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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 13:33

 

 

 

 



 

 

 

 

On a tous besoin d’un grigri. Le talisman est au peuple ce que l’allocution télé est au dictateur : une manière de chercher à se prémunir des aléas.  Que celui qui n’a jamais fait acte de superstition nous jette la première patte de lapin.

Croix de bois, croix de fer, ira en enfer quiconque voudra nier dans nos sociétés les vertus apaisantes du trèfle à quatre feuilles ou du fer à cheval.
Depuis le doudou de l’enfance jusqu’à la photo planquée dans un repli de portefeuille, l’objet magique varie avec l’âge. Autant qu’avec les âges.

Trop rustiques, breloques parfumées et fétiches en sautoir. Grâce au progrès est arrivé, en quantité, le bracelet à énergie positive.

Qui a le grigri ?

Un magnétisme indéniable, assurent les fans, qui sentent le courant passer. Des scientifiques ont voulu vérifier : effectivement, le bidule a des super-pouvoirs. Il ne fait réagir aucun appareil de mesure.

Une sacrée performance, à une époque où une simple fraise peut affoler les détecteurs de pesticide, une tranche de gibier faire crépiter des compteurs.

Du bidon ? Pas au plan commercial, en tout cas. Effet garanti sur les comptes bancaires des fabricants, si ce n’est sur la santé des acheteurs.

Une dose de galimatias pseudo-scientifique, un prix d’achat le plus élevé possible, des témoignages sur internet avec beaucoup de points d’exclamation dedans : la recette pour rendre son prochain plus heureux n’est pas si compliquée. Il suffit d’y mettre du sien. Ou du leurre, les avis divergent.

Si donc, vous vous sentez l’âme de concevoir un bonnet anti-mauvaises ondes cérébrales, d’un cache-col aphrodisiaque ou d’une ceinture contre le cholestérol, de nouveaux marchés sont sans doute à prendre.

Il en va après tout des allégations médicales comme des amulettes, anciennes ou futures : elles n’engagent que ceux qui y croient.

 

 

Didier Rose


 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 08:14

 

 

 

 

 

 

 

Bon sang, que n’y avait-on pensé avant ?

Pour requinquer les villes, nettoyer le fond de l’air, redonner au piéton ses nerfs et ses poumons, voilà la voie à suivre : le covoiturage.  Une bagnole à soi tout seul, c’est mal. À quatre, c’est mieux. À chaque cylindre son équivalent-passager : le bilan carbone en profitera fatalement.

La règle peut souffrir des exceptions : pour accorder son label bio à une Jaguar 12 cylindres, il faudrait en embarquer, des covoiturages.

L’Allemagne a versé dans le transport partagé depuis un moment. Ce n’est pas une raison pour négliger de saluer les initiatives visant à éviter, dans nos autos, la politique du siège vide.

En Alsace, qui en connaît un rayon question pollution atmosphérique, le covoiturage est une idée qui trace sa route. Centrale téléphonique ici, site internet là. Et même, dans certaines grandes boîtes, plans de déplacements collectifs.


En voiture, les co-voiturés

 

Les spécialistes sont formels : la mobilité en commun, on y gagne. C’est moins cher, si du moins on évite le Porsche Cayenne.

C’est plus convivial, pour peu qu’on ne tombe pas sur un fumeur de gauluches sans filtre.  Et c’est moins fatiguant, à condition de ne pas rallonger sans fin les circuits de ramassage.

Bien sûr, inutile d’espérer une réduction du nombre de caisses immatriculées, chaque covoituré gardant la sienne.

Le geste vert ne dispense pas, non plus, d’une élémentaire courtoisie : mieux vaut prévenir les autres occupants qu’un crochet par Lyon est prévu sur le chemin de la Suisse, sous peine de mutinerie à bord.  De bien menus désagréments, face à une pratique jugée plus éco-durable que le chacun pour soi.

Au point que l’on pourrait se demander pourquoi le covoiturage n’a pas été inventé plus tôt. Peut-être certains ont-ils leur idée sur la question. Par exemple les auto-stoppeurs qui jalonnaient les nationales il n’y a pas si longtemps, et qui passaient pour de doux rêveurs.

 

 

Didier Rose


 

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smilie

 

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 13:28

 

 

 

 


Une lettre de Roumanie, ce n’est pas tous les jours. Surtout quand on n’y connaît à peu près personne.

