Alors, comme ça, nous ne
serions tous que des enfants ? Même pas vrai !
Sans vouloir jouer de manière puérile avec les mots, un monde
sépare les grands des petits : le langage.
Simple exemple : normalement, au bureau, on a cessé depuis
longtemps de s'exprimer par onomatopées et monosyllabes. Normalement.
Il paraît qu'existeraient des contre-exemples - pas de cas
particuliers ici. La science est formelle sur ce point, du moins si l'on se borne à n'interroger qu'un seul expert. Avec une certaine maturité, le vocabulaire est censé
s'enrichir considérablement.
Tout linguiste bien élevé confirmera donc. Les tropismes
lexicaux évoluent avec le temps.
Une étude commandée par des forts en lettres (l'éditeur de jeux
Scrabble) montre ainsi que les trois mots préférés de nos chers petits sont, dans l'ordre : maman, bonbon, papa. A mille lieues, on l'espère, de ce qu'auraient répondu
leurs parents.
Mot pour
mot
Les malins feront remarquer que dans le tiercé de rêve des
bambins, papa ne vient qu'APRES bonbon - une fraise tagada elle, visiblement, n'est jamais de mauvais poil. Ou, dans le même ordre d'idée, que maman vient AVANT
bonbon : même tout jeune, on sait reconnaître où se trouve la vraie douceur à libération prolongée.
Tout aussi évocateur, mais dans l'échelle inverse, les mots les
plus détestés de nos si chers chérubins sont respectivement : punition fessée, gronder. Des thèmes que jamais un adulte ne formulerait sous cette forme, même si ses
appréhensions ne sont pas si éloignées. Retrait de permis, redressement fiscal et savon hiérarchique sont d'autres vocables, pour désigner des choses très
approchantes.
Selon les auteurs de l'étude, le tiercé maudit des marmots
traduit leur « fort rejet de la contrainte ». Ce en quoi ils rejoignent, tous mots bien pesés, leurs géniteurs.
Il n'est pas que la taille de leurs jouets adorés, pour
distinguer parents et enfants. La façons dont ils nomment leurs cauchemars respectifs aussi, disent l'âge de leurs artères.
Didier Rose
Je pense
donc je lis les DNA