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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 17:19

 

 

Une journée, c’est 24 heures et 86 400 secondes et chacune de ces secondes contient des parcelles actives de notre vie. Chaque seconde, notre cœur bat. Chaque seconde, notre cerveau reçoit des informations qui se répercutent sur nos muscles, nos organes ou sur notre pensée…

Je suis allée à la recherche de mon temps perdu à la manière de Proust, de James Joyce, de Peter Handke ou de Jessica qui tient son journal avec précision : « 7 h du matin, je me réveille et je me lave les dents. Parce que la nuit met de mauvaises odeurs dans la bouche. Pourquoi ? » Jessica a bien compris le fonctionnement de l’humain face au temps : subir, agir, réfléchir. Je vais donc vous narrer ma journée de jeudi à la manière d’Apollinaire. Ma vie vécue. Ma vie subie. Mes réflexions sur la vie.
Mon Moi visible dans le miroir
Il y a dès 5 heures cette rencontre avec mon Moi visible dans le miroir. Il y a un cerne bleu autour de l’œil. Mon esprit se met sur «angoisse». Mon cerveau m’envoie le mot « veine éclatée ». Mes jambes m’emmènent vers le PC. Je clique sur « cerne bleu autour de l’œil » et je lis des choses qui nourrissent mon angoisse. Je sens des flots d’adrénaline m’envahir.
Il y a la radio qui passe une chanson d’Aya Nakamura. Je n’y comprends rien. Je pense à Claude François qui est mort un 11 mars. Il était narcissique et caractériel. Ces gens-là sont comme nous. Mamema dirait : « On ne touche pas à l’électricité ».
Il y a Mamema qui vient occuper mes pensées. Je regarde les chaussettes qu’elle m’a tricotées parce qu’il faut participer activement à la création du monde. Mamema dit : « Dieu ne nous a pas tricoté des chaussettes, mais il nous a donné l’idée de le faire et les moutons pour nous donner la laine. Un ich bin draan nuss  » (je me suis mise à l’ouvrage).

Il faut changer la déco
Il y a dans le journal un article sur le déballage de Meghan et de Harry. Je me rappelle des soirs de Noël tout aussi gratinés où ma cousine Francine a vociféré contre sa sœur Lucie : « Es langt ! Si on dit partout qu’on est contente de vivre seule sans homme, on ne fait pas de gringue au mari de sa sœur ! Laisse Maurice tranquille, espèce de... »
Il y a le facteur qui sonne pour me tendre avec ses gants en latex la reproduction d’une œuvre de Banksy. Elle est lessivable. Elle est donc moins fragile que la Joconde. Je vais l’accrocher à la place du Spindler de tante Marie. Il faut changer la déco. J’entends Plaza dire : « C’est vieux ! C’est moche ! » C’est fou ce qu’on est conditionné.
Il y a ce masque chirurgical que je mets automatiquement dès que je mets les pieds dehors. Est-ce que j’agis ou je subis ? Va falloir que j’épile mes sourcils qui sont la partie visible de mon visage.
19 heures. Il y a mon fils qui vient en voiture. Pour me chercher. Direction le cabinet de mon médecin.
19 h 15. Il y a une vaccinée de plus dans ce bon royaume de France.

 

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 08:01

 

 

 

 

 


 mais celui qui ne combat pas
a déjà perdu.

 


Bertolt Brecht
1898-1956

 

 

 

Fritillaria_imperialis_crown_imperial_Bokeh_Yell

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 mars 2021 7 07 /03 /mars /2021 08:11

 

 

Bisous interdits...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 17:06

 

 

 

« S’isch eso ! » Une courte phrase exclamative énoncée des dizaines de fois par jour par mamema qui voyait dans tout acte de notre histoire personnelle et collective la main du destin. En levant ses bras au ciel pour les laisser retomber sur les hanches, elle signifiait l’impuissance de l’être humain par rapport à la roue du sort : « S’isch eso ! » Toute l’expression du fatalisme alsacien...
Nous sommes dans une de ces périodes où le sort s’acharne. Il a anéanti les kangourous d’Australie, il a noyé le Bangladesh, il a envoyé la Covid. C’est un remake des dix plaies d’Egypte. Peut-être devrions-nous, comme Moïse, nous tenir au bord de la mer Rouge. Qui sait ? Le ciel pourrait ouvrir les eaux pour nous permettre d’entrer dans un monde meilleur, un monde calme et libre de tout virus ! Mamema dirait: « Dee zitte sin rum, s’isch eso ! » (Ces temps-là sont révolus, c’est comme ça !)

