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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 17:15

 

 




   Combien d’images avalons-nous par jour ? A raison de 25 images/seconde devant les films et les émissions télé, on doit atteindre les centaines de millions. Le soir, au lit, quand tout est noir, on les fait défiler. On revoit le lever du jour sous la brume, les fleurs du pommier, les taches sur le carrelage de la cuisine, le sourire de Meg Ryan à Tom Hanks. On revoit ces images répétitives que nous envoient les médias réunis.

Et alors ? Alors nos rêves sont peuplés de gens sans visage qui dansent le Gangnam style, installent des bacs de compost ou vérifient leurs prothèses. Sommes-nous dans le message subliminal ? Sommes-nous destinés à danser le Gangnam style devant notre bac de compost avant de rendre féconde l’industrie de la prothèse ?

On ne touche pas à la danse ! La danse a son origine dans la religion. Elle peut être imprécation, en implorant le ciel de nous envoyer de la pluie, du soleil ou du vent pour les éoliennes. La danse peut être appel à l’amour : un slow pour mêler les phéromones, faire vibrer les hormones et faire des mômes afin que le fisc ait toujours des contribuables, que les parcs voient toujours des enfants dans les bacs à sable et que les top-chefs aient toujours des mangeurs à leurs tables. Alors dansons !

Mais pourquoi le Gangnam style ? Les images de ce non-événement se répandent à la vitesse d’un tsunami. On se sentirait presque anormal en ignorant le déhanchement et le hennissement planétaire. Ce Coréen est plus connu que bien des chefs d’Etat, il concentre tant de suffrages qu’on se demande ce qu’il ferait de ce pouvoir s’il lorgnait vers la politique ! Un homme avec un tel prestige planétaire peut finir au bras d’une princesse monégasque… Mamema dit « Tant qu’on danse, on ne pense à rien ». Vacuité cérébrale par la danse du cheval !

Des Témoins du Compost qui vous évangélisent à domicile

On danse et on composte… Pratiquez-vous ce nouveau sport en caisson de bois ? Non ? Pfui alors, vous n’avez rien compris au cycle de vie. Les épluchures de vos carottes, de vos pommes de terre et de vos navets amenderont la terre pour vous donner d’autres carottes, pommes de terre et navets. Les épluchures de carottes peuvent même donner des asperges ou des fraises : tout est dans tout !

Vous n’échapperez pas à ce phénomène. Des Témoins du Compost vous évangélisent à domicile dans un « Humus pro nobis » vibrant et incantatoire. La rédemption est dans le recyclage ; rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… en fumier.

Tout se transforme et la lèvre devient botox, le sein devient silicone, la hanche devient prothèse et le médecin devient charlatan. Le nutritionniste devient spécialiste de la prothèse mammaire comme le coiffeur peut devenir prof de maths selon le principe : qui sait couper les cheveux en quatre peut apprendre le calcul aux mômes ; qui s’occupe de nutrition peut s’occuper des seins dont sort le premier aliment !

La prothèse sévit. C’est un marché en plein boom. Dans un monde où l’acier meurt, le titane vient de naître à la gloire. Le silicone aussi. Les seins implosent, les procès explosent. Dieu, protégez-nous des prothèses !

000000aaaaa.jpgLe sage a raison quand il dit « On ne peut pas échapper aux modes ». La mode est un impératif radical. Qu’on peut toutefois neutraliser avec un impératif cordial : « Allez vous faire voir… s’il vous plaît ! »

 

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 00:04

 

 

 

 

 

 

 


  Coincés dans les embouteillages, pratiquez-vous la lecture ou vous contentez-vous de voir les doigts s’agiter dans les narines, les bouches articuler des mots muets vers des oreillettes coincées dans les pavillons avec un petit fil qui dépasse, comme pour les tampons ?

  Pour ma part, j’ai un regard synoptique mais surtout concentré sur les files de petits utilitaires et des camions.

  Les petits utilitaires sont pour moi comme des antichambres de chantier, là où l’ouvrier déjà « en service » véhicule le matériel du patron et ses méditations personnelles sur le boulot, la vie et les infos diffusées par son autoradio.

