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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:07

 

 

Ferme la jalousie !

 

Nous sommes dans l’ère des « co ». On cohabite, on fait du covoiturage, on pratique la colocation. Dans les clubs libertins ça « co-pule ».

Kevin, ton amoureux, partage sa chambre de célibataire géographique avec Ines. Il fait les 400 kilomètres qui le séparent de toi le dimanche soir et ceux qui le ramènent chez toi le vendredi avec Natacha. Il a des étreintes très « hot » avec des dames Lambda dans les clubs de popo-troc. Mais ne sois pas jalouse. C’est toi qu’il aime. Tu es la seule dans son cœur. Son repère c’est toi. Arrête de lui faire des scènes !

Nous vivons dans l’époque du partage. Vélo-partage. Auto-partage. Fringues-partage. Femme-partage. Homme-partage. La possessivité n’est plus de mise. Elle est une forme de régression sociale.
« C’est à moi qu’il apporte le linge sale »
La jalousie est une pathologie voire une forme de délinquance qui s’attaque à la liberté fondamentale de l’autre de disposer de lui-même. En amour l’essentiel est de partager avec Kevin ce qu’il ne partage pas avec d’autres. Comme dit Lili : « Kevin ? C’est moi qu’il aime. C’est à moi qu’il apporte le linge sale ». Le nouveau principe de fidélité : « Plusieurs lits mais juste une machine à laver et un fer à repasser ».

Nombreux sont les co-mamans et les co-papas. Il faut s’habituer à serrer son enfant dans ses bras selon un emploi du temps défini par les juges. Les dimanches ont changé. Le Seigneur reste seul dans son tabernacle. « Dimanche prochain je fais une marche gourmande et dimanche d’après je le passerai avec ma petite Joyce. »

Fini le temps des messes et du pot-au-feu pris en famille. La course à travers les vignes à la recherche du Flammekueche a remplacé le pot-au-feu. La famille se restreint au tête-à-tête avec les enfants du divorce.

Et si c’était un jour où la jalousie pointe son nez ? Malgré les mots apaisants du psy : « L’enfant vous aime. Il vit chez sa maman mais il vous aime ».

Marche gourmande, garde des enfants, marche...

La vie d’Albert, c’est un dimanche de marche gourmande suivi d’un dimanche avec Joyce suivi d’un dimanche de marche gourmande et plein de jours avec le smartphone et ces milliers de SMS « Tu m’aimes ? Tu penses à moi ? » Mots dictés par la peur d’être moins aimé que « l’autre ».

La jalousie n’est pas un store qui protège des tourments. Et des questions. Alors ? Alors on cherche des réponses sur l’écran du smartphone.

Le smartphone ! Il est à la jalousie ce que le pistil de la fleur est à l’abeille. C’est là qu’elle se nourrit. Facebook fournit autant de détails qu’un détective privé. « Il a mis une photo où il danse enlacé avec Lucy ! Le salaud ! Et à moi il a dit qu’il avait une soirée poker avec ses potes ». « Je ne supporte pas qu’elle like tous les posts de Raphaël. Ce Raphaël ne publie que des inepties. Je vais crever ce Raphaël mais d’abord je vais lui demander de me donner son téléphone. Je veux voir les messages ».
Le temps des duels n’est pas mort. La jalousie arme Caïn contre Abel. Quentin contre Louise. L’adage dit : « La jalousie coule dans les veines ». Il vaut donc mieux être jaloux que de souffrir d’anémie.

 

La chasse aux maris est ouverte.

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Ferme la jalousie !
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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 17:38

 

 

 

Noël à l’envers ! On en fera vite la fête à Neuneu !

Et voilà le saint Nicolas interdit d’école ! Pour y faire entrer quel produit de remplacement ? La laïcité ne sera jamais la méthadone de la foi. Enlevez aux jeunes la religion ici et ils la chercheront ailleurs. Sous d’autres latitudes ou dans d’autres philosophies. Les nouvelles religions ne manquent pas : la religion de la maigritude, la religion des véganes, la religion de la fitness. « Habeam corpus », j’ai un corps. Le reste importe peu.

« Noël pour moi ? C’est l’anagramme de Léon », se gausse Lydia qui cherche le nirvana sur les chemins de l’Ardèche en se délectant de thé indien.

