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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 11:09

 

 

 

 

 

Le 1er  juillet a marqué, comme tous les ans, le départ de deux mois de vacances. Les vacances, cette période de vide et d’inaction que le code du travail nous octroie pour relâcher les brides.

Le relâchement premier est de passer dans un univers mou ! Les chaussures en cuir deviennent des tongs pliables dans tous les sens, les jeans deviennent des bermudas en polyamide à géométrie variable, les lits deviennent des hamacs, les mallettes et autres contenants en cuir estampillés deviennent sacs en toile informes au contenu hétéroclite.

Et puis le corps a des exigences nouvelles. Les jambes veulent parcourir des GR vertigineux ou danser sur des rythmes latinos. Les yeux veulent contempler des flots bleus ou des temples dédiés à des divinités aux bras multiples ou à tête d’éléphant. Le palais veut éprouver des sensations nouvelles, des goûts insolites même si la prolifération de restos exotiques rend les expériences culinaires lointaines plus banales, sauf si on mange une choucroute à Bangkok !

Encore faut-il trouver un pays qui reçoit des touristes

Le 1er  juillet 2020 est passé. Le début des vacances est là. Deux mois de vide naturel appelés « congés » nous attendent après les deux mois de vide imposé appelés « confinement ».

Et nous voilà comme frappés d’une forme étrange du syndrome de Stockholm, pas vraiment décidés à quitter notre périmètre de confort.

Il est vrai que les vacances 2020, c’est kafkaïen.

Il faut trouver un pays qui reçoit des touristes, trouver un avion qui a encore des places à louer et une compagnie qui a l’autorisation d’atterrir dans le pays choisi.

Il faut s’informer auprès de son assurance sur les indemnités versées en cas de rapatriement sanitaire, s’informer sur les conditions d’hébergement sur place et glaner des renseignements pour savoir si le ticket d’accès aux plages est compatible avec la date possible pour le séjour. Déjà fleurissent des officines de “Holiday Planners” (planificateurs de vacances).

Alors, rester ? Pas facile ! Pour accéder aux parcs de loisirs à accueil réglementé, il faut s’inscrire et respecter des délais tels que si vous faites votre inscription sous un pommier en fleurs, vous pourrez y aller quand le cidre est en bouteille.

Pour aller manger une pizza, il faut réserver une table. Il y a une pizzeria à Brumath qui n’a plus aucune place avant la fin juillet.

Comme Robinson, mais sans Vendredi

Vive les vacances ! Ces vacances idéales où l’on est en harmonie avec la nature, loin de tout, avec une plage pour soi tout seul, sans guide local qui essaie de t’embrigader pour te faire suivre son parapluie tordu et te psalmodier l’apologie de sa ville.

Les vacances, en somme, c’est vivre comme Robinson Crusoé ? OK, mais pas avec Vendredi. Seul ! Mais seul avec son masque et sa solution hydroalcoolique ! Il faut savoir vivre et surtout : il faut savoir survivre.

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

mais toutes les deux... alsaciennes  ...

 

 

 

 

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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 11:03

 

 

 

 

 

 

 

Tel homme ne tire d'un piano que des sons discordants ; tel autre que des mélodies harmonieuses.  Personne ne pense à incriminer le piano.
Il en est de même de la vie. La discordance et l'harmonie y demeurent en puissance.
Si vous savez diriger votre existence en suivant le bon chemin, il en résultera de la beauté. Mais si vous menez une vie désordonnée, sans obéir à aucun principe, elle ne produira que de la laideur.
Et qui blâmer ?  Certainement pas la vie !

Tiré de « croire et servir »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 15:51

 

 

 

Je l’ai fait ! Youpi ! Et un de plus qui est pris au piège dans mon téléphone. Mon toubib, je l’ai coincé dedans. Facile ! Je me suis inscrite sur doctolib et une heure après, il était là, réduit à la taille d’un doigt comme un personnage issu des contes de Charles Bukowski. Son visage ? Je pouvais le couvrir rien qu’avec la moitié de mon pouce.