  Les camions me font voyager dans les pays de l’Est, surtout en République tchèque, Pologne et Croatie avec leurs plaques d’immatriculation qui sont autant de rébus pour permettre à mes neurones de s’affûter.

  Pourtant ce sont les inscriptions sur les petits utilitaires qui retiennent mon attention ! Ce sont des documents sur notre société, ils sont mobiles et rendent donc visibles aux yeux de tous les changements qui s’opèrent dans notre environnement immédiat.

« Où que vous soyez »

  A côté des « Arsène Muller entreprise de peinture depuis 1876 », les « Louis Schmitt ébénisterie d’art » ou « Bouffe-Bouffe Traiteur », le haut du pavé est tenu par « SOS dépannage minute », « SOS jardins », « SOS portage de repas », « SOS courses ».

  Zorro ne vient plus masqué assis sur son cheval au galop, Superman ne met plus sa combinaison rouge et bleue. Zorro a un numéro de téléphone et un Siret. Superman aussi. Ils ont une camionnette qui annonce leur disponibilité à vous venir en aide. Où que vous soyez.

  On vous change la roue où que vous soyez. On vous change le pare-brise où que vous soyez. On vous apporte votre casse-croûte où que vous soyez. On vous apporte votre repas d’anniversaire à domicile avec nappes et bougies n’importe quel jour. On vous garde mémé pendant que vous êtes en vacances. On vous bêche votre jardin quand vous avez mal au dos. On gère votre téléphone en votre absence. C’est no-souci. Déchargez-vous !

  Les anges gardiens se déplacent en camionnettes. Tous, pas seulement les ambulanciers, les pompiers et les policiers. Le réseau est dense. En plus, les inscriptions le disent : « Entreprise conventionnée. Services déductibles des impôts ». La paix intérieure est payée par l’Etat. Ce sont autant de Lexomil et d’anti-stress économisés.
Des rêves de jeunes se recroquevillent

  Nous vivons une époque formidable. Comme dirait mamema : « S’il nous arrive quelque chose, tout ce qui peut nous arriver est pris en main quand les services à la personne arrivent ».

  Les rêves de carrière de nos jeunes se recroquevillent dans ce débouché si évident. On entend : « Je voudrais devenir avocat, sinon je vais m’occuper de personnes âgées », « Je vais faire The Voice et si ça ne marche pas je monterai une auto-entreprise de services au jardin. J’ai juste une tondeuse à acheter ».

  On entend même : « Comme les études sont compliquées et que je ne veux pas subir que des échecs, je fais des ménages chez les gens. Par le Césu. Chèques emplois service ».

  Après les années « Teppaz, bac et bungalow », on a les années « Vinaigre blanc, plumeau et Javel ».
On met Mozart sur une voie de garage

  Les horizons se sont rétrécis pour des jeunes à qui on coupe les rêves dans les humiliations des concours scolaires. On ne laisse qu’une voie de garage à des Mozart, des Cerdan ou des Lalique recalés dans des concours où ce qui prime est de savoir extraire des racines carrées, philosopher sur le moi et le surmoi qui doivent écraser le ça.

  Notre monde est fait de gens assistés dans leurs échecs par des autorités qui en font des assistants pour des personnes ayant besoin d’une assistance physique. La République devient l’Assistance publique.

  000000aaaaa.jpgComme dit Confucius, « Kevin est heureux. Il a eu une subvention pour s’acheter une camionnette. Il a créé un service de dépannage pour dépanner les camionnettes de service ».

 

 

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 00:05

 

 

 

 

 

 

  C’est un mot à la mode : casting. « Faire un casting » se conjugue à tous les temps mais surtout au conditionnel, comme Petit Gibus : « Si j’aurais su, j’aurais pas venu »…

 C’est qu’on vient de loin, la peur et un petit sandwich dans le ventre, pour se soumettre à l’arbitrage des juges suprêmes adoubés par les producteurs télé qui regardent sur un écran de surveillance la foule compacte des pressentis pour le « casse-toi ».