Et voilà que des voix s’élèvent : « Oui mais je pratique Noël ! ». Pratiquer Noël, c’est quoi ? Aller au Chrischeles ? Faire des Bredle ? Décorer le sapin ? Dans les jardins, le soir, s’allument les leds des biches de Noël, des nains de Noël, des ours de Noël, des Barbies géantes de Noël. C’est la fête à Neuneu. Il y a même le manège de Noël, la barbe à papa de Noël, la crêpe de Noël. Sans oublier le chapeau de Noël qui clignote. Tout cela sans la foi n’est rien. Noël n’est pas une fête foraine même si elle est la fête des forains.

Chaque ville se découvre une légitimité historique

Ne me dites pas : « L’Alsace est le pays de Noël ! » C’est un titre créé par les offices de tourisme. C’est une auto-proclamation. Et voilà que chaque ville se découvre une légitimité historique. J’ai assisté à l’inauguration du marché de Noël où la voix vibrante du tribun a annoncé avec émotion : « Nous serons à jamais la capitale mondiale de la crèche. Un historien a trouvé un document de 1420 citant la présence d’une crèche de Noël dans notre ville ». OK et si on trouvait l’écrit attestant le premier cas de peste en 1143, Haguenau serait la capitale mondiale de la peste ?

Qui eût cru qu’un jour les documents d’archives serviraient à légitimer la vente de vin chaud, de pains d’épices mais aussi de Flammkueche sur baguette et de pommes d’amour ? Sélestat capitale du sapin, où l’historien local a brandi le parchemin du XVIe siècle, garant d’authenticité. Ou Wissembourg qui agite le document sur la vie de Hans von Trotta, le fameux Hans Trapp, originaire de l’Outre-Forêt. Ou Strasbourg qui détient les archives des Bredle nés dans cette ville au XVIe siècle. On n’attend plus que la lettre de Bietlenheim près de Brumath à la préfecture pour avoir le droit de s’appeler Bethléem.

Le paradoxe des bouleversements, c’est que tous ces adeptes de la laïcité s’en prennent indirectement aux symboles païens que j’ai cités. Pour ramener les choses à leur vérité première. Jésus est né à Bethléem. À Bethléem il y a des palmiers. Oh Palmenbaum, oh Palmenbaum. On y cuisinait à l’huile d’olive, il n’y a donc rien qui légitime le beurre des Bredle. Il n’y a pas de vaches à Bethléem, il y a des chèvres. Essayez de faire des Bredle avec du beurre de chèvre. Oh vache !

J’aime le kitsch de Noël. Le kitsch m’émeut. J’ai été élevée dans le kitsch des épis en cristal, des poupées folkloriques et des soupières en biscuit au couvercle surmonté de rose. Pour le vrai sens de la nativité, je lis les Écritures saintes, pas les alsatiques. Au fait, pourquoi le village de Biblisheim ne demanderait-il pas à devenir la capitale de la Bible ?

 

La chasse aux maris est ouverte.

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Noël à l’envers ! On en fera vite la fête à Neuneu !
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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 12:50
Le smartphone n’est pas de la saucisse de viande.

Mon smartphone sait tout de moi. Il note qui j’appelle et qui m’appelle. Il rapporte où je suis et à quel moment. Le smartphone est un précieux auxiliaire de la police, surtout avec les nouvelles possibilités de profilage. Voilà qu’il est possible d’analyser toutes les molécules présentes sur l’écran.

Dans les labos on saura si vous avez une maladie de la peau. Votre psoriasis sera en photo dans leurs cahiers aussi sûrement que la photo d’une pin-up est dans la cabine d’un routier.

On reconnaîtra les odeurs de votre haleine car les molécules d’air vicié dessinent, sur l’écran informatique des chercheurs, selon le cas, une bouteille de vin, un mojito, un reblochon ou une Fine Napoléon.

Un auxiliaire pour ma psy

Mon smartphone garde en mémoire tous mes clics, c’est l’auxiliaire de ma psy à qui il cafte mes faits et gestes : « Elle clique sur Doctissimo : elle est inquiète pour sa santé. Elle clique sur des sites de voyance : elle n’a aucune confiance en elle. Elle a beaucoup de conversations sentimentales sur WhatsApp : c’est une érotomane qui croit qu’on l’aime mais comme dit Confucius : à ne lire que les mots sur les cartes de menu quand on a faim on finit par mourir d’inanition ».