Je ne sais si vous pouvez mesurer la fierté que j’éprouve à faire apparaître, disparaître et rapetisser les gens influents au gré de ma fantaisie. Certes il m’arrivait déjà souvent de sommer Céline Dion de me chanter : « Pour que tu m’aimes encore » à deux heures du matin. Un clic de ma part, et elle poussait sa chansonnette.

J’ai même tiré des personnages défunts de leur repos éternel.

Depuis belle lurette, je fais de même avec cette psy qui me conforte dans l’idée que moi, petite personne douce et fragile, je suis entourée de pervers narcissiques. Clic ! Et hop, elle parle dans mon téléphone. Vous avouerais-je que j’ai même tiré des personnages défunts de leur repos éternel pour assouvir des fantasmes personnels en wi-fi ? Marlène Dietrich obligée de me susurrer « Lili Marleen » ad libitum, les regrettés Lino Ventura, Bernard Blier et Francis Blanche condamnés à rejouer pour moi, encore et encore, les Tontons flingueurs , vivant ainsi la malédiction du Vaisseau Fantôme.

Et maintenant ? Maintenant ? Tous ceux qui d’emblée me font peur sont enfermés sous l’écran de mon smartphone. Ma coach sportive ? Dans mon téléphone ! Distance salvatrice. Elle ne me bloque plus contre le mur manu militari pour les positions de gainage. Plus touche !

Le vénéré docteur ne me dira plus : « Vous n’auriez pas un peu plus de surface mammaire ? » Il ne voit que ma tête !

Mon banquier ? Sous vitre ! Quand il me dit : « Il faudra penser à alimenter le compte courant », je fais le coup du tunnel avec une application « Envoyez des parasites sur votre écran de téléphone ».

Je suis la reine du monde ! Je suis le Harry Potter des relations humaines. Mon smartphone est ma boîte à bonheur. Au plus fort du confinement, ma petite-fille dansait pour moi un genre de Lac des cygnes improvisé du haut de ses 18 mois.

Des gens plats.

Bon, là, je jubile, je jubile ! Mais il faut le dire… Avec ces nouvelles possibilités de mon téléphone, je ne fréquente plus que des gens plats. Ils n’ont plus que la hauteur et la largeur. Ils ont la morphologie des feuilles à glisser dans un fax. Au secours, j’ai des enfants plats ! Ouf qu’à la vue de mon petit bidouf quelque peu proéminent, je suis rassurée : « Moi, j’ai encore de l’épaisseur ».

 

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

mais toutes les deux... alsaciennes  ...

 

 

 

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 12:01

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 11:06

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 15:52

 

 

Mon petit voisin Jason est venu déguisé en renne avec une mini-crèche en plastique dans la main en criant « C’est la fête de papa Noël ! » et en hurlant la chanson de Tino Rossi. Il est vrai que le père Noël est le seul papa que connaisse Jason. Sa maman est parente isolée.

Les hommes sont en CDD dans un couple

Alors en vérité, je vous le dis, les hommes : « C’est la fête des pères, profitez-en, profitez-en ! » Voilà encore un statut qui va disparaître au même titre que bagagiste ou allumeur de réverbères. La technique, Messieurs, la technique !

Comme dit Lili : « Depuis qu’il y a les ouvre-boîtes électriques et les inséminations artificielles, les femmes peuvent se passer du mâle sans pour autant devoir renoncer aux enfants et aux petits pois. »

Les mœurs changent profondément. Les hommes sont en CDD dans un couple et certains enfants sont appelés par le destin à gratifier du nom de « papa » un nombre impressionnant de messieurs qui se succèdent devant les bols du petit-déjeuner et sur le home-trainer du salon.

La fille de Lili achète un seul cadeau pour la fête de ses cinq « papas » et procède à un tirage au sort en vidéo conférence sur Skype.