Sens dessus dessous
Nous voilà bien ! Nous sommes empêtrés dans un piège né dans les étoiles. Un désastre venu des astres. Relisez les prédictions astrales pour 2020 ! On y annonçait l’alignement de Saturne et de Pluton dans le Capricorne. La chienlit ! Cela annonce toujours une période dure qui dure. Accidents, catastrophes, maladies et surtout bouleversement des vies personnelles et de la vie sociale. Nous sommes les victimes inexorables de la carte du ciel. Lili dirait : « Que voulez-vous que la bonne y fasse ? » A cause de ce phénomène de rencontre de deux planètes dans la constellation céleste, le monde a changé. Tout est sens dessus dessous.
Le chien à promener est devenu le symbole absolu de la liberté et du comportement subversif. Dans les chalets de Noël des centres-villes, le veau Marengo et le bœuf bourguignon remplacent les churros. Sur les sentiers des forêts, on voit les accros des tapis de marche en mal de salle. Dans les boucheries, on peut acheter des fleurs parce que le boucher soutient une fleuriste en difficulté. Les artistes de la scène deviennent influenceuses et, au lieu de déclamer du Molière ou chanter du Piaf, elles déclament les avantages d’un ventre plat chirurgical ou chantent les bienfaits d’une crème nourrissante pour le corps. C’est une révolution comme une lame de fond qui s’opère dans les parangons de la société, « s’isch eso ! »
Saturne et Pluton se lient pour nous submerger de malheurs ? Il paraît que c’est inexorable et que la Covid était obligée d’intervenir en ce bas monde pour faire savoir à l’humanité que c’est le ciel qui décide. Oui, mais dans le ciel, il y a aussi la rédemption. Dieu a sauvé la Marguerite de Faust.
Alors, si Saturne et Pluton pensent avoir mainmise sur notre existence, c’est compter sans sainte Odile et sainte Rita, ou Notre-Dame-de-Lourdes. Lourdes ? La grotte est ouverte. Et surtout, « l’eau de Lourdes coule en continu ». Plus besoin d’appuyer sur un bouton pour actionner le débit. Le geste barrière s’applique jusque dans les lieux de miracles. Tous à Lourdes, même les protestants ! Le miracle est possible.
Le bonheur peut se trouver au bout de quelques cierges sacrifiés par le feu. A ne pas allumer après 18 h. S’isch eso !

 

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 12:59

 

 

 

 personne d'autre
que vous-même
est une journée perdue.

Abraham Lincoln
(1809 - 1865)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 11:56

 

 

Dieu, que la vie était douce du temps où tout se passait selon un calendrier immuable ! Le temps des marronniers, ces sujets qui reviennent chaque année dans les médias. Un temps où les journaux parlés, écrits et télévisés évoquaient le Tour de France en juillet, la rentrée des classes et le poids du cartable en septembre, les fête du vin en octobre, les marchés de Noël et l’ode au vin chaud en décembre, les carnavals en février.
Février a non seulement moins de jours que les autres, on lui a aussi enlevé ses grands titres de gloire. Finis les défilés de gens masqués ou revêtus de costumes somptueux qui déambulent au son de sambas ou de humpa humpa täterä.
Rio et Bâle perdent un bout de leur âme, les Cariocas resteront comme nus sans leurs atours, les Bâlois dépériront sans leur fifre et leur schnitzelbank.

