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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 11:38

 

 

 

 

 

 

 

Il y a des jours où l’âme est à deux doigts de succomber au désespoir face à la triste réalité des guerres, de la misère et des cruautés ordinaires. L’âme a alors besoin de douceur. L’esprit doit pouvoir se souvenir. Le corps a besoin de retrouver des saveurs inscrites depuis l’enfance.

C’est ainsi qu’un matin j’eus l’envie irrépressible de retrouver le biscuit avec la Buttercrème, la crème au beurre.

Vous me direz que ce biscuit n’est pas le chemin le plus direct pour faire la une de Vogue ! Mais comme dit Confucius, « le chemin vers la chaleur passe par le feu ».

Du plaisir de casser les œufs sans avoir à égorger le poulet
Je me mis donc en quête de quelqu’un qui m’enseigne l’art de réaliser moi-même ce futur objet de mon ingurgitation. Car comme dit mon Robert : « Manger un poulet, c’est une chose, le tuer c’est autre chose ».

J’étais donc prête à casser les œufs en remerciant le Ciel que cet acte fût possible sans passer par la décapitation d’un poulet.
Mais pour m’accompagner sur le chemin des pâtissiers, je fis appel à un coach.
Le coach est de nos jours ce que le philosophe d’Athènes était jadis à la vision du monde. C’est Diogène qui a fait les cyniques, c’est Didier qui a fait les travaux pratiques. Didier m’a appris les gestes du biscuit, Domi m’apprendra les gestes de l’aérobie selon le principe « Mangez, éliminez ! ».
Sachez que je suis fière de faire la Buttercrème ! J’ai franchi un col de la vie sans dopage, juste avec des œufs, de la farine, du sucre, du beurre, un fouet, un batteur et une sonde pour prendre la température : 86° et le biscuit est à cœur. Prêt à se poser sur les hanches.

Le macaron a le vent en poupe
Néanmoins, comme rien ne vaut le partage de la réussite et de la cellulite, on a fait bombance à plusieurs pour faire honneur à Didier et aux poules.
000000aaaaa.jpgOn parla du plaisir retrouvé de faire des gâteaux depuis la prolifération de ces boutiques du moule mou, des cercles en inox et des presses fluo à macarons réunis. Car le macaron a le vent en poupe.
Pardonnez-leur, Seigneur, car ils ne connaissent plus la Buttercrème ! J’irai le leur dire, le dimanche, en porte à porte. Et ce sera la fin des macarons !

 

 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 01:04

 



Nous voilà bien ! À force de lire les journaux, nous nous découvrons d’autres maux, et hop, notre petite personne prend conscience qu’elle a sa place parmi les malades…

Rien de tel que la lecture d’un magazine de mode pour découvrir avec horreur que ces quelques kilos qui nous donnent des contours gracieux sont des symptômes d’obésité ! Quant aux articles sur l’espérance de vie qu’on lit confortablement assis chez soi, ils nous disent que les heures passées sur un canapé mou retranchent vingt ans à notre capital-vie ! Et voilà qu’un reportage sur les plaies de notre siècle m’a appris une réalité affreuse : je suis frappée de procrastination.

Oui, je remets toujours à plus tard les tâches essentielles, par peur de ne pas les réussir.

Ce n’est pas de la paresse ! La paresse, c’est ne rien faire du tout. Ceux qui sont frappés de procrastination, au contraire, sont hyperactifs. En attendant d’avoir le courage de faire sa dissertation, l’étudiant souffrant de ce mal fait mille choses très appréciées de son entourage.

C’était mon cas quand j’étais au lycée. Le réveil sonnait le dimanche matin à 4 heures pour que je me pose devant la feuille de papier « Le Conquérant » à grands carreaux destinée à recevoir mon opinion sur « L’existence peut-elle se résumer à ce qu’on est vraiment ? ». À 4 heures donc, j’étais debout. Je faisais le repassage pour faire plaisir à maman, je faisais un gâteau pour réjouir la famille, je descendais à la cave pour faire tourner une machine, j’épluchais les légumes pour midi. Je faisais tout, sauf ma dissertation. Ceci est un cas clinique de procrastination. C’est un mal chronique dont je souffre encore.