Je soupçonne mon smartphone de vendre ces infos à des spécialistes de ces problèmes. Je reçois en effet des mails-spams émanant de cabinets d’ostéopathie, de cabinets de voyance et de sites de rencontre.

Mon smartphone sait que je sais bien faire les quiches et les boulettes de viande. Il sait que j’aime les ours en peluche. Il sait que je fais de la danse de salon et des soirées loto. Il a les photos à l’appui. Mon smartphone sait que les poèmes sur la mer signés Laure Ley sont de moi. Il sait que tous les tweets contre le chef d’État signés « C. Gollen », c’est moi. Il sait que le compte Facebook « Sarah Porte » est un compte à moi qui me permet de jeter un œil sur le compte de ceux qui m’ont bloquée.

Mon smartphone sait tout de moi dès que j’ouvre Youtube, il me propose les chansons de mes chanteurs préférés, la liste de mes feuilletons préférés, mes recettes-minute préférées.

J’ai peur que mon téléphone tombe en de mauvaises mains. J’ai coupé la géolocalisation. J’ai supprimé la mémoire externe. Je l’ai enfermé dans un lieu juste connu de moi dans un étui spécial.

Mamema dit : « Il vaut mieux se balader avec un morceau de saucisse de viande qu’avec un smartphone. La saucisse de viande, au moins, personne ne saura jamais ce qu’il y a dedans ».

 

 

 

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 12:03
La chasse aux maris est ouverte.

 

Pendant ce mois de novembre on fête Hubert et Catherine. La chasse est donc ouverte. La chasse aux bêtes à poils et aux maris.
Chers amis de la laïcité, ne vous offusquez pas de tant de dévotion : la Saint-Hubert et la Sainte-Catherine sont aussi dénuées de leur connotation religieuse que le « con » est dénué de sa connotation anatomique et que le « rail » a perdu sa connotation ferroviaire.
Hier c’était donc la Sainte-Catherine, journée mondiale d’empathie pour celles qui n’ont pas réussi à « pécho » un mari alors que leur carte d’identité révèle un âge canonique de 25 ans.
Diantre ! Quel est le problème de ces filles qui sont encore seules à 25 ans ? Faites voir la photo ! Mon Dieu ! Ben oui, là on comprend ! Attention, la course au mari est âpre : il y a plus de filles que de garçons. Il n’est pas facile de séduire le mâle.

Comme le chante Cookie Dingler, « Même dans Elle ils disent qu’il faut faire un effort ».
Fêter la Sainte-Catherine c’est comme fêter la Toussaint

Le succès passe par les repas à 5 points WW, les joggings matinaux qui mettent des auréoles sur les t-shirts et les épilations du maillot en ticket de métro (pour les allers-retours)

Elle passe surtout par le recours à une assistance des nouvelles technologies : un clic sur Internet. Un casting télé. Ou alors : une inscription au Club vosgien.

Tout n’est pas perdu, les filles ! Vous pouvez avoir dix orteils de plus dans votre lit en épousant un des éleveurs de vaches niais et rougeauds tels que les sélectionne l’équipe de L’amour est dans le pré.

Vous pouvez avoir l’ADN d’un mâle autour de la cuvette de vos WC en épousant, sans l’avoir rencontré avant le mariage, un Hervé barbu et moustachu cherché pour vous par des scientifiques de la téléréalité - « Mariée au premier regard ».

Vous pourrez parcourir les sentiers pédestres des Vosges la main baguée dans la main baguée d’un Louis rencontré lors de la montée du Club au Lac des Perches.

Les Catherinettes, ça existe. Oui mais, fêter la Sainte-Catherine c’est comme fêter la Toussaint. On peut fêter la Sainte-Catherine sans être en manque de mari comme on peut fêter la Toussaint sans être mort.

Et si le mariage n’était plus la panacée pour les filles ? Ne vivons-nous pas l’ère des célibattantes ?

C’est l’ère de ces femmes qui font carrière seules, qui font des bébés toutes seules, qui peuvent dormir dans des chambres roses et kawaii sans avoir à opter plutôt pour une déco anis et chocolat pour ne pas perturber la testostérone d’un cohabitant bagué.