L’amour cette année se fêtera à côté du micro-ondes
Il se trouvera certainement des bals ou des cortèges clandestins. On est revenu au temps des catacombes : des gens qui se déplacent en catimini et toquent à des portes dérobées pour “faire comme avant” et se raccrocher aux traditions comme un naufragé se raccroche à sa planche de salut.
Tout se fait dans la discrétion la plus totale, jusqu’aux amoureux condamnés à un tête-à-tête dans leur salon ou dans une chambre d’hôtel décorée de cœurs rouges.
C’était tellement mieux avant, avec “Strasbourg mon amour”. Au moins on avait un public muni d’IPhone et la présence de photographes professionnels pour immortaliser nos pas de tango, notre ingestion de ballotins de volaille et nos “pavlovas” sur les pages Facebook ou dans les pages Culture des quotidiens.
Pas de tango, pas de concerts annoncés dans les journaux, juste des listes interminables de repas à emporter. L’amour cette année se fêtera à côté du micro-ondes.
Carnaval, c’est fini ! La Saint-Valentin fêtée sur des chaises en formica. Et le Salon de l’agriculture annulé. Out, la grande fête des paysans de la Porte de Versailles !

Laissez-nous humer le lisier et la bouse !
Il y a quelque chose de pourri dans ce monde. Voilà des agriculteurs qui sont dans leurs fermes ou sur les marchés pour nous ravitailler en ces temps difficiles, et la seule présence médiatique qu’on leur octroie, c’est une émission où on décrit des paysans naïfs, légèrement inhibés, puceaux tardifs et mal-aimés.
Rendez-nous le Salon de l’agriculture ! Laissez-nous humer le lisier et la bouse, laissez-nous entendre les beuglements, bêlements et autres caquetages ! Laissez-nous profiter de ces odeurs et de ces sons qui ont obtenu un droit de cité légal face à des British venus vivre dans une résidence secondaire pour échapper à la tarte aux rognons.
Il ne faut pas tuer le Salon de l’agriculture ! Ne privez pas Marguerite ou Olga du titre de plus belle vache de France. N’empêchez pas le président de la République d’avoir son heure de gloire à tâter le cul des vaches ou à proférer des phrases qui seront des citations pérennes, “Casse-toi pauvre con !” (Nicolas Sarkozy en 2008).
En ce mois de février, je pleure la mort des marronniers. Quand les journaux ne publieront plus les mêmes articles aux mêmes dates, il faudra craindre pour l’avenir. En l’absence de marronniers, ma tristesse me pousse à boire… un tilleul !

 

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 13:28

 

 

 

 

 

     Qui prouve son amour au quotidien
n'a plus besoin de la Saint-Valentin.

 

 Damien Berrard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 15:38

 

Avec Olivier Véran, l’acteur majeur de la campagne de vaccination s’est mis en scène. Il est le premier parmi les ministres à recevoir en public la fameuse injection. Pour autant, ce n’est pas un comédien accompli que l’on a vu tendre l’épaule. La scène de la piqûre « impromptue », de passage à l’hôpital de Melun, a failli ébranler par son invraisemblance la portée de ce geste très sérieux.

S’il a paru s’inquiéter de ne priver personne de cette dose au débotté, le neurologue Véran avait à l’esprit une autre crainte. Il ne pouvait gâcher le symbole de la vaccination du représentant de l’État le plus impliqué, après le président bien sûr. Le moment devait être marquant dans l’actualité sanitaire et susceptible de porter des effets.

Ce n’est donc pas la mouche de l’improvisation qui a piqué Véran, c’est bien le métier du médecin qui a parlé. D’abord en adressant le message à ses pairs que l’hésitation vaccinale n’est plus du tout de mise. Ensuite en signifiant au pays que le vaccin AstraZeneca est d’efficacité suffisante pour améliorer significativement l’immunité collective, au moins tant que les variants n’auront pas triomphé : il n’est pas censé être en l’espèce un vaccin au rabais.

D’évidence, le palier est crucial dans la gestion de la crise et dans le positionnement de la France. La solution d’AstraZeneca arrive en quantités assez importantes, sous une forme assez commode, pour lui permettre de faire tourner le compteur des vaccinations dans la grande course mondiale aux taux d’immunisés.

