Ils reviennent ! Pas tout de suite : à la fin de
l'été.
Le temps de dresser clôtures, fermer volets ? Quand même pas. Ils seront en goguette, certes. Mais surveillés. Leur pré carré sera sévèrement
grillagé.
En Forêt-Noire, le projet est bien avancé de faire revenir
l'ours. Le vrai. Rien à voir avec certains ronchons de notre connaissance, ni les peluches du rayon petite enfance.
Dans les parages de Bad Rippoldsau, un couple d'ours va
retrouver un semblant de liberté. Cinquante hectares correctement exposés, calme assuré, soins compris.
Car il s'agira de veiller sur l'ours comme le lait sur le feu.
Les plantigrades candidats ne se distinguent pas par leur extrême jeunesse. C'est de retraite dont il est question, à tous égards : après de bons et loyaux services dans
des cirques, ils viendront gratter en Forêt-Noire des arbres heureux, se tourner les pattes en redécouvrant un monde dont ils n'avaient entendu grogner que de loin en
loin : la nature.
Les hommes qui verront
l'ours
Ces locataires d'un nouveau genre n'ont pas été longs à
trouver. Ça se bousculait même au sortir des cages, pour figurer sur une liste d'attente de douze nounours.
Les autorités locales font leur miel de ce projet, qui
nécessite de faire sortir les financeurs publics du bois pour aligner un demi-million d'euros. Mais l'expérience promettrait d'être retentissante, la renommée à la hauteur d'un
parc qualifié d'alternatif. Sans doute parce qu'après une vie de captivité, les ours admis sur cette « Ile de la tentation » version animalière devront prouver leur
capacité à réapprendre l'autonomie (ou presque).
C'est là que les porteurs du projet semblent avoir la fourrure
épaisse et le moral à bloc. Pour aider nos amis les ours à retrouver leurs réflexes, on les fera cohabiter avec... des loups. De la concurrence devrait renaître, au galop, le
naturel prédateur.
Génial. D'autant que les experts disent avoir pensé à tout : l'Homme, lui, sera tenu à distance respectable.
Il fallait laisser aux bêtes à crocs une chance de ne pas
tomber sur plus sauvages qu'elles.
Didier Rose
Je pense
donc je lis les
DNA