Seule Kate porte encore le chapeau

Confucius dit : « Le besoin de partager sa vie avec un mâle naît de l’utilisation d’un déambulateur ! ». Les Catherinettes 2016 auraient l’âge de leur « patronne » : Catherine Deneuve.

Les Catherinettes ne portent plus le chapeau. Elles vont nue tête. La seule Catherine qui porte encore le chapeau, c’est Catherine d’Angleterre, la Kate de William.

Mamema dit : « En amour ce qui est beau ce n’est pas de porter le chapeau, c’est de perdre la tête ».

 

La chasse aux maris est ouverte.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 12:47
J’ois la voix

11 novembre. Je me réveille avec cette nouvelle sur mon écran : « Léonard Cohen est mort. Une des plus belles voix du monde vient de s’éteindre ». Léonard Cohen, juste une voix pour le monde. On connaît peu de l’homme. C’est avec sa voix qu’il a conquis le monde. La force de la voix. Celle qui peut changer l’histoire d’un peuple comme celle qui a envoyé Jeanne d’Arc combattre les Anglais. Comme celle de la Lorelei qui a éconduit tant de marins. Comme celle de Dieu qui a envoyé Moïse loin de l’Egypte. Comme celle de Radio Londres qui a dynamisé la Résistance française pour aller sur le chemin de la liberté.

Ce mot « la voix » a été cité des centaines de milliers de fois ces deniers jours en raison des élections américaines où, jour après jour, et pis, heure après heure, et enfin, minute après minute, on comptabilisait les voix. Ces voix si précieuses à celui ou à celle qui veut accéder au pouvoir suprême. Toutes les voix comptent, et la voix de tout électeur est respectable, car il a fait son choix en son âme et conscience. Les indécis ne votent pas. Le vote populaire et démocratique est souverain. Pour avoir la voix du peuple dans les urnes, il faut savoir d’abord écouter la voix du peuple dans ses manifestations publiques, dans ses révoltes émises sur les réseaux sociaux, pour connaître ses orientations intimes.

Pour les élections dans le monde entier, c’est une nouvelle donne. Les votants n’écoutent plus la voix de ceux qui disent « Attention, si vous votez pour celui-là ou celle-là, vous allez à la catastrophe ! » Ils veulent tous manger de la pomme interdite. Qui sait ? Elle peut avoir meilleur goût que la mangue ! L’élection de Trump laisse sans voix !

La douleur est muette

Une chanteur est souvent réduit à sa voix : « Quelle voix extraordinaire ! » Les jeunes prennent des cours de chant pour accéder au firmament de ceux qui marquent leur époque par leur voix. Forts des trémolos de Jean-Baptiste Maunier dans Les Choristes , ils s’affrontent dans des concours au jury sans pitié, dans des émissions comme la Star Academy ou « The Voice ».

Un électeur est souvent réduit à la voix qu’il donne au moment des élections, puis on n’écoute plus sa voix une fois l’investiture du candidat accomplie.

Mais nous ? Ne sommes-nous pas réduits à n’être que des voix ? Des voix qui parlent au bout des téléphones ? Il est bon de faire le bilan. Quels sont les amis ou les membres de la famille que nous rencontrons pour de vrai ? Quels sont ceux dont nous avons la voix dans le téléphone de temps en temps pour capter quelques vibrations, quelques émotions ou tout simplement pour pouvoir nous dire : « Le lien n’est pas rompu » ? L’amitié et l’amour deviennent virtuels. On ne reçoit souvent plus rien d’autre que la voix de ceux qu’on aime. Je ne dirai rien de plus, car il est écrit dans le grand livre des adages : « La douleur est muette ».

 

 

Je suis dans mon bureau
 

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J’ois la voix
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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 18:00

 

 

 

Je suis dans mon bureau

 

« Pas le temps de prendre un café avec toi, Lili ! Je suis overbookée, j’ai mes entreprises à gérer. » De toute façon, les seuls cafés que je prends c’est lors de rendez-vous d’affaires pour détendre l’atmosphère avant de discuter le bout de gras.
Letemps n’est plus aux occupations ludiques et superficielles. Comme tant de concitoyens j’ai de multiples start-up. L’ordinateur me meut. Un clic, un client. Un client pour partager ma voiture samedi pour aller à Paris. Oui ! Je suis une agence Bablacar. Un client pour louer ma voiture la semaine prochaine. Je suis une agence Koolicar. Dimanche trois clients pour chercher leur Schwarzwälder. Je suis auto-entrepreneur « Kuchenko ». Mercredi prochain je promène les lévriers de Madame Sounso. Je suis patronne de l’entreprise « Toutoutour ». Le soir je fais le coucher de cinq octogénaires. J’ai une entreprise d’aide à la personne « Mémédodo ».

