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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 07:55
 







Ce n'est pas de fifres du carnaval, qu'il s'agit ici.
Ni même des violons de la Saint-Valentin.
Encore moins des trompettes électorales, un peu molles du piston par les scrutins à venir.

Du raffut, pas besoin de mobile pour en commettre.
Il est partout.
Quel bel ami, hors le décibel ?
En une heure de supermarché, trois boutiques, on a son comptant d'appels aux promos lessivielles et de Top 50.

Si encore la bande passante de nos quotidiens s'arrêtait là ! Prendre l'ascenseur conduit d'un ding-dong d'étage l'autre, et entre deux pauses, expose à des sérénades burlesques pour bureaux, des sanglots en clé de sol pour parking de sous-sol.
S'embarquer en tram, c'est prendre un ticket pour une opérette en cacophonie majeure. Annonces chuintantes de station, pour la voix ; grelots téléphoniques, pour la musique. En ritournelle, ce monument de sociabilité : « Etouatéhoù ? »


Si seul le silence...

Le train, pas mieux.

Qui n'a jamais voyagé à côté d'un fan de hard-metal, infatigable agité de l'oreillette ?

On en prend pour des heures de grésillements MP3, et envies de meurtre subséquentes ; de grâce, un TTTGV, train à très-très grande vitesse, cinq minutes maxi entre Strasbourg et Paris.

Une salle d'embarquement ? Guère plus planante : des annonces sur un ton de scie égoïne balancées en rafales, bagages oubliés, passagers en perdition ou vols en retard - quelqu'un a-t-il déjà pu y lire ses dix lignes d'horoscope d'un trait ?

Subir, à défaut de pouvoir s'entendre. Les infos dans certains taxis ; la bande FM dans des bistrots ; même la télé dans les salles d'attente.


  Si le silence est d'or,
c'est d'être en voie de disparition.
A croire que seule l'absence de bruit nuit, de nos jours.

Vrillante propension que celle de vouloir, à toute force, pour tout le monde, en toute circonstance, produire du son.

Surtout dans un environnement où l'on n'écoute plus que soi-même.



 
Didier Rose



   "Je pense donc je lis les Dernières Nouvelles d'Alsace !"

 



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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 12:58
  








La carte ou la vie.

Comme si, sans ces fichus rectangles de plastique rigide, on n'existait plus.

Z'avez la carte ?
Tapis rouge !
Z'avez pas la carte ?
Méfiance.

Il n'est que de voir la mine des clients, en caisse, quand on leur demande s'ils sont titulaires du sésame propre à la boutique.

Ceux qui ne l'ont pas s'excusent, bafouillent, plongent du regard : manquerait plus qu'ils paient en liquide, ces réfractaires à la comptabilité électronique.

Gavés de cartes. Pas celles du Club vosgien, dont on chérit sur les sentes le précieux 1/25 000e. Ni celles des restaurants, pas moins éreintantes à pratiquer parfois. Encore moins de la carte d'identité, dernier bastion avant la reconduite sans conditions à la frontière.

Hors jeu, ces cartes-là.

 

Plastique de la carte

 

Les cartes qui font un carton ne sont plus de papier : elle sont synthétiques.

Pour leur quarantième anniversaire, elles brillent de tout leur magnétisme. 86 mm de longueur, 54 de hauteur. Surface considérable, puisqu'elle couvre toute la planète.

La carte de paiement seule paraît donner crédit au porteur. Au point que tout concourt à faire de chacun un multicartes. Magasins, mutuelles, Sécu, parkings, bibliothèques, tous ont leur truc de plastoc.

La carte devait renvoyer les porte-monnaie aux temps préhistoriques de la grenaille de nickel. Sauf que désormais, le cuir des portefeuilles est tendu de puces de paiement, dont certaines ne s'aéreront jamais.

Un nouveau cauchemar, autrement inquiétant : on devient quoi, en cas de perte de tout notre tremblement numérique ? A défaut de pouvoir abattre ses cartes, il faudra se préparer à devoir en rabattre.

Tous encartés, donc. Sur le plan financier, s'entend, celui de la monnaie de plastique. Pour la politique spectacle, patience. Deux semaines encore à attendre avant d'en passer par le compte pertes et profits d'un tout autre type de carte. Celle d'électeur.

  Didier Rose 

Je pense donc je lis les DNA

 



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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 08:34
             





 







L'Europe est affaire trop sérieuse pour ne pas en parler aux enfants.

Et pourquoi pas sur un mode plaisant, tant qu'on y est ?

