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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 12:07

 

 

 

L’Allemagne est entrée dans mon existence par les oreilles avec les sons sortis du Saarländischer Rundfunk et les émissions de Gerdi und Fritz Weissenbach ! Le « Schneewalzer » et le « Junge, komm’bald wieder » se sont gravés avec de profonds sillons dans la chair de mon oreille interne où ils cohabitent avec le « Gegrüsset seist Du, Maria » et le « Stille Nacht ». L’Allemagne est entrée dans mon nez avec le « 4711 » l’eau de Cologne familiale.
Mes passages vers l’Allemagne avec mes parents étaient des épisodes rocambolesques du feuilleton « Douanes sous haute surveillance ». On passait la frontière retour avec des habits neufs achetés chez Adler dans lesquels mamema avait cousu de vieilles étiquettes pendant notre Kaffekränzchenhalt dans un de ces Konditoreien où le café ne se boit pas sans « Bärenmarke ». Je ne vous dis pas l’adrénaline épanchée pendant ces voyages !

L’adrénaline douanière
Et voilà que pendant le premier confinement, l’adrénaline douanière est revenue. Pire parfois. Mes amis frontaliers mettaient souvent une heure pour passer la douane. « Papiere bitte ! », avec contrôle de la pression des pneus et tests d’alcoolémie dès 5 h du matin. Les Allemands sont devenus étranges. L’Allemagne est devenue un pays étranger durant cette pandémie. À la suite des décrets en matière de tourisme, elle nous était devenue aussi inaccessible que la Grèce et la Thaïlande. Récemment encore, les Alsaciens habitant la frontière se posaient la question : On a le droit d’aller à un kilomètre mais ce kilomètre peut-il comporter un passage de la frontière ?
Le coronavirus m’a enlevé le goût de l’Allemagne. J’y cherchais des moments de liesse et de folie dans ces moments de brutalité extrême. J’y allais crier « hellau » pendant les cavalcades de la Fasenacht, j’allais schunkler dans les Bierfeste, Weinfeste et Wurstfeste, j’allais booster mes hormones dans des concerts des Kastelruther Spatzen et faire fuir mes toxines à la Caracalla de Baden-Baden.
Bref, j’y avais ma « second life » dans des odeurs de Currywurst. Fertig ! Aus ! Alles geschlossen ! Tout est si loin, du coup. Ne plus avoir accès à ces rituels festifs et récréatifs a rajouté au côté monacal de ma vie. Je reste plus que jamais dans ma cellule solitaire avec mon thermomètre frontal. Même les feuilletons allemands me semblent venus d’une autre planète. Derrick est devenu Roswell.
Lili dit : « Oui mais tu peux quand même y aller pour le shampoing. » Nooooon ! Les shampoings, ça non ! Je préfère faire une cure de sébum. Je ne me lave plus les cheveux, pendant deux mois, et après, plus de shampoing allemand ! De l’eau, du savon de Marseille et un rinçage avec du Melfor. Ohne Sehnsucht ! Oder doch ? (Sans nostalgie ! Encore que…)

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

 

 

 

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 12:13

 

 

 