Par les temps qui courent, si on veut du travail, il faut le créer
Après « Mariage pour tous », c’est « Entreprise pour tous ». Chacun peut devenir patron. Par les temps qui courent, si on veut du travail il faut le créer. Comme dit Confucius : « Si la pluie ne tombe pas sur toi, pose-toi sous ta douche ».
La seule nécessité absolue : avoir un ordinateur et hop c’est parti ! Kevin fait son business avec le Bon Coin. Il vend et vend encore. Les meubles de mamie. Les pâtes à sel de sa sœur. Les autographes qu’il glane à la sortie du Zénith. Il achète aussi pour revendre. Il a un chiffre d’affaires de 1 300 euros par mois.

Kevin se prend pour le Trump de l’article de seconde main sauf qu’il ne pose pas ses mains sur les filles. Il se pavane avec une voiture allemande enrichie d’un tuning « Formule 1 » et le magazine Challenges a consacré un article à cet homme d’affaires « nouvelle génération ».

Etre son propre patron est très tendance. Avancée économique ou régression ?

Regardons ce phénomène par le petit bout de la lorgnette. Avec cet état de fait on est loin de l’ère Steve Jobs ou Dassault, ces temps où l’entreprise vendait les réalisations techniques époustouflantes de ses patrons. Le monde entier avait l’œil rivé sur Apple et sur les usines de l’aviation.
L’économie populaire à l’africaine
Kevin est l’illustration d’un monde de revente. Pas de création. Pas de production.
Nous sommes dans un monde de « Tous vendeurs » propre à l’économie populaire africaine. Là-bas on est propriétaire d’un tabac : un tapis posé sur le sol pour proposer des cigarettes à l’unité. On gère un commerce ambulant avec un cabas renfermant des mouchoirs en cellulose. On a une entreprise d’entretien des chaussures : une chaise pour le client et une brosse pour ses chaussures. On a un magasin de fruits en posant ses pastèques au bord de la route.
Pas de pas-de-porte. Pas de vitrine. Tout comme Kevin.
Alors, intéressé ? Dites-moi ce que vous avez à vendre et je vous dirai comment appeler votre « boîte ».
Pour les marchés de Noël, il est juste encore temps de créer « Bredelshop », ou « Candle-Candy » (des bougies en forme de bonbons géants), « Cannelle – Brestchdel » (bretzels à la cannelle) sinon Finger-spitze (dentelles faites à la main).
C’est no limit !
Ne criez pas haro sur ces nouvelles entreprises. Elles sont si importantes qu’elles ont l’honneur de figurer sur les listes du fisc, ce Who’s Who de la réussite sociale

 

Je suis dans mon bureau
 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 11:00
Like a rolling stone !

 Et voilà , c’est dit ! Le prix Nobel de Littérature est allé à Bob Dylan. Les rotatives se déchaînent. Les oiseaux Tweet ont du grain nouveau à se mettre sous la dent. La littérature prête toujours le flanc aux mises en délibéré.

Personne ne conteste le prix Nobel de Physique. La science est faite de certitudes. Au lycée, les devoirs de maths ou de physique commencent par : « Démontrez que le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés de l’angle droit ». En quelque sorte, les fondements des maths sont immuables depuis la découverte des nombres négatifs. En revanche la contestation est de mise et même obligatoire en littérature où les dissertations commencent par « Pensez-vous que… ? »