Il est plus rare encore qu’une telle missive vienne évoquer un chien disparu depuis des semaines.

C’est pourtant ce courrier qu’ont reçu Barbara et Christian, gérants d’une station-service à Lipsheim (Alsace).

Dans un charabia un peu morveux, l’auteur leur parle d’Ugo, bulldog de 8 ans, volatilisé quatre mois auparavant.

Les maîtres d’Ugo s’en doutaient bien. Ils en ont dès lors la confirmation : Ugo, pépère sympa avec tout le monde, a été embarqué. Sans doute par un routier de passage.

Pas très fidèle en amitié, le kidnappeur : au bout de 500 km, il a largué l’animal, en Allemagne.

Heureux qui comme Ugo

Gagné par le remords, à moins qu’il n’ait vu l’avis de recherche lors d’un passage en Alsace, le Roumain fait cette fleur aux propriétaires d’Ugo : il leur indique l’endroit où il a viré le chien, à Leinefelde, près de Kassel.

Sans guère d’illusions, Christian décroche son téléphone. Appelle le refuge local pour animaux. Où, autre coup de théâtre, on a gardé souvenir du bulldog.

Un voisin l’avait apporté, pour identification. En vain : la puce placée dans l’oreille du toutou restant muette, on pouvait aller se gratter, pour en connaître le pedigree.

L’adresse du bon samaritain en revanche avait été conservée. C’est là que le maître d’Ugo l’a retrouvé, pas des masses impressionné.

Simplement, Ugo dans l’affaire s’était trouvé une nouvelle identité : preuve d’une belle capacité d’adaptation, il était devenu Schmitty.

Il paraît que ses nouveaux patrons ont pleuré, quand Schmitty a repris la route en sens inverse pour redevenir Ugo. Et retrouver sa gamelle, à la station-service.

Aux dernières nouvelles, Ugo n’aurait pas pris d’accent particulier. On ne sait pas en revanche s’il a gardé l’habitude d’aller renifler par les portières entrouvertes cette curieuse odeur de voyage que dégagent les voitures.

 

 

 

Didier Rose


 

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 01:04

 


 

 

 

 

 

     Des esprits, que l'on hésite à qualifier d'éclairés, sont formels. A notre époque, la signalisation lumineuse à vélo, c'est purement accessoire. La preuve, selon certains, parfois on n'en a même pas besoin.
En ville, de nuit, le cycliste aurait, outre d'indéniables vertus écologiques, le privilège autant que le bon goût de pouvoir se draper de noir. Circulez, y a rien à voir.
La bonne idée que voilà. Adieu piles éphémères, dynamos irritantes et ampoules trop tôt subclaquantes. Plus en phase que jamais avec son environnement, le cycliste nocturne se fond dans le décor, diminue la pollution y compris lumineuse.

Lueur de désespoir

     Bref, plus écolo, tu meurs. Sous les roues d'un camion, d'un autobus ou d'une voiture, tout reste affaire de circonstances, à défaut de convenances.
Le message a d'indéniables vertus pédagogiques. Roulez jeunesse, sur vos biclous fantômes, le monde vous appartient. Aux autres de vous éviter, et pas seulement aux conducteurs. Qu'elles seront gaies et animées, les villes du futur. Le piéton se fera torero - olé, encore un VTT. Les poussettes ont intérêt à se garer - tu vas où, sans lumière ?
Argument entendu : le code de la route n'est plus adapté aux temps présents. Exact. Sans doute n'avait-il pas prévu que dans les villes enfin livrées aux cyclistes, et heureusement débarrassées de ces foutues bagnoles, flâner deviendrait de plus en plus sportif.
Dans des pays voisins, et pas des plus arriérés, les zones piétonnes le sont vraiment, pas de Contador qui vaille sur le pavé. Et il ne viendrait à l'idée de personne de pédaler de nuit sans éclairage.
L'exception française redonne tout son sens au mot liberté. Pour la fraternité on repassera. Quant à l'égalité, on y travaille : incroyable, le nombre de voitures-cyclopes à parader ces temps-ci. Plus qu'un seul phare de vaillant, et pourtant, en avant.
Encore un effort : il suffirait que défaille le second feu pour mettre tout le monde, voitures et cyclistes, à même hauteur de vue. On le pressentait, le siècle des Lumières c'est du passé.