Tu étais ouvrier agricole. À onze ans, tu labourais déjà avec un cheval. À 80, tu descendais de ton dernier tracteur. Et, voici quelques années, alors que tu venais de souffler tes 91 bougies, tu partis pour trop longtemps de l’autre côté du chronomètre. Ne connaissant pas ta nouvelle adresse, je ne t’écris pas souvent. Le vent, le chant des oiseaux et la course des étoiles étant mieux qualifiés que moi pour te donner des nouvelles du monde. Mais aujourd’hui et peut-être car j’aimerais pouvoir compter encore un peu sur toi, je viens te parler de ce monde qui, justement, n’y est plus tout à fait.
Nous voilà pilotés par quelques jeunes godelureaux qui font fureur dans la maladresse et le mépris, qui croient savoir ce qui est bien pour nous, car ils savent avant tout ce qui est bien pour eux. Depuis le mois de mars nous avançons, un masque plaqué sur le visage. Pendant 6 mois les enfants ne sont pas allés à l’école. D’ailleurs, en parlant d’école, ceux de ta génération faisaient moins de fautes et savaient mieux compter avec un simple certificat d’études que la plupart de nos bacheliers.
Que je te dise aussi, parce que certains font déjà semblant de l’oublier, au début de l’été, quelques élus zélés avaient installé des corridors sur le sable pour que nous puissions aller voir la mer. Oui, oui, tu peux me croire, nous n’avions même plus le droit d’aller voir la mer, ni la montagne d’ailleurs ! Et puis, plus rien, peut-être parce que les échevins de faction à Lutèce avaient compris qu’il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin.
Avant cela, ils nous ont aussi interdit de rendre visite à nos anciens dans les maisons de retraite où beaucoup sont morts sans avoir vu une dernière fois leurs épouses, leurs maris, leurs enfants. Il était interdit de marcher dans la rue, de nous déplacer d’un village à l’autre, d’aller débusquer la morille dans le bois d’à côté, pas moyen de se faire couper les cheveux, le coiffeur avait baissé son rideau, plus de dentiste, idem pour les rendez-vous médicaux. Les mariages aussi étaient interdits, aux enterrements pas plus de 10 personnes. “Interdit” : je répète souvent ce mot parce que, désormais, ici, c’est le plus couramment employé.
Pour aller chez le boucher, chez l’épicier, “faire de l’essence” ou se dégourdir les mollets, il fallait se munir d’un laisser passer. Un bout de papier contrôlé par les gardes du cardinal de service que l’on nous obligeait à remplir nous-même, c’est dire le degré de soumission. Avec, comme en temps de guerre, çà et là, planqués derrière les volets, le relent des délations.
Interdit de nous rassembler, interdit de danser, il n’y a pas eu de bal au village cet été. Interdit de jouer aux boules, au ballon, au loto dans la salle des fêtes, à la belote dans les bistrots. De toutes façons les bistrots étaient fermés et, d’ici quelques temps, ils le seront peut-être à nouveau. Figure-toi qu’ils envisagent même de nous prendre la fièvre à l’entrée des restaurants.
Tous les soirs, à la télévision, nous devons écouter la parole des savants. C’est comme ça, on ne nous demande plus notre avis. Sauf, parce que ça c’est important et qu’il faut bien nous occuper, pour voter par téléphone et désigner celui qui aura le mieux chanté dans les émissions de téléréalité. D’ailleurs, à la télé, il n’y a plus que des séries policières, ça tire de tous les côtés, des meurtres en veux-tu en voilà. Tu sais même plus si c’est les informations ou du cinéma.

Je te jure, ce ne sont pas des conneries…
J’ai entendu dire aussi qu’il n’y aurait bientôt plus de pièces ni de billets, seulement des instructions sur des boites vocales et des chiffres sur des écrans d’ordinateurs. L’argent, c’est trop sale. Même avec ça, ils arrivent à nous faire peur pour mieux contrôler nos économies.
Je te jure, ce ne sont pas des conneries. Arrête de rigoler, tout est vrai. Et attends, tu vas voir ce que nous réservent les “forces de progrès”. Si tu revenais, tu ne reconnaîtrais pas ces garrigues où tu taillais la vigne entre deux bourrasques de tramontane gelée. Là-haut, les écolos ont planté leurs grands tourniquets blancs pour brasser du vent aussi futile que leurs idées. Et des idées, ils n’en manquent pas. Tiens, récemment l’un d’entre eux a supprimé le sapin de Noël, une autre veut “éliminer” les hommes, certains veulent interdire le Tour de France. D’ailleurs cette année il a eu lieu en septembre, sans demoiselles pour embrasser le champion. De toutes façons, on ne s’embrasse plus, on ne se serre plus la main. Pendant ce temps, dans les villes, les vandales (ce mot me vaudra peut-être un procès…) continuent de tout péter. Dans les campagnes, d’autres abrutis crèvent les yeux des chevaux, leur coupent les oreilles, massacrent les génisses, éventrent les petits veaux. Un peu partout, les églises flambent, mais il ne faut pas en parler. Des détraqués s’en prennent à la République, mais il n’est pas certain qu’ils le fassent exprès.
Bientôt nous ne pourrons plus rouler en voiture. Pour désherber, même sur les coteaux il va falloir reprendre la pioche. Un philosophe, qui sait certainement ce que travailler veut dire, préconise d’arrêter l’utilisation des moteurs pour avoir recours à l’énergie musculaire “animale ou humaine”. Ils sont allés chercher des ours dans les Carpates pour les installer dans les Alpes et les Pyrénées. Ils protègent les loups pendant que les troupeaux sont décimés. Et ils tirent des citoyens au sort pour imaginer le futur de nos paysans. Parce que ceux-là ont une “opinion”, tu comprends. Ils ont des idées. Même si certains ne savent pas faire la différence entre une aubergine et un navet.
Les chasseurs aussi en prennent plein la gueule, les cirques n’auront bientôt plus d’animaux. Et, tiens-toi bien, parce que celle-là il fallait la trouver, la viande sera remplacée par des steaks végétaux fabriqués dans des labos.
Comment expliquer ça à un gars comme toi qui descendais les rangées de vigne avec un sac de 50 kilos d’engrais coincé sous chaque bras, qui célébrait l’entrecôte et honorait le gigot, qui n’étais même pas rassasié après une centaine d’escargots ? Toi l’épicurien qui me conseilla un jour, alors que je sillonnais une parcelle longtemps restée en friche, de changer de sens parce que je ne suivais pas la bonne pente. Celle que l’eau devait emprunter naturellement. Celle que seuls les anciens connaissaient et que l’on ne pouvait distinguer à l’œil nu.
Parce qu’il en va, je le crois, de l’eau et du cours des rivières comme de celui de l’histoire. Si nous perdons les repères, si nous oublions la réalité, si nous ne transmettons pas le savoir avec cette part consubstantielle de sensibilité qui demeure la part la plus profonde de l’homme, les sources vont se tarir. Et les chemins qui sont parfois ceux de nos libertés, risquent de se refermer sur la misère et le chaos.
Allez Papa, je te laisse. Et surtout ne regrette rien.