Alors ? Si vous applaudissez des deux mains les Nobel fraîchement nommés dans le domaine des sciences, pensez – vous qu’il fallait donner celui de littérature à un parolier de chansons ?
Il faut avoir atteint l’âge requis, comme les papes
Relisez Gide, Hermann Hesse, Hemingway, Herta Muller et tous les autres lauréats. Entrez dans leur monde de mots. Juge-t-on les mots ou l’impact qu’ils ont ? That is the question.
Bob Dylan est un poète de la chanson. Il est sur les rayons des discothèques comme d’autres Nobel sont dans les rayons des bibliothèques, mais pas autant que les Beatles qui ont vendu un milliard de disques. On le trouve chez les soixante-huitards imprégnés de musique folk et chez les amateurs de veillées où on chante « The answer is blowin’in the wind » et « Stewball ».
Les rockers chantent Elvis, Joe Cocker ou les Pink Floyd. Bob Dylan est donc bien à classer dans une certaine forme de culture. Une culture appartenant déjà au passé.
En outre, Bob Dylan a l’âge pour le Nobel. Comme les papes, les lauréats du Nobel doivent avoir l’âge requis : au-delà de 62 ans selon la moyenne des lauréats. Dylan a 75 ans. Dario Fo vient de mourir à 90 ans. Un âge de pape. La littérature est une religion.
Les intellectuels sont en émoi. « Comment ont-ils osé ? » Un prix est une somme d’argent ou une médaille à distribuer selon les critères d’un jury. Tout jury est souverain.
Patrick Sébastien n’est pas près de chanter “Les Sardines” à Stockholm
Un jury de concours de beauté ou de concours littéraire n’est pas un jury d’examen. Il a le droit de se laisser guider par ses émotions ou par son désir de changer la donne.

Ainsi, cette année, il y a des prix Nobel qui ont vu de nouveaux paramètres de sélection. Celui de la paix est donné au président colombien pour avoir essayé de faire la paix avec les FARC. Il a juste essayé… Mais comme disait le curé de mon enfance à propos des péchés : « Avoir envie de le faire compte comme si on l’avait fait ».

Le Nobel de littérature est allé à un poète de la chanson. Regrettable qu’ils n’y aient pas associé Joan Baez. Apparemment la notion de couple chez les nobellisés ne peut toucher que les scientifiques. Ecoutez « Like a rolling stone » et Keep calm. Restez serein.

Patrick Sébastien n’est pas près de chanter « Les Sardines » sur les podiums de Stockholm. Les Kastelruther Spatzen n’y chanteront pas « Eine weisse Rose » non plus.

Cela ne les empêchera pas d’être sur le podium des cœurs. Comme dit Mamema à propos des concours de beauté : « C’est Raphaël Lavigne le plus bel homme de France mais c’est babeba que j’aime ».

 

 

 

 

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 11:19
C’est qui la dame ?

« C’est qui la dame ? ». C’est la question que je me suis posée en voyant cette blonde en tailleur bleu saluant une foule qui lui tournait le dos. Et là, prise de conscience terrible : la dame, c’est Hillary Clinton, et tous ces gens qui lui tournent le dos ont un téléphone en main pour prendre un selfie.

 Le « Moi d’abord » dans toute sa splendeur. On ne se contente plus d’une photo à l’arraché d’une star de la politique ou du show-biz, il faut qu’on ait sa tronche sur le cliché. « Devant c’est moi. Derrière c’est Hillary Clinton. »

 Hillary Clinton en second plan. Vrai renversement des valeurs. Les grands de ce monde servent d’arrière-plans à des prises de vue éternisées dans des téléphones et servant d’illustration à un album d’un style nouveau, « Moi au premier plan de l’Evénement ».

 C’est le règne de Kevin Superstar. « Kevin permet à Hillary Clinton de poser avec lui. Kevin était là quand la mairie a brûlé. » On le voit devant le brasier, le bras tendu, le téléphone en main. Kevin a rencontré Johnny. Et on voit Kevin, le bras tendu, faire un sourire en gros plan devant un Johnny qui chante sur scène.


Kevin connaît la force du hashtag
Kevin est dans tous les lieux où se passent les hauts faits de l’histoire avec un grand « H » ou un petit. Il se met en scène avec ceux qui font la culture et même les faits divers. Et il veut que ça se sache. Alors il publie ses clichés. Sur Facebook. Oui mais là, il peut juste épater ses amis. Pas cool. Heureusement, Kevin connaît Instagram et Twitter et il connaît surtout la force du hashtag.
Le hashtag est un propulseur d’une grande puissance qui envoie vos clichés dans l’univers et dans des milliers de fichiers où ils seront vus, commentés et partagés. Il s’agit juste de trouver des hashtags porteurs pour se retrouver dans les fichiers les plus consultés ou le plus de fichiers possible. En anglais s’il vous plaît ! (hop, il y a plus de gens qui parlent chinois mais Assimil n’a pas encore vulgarisé la langue chinoise).                                                               