Des épreuves qui n’ont ni queue ni tête, mais justement…

 Ils sont venus de partout chanter la dernière de Zaz ou de M. Pokora, danser le tango avec un clone de Jennifer Lopez recruté à cet effet, avaler des insectes crus, faire cuire un lapin à l’étouffée sur un lit de foin, imiter Canteloup, étaler des connaissances Wikipédia sur le Berry oriental ou coller du papier peint pour être retenu dans une émission de déco.

 Dans ces déplacements massifs de populations rendues monomaniaques à l’idée de réaliser leur rêve, il s’agit de distiller 24 heures de rang des programmes à très petits budgets. Les vrais acteurs de ces rendez-vous télé sont des jeunes ou moins jeunes triés selon des critères qui tiennent aussi bien du dossier DDASS que du cahier de charges du cirque : c’est mieux si le candidat a une histoire personnelle particulière : enfant abandonné, fille mère à 11 ans pour avoir de la matière entre deux questions du jeu.

Le trac, puis tout simplement l’envie de manger quelque chose…

 Et c’est encore mieux si le candidat est ridicule : ça nous fera de bons moments de bêtisier ou le buzz total sur le net !

 Filmez-les aussi dans les files d’attente, on a besoin d’images pour la rubrique : que portent les gens dans la rue ?

 Ou plus cruel : « Tâchez de me trouver de nouvelles têtes pour les scènes parce que le Botox et la silicone ont des limites ».

 Dans les rangs de ceux qui y croient encore, le trac cède la place à l’envie de manger, de boire, de pisser, de s’asseoir.

 Cinq heures qu’ils sont là, debout derrière des barreaux, pressés contre le mur par des hommes en noir qui font gardes-chiourmes le jour et videurs la nuit.

 Dans la masse, des amitiés improbables se nouent, baptisées dans le partage d’une bouteille d’eau, scellées dans les larmes de la désillusion. On s’aime. On se déteste aussi, parce qu’après tout l’autre est là pour te dégommer…

 000000aaaaa.jpgCinq heures d’attente pour voir un pouce pointé vers le bas. Mais ouf, tu peux aller pisser. Comme Brel, tu pisses comme tu pleures, ça libère plus vite que les larmes…

  Confucius a dit : « Pour arriver de rien à rien, il faut en faire, du chemin »…

 

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 00:05

 

 

 


 

 

 

 

 

  Sacré soleil !! Tu n’es jamais là quand on t’attend. Tu permets que des cordes de pluie arrosent nos fêtes du Waedele et nos festivals de théâtre au Château. Tu nous fais faux bond pendant des mois, nous mettant au bord du désespoir et sous les lampes bienfaisantes d’un lumino-thérapeute, là où nous pouvons oublier que les maladies progressent, que le niveau de vie régresse, que nos jeunes sont en détresse et que notre droit à l’amour dépend de la dimension de nos fesses. Le monde va ver la Parousie, cette fin de monde que même Cecil B. de Mille n’aurait pu imaginer dans son meilleur scénario. Et pendant ce temps, les collants continuent de filer.

Jamais je n’avais eu vent du désarroi des femmes devant cette hécatombe de collants et devant la fatalité des mailles qui filent. Et il est vrai : qui songe au drame de ces femmes qui gardent un brin de féminité en mettant des jupes ou des robes, de ces femmes qui évitent ces burqas bleues qui voilent les jambes sans que quiconque ne trouve à redire ? Il faut le dire: oser le collant, c’est risquer la maille qui file, laissant une traînée blanche! Une de ces traînées blanches qui tuerait même le charme de Monica Bellucci! Une traînée blanche qui transforme un tailleur Chanel en fripe dégotée chez Emmaüs ! Et voilà que des femmes conscientes de ce drame jusqu’alors muet, des femmes attentives aux sommes englouties dans l’achat répété de ces bas arachnéens et siamois se rebiffent et somment le gouvernement de légiférer sur la solidité des collants !! Tout cela est dans la presse. Le collant devient une affaire d’Etat !!!