 

Lettre à mon père
qui n’aurait pas supporté cette époque !

 

 

par Jean-Paul Pelras  .....

Né en 1963 à Perpignan

 

 

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6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 13:05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 12:23

 1926-2020

 

Il fut le président d’une seule France. Mais un président lui-même pris entre deux visions de sa fonction. Venu du gaullisme, il en sera le critique peu amène. Issu de la haute bourgeoisie traditionnelle, il sera un réformateur de la société comme le pays n’en avait jamais connu. Valéry Giscard d’Estaing, décédé hier soir, a été le plus jeune président de son temps. Il a aussi été celui qui a survécu le plus longtemps à son départ de l’Élysée, se permettant même d’être l’un des plus anciens ministres du Général encore en vie.

Il a été le produit d’une France élitiste et d’héritage. Et en même temps, avant que ces mots ne soient à la mode, d’une modernité à donner le tournis au pays. Jugé parfois suffisant, il a aussi été populaire. Opposé aux dérives d’une « monarchie républicaine », il se complaisait dans les ors des palais dévolus au pouvoir. Tout à tour cible de ses alliés et allié de ses anciens adversaires, VGE était un homme cherchant le progrès. Contre le choc pétrolier et la pression des orphelins du gaullisme, Giscard d’Estaing a réécrit l’histoire sociale de la France, quand bien même cela lui a été néfaste.

Il a légalisé l’avortement et y a perdu une part du vote catholique. Il a accordé la majorité et le droit de vote à une jeunesse qui favorisera la victoire de son éternel rival de gauche, un Mitterrand à qui il a dénié « le monopole du cœur ». Il a donné de la visibilité à un Chirac qui, froissé dans son orgueil par tant de condescendance centriste, s’en ira vers son propre destin de personnage d’État.

S’invitant à la table des ouvriers et se mettant lui-même en scène auprès des plus puissants, le « Kennedy français » a pris sa vie à pleines mains. Il a regardé plus franchement que d’autres, à son époque, son pays « au fond des yeux », et vu par ailleurs l’Europe dans toute son immensité stratégique. Les deux versants de VGE, l’ancien et le moderne, une fascination des sommets et une attention au quotidien le plus modeste, dans la cordialité ou parfois dans la rancœur, avaient un point de jonction : l’État, qu’il a servi avec style. Dans une Europe qu’il a rêvée.

