Quoi de neuf en 2009 ? Mais tout, voyons. C'est décrété,
annoncé à la télé : cette année verra un monde nouveau.
Il suffit de compulser les nouvelles pour prendre la mesure des
révolutions à venir. Que de l'inédit. Le taux du livret A doit baisser, l'hôpital public soigner son mal incurable, le gouvernement se renouveler après les élections, le sport
business sortir de la tourmente, le parti socialiste se refonder et le Proche-Orient trouver la paix. Original, vraiment.
Ce n'est pas tout. Sur l'échelle de Richter des bouleversements, il semblerait aussi que les minimas
sociaux puissent augmenter, les pollutions aux particules se succéder, les voitures brûlées s'additionner, les soldes sauver des saisons, les prélèvements
augmenter.
Manqueraient qu'une nouvelle crise du gaz russe, d'énièmes
économies de l'assurance-maladie ou une nouvelle réforme du chômage pour parachever le tableau d'un monde où plus rien, vraiment, n'est comme avant.
Du neuf, côté sexe
On plaisante ? Pas tant. A la rondeur des jours chère à
Giono semble succéder la spirale infernale de nos années atones. Sans cesse recommencées sur un mode déjà vu.
Il faut chercher, pour trouver de vraies nouveautés. Non sans
succès. Exemple : après un insoutenable suspense, des savants ont réussi à isoler LE gène du sexe chez le melon. Qui, le communiqué est formel, est unique - raison
pour laquelle on a eu sans doute tant de mal à le trouver.
Peut-être est-ce pour ce motif que l'on a peu fait étalage des moeurs de l'intéressé. Avec si maigre
héritage, pas grand chose de croustillant à raconter, forcément. La preuve : qui a déjà entendu parler de soirées un peu chaudes dans les colonies de cucurbitacées ?
Honnêtement, personne.
On aurait tort pourtant de se moquer. La présence ne serait-ce
que de ce pauvre gène suffirait à considérer dame nature sous un tout autre angle, question végétaux prétendument asexués.
Voilà de quoi garder foi en l'avenir. La connaissance, elle au
moins, avance.
Didier Rose
Je pense
donc je lis les DNA