Dans les écoles, jusqu'aux portes de Strasbourg, capitale que l'on sait, les marmots peuvent recevoir une bien jolie brochure. Sa densité en couleurs ne laisse pas de doute : c'est bien pour les enfants.

 

A leur intention sont présentés, carte après carte, tous les membres de l'Union. Et puis pour faire joli, et puis pour faire rigolo, de petits symboles animent la topographie du continent.

A nos chères petites têtes, on inculque ainsi l'art du cliché, par dessin interposé. Exemple ? L'une des spécialités de l'Allemagne, bien à l'Est, est le chien de berger. La côte belge se distingue quant à elle par une autoroute éclairée.
Les limites de l'Europe

 

Pas de quoi fouetter un eurocrate de la proche Bruxelles. Un géographe lui, risque d'un peu s'étrangler : en France, le viaduc de Millau enjambe les Pyrénées !

Ce qu'au nom de la licence artistique, et en vertu des nécessités de la représentation schématique, on sera bien inspiré de pardonner.

L'orgueil breton et la fierté normande auront peut-être plus de mal à s'accommoder de leur signe distinctif. Ni chalutiers, ni mont Saint-Michel : la spécialité locale, c'est... Astérix et Obélix, purs produits, on le sait bien, de la culture maritime.

Mais bon : les enfants s'en souviendront, s'agissant de héros de bande dessinée. Tant qu'on ne leur explique pas que le premier homme à avoir marché sur la Lune est Tintin...


Pas sûr néanmoins que le symbole attribué à Strasbourg, aussi prestigieux soit-il, fasse pareillement déclic. Peut-être les petits Alsaciens, avantagés, sauront-ils identifier les contours crénelés du nouvel hémicycle du Parlement européen.


  Leurs aînés chercheront, eux, un autre symbole, qui visiblement ne méritait pas d'y figurer : la silhouette plus ancienne du Palais de l'Europe. Rien moins que le siège du Conseil du même nom, présence autrement historique.  Une broutille.
L'Europe, on peut en parler aux enfants. Dans certaines limites.

  Didier Rose 

 

Je pense donc je lis les DNA

 


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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 00:00








Le calendrier a quelque chose de réconfortant.

D'année en année, lui au moins joue son même petit refrain.
Chaque date à sa place, un jour suivant l'autre.

Pas de fausse note inattendue, de coup fourré, de contre-pied
au débotté.

Solstices et équinoxes ont leur place réservée pour des siècles.
Les fêtes religieuses se la coulent belle, calées pour l'éternité.
Et les saints consacrés gardent leur ticket pour des rendez-vous
intangibles,
à échéance établie.


Prenez le 14 février.
C'est, et ce sera longtemps encore, la Saint Valentin.
Moment de grâce s'il s'en trouve, en même temps que piège
sans cesse renouvelé.


D'abord, il faut savoir avec qui lever son verre à l'amour - 
ce qui n'est pas accordé à tout le monde.
Ensuite, même avec un être aimé, y aller de son élan du coeur
à date fixe ne va pas sans risque. On peut très bien se voir
reprocher d'avoir besoin d'un agenda pour verser dans
la démonstration d'affection.
Paradoxe cuisant.

Le saint des saints

Enfin, même ces écueils évités, quoi offrir ?
Là, on peut compter sur la fibre commerçante de certains
génies pour donner
LE coup de pouce bienvenu.

En vente libre donc, cette année, une catapulte à Cupidon,
« pistolet d'amour chargé de Cupidons à envoyer
sur le poussin à charmer ».


Sinon, il y aurait aussi en rayon « l'oeuf du poussin » :
une plante y pousse et déroule une feuille gravée
d'un confondant « Je t'aime ».


On peut préférer les moufles d'amoureux
(pour s'y donner la main au chaud),
ou le toaster
qui fait des croque-monsieur avec un « I love you »

répétitivement grillé sur la mie de pain.

A moins que, on n'y aurait jamais pensé tout seul,
il puisse sembler préférable d'aller vers un parapluie
pour deux
(discrétion assurée en rouge vermillon).
Ou - planquez les enfants - une sucette pour couple,
vraie friandise sucrée à consommer à deux...

Evidemment, un tel bazar laisse en suspens la question :
acheter de telles étrangetés, est-ce signe d'amour ?

Une chose est sûre :
pour les recevoir sans claquer la porte, oui, c'est certain,
il faut être très amoureux.


Didier Rose
"Je pense donc je lis  les  Dernières Nouvelles d'Alsace !"