 

 

Didier Rose


 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 01:05

 

 

 

 

 

    L'heure est au changement de régimes. Pas que dans certains pays où l'appétit démocratique s'est considérablement aiguisé, ces dernières semaines.
Jusqu'à notre porte, la pression monte, l'appel à se serrer la ceinture se fait plus insistant. Au point que les bras nous en tombent, en prélude peut-être aux kilos.
Avant même la traditionnelle injonction printanière à s'affiner le bide, voilà qu'est diffusée une autre sommation à s'alléger : la Saint-Valentin.
Plus que quelques jours, nous envoie-t-on dans l'estomac, pour maigrir avant la fête des amoureux.
Donc, après la dictature de la plage, celle de l'été et celle d'après les fêtes, une nouvelle occasion de faire maigre est née, en dehors bien sûr du temps de carême : le jour des tourtereaux attendris de leur propre tendresse.

Léger, légers

     Fallait y penser. On croyait pouvoir offrir une cravate ou des boucles d'oreille. Ben non : le must, c'est le pèse-personne. Ou, mieux, ce qu'il indique : « Pour toi, regarde, deux kilos en moins. »
Outre qu'il sera difficile de le présenter sous emballage, ce genre de présent risque d'être à double tranchant. Se mettre à la diète par sentiment, admettons. Mais passera-t-on ensuite pour un tue-l'amour à chaque ouverture du frigo ? Les restaurateurs seront-ils assimilés à des bourreaux du cœur, des Attila du couple harmonieux, et donc svelte ?
Pire que tout, la moindre esquisse de bedaine nous fera-t-elle passer pour des insensibles, tout dans le ventre, rien dans les sentiments ? L'idée en tout cas du régime pour les beaux yeux de l'autre n'a pas fini de nous laisser sur notre faim.
Avec un peu de mauvais esprit, on en arriverait presque à se demander si poser un régime comme geste d'affection ne serait pas le pire des cadeaux à faire sinon, à son corps, du moins à son bon sens.
C'est peut-être là, finalement, le luxe de notre société si libre, que de se soumettre à des oppressions au minimum dérisoires.

 

 

Didier Rose


 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 19:15

 

 

 

 

 

   Bon, résumons. Les supermarchés ont dégainé mi-décembre leurs galettes. Trois semaines avant l'Épiphanie.
Belle célérité pour un autre mystère de Noël : les Rois mages précédant la Nativité, voilà qui n'est pas si orthodoxe.
Du coup, les fêtes de fin d'année ont pris un net goût de frangipane, en même temps que de bûche, elle-même mâtinée de ces «stolle» préparés en prévision de nouvel an.
De leur côté, des parfumeries ont su faire preuve d'anticipation commerciale en misant sur la Saint-Valentin (14 février) alors que les guirlandes de Noël brillaient encore.
Résultat, dès le début des soldes, le chaland a été invité à préparer son cadeau chéri.
Dans la même logique, on peut s'attendre à engager les préparatifs du nouvel an chinois (le 3 février) dans les relents de beignets de carnaval, bien en amont de mardi gras (le 8 mars).

Charivari

     L'industrie de la fripe imposera son propre timing : le textile pastel et l'imprimé printanier débouleront largement avant le 20 mars, les chocolatiers ne pouvant patienter jusqu'au 24 avril pour faire leurs gammes de Pâques.
La guerre des dates battant son plein, plus rien n'interdira d'afficher la fête des pères (19 juin) bien avant le dimanche des Rameaux (17 avril), d'en appeler à la fête des mères (29 mai) dès le jour de l'Annonciation (25 mars).
Le tout étant de ne pas se mélanger les pinceaux au moment des cadeaux.
Pour un peu que la nature se mette au diapason, on mangera des asperges longtemps avant l'agneau pascal, l'Ascension (2 juin) sera gentiment annoncée par des cerises.
S'il n'est plus de calendrier qui tienne, on fera peut-être ses courses de la rentrée le 14 juillet, on se déguisera en citrouille d'Halloween le 15 août et, parce que Noël a le mauvais goût de ne tomber qu'en toute fin d'année, on se lancera dans l'avent à la Toussaint.
Date à laquelle, avec un peu de chance, on trouvera la galette des rois. Juste couronnement d'une année dans l'ordre des choses.