 Armande a fait un selfie où elle pose avec son chat et l’a publié tous azimuts avec une ribambelle de hashtags #cat#pet#tenderness#neveralone# (chat-animal domestique-tendresse-jamais seul) pour toucher des centaines de milliers d’amateurs de chats et de gens solitaires. Et hop ! La voilà égérie pour les amateurs de chats et gourou pour ceux qui ont compris qu’avoir un chat est un moyen fort pour lutter contre la solitude.                                          

   Les médias branchés 24h/24 sur Twitter à la recherche des buzz, voyant le succès foudroyant de ce selfie d’Armande au lit avec son chat, l’ont baptisée « le Moon des êtres solitaires, celle qui leur donne l’espoir d’une vie dans le bonheur d’une tendresse partagée.

Le selfie change le monde. Les Kevin, les Florian mais aussi les Maurice et les Liliane manient cet art de l’auto-portrait, ils ont, pour ce faire, changé leur coiffure, leurs lunettes, leur emploi du temps. Lucien dit : « Je fais du sport tous les jours. Je veux améliorer ma silhouette. Je ne veux pas être condamné à faire des selfies en plan américain ».

Kate et William, paparazzis d’eux-mêmes

Incroyable ! Sur le plan psychologique, le selfie donne une autre dimension à notre « Moi » qui devient un « Moi la personne la plus importante au monde ». Devant les stars.

 

 Conséquence : les stars se lancent dans le selfie pour devenir à nouveau, grâce à Instagram et à Twitter, des personnes importantes dans le monde. Kate et William font eux-mêmes, en selfies, leurs photos pour la presse. « Paparazzis d’eux-mêmes. ». Pour faire la chasse aux paparazzis ils seront obligés de se donner à eux–mêmes des coups de pied au cul !

 

 

 

 

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C’est qui la dame ?
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 07:32
Méditation et médisances.

 

L’heure est au repli sur soi, à la mise au point générale, celle qui est donnée par de longues promenades sur les sentiers des forêts ou dans les sables du désert. L’heure est venue de regarder son âme en faisant abstraction pendant un temps du tartare de saumon, du cordon-bleu et des saucisses-frites. La Vérité sur notre chemin ne se trouverait que dans l’ascétisme du bouillon de légumes et de l’eau des sources, celle qui a déjà été bue et pissée par ceux qui nous ont précédés, une eau donc qui contient l’expérience de vie de milliers de générations.

La méditation nous rend meilleurs. C’est aussi la leçon du dalaï-lama, celui qui préside aux destinées des moines du Tibet et de Weiterswiller.

Il est venu nous voir. Cet homme porteur de la sagesse nous exhorte à devenir meilleurs, à prendre le bonheur là où il se trouve, à aller au-delà de nos échecs. Autour des plats du jour ou des cafés et même des Seidels on ne parle que de ça. Les pensées du dalaï-lama ont effacé des conversations les élucubrations sur le burkini et sur les malversations innommables de Franz Beckenbauer.

La seule chose qui reste dans les mœurs instaurées depuis peu, c’est le « sans gluten ». Tous ces adeptes de la méditation continueront à manger leur salade sans pain, à boire des cafés sans gâteau et à siroter une bière bio. Chacun devient moine. Chacun est prêt à revêtir l’habit des fakirs avec une vie vouée à la renonciation et à l’amour. Oui mais il est entendu que cette activité d’humain-modèle ne peut se pratiquer qu’en CDD et en horaire aménagé. Être dans cette philosophie toute sa vie serait-il comme vivre dans un enveloppement de boue à perpète alors qu’une thérapie doit être courte ?

La dualité entre le « ça » et le « surmoi »

Selon la Bible, les périodes d’ascétisme doivent durer 40 jours. Elles sont même datées dans l’année liturgique. Devient-on meilleur en 40 jours comme le lapin devient bon en une heure de cuisson et l’agneau en sept heures ? Mamema dit : « Emol kommt d’Sau russ » (il y a des moments où le cochon qui sommeille en nous se réveille).