Il faut que la maille aille !

Le collant serait-il moins important que les rythmes scolaires, le mariage pour tous et la procréation assistée ? N’y a-t-il pas de la pédagogie dans la dissertation publique sur le sujet: «Et si les sommes dépensées par les collants empêchaient les ménages de se fournir en électroménager, en home-cinéma et en vacances au bord de la mer ?» Deux cents euros par an pour des collants. 10 000 euros en 50 ans de vie! Sans compter les frais de psy où l’on se frappe la coulpe : «Je n’arrive pas à faire durer une paire de collants. Suis-je faite alors pour une vie de couple ?»

Le mariage est pour tous, et voilà qu’il y en a qui n’osent pas se lancer par peur de voir filer trop de collants dans le cercle conjugal!! Qui aurait pensé à toutes les conséquences économiques et sociologiques liées aux collants ! Que fait le gouvernement ? Il faut que la maille soit forte... Il faut que la maille aille !! La maille est faible.

000000aaaaa.jpg

Même les cambrioleurs préfèrent le passe-montagne en laine au collant dont les mailles qui filent pourraient permettre leur identification. Les femmes en ont marre de voir leurs collants finir en «fleurs de mailles teintes en rose ou en jaune» pour trôner dans un vase.
Comme dit La Palisse : «Les collants, c’est comme les varices : on doit les voir sur les jambes des femmes.»

 


 

 

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 19:28

 

 

Un œil vers la Bavière pour dire « au revoir et merci à Joseph Ratzinger » et pour faire un clin d’œil à l’autre Bavarois, le cabarettiste Karl Valentin (1882-1948). Le rêve de Valentin était de rendre le théâtre obligatoire afin de remplir les théâtres.
 
Ne riez pas : on a tous connu les drames et les comédies dites « classiques » des tournées Herbert & Karsenty où nous allions en culottes courtes, tout heureux d’échapper aux dissections de souris et aux radioscopies des verbes conjugués. Nous y allions le cœur léger et le sachet rempli de Lutti au chocolat pour le goûter et d’avions en papier pour le chahut. Nous avons connu le théâtre obligatoire avec ses tirades en sandales romaines, ses monologues en courtepointes et ses Alice Sapritch en jeunes premières.
 
Et voilà que nous connaissons le cinéma obligatoire, même pas toujours encadrés par l’aréopage de profs qui savent très bien qu’entre un cours sur Lincoln ou sur Malcolm X, l’élève préférera les sièges capitonnés d’une salle obscure aux longues explications du titulaire du CAPES d’histoire. Je vous parle du cinéma obligatoire parce que je viens d’en être victime.

Le cinéma obligatoire
 Cela s’est passé dans un avion au long cours car dans les avions au long cours le cinéma est obligatoire si tu ne veux pas passer ton temps à lorgner la bouche ouverte de ton voisin plongé dans le sommeil. Tu « la boucles » devant les aventures d’un chien surdimensionné qui joue au tsunami dans une cuisine américaine, devant l’œil hagard d’une Desperate Housewive ou devant une bluette narrant les amours tumultueuses d’un businessman. Tu regardes et tu regardes… Comme tu regardes sur un écran géant du bout du monde un film « local » au milieu d’un public « local », dans la langue « locale », parce que c’est inscrit au programme de ton tour-opérateur. Et finalement tu ris en voyant tes voisins rire et tu ne sens pas les chaînes de l’obligation parce que tu suces une glace aux parfums « locaux » devant les images en Technicolor.
 
Avaler ! Que ne devons-nous avaler pour être dans la norme… Hier encore j’ai avalé du cinéma obligatoire, un de ces films qu’il faut avoir vu pour appartenir à « ceux qui apprécient l’art et la culture ». J’ai regardé « Amour ». Parce qu’on ne peut pas manquer un chef-d’œuvre. Et j’ai fui !
 