De toute façon, Paris ne peut rater ce pari-là : en dépit des incertitudes liées aux variants, le produit anglo-suédois s’avère indispensable pour gagner rapidement en couverture immunitaire avant un éventuel rebond épidémique. Véran n’aura jamais le César du ministre de la Santé volontaire pour se faire vacciner à la volée. Mais le rôle qu’il a endossé a le mérite d’illustrer, mieux qu’avec des discours culpabilisants, l’intérêt d’utiliser très vite les millions de doses enfin livrables. Dans la crise qui dure, on ne saura lui faire reproche de conseiller à ses concitoyens d’être à leur tour majeurs et vaccinés.

 

 

 

Didier Rose
L’éditorial

 
 
Je pense donc je lis les DNA 
Dernières Nouvelles d'Alsace

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 08:29

 

 

 

 

 

 

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 11:47

 

 

 

 

La mort rôde. C’est indéniable. Le virus est partout. Il a juste un atout : comme les vampires n’aiment pas l’ail, il n’aime pas les masques, les coudes pleins de morve et le savon. Si on est seul, il ne vient pas. Alors on nous conseille de rester seuls. Il jouit alors du spectacle de nos vies confinées dans nos cellules monacales à déguster des soupes faites avec des légumes que des paysans masqués et cagoulés déposent sur notre paillasson.
Ha, ha, ha ! Le bougre de virus ne sait pas que notre solitude est peuplée ! Dans notre salon, il y a tour à tour des journalistes en stilettos et au brushing parfait qui déclament les infos avec des sourires extraits des pubs pour dentifrice, puis les candidats de ces jeux où il faut connaître par cœur ou le dictionnaire ou les 1 000 titres d’un jukebox.
Dans ton salon donc, à travers la télé, il y a des centaines de personnes qui défilent. Et la mort aussi. La mort par balle, par strangulation ou par immersion dans l’eau, mais la mort fictive.

On voyage à travers le meurtre
Nous sommes des serial killers en pantoufles et bouffeurs de chips. Les confinements nous parquent dans nos quatre murs.
Alors on voyage à travers le meurtre. Dans les séries, on pratique l’assassinat de proximité. Meurtres à Strasbourg. Meurtres à Saint-Malo. Meurtres en Bourgogne, et j’en passe. Meurtres avec des effluves de bons vins, de plats mijotés et de paysages à vous couper le souffle. Ces paysages, on les admirait en été quand on les voyait sur nos écrans au cours des étapes du Tour de France. Maintenant, on voit cathédrales, vignobles et allées royales au détriment d’un être ou deux qui doivent laisser leur vie (pour de faux). Chez nos voisins allemands, c’est pareil. Là-bas aussi, le « Mord und Totschlag » suit un GPS.

Une thérapie contre le spleen
Pourquoi cet engouement pour ces séries avec épanchement de sang, avec vision de salles de réa aux tuyaux multiples et aux bip bip lancinants ? Elémentaire, mon cher Watson : c’est une thérapie pour lutter contre le spleen engendré par nos incertitudes quant à la fin prochaine de cette pandémie.
En plein dans cette pandémie interminable, nous voyons une affaire où il est également question de mort se terminer en 52 ou en 90 minutes. Ça rassure ! Mamema dit : « Alles hett emol e End » (tout a une fin).
Nous voyons ces corps étendus chez le médecin légiste – la star des séries – mais nous, nous pouvons nous lever de notre fauteuil et aller purger notre vessie selon le principe «je pisse donc je suis ».
Et surtout, dans ces petits films, l’assassin est capturé et neutralisé. C’est un tel dénouement que nous attendons pour la Covid. La Covid qui copie les scénarii des Krimis. Après Meurtres en Cornouaille, Mord am Bodensee, voici : « La Covid en Afrique du Sud, la Covid en Angleterre », et qui sait, un jour : « la Covid de Niederschaeffolsheim ».

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

 

 

 

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