 

 

 

Didier Rose


 

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 01:01

 

 

 

 

 

 

 

     S'en imprégner, après les fêtes : les libations adolescentes dans la rue et autres apéros géants ne nuisent pas seulement à la sérénité des préfets. Si ce n'est à l'ordre public, la pratique attente à la santé des rinceurs de glotte associés.
Lever le coude tape sur le ciboulot. C'est la science qui l'affirme : la gueule de bois peut se prolonger bien au-delà des petits matins nauséeux.
Avis donc aux adeptes de bitures express, pas forcément recrutés sur Facebook d'ailleurs : s'arsouiller trop jeune ne fait pas mal qu'aux cheveux. Les neurones aussi morflent.
Toutes les études apportent de l'eau, évidemment, au même moulin : l'alcool chez les ados plonge dans le schwartz une zone très précise située à hauteur du lobe temporal. L'hippocampe, ça s'appelle.
A trop la faire mariner dans la tisane à l'anis, cette région cérébrale rechigne de plus en plus à mémoriser, tendrait même à effacer une partie de son disque dur.

Génération murge

     Raison peut-être pour laquelle tant d'apéros géants sèchent : ses inscrits se souviennent-ils encore du rendez-vous ?
Plus sérieusement, le "binge drinking" (ou alcool défonce) cause chez les jeunes des dégâts que ne connaissent pas forcément leurs aînés - du moins pas si rapidement.
Il semblerait que le cortex frontal en fasse les frais : modérateur de l'impulsivité, il serait particulièrement vulnérable chez les ados. De même pour d'autres médiateurs neurologiques impliqués dans le contrôle des émotions et des addictions.
En France, un ado sur deux verse périodiquement dans l'ivresse caractérisée. Autant dire que ne sont pas seulement en cause, et de loin, quelques apéros géants.
Les marathons alcoolisés des fins de semaine, y compris en petits comités, nuisent plus largement à la modération des comportements et à une certaine sobriété de conduite. Un vrai casse-tête pour les parents. On s'en doutait bien :  quand les enfants boivent, les adultes trinquent.

 

 

 

Didier Rose


 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 01:06

 

 

 

 

 

 

 

      Le numérique, c'est fantastique : internet n'a pas fini de révolutionner notre quotidien. Prenez un bête sport de saison : les vœux.
Avant, distribuer du bon sentiment, ça n'avait rien de gratuit. Il ne fallait regarder ni à la dépense, ni à l'énergie : la bonne année rimait avec crampe du poignet.
Et puis fini ! Grâce au mail, basta les contingences. Un message sur internet n'oblige pas à aller acheter un carnet de timbres. N'impose plus de se ravitailler en cartes. Ecarte le risque du gros et moche pâté sur un bristol trop propre.
On se souhaite le meilleur sans se faire suer le burnous, au besoin sur des cartes pré-formatées, avec un texte pré-intégré. Chalets enneigés, palmiers enguirlandés ou Père Noël dénudé, tout est disponible dans la seconde, et comme c'est gratuit, le bon goût n'est pas requis.

Bons vœux

     Un clic suffit donc pour promettre bonne santé à la Terre entière - sinon à l'intégralité de son carnet d'adresses. Même plus besoin de réviser ses formules de politesse : l'immatérialité offre visiblement cet avantage de pouvoir aller fissa à l'essentiel.
On a donc droit à des raccourcis du genre : « Que du bon », voire « Le meilleur pour vous ». A défaut, on se contentera d'« une bien bonne ».
C'est sans doute bon signe : les bons vœux fusent, les listes d'adresses s'entrecroisent, se superposent. Bref, ça crépite dans les disques durs. On n'aura sans doute jamais passé autant de temps à lire des correspondances hautement bienveillantes de gens inconnus. Mais qui connaissent la fonction « Répondre à tous ».
Les règles épistolaires s'en trouvent elles-mêmes bouleversées. Comment répondre à des bons vœux sous forme de circulaire ? Par d'autres envois tous azimuts ? Effet exponentiel, des nuées d'interlocuteurs en arriveraient dès lors à se saluer en boucle.
Douze mois n'y suffiraient plus, que déjà tomberaient les vœux suivants.
Bonne année, vraiment.