Oui ! Vous pouvez me jeter vos cornets de pop-corn ou vos diatribes, j’ai fui. Pourquoi ce concentré de douleur ? Même la fille (Isabelle Huppert) a un rôle de victime avec ses tribulations de cocue débordée par une tournée marquée par l’insuccès. Moi je dis stop !

Olympiades en fauteuil
 
J’ai connu des couples aux gestes difficiles et tendres mais qui ont continué à avoir la dynamique d’une « tatie Danièle », de ces empêcheurs de tourner en rond en chaussures à « scratch », de ces dictateurs en bas de contention.
 
J’en ai vu, dans les maisons de retraite, de ces têtes grises faisant les olympiades en fauteuil pour arriver premier devant l’assiette de purée de poireaux. J’entends encore Georges arpenter les rues sur une seule jambe et dire « je sais que je peux mourir sous les roues d’un camion mais je peux aussi mourir sous la laine de ma couette ».
 
000000aaaaa.jpgComme le chanterait Brassens,
 
« La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante,
Elle n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux,
Plus de danse macabre autour des échafauds ! »
 
Et comme dit mamema qui est plus que nonagénaire, « d’Alte gehn mer uff d’nerfe » (Je ne supporte pas les vieux) !

 

 

 

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:40

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Je suis née trop tard. Je veux tout effacer et tout recommencer.
Nous sommes dans la civilisation du « Pour tous » qui accorde à nos concitoyens les mêmes droits au « Mariage pour tous », les mêmes stress « Moins d’argent pour tous », les mêmes possibilités de se ridiculiser sur les écrans plats « Reality Show pour tous ».
 
Au nom de ce sacro-saint principe, je veux reprendre ma vie au moment précis où je venais de réussir ma première multiplication cellulaire dans le sein de ma mère ayant enfin échappé à la chair de mon père. Ouf !
 
A ce stade-là mon géniteur pourrait aller manger ses pommes de terre rôties et son Munster ailleurs.
 
Pour ma réincarnation, il me faudrait être un enfant de parent isolé avec une maman prof écolo et complètement immergée dans la doctrine suivante : « Le fœtus est à l’adulte ce que l’Applestore est à l’Ipad : on peut y mettre plein d’applications ! »
 
Je voudrais l’application « Je connais la musique » ! Maman n’aurait qu’à me gaver d’œuvres classiques en attachant un MP3 sur son ventre à l’aide d’une ceinture.
 
Lors de la fête célébrant mon troisième anniversaire, à la question « Aimez-vous Brahms ? », je pourrais répondre « Oui, mais je préfère Chopin ».
Et si maman refusait ?
 Je voudrais l’application « Je parle toutes les langues » pour enfin comprendre ce qu’on dit dans mon dos dans ces langues que les médisants apprennent pour commettre l’insulte en toute impunité.
 
Enfin, je voudrais l’application : « Je suis merveilleuse » qui me permettrait d’être mince, belle et douée pour la chanson, même si, pour arriver à ce triple succès, je devais passer la vie à manger du poulet Dukan, à me faire plier au design de William Carnimolla et aux difficultés du stretching sur Wii.
 
Je voudrais atteindre cette perfection des filles des magazines et pouvoir aussi époustoufler Dave, Chris Marques ou Lio.
 
Alors ? Je peux revenir en arrière ? Dois-je accrocher ma voiture au clocher d’une église à minuit ? Dois-je vérifier si tous ceux qui peuplent ce monde ne sont pas endormis depuis 100 ans pour expier une de mes enfantines bêtises ?
 
Les vraies questions se posent et si près de la décision finale, voilà que le doute s’installe. Et si maman refusait cette grossesse avec le recul ? Et s’il y avait des chiffres alarmants de mortalité infantile dans cette époque dans laquelle je voudrais voir le jour ? Et si je ne rencontrais pas mon Robert à mon nouvel âge adulte ?
  000000aaaaa.jpg
Même les rêves nous font peur de nos jours. Comme dit Confucius : « Vivre dans les rêves c’est aussi difficile que de vivre dans la vraie vie… sauf que tu ne paies rien quand tu prends le bus »

 

 



 

 

 

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 12:19

 

 

 

 

 

 

 
Les cerveaux fuient, Mittal d’Inde fait de nous des dindons, les voitures ne se vendent plus et même mamema dit « Mer komme noch uff de Hund », ce qui peut vouloir dire qu’on en viendra à manger des chiens. Au milieu de cette fange, entendez-vous ce message : « Il n’y a que l’amour qui sauve » ?
 