L’homme subit cette loi Bic que subissent les stylos-bille et les rasoirs. Il est jetable ! Et être le père d’un des fruits de la relation ne pérennise pas sa situation dans le ménage. Le mâle devient un objet de consommation courante recherché pour ses phéromones, ses étreintes et des instants de nirvana.

Lili dit : « J’aime ces moments où je trouve un bien-être total. Mais ce n’est pas parce que je trouve l’extase avec une pilule euphorisante en vente dans la pharmacie du coin que je suis obligée de me marier avec le pharmacien. »

Croyez- moi, la paternité traditionnelle est en danger. Méfiez-vous, les hommes ! Sexuellement parlant, on vous exploite, on vous spolie. La graine que vous semez ne vous donne aucun droit sur la tomate qu’elle fait germer.

Bonne fête, papa ! Le mien nous a quittés il y a cinq ans. Sur son lit de mort, il a dit : « J’ai pris un éclat d’obus russe en 1941, et voilà qu’il a raison de moi. » Sacré papa ! En quelque sorte, il est mort en héros de la guerre, achevé par un obus ennemi vieux de 74 ans !

C’était un père.

Il me faut rajouter que mon papa n’était pas vraiment un papa, c’était un père ! Une sorte de chef d’État tout-puissant autoproclamé. Son slogan : « Doo hinne word gemacht was ich will ! » (ici on fait ce que je veux !).

Il était très coluchien, en plus. Sa devise était : « Dis-moi ce que tu veux, et je te montrerai comment on peut s’en passer. »

Bonne fête, papa ! Si on me demande « Votre père, c’était quoi pour vous ? », je dirais sans ambages : « C’était le mari de maman. »

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 10:36

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 15:54

 

 

 

 

 

 

 

Le petit Robert et la grande Larousse ont été trop nourris pendant la pandémie : ils dégoulinent de mots nouveau-nés.

Comme il a fallu quarante jours d’une pluie qui tombe sans trêve sur Noé pour faire naître le mot « déluge », il aura fallu la crise du covid-19 pour garnir des cases nouvelles dans les dictionnaires.

Une pléthore d’experts en épidémiologie et de psychiatres aura droit de… citer dès à présent les néologismes nés des discours de nos politiques ! Outre le « coworking en open space » qui cède la place au « télétravail » et les « fichés S » qui se verront adjoints aux nouveaux « fichés C19 », nous avons maintenant des définitions nées de la pandémie comme « confinement », « gestes barrières ». On ne dit plus : « Je me lave les mains », on dit : « Je fais un geste barrière ».

Et ce n’est pas tout ! Notre univers a changé et les mots pour le dire sont apparus comme est apparu le verbe « schlinguer » dans la bouche du premier homme à qui on a servi un munster !

En effet, sagement confinés dans notre espace de vie entre lit, canapé et machine à faire le pain, nous avons connu la joie de vivre sans la voiture et d’aller à pied chercher nos œufs, nos salades et nos fraises chez le paysan du coin.

Survivalisme et sentience

Le petit Robert et la grande Larousse ont immortalisé ces attitudes dans ces dicos qui sont aux mots ce que le Grévin est à Mimie Mathy. Ainsi les générations à venir sauront que nous sommes à l’origine de la « dédieselisation » par recours au vélo, et que nous sommes devenus « locavores » en préférant les cerises aux mangues et le poulet de la ferme au pangolin chinois.

En ce qui concerne les mots définissant un comportement, le « boboïsme » de 2019 a fait place au « survivalisme » et la « résilience » est revenue au goût du jour avec la « sentience », néologisme fait pour exprimer notre capacité à ressentir fortement toutes formes d’émotions.

Perso la « sentience » m’a frappée en plein cœur ! Quel choc, cette prise de conscience 53 ans après les faits ! En 1967, lors de la projection du film La Nuit des généraux , mon mari m’a dit le nom de l’assassin dès les trois premières minutes du film, et aujourd’hui, le Petit Robert m’apprend que mon mari était un… « divulgâcheur » !