 

 

Didier Rose


 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 14:35

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a beau avoir les pieds dans la glace : rien n'empêche de penser aux beaux jours. Pas si radieux que ça, à regarder le calendrier de près.
Même si figurent parmi nos résolutions de tendre vers la zénitude, le coup est rude. La moutarde calendaire a de quoi monter au nez. En cause, c'est dur, le joli mois de mai.
Pas joli joli, en fait. Mai était devenu une parenthèse sociale dans l'année, une respiration dans le temps de travail. Comme un bonus, surajouté aux congés et RTT.
Au cinquième mois de l'année, toutes les audaces étaient permises. Le rêve des ingénieurs en ponts : une farandole de viaducs, des raccourcis à répétition d'un jour férié à l'autre.
Sauf que, cette année, ceinture. Mauvaise nouvelle d'entrée de jeu : 2011 chômera sur un petit pied. Et l'on ne peut même pas y voir un lâche attentat du patronat : le calendrier a sa logique. Que la raison salariale voudrait bien ignorer, c'est sûr.

Mais en mai ?

     Venons-en au fond du problème : la fête du Travail tombant un dimanche, comme la commémoration de la Victoire de 1945, les comptes sont faciles puisque l'Ascension et la Pentecôte nous font la grâce d'être relégués en juin.
Zéro jour chômé en mai. Même en certains ministères, on n'aurait osé en rêver.
Morne plaine ce printemps. Du coup, on est pris d'un doute. Vérification rapide : ouf, le vendredi saint reste bien calé sur un vendredi, le lundi de Pâques sur un lundi et le jeudi de l'Ascension sur un jeudi. Toujours ça de sauvé.
Quant aux 14-Juillet, 15-Août et 1er-Novembre, ils ont ce bon goût d'alléger des semaines.
Malgré l'incompréhensible dérobade de mai, l'année nous fait cadeau de quelques vrais fériés. Cadeau ? Le terme incite à risquer un œil sur les fêtes de décembre.
Pour y trouver cet autre coup de Jarnac : Noël et Jour de l'an tombent eux aussi en plein sur des dimanches.
Vite, avant même le dégel, un Grenelle des fériés escamotés.

 

 

 

Didier Rose


 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 09:52

 

 

« S’kleine Johr »

Douze jours séparent Noël de l'Epiphanie,
le 25 décembre du 6 janvier.
Douze jours symboliquement analogues
aux douze mois de l'année nouvelle.
C'est la raison pour laquelle les paysans notent soigneusement
le temps qu'il fait au cours de chacun de ces douze jours
car ils pensent qu'ils pourront ainsi prédire le temps
qu'il fera au cours de chacun des douze mois suivants.
En Alsace, ils appellent cette période "la petite année"...

 

 

 

 

 Le temps est élastique. Fut une époque où s'échanger des courriers demandait de la patience. Beaucoup de patience. Même rapportée au triple galop, une réponse n'arrivait qu'après des mois.
La poste a révolutionné les rythmes épistolaires : miracle des transports mécanisés, une demande en mariage dûment timbrée pouvait être refusée dans la semaine.
Grâce au télégraphe, tout s'est emballé :  une déclaration d'hostilité entre pays voisins était susceptible de partir dans la journée - sa diffusion par radio n'étant plus qu'une question d'heures.
Progrès faisant, le téléphone - puis le répondeur - ont permis de délivrer des messages de vive voix même en l'absence de leur propriétaire. Avec cette particularité insigne qu'était alors admise une absence prolongée. On savait encore attendre.
La convention a volé en éclat sous la pression du fax : sans réponse dans les jours suivants, on a appris à s'agacer.

Trêve de Noël

     Avec son descendant le mail, et internet, au-delà de 24h de silence, on s'inquiète. On relance, on rudoie même : « Vous avez bien eu mon message ? »
Ce n'est rien, à côté des impatiences du téléphone mobile. Là, plus aucune excuse. Ne pas donner signe de vie dans la demi-heure revient à commettre l'irréparable outrage.
L'instantané devient la règle, s'y soustraire est coupable, au mieux de légèreté, sinon de m'enfoutisme.
Jusqu'au pire du pire : le texto si cher aux ados. En l'absence de réaction dans la milliseconde, les ponts sont coupés, des représailles lancées.
A ceux donc qui verraient dans la relativité du temps le plus beau des cadeaux à (se) faire, face à la dictature grandissante de l'immédiateté, on ne peut que donner ce conseil, à l'approche des fêtes.
Ecrivez. Au Père Noël, si ça vous chante. Pour demander un peu de temps, dans ce monde devenu trop réflexe.
On vous répondra, peut-être.

 

Didier Rose


 

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