Toutes les voies mènent à l’amour. À la télévision, des hommes et des femmes sont envoyés dans les paysages originels du paradis terrestre pour trouver leur alter ego en luttant contre des araignées géantes. Puis, comme dans les contes, ils doivent sauter au fond de la mer chercher l’anneau ou faire Koh- Lanta avant de cohabiter.
 
« Croissez, multipliez-vous », disent les Ecritures. La politique s’en mêle. Mariage pour tous ! Marions nos deux belles-mères veuves… Pourquoi pas ? Elles ne seront pas seules ; elles laisseront un logement vacant ; elles pourront se partager la même aide à domicile.
 
Et l’amour dans tout ça ? Ah l’amour, c’est autre chose ! L’Amour, c’est devenu un festival, un événement, comme Noël ou le Rallye d’Alsace.
 
L’amour commence par un air d’opéra. « L’amour est enfant de Bohème », il se susurre entre des lèvres posées sur des huîtres prêtes à être lutinées, il se fait dans des chambres d’hôtel tendues de draps blancs où flottent des ballons en forme de cœurs et une douce odeur parce que l’Amour ne doit pas sentir l’odeur de l’argent ! « L’Amour chez nous, c’est plus ! » (c’est écrit comme ça sur les prospectus) ! Mamema dit « Wie soll diss noch anne fiehre ? »

Et si on sollicitait Joseph Ratzinger pour faire le mariage sur Facebook ? 
Où cela mènera-t-il ? À la suite du show ! Acte 1 : Jason et Kevina (ou plus sûrement Roland et Josiane) s’embrassent sur un air de la Traviata. Acte 2, le couple passe chez le notaire pour l’acte de mariage. Oui ! Car dans le mariage l’acte notarial est bien plus engageant que l’acte sexuel. Acte 3 : le Mariage. The big show ! Oui, mes frères, le mariage stimule l’Artistique.
 
Tous les créateurs sont en émoi. Le graphiste se met à l’ouvrage pour inventer le faire-part. Les doigts de fée s’activent pour broder la nappe. Le designer en biscuits édifie des pièces bien montées. Le clown se maquille pour faire rire les enfants posés dans une annexe avec des hamburgers festifs et des bains de ballons. 000000aaaaa.jpgLe DJ enfile sa veste à paillettes. On oublierait presque le curé ! Pour un peu on irait chercher Don Camillo, pour être original et faire parler de soi. Va savoir si d’aucuns ne vont pas solliciter Joseph Ratzinger, bientôt à la retraite, pour faire le buzz avec leurs photos de mariage sur Facebook !   
Mamema dit « diss isch alles guet un recht awer ich hoff ass es noch vacherin gibt “( Les gens n’ont qu’à faire ce qu’ils veulent, pourvu que j’aie ma part de vacherin).

 

 

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 12:08

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 
Elle est là, près de mon lit, supportant mon portable, mes mouchoirs, ma lampe de mineur et un magazine de mots croisés contre les insomnies. Elle est à côté de moi, cette commode au contenu hétéroclite où les culottes ne côtoient jamais les bas et où les bijoux de pacotille font tiroir à part loin des photos en vrac et des pin’s surannés qui occupent le bas.
 
Je suis une commode. J’ai mille tiroirs dans ma vie. Sans interférence. Il y a des moments pour tout. Des moments où je suis mamema pour mes petits. Des moments où je suis « le brushing de 16 heures » chez mon coiffeur ou la « vidange de 9 heures » chez le garagiste ou « Léonie » à la radio ou « Réglisse » sur Netlog ou « Dhyeld » sur Twitter. Bref j’ai plusieurs vies.