 

 

Didier Rose
L’éditorial

 
 
Je pense donc je lis les DNA 
Dernières Nouvelles d'Alsace

 

 

 

 

 

 

 

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30 novembre 2020 1 30 /11 /novembre /2020 12:28

 

 

 

C’est parti ! Les calendriers 2021 garnissent les rayons des libraires, des casernes de pompiers et des fermes. Eh oui, depuis que l’amour est dans le pré, il n’y a pas que le pis de la vache sur les photos, il y a aussi les seins des fermières ! Elles ne sont plus sous la pression d’un dress-code de l’Éducation nationale et peuvent donc allégrement pointer leurs glandes lactées pour venir en aide aux enfants nécessiteux. Oyez, oyez, braves gens !
N’achetez pas de carnets qui contiennent des cases pour y inscrire des dates récurrentes comme « messti à Oberniederdorf », « grande fête pour les 90 ans de mémé », « sortie bus pour aller à l’Oktoberfest », « carnaval à Nice » ! Inutile, on ne peut plus rien prévoir, tout est annulé, « storniert », comme disent nos voisins, « abgebloose », comme dit mamema.

Jetez vos agendas !
Jetez vos agendas ! Ou utilisez-les pour des fins biologiques, vos rendez-vous avec le pédicure, vos dates de prise de sang, les jours déconseillés pour le coït selon la méthode Coué et avec les photos quotidiennes de vos selles pour lutter contre une invasion maligne de votre corps ou pour débusquer un tænia.
Toutes les dates de réjouissance sont bannies. Fêter l’anniversaire de mémé, c’est risquer un de ces clusters capables d’anéantir toute une famille comme dans cette histoire où l’ogre a dévoré ses sept filles.
Et je ne vous parle pas des concerts de mai 2020 qui auront lieu en mai 2021… peut-être, ou Noël qui ne se fêtera même pas en décembre !

Il n’existe pas encore de vin chaud en intraveineuse !
La polémique est là ! Les aréopages se réunissent. Les pouvoirs d’un maire ou d’un Bürgermeister se doublent d’un rôle de ministre-potentat en matière de santé et de vin chaud ! La révolution gronde. En Allemagne, moult villes optent pour le « Glühweinfrei », sans vin chaud !
Il faut dire que ce breuvage conduit à des chants publics et bruyants avec des bouches grandes ouvertes qui expulsent des millions de bactéries et de capsules mortifères dans l’air. Et on enlève le masque pour boire, hélas, il n’existe pas encore de vin chaud en intraveineuse ! Gott soll wache ! Grand Dieu de grand Dieu, quel Noël nous attend ? !
On avait déjà le Noël sans crèche à cause de la laïcité, le Noël sans sapin préconisé pour sauver les arbres. On aura cette année le Noël sans les crêpes à cause de l’interdiction du rhum « negrita » et sans vin chaud. Dieu ! Que le petit Jésus aura un triste anniversaire. Vive les marchés de Noël individuels et confinés ! Mamema dit : « Schad um de Chrischdeles ! Ich bin so gern durchsuecht worre vom e so scheene Schutzmann » (dommage pour le marché de Noël ! J’adorais les fouilles au corps. Les policiers étaient si mignons).

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

mais toutes les deux... alsaciennes  ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 12:43

 

 

 

 

Nous croyions que le luxe était ce qui est rare, cher et exclusif, tout ce qui nous semblait inaccessible. Aujourd'hui, nous nous rendons compte que le luxe, c'était ces petites choses que nous ne valorisions pas... - Le luxe, c'est d'être en bonne santé, loin des hôpitaux.  - Le luxe, c'est de pouvoir se promener dans la rue et à n’importe quelle heure.   - Le luxe, c’est de respirer sans masque.    Le luxe, c'est de se réunir avec la famille et les amis.  - Le luxe, c'est voir les regards et les sourires. - Le luxe, c'est les câlins et les bisous. - Le luxe, c'est d'aller manger au restaurant. - Le luxe, c'est de partir en vacances. Tout cela, c’était le luxe et nous ne le savions pas

 

 

 

 

 

 

 

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 01:00

 

 

 

Braves gens ! Nous ne sommes pas seulement confinés, nous sommes en conditionnel. Le présent de l’indicatif dit narratif nous rend dépressifs. « Mon coiffeur est fermé - L’élastique de mon masque me fait mal aux oreilles - Lili ne se brosse plus les dents, elle dit qu’avec le masque, personne ne peut sentir sa mauvaise haleine. »

Vous remarquerez que le présent de l’indicatif ne nous transcende pas. Et le conditionnel ? N’est- ce pas le mode du « tout est possible » ? L’adage dit : « Avec des si on mettrait Paris en bouteille. » Nous sommes donc en train de mettre Paris en bouteille tant le « si » envahit les conversations.

