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Le bon côté du cadeau inutile, outre qu'on n'oublie pas de sitôt
son généreux donateur, c'est qu'il prolonge l'esprit de Noël bien au-delà des fêtes.
Le présent opportun lui, aurait tendance à être un peu vite
adopté : sitôt reçu, sitôt fait sien, digéré, intégré dans le quotidien. Ce n'est pas du tout le cas du truc bête. Avec l'écharpe de velours brodée de canards jaunes, le
sous-vêtement Lagaffe ou le bougeoir à deux balles de bazar-import se pose le défi de l'après-Noël.
A voir le succès de certains sites internet permettant les
échanges sous la houppelande, la migraine post-réveillon frappe dur.
Le dernier Goncourt reçu en double, le mixer à rétropédalage ou
la doudoune rose trop grande s'y bousculent. Un internaute sur trois refourguerait la patate chaude qu'il a trouvée au pied du sapin.
A tel point que l'embouteillage de cadeaux redoutables menace. Au
grand dam des vendeurs prêts à donner du mou sur le prix des chaussettes Marsupilami ou de l'accroche-clés en pur bambou tressé.
Loué soit Noël
De petits malins tiennent l'alternative. Puisque revendre ses
cadeaux c'est pas bien, et les garder encore moins envisageable, pourquoi ne pas les louer ?
En voilà une bonne résolution pour 2009. Plutôt que de froisser
tata en mettant au clou la machine à coudre amoureusement trouvée au supermarché, prêtez-la. Moyennant finances. Idem avec l'appareil photo qu'on ne sait pas où caser ou le GPS
avec cartographie de l'Amérique du nord.
Le locataire du zinzin est censé y trouver temporairement son compte. Comme le bailleur qui, tout en restant
propriétaire du trésor (gare aux visites surprises de tata), en tire de menus bénéfices. Voilà pour le principe. Dans la pratique, ne pas croire aveuglément au père Noël. Trouver
preneur, même à durée déterminée, d'une crosse de hockey en fer forgé ou d'un monocycle à pneus cloutés, ça peut prendre du temps.
Mais patience est mère de rentabilité. L'amateur affolé, un jour, peut sonner à votre adresse internet.
Sinon, il se trouvera bien, dans un futur éclairé, un génie pour ouvrir le musée du cadeau-qui-a-fusillé-mon-Noël.
Didier Rose
Je pense
donc je lis les DNA
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