Si dans ma cuisine vous ne voyez rien qui traîne, si dans mon jardin vous ne voyez aucune mauvaise herbe, si dans ma cave vous ne voyez que du rangement symétrique ce n’est pas à cause de mes tocs, c’est parce que j’ai peur chaque jour d’affronter une page blanche.
La grande peur de n’avoir plus rien à faire

La procrastination nous tient. D’aucuns attribuent cette plaie à une trop grande liberté dans l’organisation du travail. Sûr que dans les temps bénis des galères, on n’avait qu’à suivre le rythme du tambour. Au temps des pointeuses à l’usine on avait intérêt à accomplir sa tâche à l’heure sous peine de perdre sa place et sa dignité. Les plus réfractaires étaient condamnés à des cures de travail obligatoire dans un cadre horaire strict, encadrés de coups de fouet.

000000aaaaa.jpgMaintenant, dans les maisons où on se retrouve après une perte d’emploi et où le temps n’est plus mesuré par les horaires d’une entreprise et d’un bus de ramassage, on range la cave, on repeint la cuisine, on crée un potager, on construit un clapier, on se documente sur la création d’une micro-entreprise…

La procrastination, ce n’est pas « faire » par peur d’avoir à faire, c’est aussi « faire » parce qu’on a peur de n’avoir plus jamais quelque chose à faire.

 

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 01:02

 

 

 


 

 

 

 

 

Plus sûrement que la neige s’étale sur nos campagnes durant décembre et janvier, les palmarès s’étalent dans les colonnes, parfois même sur les couvertures des quotidiens et magazines. On trouve dans ces palmarès les résultats des suffrages exprimés par quelque panel singulier pour désigner l’homme politique de l’année, le sportif de l’année, la personnalité préférée des Français.
Vus à la télé
On y trouve surtout les noms de ceux qui occupent agréablement les écrans, grands ou petits, dans de larges proportions horaires, comme si on voulait remercier tous ces personnages qui participent par scénarios ou compétitions interposés à nous faire oublier l’érosion de notre pouvoir d’achat, la disparition du lien social, la solitude de plus en plus marquée dans un monde monacal voué aux home-cinémas et aux ordinateurs.
On congratule ceux qui nous font rire, ceux qui font vibrer notre fibre patriotique encore vivante dans les concours sportifs et les festivals. Bref on adore les Lexomil patentés, les anesthésiants sur pattes qui apaisent notre spleen ou notre désenchantement.

Dans le monde nouveau, plus rien n’est en acier
Dans le cadre de cette propension à couronner les personnalités qui ont marqué l’année, je vote, moi, à l’unanimité (et plus) pour Edouard Martin. Edouard Martin vient de cette Moselle oubliée depuis les nouveaux virages de l’économie, depuis la disparition de Wendel et de Sacilor, depuis que dans notre univers plus rien n’est en acier, surtout pas l’amour, l‘amitié ou la solidarité. Comme dit Mamema, « alte Liebe rostet nicht aber moderne Liebe rostet » (dans le temps l’amour ne pouvait pas rouiller, maintenant il rouille).
Le « monde nouveau » a abandonné à leur triste sort tous ces hommes noircis par la suie, cuits par la chaleur des hauts-fourneaux ou silicosés par le charbon. On oublie que sur eux repose l’Europe. La première communauté européenne fut celle du charbon et de l’acier, celle de Robert Schuman.
Il a raison de le rappeler, Edouard Martin, leader charismatique de la CFDT chez Arcelor-Mittal : ce qu’il défend c’est la survie de l’Europe !  Voilà donc un homme qui apparaît dans sa tenue orange dans l’enceinte de son usine de Florange, qui s’habille « en dimanche » pour la télé parce que chez nous c’est un signe de respect, et il parle d’humanisme, d’humanité, de maintien d’un modèle de société où le travail reste une valeur fondamentale pour la solidité des familles, pour une meilleure éducation des enfants, pour que le tissu social ne se dissolve pas dans la précarité, pour que les pères de famille gardent leur dignité, pour que les jeunes puissent encore croire en des lendemains qui chantent ailleurs que dans leurs écouteurs MP3.
Edouard Martin pleure comme on pleure quand les mots ne suffisent plus. Il pleure des larmes vraies comme le désarroi, pas des larmes destinées au jury des Césars ou des Oscars, de ces larmes de cinéma qui donnent droit à la carte verte et à une villa à Hollywood, loin des tracasseries du fisc français.
« Tu connais la minette de Lorraine ? »
Edouard Martin pleure sur un monde qui s’effondre. Et les politiques délaissent ces hommes qui ont le feu sacré pour aller faire des courbettes à ceux qui ont de la braise. On laisse la minette de la Lorraine pour des soubrettes. 000000aaaaa.jpgQui se souvient encore de ces noms écrits en grand dans les manuels de géographie, « le bassin houiller de Lorraine, Grossbliederstroff, Freyming-Merlebach, la minette » ?
Si tu demandes à un jeune de la rue : « Tu connais la minette de Lorraine ? », il te dira : « Tu retardes, maintenant on appelle les minettes des belettes et les belettes, je les kiffe toutes, je demande pas d’où elles viennent »  Lothringen ! chantait Louis Arti. Et Patricia Kaas chante avec les Enfoirés. Comme dit Confucius, « si t’es avec les Enfoirés, t’as de l’avenir ! »

