tu aimes est comme une dent..."
Belle formule !
Mais quand on l'arrache, quel vide !
Merci Joce

Par Simone - Publié dans : Huguette Dreikaus
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