 

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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 10:20

  









Non, tous les hommes ne sont pas égaux, surtout devant un emballage.
Le génie industriel a fait de nous de pauvres choses face à l'intolérable cruauté du bidule qu'on n'arrive pas, qu'on n'arrivera jamais à ouvrir sans, soit piquer une crise de nerfs, soit se dézinguer un ongle.  Au mieux.

Cas typique : le rayon primeurs du supermarché.
Se servir en clémentines d'accord, mais au préalable se saisir du truc transparent enroulé en bobine qui fera office de réceptacle.


A se demander si les fabricants de sachets ont déjà essayé d'utiliser leur production : neuf fois sur dix, il est rigoureusement impossible de séparer les anses d'une poche en nylon.

On voit des clients repliés sur eux-mêmes, langue pincée entre les dents, jouer du pouce et de l'index, interminablement, dans un drôle de geste évoquant le lucre... mais sans intérêts en retour.

D'autres soufflent la bouche en coeur, avec l'espoir que le sac s'ouvre sous l'effet d'un filet d'air. Peine perdue. Ou alors, ils y parviennent pour s'apercevoir que leur cornet, enfin ouvert, est déchiré dans le fond. C'est fou, ce que l'on peut entendre comme jurons, dans les magasins.

Emballé, c'est pas pesé

La question est posée : quel genre de pattes de mouche faut-il avoir de nos jours pour parvenir à séparer les follicules d'un sachet de tisane ?

Quel monstre d'intelligence a conçu ces « sachets fraîcheur » de légumes qu'on n'arrive pas à éventrer même en s'y mettant à quatre ?

Combien d'ingénieurs ont donc travaillé sur le bouchon d'un flacon de white-spirit, inviolable jusqu'à effraction à coups de talon ?

Quelqu'un sur cette Terre est-il déjà parvenu à desceller le cellophane autour d'un CD sans démolir la boîte ?

Se joue peut-être une nouvelle théorie de l'évolution des espèces : seuls survivent dans cette société de consommation ces êtres supérieurs qui savent y faire avec les emballages.


Un genre d'instinct de survie. Ou plutôt un talent, fondé à trouver en gloire et notoriété sa juste récompense, dans ce siècle qui ne semble plus guère s'enthousiasmer que pour les déballages les plus retentissants.

Didier Rose




  "Je pense donc je lis  les  Dernières Nouvelles d'Alsace !"



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Published by Simone - dans Didier Rose
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 12:39






Les voeux sont à l'exact inverse des brosses à dents : ils ne valent que par leur échange.

Dans la veine du bon sentiment à date fixe,
on en voit de tous commerces.


Les dispositions de l'esprit se dévoilent dès la poignée de main.

Il y a des gens qui vous servent leur paluche comme d'autres vous tendraient une serpillière.

Il faut passer par en-dessous pour avoir une chance de s'approprier l'un ou l'autre doigt, s'agripper à la paume que l'on consent à vous abandonner et essorer le tout dans
une tentative pathétique de garder contenance.


D'autres vous broient les phalanges comme s'il s'agissait de faire rendre l'âme à un volatile nuisible, glissant d'un sourire « Bonne santé ! », et se doutant bien que, de la main valide, on ne songe plus qu'à appeler le Samu pour un polytraumatisme aggravé du métacarpe.

Un joli tsunami de voeux

Il y a ceux qui vous tombent
théâtralement dans les bras,
larguent un tsunami de bises baveuses
et vous souhaitent le meilleur de monde,
sans même se douter que vous en êtes encore à rechercher leur bon sang de bonsoir de prénom.

Il y a aussi, quoi que de plus en plus rarement,
les révérencieux, qui plient l'échine tout en égrenant une incroyable liste de civilités
à l'égard de vous-même,
de votre famille,
de vos amis,
de vos voisins
et de quiconque
sera amené à respirer l'air de votre bureau,
tournant des talons avant même
que vous ayez pu bafouiller la moindre banalité.

Il y a les utilitaires :
« Bonne année,
et alors, notre rendez-vous, c'est pour quand ? »

Les persifleurs :
« Meilleure année que celle
ue vous venez de passer, hein ! »

Les pressés :
« Au revoir et bonne année ».
Les compatissants :
« Moi, ce que je vous souhaite, vraiment, mais vraiment, vraiment, vraiment,
c'est que tout aille bien, toujours ».

Les intéressés :
« Si par miracle vous venait la chance,
vous avez mon numéro, 's pas ? ».

Il y a enfin ceux qui ont pris,
pour bonne résolution, de faire voeu de bienveillance mutique.

A ceux-là aussi, bonne année.


Didier Rose ..