Notre Premier ministre a bien essayé de nous faire peur avec ce conditionnel dépressif. « Il ne serait pas raisonnable d’espérer. » Mais nous, on espère ! Nous, on aime le conditionnel constructif ! On se projette dans un avenir radieux avec des « si ».

C’est une symphonie en si qui retentit au quotidien. « Moi, je partirais le week-end à Capri en avion s’il y avait des avions – Si je vis encore dans 50 ans, c’est que je ne serai pas mort – Si mon cousin se présentait à l’Eurovision, on y aurait quelqu’un de la famille. »

Certes mais la pandémie a réussi à mettre nos « si » si enthousiastes en si mineur, celui des frustrations. « Jooo, Monsieur Hakenschmitt, je suis sûre que si votre coiffeur était ouvert vous ne vous seriez pas rasé la tête pour que ça fasse propre, gall ? » « Croyez-moi Lucie, si j’avais pu aller en Allemagne le 11 novembre, j’aurais mangé de l’oie farcie avec des knödels mais c’est fermé, alors j’ai juste regardé la recette sur YouTube. Ma bonne Lucie, je vous jure, si j’avais su, j’aurais mangé de l’oie avant le 11 novembre car Gernot le restaurateur allemand a dit au Südwestfunk que s’il avait su il aurait fait la Martinsgans au Michelstag le 29 septembre et moi le 29 septembre j’aurais été là. »

C’est vrai, Martin ou Michel, peu importe le saint du jour pourvu qu’on puisse se taper une oie cuite au four. Avec le si, on refait sa vie autrement !

2020 ? « Si j’aurais su, j’aurais pas venu »

Et Noël dans tout ça ? Rien n’est sûr. Que de « si » sifflent sur nos têtes à l’évocation de cette fête ! « Si ma fille ne pouvait pas avoir un chalet, qu’est-ce qu’elle ferait de toutes ses bougies ? Elles devraient les refondre pour Pâques pour faire des lapins-bougies ? – Madame Heinrich, si on n’a pas le droit d’avoir plus de six personnes, on va faire quoi ? Noyer Tonton Émile et Tata Fernande ? – Ils disent que si les lits de réa ne sont pas vides, Noël ne pourra pas avoir lieu ! Vous le croyez ça ? Noël, c’est quand même une crèche remplie avec un bébé, ce n’est pas un lit de réa vide – Monsieur Klein, je vous le dis, s’ils ne faisaient pas Noël ce serait presque mieux. Moi, Noël, ça me fait peur, tu pourrais avoir un PV si tu avais les trois rois mages ! »

Nous sommes en » conditionnel ». En ce qui concerne l’année 2020, je dirais comme Petit Gibus : « Si j’aurais su, j’aurais pas v’nu. » Nous vivons dans le doute. Tout n’est pas perdu car, comme le dit un sage oriental, « le doute n’est pas toujours la racine de la réalité ».

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

mais toutes les deux... alsaciennes  ...

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 11:43

Suite aux dernières directives sanitaires, il semblerait que l'on ait le droit d'être 6 pour le souper de Noël, mais on peut être 30 à des funérailles...

J'ai donc la triste nouvelle de vous dire que ma dinde n'a pas survécu à cette pandémie. Alors, vous êtes invités à ses obsèques.

L'exposition du corps se fera le 24 décembre et durera jusque tard dans la soirée pour nous laisser le plus de temps possible avec la défunte afin d'apprécier les bons souvenirs qu'elle nous laisse...accompagnée de marrons glacés !
Nous organiserons une semaine de veilles et de repos, puis ferons ses funérailles le 31 décembre en soirée. Ensuite, nous nous rejoindrons pour nous rappeler les bons moments avec elle.
Par avance merci de vos condoléances...
et n'oubliez surtout de confirmer ou pas votre présence à notre invitation. 

Signé illisible
(par respect aux règles de sécurité).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 11:42

 

ll court, il court le coronavirus. Et elles galopent, elles galopent les idées pour le confiner un peu plus, un peu mieux. L’une d’elles serait une amende de plusieurs milliers d’euros si une personne testée positive, ou un cas contact, rompait son isolement. Taper fort au portefeuille, en somme, faute de vouloir cloîtrer trop strictement la population.