Louis dans l’hémicycle devient Loulou sur Twitter
 
Autre lieu, autre discours… Personne n’a avec ses parents le discours qu’il a avec ses potes ou avec ses collègues de travail ; nous ouvrons toujours le tiroir qu’il faut. Celui des photos ou des culottes, des bijoux ou des médicaments.
 
Nos politiques aussi sont des gens à tiroirs. Deux tiroirs au moins ! Louis dans l’hémicycle devient Loulou sur Twitter. Louis et Loulou n’ont pas le même discours. Louis a un discours pour le micro de l’Assemblée, Loulou a un discours pour la tablette numérique. Louis, dans une rhétorique académique, expose sa volonté de donner de nouvelles couleurs au mot « famille », Loulou, sur sa tablette, critique les couleurs du pull d’un autre élu de cette docte assemblée. Louis lève la main avec son groupe lors des votes, Loulou assure, sur Twitter, que son jugement est plus nuancé.

Personne n’est à l’abri des bêtises
 
Certains « Loulou » ont autant de tiroirs qu’un semainier, autant d’aventures que Heidi ou Martine : « Loulou et la fille de l’hôtel », « Loulou voyage en Suisse », « Loulou ne va plus en Moselle ». Sacré Loulou ! Mamema dit « Es isch eso ». Phrase quasi biblique, qui stipule que l’être humain n’est qu’un être humain et que personne n’est à l’abri des bêtises.
 
000000aaaaa.jpg« Kannsch vom e Ochs kein Kalbleisch verlange », il n’est pas facile pour un bœuf de donner de la viande de veau. « Jedi Bluem hett noch e bissel von dem mischt wie de Gartner unter ehri wurzle gelajt hett » (chaque fleur a en elle un peu du fumier que le jardinier a mis sous ses racines).
 
Pour en revenir à notre commode, Confucius dit : « Même si les tiroirs de ta commode sont bien fermés, il y a toujours des cafards qui arriveront à se faufiler à l’intérieur pour pouvoir continuer leur vie de cafard ».

 

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 12:52

 

 

 

 

 

C’est un phénomène de société : le besoin de se travestir pour afficher ses idées. La costumation par un trop-plein de signes extérieurs nous plonge dans l’ère des too-much.
Les too-much existent, vous ne pouvez pas les manquer ! Dans votre bistrot plat-du-jour, vous les trouverez lookés jusqu’au bout des ongles, sapés avec des panoplies complètes.

Vous verrez de tout : de « l’écolo labellisé », de la « Victoria Beck- ham », du « chasseur » façon Elmer de Bugs Bunny, du « Woody Allen » désespéré, et même du « fan des Kastelruther Spatzen » avec chaussettes et Speckhose.

Comme les Amish ou les Hare-Krishna, ces prédicateurs d’un genre nouveau ne rêvent que de vous parler de leur « révélation », cette prise de conscience absolue qui a bouleversé leur vie. Après quoi ils vont vous abreuver de directives destinées à donner enfin un sens à votre existence…

Si vous les écoutez, vous en sortirez avec des tocs (troubles obsessionnels compulsifs) qui feront croire à la foule que même Monk est atteint du syndrome de Diogène !


Des débordements vibrionnants et incessants
La vie d’un too-much est une accumulation d’actions : elles sont aussi nombreuses que les cure-dents assemblés pour faire une Tour Eiffel.

L’écologiste labellisé te vantera les mérites incommensurables des beignets de sureau et de la galette de sarrasin pendant que tu absorberas difficilement ton plat du jour « qui résulte de la torture d’un porcelet, de l’exploitation abominable des enfants dans les rizières chinoises et d’une aggravation du bilan carbone due à l’importation par la voie des airs de tomates espagnoles ». Il quittera ta table pour aller manifester en faveur du vélo, contre l’utilisation des sprays pour se laquer les cheveux et pour être filmé par une télé locale dans l’accomplissement du tri méticuleux de ses ordures.