"Je pense donc je lis  les Dernières Nouvelles d'Alsace !"

 
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 01:00
                        
        



 





Bonne année.

Et, surtout, bons soldes.

Puisque voilà bien l'important : faire des affaires.
A se demander s'il existe encore un baromètre à notre bonheur,
excepté le tiroir caisse des boutiques.

La période est profitable à l'acheteur compulsif, comme au batailleur de supermarché.
En quelle autre temps peut-on s'étriper pour un cache-nez, se filer des mandales autour d'un rayon de chemises à manches courtes, s'écrabouiller les orteils sur le chemin d'une nuisette à prix raccourci ?  Cela, en toute impunité.

Le prix massacré relègue les codes de politesse à la préhistoire de la relation humaine.
L'étiquette barrée absout de manquements aux bons usages ;
la gondole en voie de pillage vaut viatique aux coups bas.
Sur le front du prix démoli, il n'est plus ni pardon ni excuses qui vaillent.

Des soldes de grand prix

Hors le butin, manteau passé de mode ou chaussures dépareillées,
rien ne vaut.

La carte bleue seule semble habilitée à donner son avis,
au moment fatidique du paiement.

Et dire que certains, des inconscients sans doute,
imaginent de supprimer les soldes, pour les remplacer par des promotions
à l'année.

Ont-ils imaginé le contrecoup pour notre chère sécurité sociale ?


Toute cette agressivité définitivement rentrée n'irait-elle pas alimenter une autre consommation,
pas vraiment meilleure : celle des neuroleptiques ?

Couper court à l'exutoire des soldes,
n'est-ce pas aussi prohiber le sport favori des dopés
du pouvoir d'achat ?

Courir à petite foulée la promotion hebdomadaire n'a rien de commun
avec le grand raid aventurier démarré mercredi dernier,
seul capable d'entretenir la condition physique des
acheteurs.

Sans compter qu'au plan politique, les soldes
participent à l'édification des foules :
le défi n'est-il pas devenu de travailler à acheter
plus en dépensant moins ?

Tout un programme, qui vaut les meilleurs voeux du monde.
Donc, pour quelques semaines encore, bonne année financière.

Et bonne santé commerciale.          

Didier Rose  DNA

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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 13:01







 

                         


Plus que trois semaines.
Mais il n'est pas trop tard.
Il est encore temps de se préparer à soutenir nos amis fumeurs dans leur nouveau combat : l'écraser dans les bars et restaurants, dès le début de l'année prochaine.

En Alsace, on sait déjà à quoi peut ressembler un bistrot sans feu : il suffit de passer le Rhin, pour être sûr de se faire servir un plat du jour sans nicotine.

Le basculement, dans le Bade Wurtemberg, a été relativement serein : les non-fumeurs, au chaud, compatissent pour les fumeurs qui bleuissent en terrasse, bien au froid. L'ordre des choses, finalement : qui pourra encore contester dans ces conditions que la tabagie nuit gravement aux bronches ?

Évidemment, la prohibition de l'herbe à Nicot en milieu confiné n'ira pas sans désagréments.

Ni même certaine tristesse.

Fini, beaux étripages entre victimes et producteurs de goudron.

Adieu, homériques querelles sur les places aux fenêtres : de l'air, par pitié !

Terminées, brillantes empoignades pour un mégot mal éteint aux relents de pneu brûlé...

Feue la cigarette

L'ambiance va sans doute y perdre une part de spontanéité dans l'échange.

Et les pressings un peu de leur chiffre d'affaires : un tour au bar du quartier ne donnera plus aux pulls et manteaux cette senteur très particulière qui laissait l'impression d'avoir passé une semaine dans un fumoir à jambon de montagne.

Même les sempiternels empêcheurs de cloper en rond vont devoir réviser leur vocabulaire.

Plus question, bientôt, de se régaler d'un acide :
« Ça ne vous gêne pas que je respire pendant votre cigare ? »

Bref, il va falloir s'habituer à entretenir des relations parfaitement cordiales et dénuées d'acrimonie, dans le monde désodorisé de la restauration.

Sacré changement dès lors, ce 1er janvier, qui ne se limitera pas à faire disparaître les cendriers des tables et les comptoirs.

En plus de résister aux méfaits du tabac, les fumeurs vont devoir apprendre à braver intempéries et voisins sourcilleux.

D'une certaine manière, pour les indécrottables crapoteurs, un Noël empoisonné.


Didier Rose

 

  "Je pense donc je lis"  les Dernières Nouvelles d'Alsace...........
 
 
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Published by Simone - dans Didier Rose
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