Horreur, malheur ! Il va falloir que je surveille mes enfants ! Il peut y avoir des risques de propagation génétique. Des « recommandations barrières » s’imposent !

 

 

 

Huguette Dreikaus ? 
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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 05:53

 Hallelujah Leonard Cohen (1984)

 Stjepan Hauser  violoncelliste croate

 

 

2017 - 2020

Marie-Paule 
ma chère soeur
trois déjà... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 10:47

 

 

 

 

 

 

 

On peut sortir ! On peut aller dehors ! Oui, mais c’est difficile. Après deux mois de confinement, je me suis construit un bunker physique et mental.

Dans mon cocon de briques et d’hortensias, j’étais à l’abri des postillons et des morsures de pangolin. Vous me direz qu’il n’y a pas de pangolins chez nous. Qui sait ? Pour parer toute éventualité j’ai fermé les verrous et j’ai fait les prières « contre le pangolin » conseillées sur internet. Même les prières ont des mises à jour.

J’ai vécu dans un mode fermé comme un trappiste. Mon smartphone marquait 4 130 pas par jour et 18 montées d’escalier. Ces 4 130 pas, je les faisais en va-et-vient dans mon couloir. J’ai compris qu’on pouvait aller à Compostelle sans quitter son corridor.

Les montées d’escalier, c’était ma séance de cardio effectuée loin de ces salles qui sentent le dessous-de-bras et le plastique chaud.

Un monde où on me met cette étiquette indélébile « vieille »

Chez moi pas de complexe face à des nanas au corps avec ces mensurations qui permettent de faire comprendre illico aux hommes qu’ils ont encore le critère essentiel exigé pour la reproduction. Chez moi, je suis la meilleure en gainage et en cross-fit ! Alors, comment voulez-vous que j’aie envie de descendre de ce piédestal si bon pour le moral ?

Je vis le syndrome de Stockholm. Je suis frappée de la forme la plus aiguë puisqu’elle atteint l’âme. Deux mois à me réfugier dans le cinéma des années 50 et 60, à revoir les femmes à chignon et à jupe sur des bas nylon! Pendant deux mois, j’avais 15 ans à vibrer pour Cary Grant, 40 ans avec Tom Hanks dans Forrest Gump.

Alors… croyez-vous vraiment que j’ai envie de sortir dans un monde où on me met cette étiquette indélébile « vieille » avec tous les dommages collatéraux : personne vulnérable, non prioritaire dans les soins d’urgence ?

Tout bien considéré, je reste à l’intérieur. Là où j’ai 40 ans max, là où je ne souffre pas de ne plus voir mes enfants, mes amis et mon amour parce que, confinée, c’est moi qui ai les cartes de l’éloignement en main. Confinée, je ne me sens pas abandonnée, je me dis que c’est ce virus qui me rend inaccessible.

Dans mon bunker, je lis Le Pigeon de Süskind, cette histoire d’un homme qui s’est construit un univers minimaliste, un petit studio d’où il peine à sortir si ce n’est pour prendre son travail de portier pour le loyer et la pitance. Je suis ce Jonathan Noël imaginé par Süskind. Je découvre le bonheur de la vie dans un petit périmètre. Je veux vivre dans un petit cercle comme ceux qui se dessinent par terre, depuis peu, dans tous les lieux publics afin que les gens s’y posent pour éviter la promiscuité.

Une immense marelle

Dorénavant d’ailleurs, le monde sera partagé en traits ou en cercles de peinture pour signaler les itinéraires et les points d’attente obligatoires. Le monde devient une immense marelle où tous les humains sautent à cloche-pied.

Dehors, c’est Sodome et Gomorrhe ! Moi, je reste à Stockholm !

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ? 
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Texte Libre

deytsc

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