« Victoria Beckham », assise devant son thé vert vierge sans sucre dans la pâtisserie du coin, te chantera les louanges de la maigritude, mettra ses fesses au niveau de tes yeux pour te dire qu’on n’a pas besoin d’avoir un cul de jument pour que les jambes tiennent au dos et te montrera les photos de la fashion-week de Berlin d’où elle revient avant de partir pour celles de Londres et de New York et enfin elle te fera regarder des vidéos sur You-tube dans lesquelles elle explique comment bouger dans des stilettos et comment faire soi-même son épilation maillot.

Le fan des Kastelruther Spatzen te chantera « eine weiße Rose », te fera la biographie de Norbert Rier, puis une conférence sur la vie saine de ce groupe par rapport aux délires alcooliques des stars du rock.

La militance en bandoulière
Au secours ! Les nouveaux messies sont lâchés. La « militance » portée en bandoulière est devenue le must, elle semble plus élégante qu’un sac Vuitton. Elle semble indispensable en ces temps troublés où manifester dans la rue est devenu un acte quotidien.

000000aaaaa.jpgIl s’agit d’afficher ses convictions jusque dans le costume, d’être « lisible », d’avoir le ramage qui correspond au plumage. Il faut, comme « play-mobil-chantier » avoir un ciré jaune, une pelle et un pack de bière, si on est sur un chantier.

Les manifs en faveur du mariage pour tous tenaient à certains endroits autant de la gay-pride que des rassemblements de religieuses sur la place Saint-Pierre.

Confucius dit : « Ce n’est pas parce que tu brandis un grand parapluie jaune à pois rouges visible de loin qu’il pleut. La pluie tombe même quand les parapluies sont fermés ».

 

 

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 11:38

 

 

 

 

 

 

 

Il y a des jours où l’âme est à deux doigts de succomber au désespoir face à la triste réalité des guerres, de la misère et des cruautés ordinaires. L’âme a alors besoin de douceur. L’esprit doit pouvoir se souvenir. Le corps a besoin de retrouver des saveurs inscrites depuis l’enfance.

C’est ainsi qu’un matin j’eus l’envie irrépressible de retrouver le biscuit avec la Buttercrème, la crème au beurre.

Vous me direz que ce biscuit n’est pas le chemin le plus direct pour faire la une de Vogue ! Mais comme dit Confucius, « le chemin vers la chaleur passe par le feu ».

Du plaisir de casser les œufs sans avoir à égorger le poulet
Je me mis donc en quête de quelqu’un qui m’enseigne l’art de réaliser moi-même ce futur objet de mon ingurgitation. Car comme dit mon Robert : « Manger un poulet, c’est une chose, le tuer c’est autre chose ».

J’étais donc prête à casser les œufs en remerciant le Ciel que cet acte fût possible sans passer par la décapitation d’un poulet.
Mais pour m’accompagner sur le chemin des pâtissiers, je fis appel à un coach.
Le coach est de nos jours ce que le philosophe d’Athènes était jadis à la vision du monde. C’est Diogène qui a fait les cyniques, c’est Didier qui a fait les travaux pratiques. Didier m’a appris les gestes du biscuit, Domi m’apprendra les gestes de l’aérobie selon le principe « Mangez, éliminez ! ».
Sachez que je suis fière de faire la Buttercrème ! J’ai franchi un col de la vie sans dopage, juste avec des œufs, de la farine, du sucre, du beurre, un fouet, un batteur et une sonde pour prendre la température : 86° et le biscuit est à cœur. Prêt à se poser sur les hanches.

Le macaron a le vent en poupe
Néanmoins, comme rien ne vaut le partage de la réussite et de la cellulite, on a fait bombance à plusieurs pour faire honneur à Didier et aux poules.
000000aaaaa.jpgOn parla du plaisir retrouvé de faire des gâteaux depuis la prolifération de ces boutiques du moule mou, des cercles en inox et des presses fluo à macarons réunis. Car le macaron a le vent en poupe.
Pardonnez-leur, Seigneur, car ils ne connaissent plus la Buttercrème ! J’irai le leur dire, le dimanche, en porte à porte. Et ce sera la fin des macarons !

 

 

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deytsc

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