 

 

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 12:00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Günter Walraff m’a appris le journalisme d’infiltration. Je suis donc devenue deux jours durant une vraie télévore, un de ces personnages assis devant son écran 16 pouces avec des thermos de soupe, des bouteilles d’eau et de soda, des bretzels et des mini-sandwichs.
 
La vessie a été entraînée à utiliser les pages de pub pour se vider comme celle du chien et entraînée à le faire quand Papa sort vers 21 h pour rencontrer la belle Laure avec son Schnauzer. La téléphagie est un sport qui demande de la préparation et qui est souvent simplifié grâce aux cadeaux glanés lors de l’absorption massive de coqs châtrés, de saumon vierge et de Mont d’or : couvertures polaires, containers à boissons à porter sur la tête avec tuyau à mettre et à garder en bouche.


Des dérivatifs sont possibles

La vie du télévore est plus douce que celle de l’orpailleur car si l’orpailleur passe des journées dans le froid à actionner son tamis pour un résultat nul, le télévore passe ses journées au chaud bardé de victuailles et de dérivatifs multiples pour voir des programmes des plus éclectiques. Oui ! Le télévore assidu a des dérivatifs… car regarder la télé n’empêche pas de repasser, de réparer les filets de pêche, de tricoter, de faire du Mah-jong avec son i-pod et d’envoyer des textos avec son i-phone.

Et puis, la télé, on ne s’en lasse pas. Les ingénieurs de la branche travaillent encore et toujours à de nouvelles addictions à rajouter sur la télécommande. A la télé on peut acheter son bain bouillonnant, voir les films à la demande, trouver la solution à son acné gras, apprendre les ficelles pour être heureux en ménage, voir les nouveaux gladiateurs lutter pour survivre dans la jungle ou résister à l’envie de tuer ceux qui critiquent leur mariage, leur dîner ou leur filet de voix dans le seul but de gagner un bon pour se tremper les fesses dans le spa d’un hôtel en phase de promotion.

Je ne saurais vous dire dans quel état d’esprit m’a mise cette expérience. Deux fois seize heures devant la télé m’ont secouée. J’ai été transportée dans l’enfance avec Rintintin et Lassie, j’ai revu encore et encore Sissi qui avait bouleversé ma vie d’adolescente à cause de cet amour absolu entre Elisabeth de Habsbourg Wittelsbach et François Joseph de Habsbourg.

A dire vrai, je vois Kate Middleton d’un autre œil ce matin. Le royalisme me gagne. Le royalisme peut gagner le peuple avec ces diffusions multiples des films dans lesquels Romy Schneider tournait pendant des années et ne quittait la couronne saisie dans les accessoires que pour prendre un verre de vin rouge.

Ma téléphagie m’a transformée. Je me pose des questions de fond sur la rédemption. Qui peut sauver qui ? Qui mérite d’être sauvé ?

Tout bien considéré, tous les films parlent de péché et de rédemption. Dans les films policiers, les assassins commettent les crimes les plus atroces mais le commissaire sauve la situation et sauve toujours la dernière victime possible d’un serial killer. La rédemption est toujours pour la dernière victime. Pourquoi ?

Pourquoi toutes ces rédemptions à Noël ?

Pourquoi aussi toutes ces rédemptions dans les films à Noël ? Et surtout que viennent faire les restos là-dedans ?

Jeudi, dans deux films consécutifs, un ange (à chaque reprise une belle jeune fille soit morte soit dans le coma) met tout en œuvre pour sauver un restaurant. Idem dans un film allemand où Noël met en présence un restaurateur ruiné et une femme magistrat qui saura le remettre derrière les fourneaux pour cuisiner des Klopse avec de la marmelade d’abricots.

000000aaaaa.jpgLe miracle n’est-il plus que dans les casseroles ? La rédemption passe-t-elle par le robot multifonction ou les nappes à carreaux rouges et blancs ?
En tout cas le bonheur de Noël passe par la cuisine. Sinon, pourquoi m’aurait-on offert une machine à pop-corn, une machine à soda, une machine à faire des baby-cakes, un barbecue d’intérieur et des dizaines de verrines ?

 

 

 

 

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Published by Huguette - dans Huguette Dreikaus
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