Pratiquée ailleurs en Europe, cette menace à visée dissuasive a de quoi toucher l’opinion en France. L’appel au bon sens qui prévalait jusqu’alors prendrait un tour nettement plus répressif. Ce n’est pas déconnecté du débat sur l’efficacité réelle d’un reconfinement jugé parfois relâché. Viser les comportements les moins responsables aurait de quoi rassurer tous ceux qui mettent un point d’honneur à respecter les gestes barrières. Le montant évoqué du PV permet en tout cas de manifester une extrême fermeté dans les appels à la discipline.

Reste à en mesurer l’utilité. Outre qu’une telle amende paraît peu applicable à une large frange de Français, elle risque de se retourner contre la stratégie du gouvernement : le diagnostic massif. Plutôt que de s’exposer à une sanction si lourde, nombre de personnes dans le doute préféreront éviter le test. Méconnaître son éventuelle contagiosité n’est pas punissable et n’oblige pas à rester chez soi…

Par ailleurs, promettre un pareil niveau de pénalité ne réglera pas les problèmes économiques et sociaux entraînés par la dissémination inégale du coronavirus. Il est plus présent dans les quartiers dits défavorisés et, au-delà, dans la population en précarité sociale ou astreinte à occuper physiquement un poste de travail. Des patients qui sans être des irresponsables, peuvent avoir à accomplir des actes de première nécessité, voire à répondre aux injonctions d’un employeur.

Frapper si rudement la France la plus handicapée par la pandémie, au lieu de lui donner les moyens de se prémunir du virus, ne passe pas pour une manifestation de solidarité. Tandis que des entreprises s’exonèrent du télétravail, le PV massue menace de mettre sur la paille ceux qui sont déjà parmi les plus exposés. Un bon vecteur pour propager, outre la peur sanitaire, la crainte d’un déclassement définitif.

 

 

Didier Rose
L’éditorial

 
 
Je pense donc je lis les DNA 
Dernières Nouvelles d'Alsace

 

 

 

 

 

 

 

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 01:39

 

 

Les rimes en «-ule » s’accumulent pour ces baby-boomers qui s’habillent toujours en jeans, pétaradent sur des Harley Davidson et fument des mégots avec une substance qui n’est pas de la chloroquine. Le sort s’acharne sur eux en « -ule ». Les voilà assaillis par les ridules, les ordonnances de pilules, les méfaits de la canicule, et la dégénérescence de leurs cellules.

En outre, les médecins épidémiologistes sacrés par la faculté ou Facebook leur prédisent : « Ça va mal aller pour votre matricule, autour de vous la mort circule ». De quoi avoir une trouille à vider sa vésicule dans la cuvette de l’édicule !

Maintenant, c’est Halloween tous les jours

Ce n’est pas la fête pour ces multiples survivants nés avec le réfrigérateur. Ils ont survécu à la Seconde Guerre mondiale bien à l’abri dans le sac séminal de papa malgré les balles qui sifflaient autour de sa tête. Ils ont échappé aux faiseuses d’anges et au typhus. Ils sont nés dans un monde de paix, d’opulence où le seul danger était de choper des poux à l’école et une chaude-pisse à l’arrière des dancings. Rien de létal.

Et maintenant, c’est Halloween tous les jours. Le corps médical dit : « On sauvera d’abord les jeunes ! Le choix de la réa est fait ». Les gosses disent : « Quoi ? Tu n’as pas vu un notaire ? Avec ce Covid, il faut y penser, maman ! Absolument ». Et ils te parlent tout de même du film Le Viager  : « Si ça se trouve, le notaire va mourir avant toi ». Et enfin, mercredi, l’horoscope énoncé par le chef de l’État : « Restez chez vous ; sortir, pour vous, c’est comme traverser une autoroute où la vitesse n’est pas limitée ».

Hola ! « Morituri vos salutant. » Foutez-nous la paix, laissez-nous vivre !

On va continuer à secouer nos molécules ! Si vous nous voyez, nous les panthères grises, minauder dans les bras d’un Jules, porter des jupes ras-le-cul et cacher des suçons sous le col de nos pulls, n’oubliez surtout pas de dire : « C’est ridicule ! »

Ces mots-là sont pour nous un réel gage de longévité car, comme le monde entier le sait, « tout peut nous tuer. Tout, sauf le ridicule ».

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

mais toutes les deux... alsaciennes  ...

 

 

 

 

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deytsc

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