La dualité humaine entre « le ça » et le « surmoi » est ineffaçable. Il y a du M. Hyde en nous. Il y a des bébés mignons et rieurs qui sautent sur les genoux de maman avant de lui faire sauter la cervelle. Il y a des amoureux qui vous offrent un jardin et qui vous parlent des anges mais qui plantent leur petite graine ailleurs et finissent par vous parler d’avocat.

Il y a des gens sur Facebook qui, sur leur mur, étalent des images avec des citations New-Age glanées sur des sites-fait-pour-ça, des photos du dalaï-lama avec ses paroles en surimpression à côté de textes aux mots tranchants mis là pour assassiner une belle-mère, une sœur, un maire de village. Sur Facebook, le harcèlement a la virulence de la peste noire et la persistance du lierre.

La conjugaison l’illustre : « Je médite, tu médites, il médite, nous médisons, vous médisez, ils médisent ».

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Méditation et médisances.
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 16:33
D’avant en arrière et de gauche à droite.

Et si l’ultime façon de trouver le bonheur était dans ce mouvement de va-et-vient du corps de gauche à droite et d’avant en arrière ? C’est la question que je viens de me poser en voyant les mines réjouies et les yeux pétillants de tous ces « schunklers » rassemblés dans les tentes de la Wiesn à Munich pour célébrer le Oktoberfest.

Un retour à la prime enfance

Les bras gauches se glissent sous les bras droits les plus proches et les bras gauches se glissent sous les bras droits, et la liesse est là ! Le « schunklage » chasse les tracas qui semblent solubles dans ces oscillations horizontales et verticales. C’est un retour à la prime enfance, celle dont Freud dit qu’elle imprime en nous nos comportements définitifs. Mais si ! Souvenez-vous de ces moments dans les bras de votre maman quand elle vous berçait de gauche à droite pour effacer vos cauchemars, calmer vos bobos et réprimer vos chagrins : « Nina bubbele, koch im Kind e suppele ».

Et quand votre taille met fin aux séances douces dans les bras de maman, on vous pose dans la nacelle d’un cheval à bascule ou sur la croupe d’un Donald flashy en PVC qui se met en branle pour un euro à insérer dans sa fente et qui vous attend dans le couloir d’entrée des centres commerciaux. Le rire naît de ce mouvement d’avant en arrière et d’arrière en avant ! « Bascule avec moi ! », chante Marc Lavoine pour signifier avec pudeur son envie de démontrer son amour absolu, celui qui n’a d’autre forme d’expression ultime que ces va-et-vient d’avant en arrière qui impriment des formes de corps agglutinés dans l’herbe des prés, dans le coton des draps et dans la moleskine des sièges des voitures.

Vivre, c’est savoir goûter ces mouvements simples d’avant en arrière et de gauche à droite. Se laisser bercer ou se laisser secouer. Vivre, c’est bouger. Pouvoir bouger jusqu’au bout, c’est aussi savoir répéter ces mouvements d’avant en arrière et de gauche à droite encore et encore jusqu’à la douleur dans ces séances qui nous font clamer devant tout auditoire réceptif ou captif : « Je fais du sport ». Et il y en a, des adeptes de cette nouvelle culture du corps. C’est la « fit- ness » : celle qui se décline en pompes (« en haut, en bas ! ») et en pédalages dans le vide, jambes tendues (« en avant, en arrière »). Il paraît que même ce « schunklage »-là, pratiqué dans des ensembles fluo et dont vous sortez perclus de courbatures, libère des endorphines qui vous apportent le bonheur. Du moins finirait-on par atteindre ce point suprême où on ne ressent plus la douleur.

Lili dit : « Moi, je ne ressens plus la douleur d’être au boulot quand je me balance sur ma chaise ». Bon sang, mais c’est bien sûr ! La chaise de bureau ou la chaise d’écolier qu’on actionne d’avant en arrière et d’arrière en avant permet à notre esprit de s’évader de l’atmosphère en ces endroits où on se sent oppressé ou opprimé.

Finalement, ce n’est pas pour rien qu’on a inventé le rocking-chair, ce fauteuil qui nous permet de goûter des moments de calme bercés d’avant en arrière et d’arrière en avant.

« Je m’en balance ! »

Et moi ? Moi, j’aime les mots. La force des mots ! Alors, devant les tracas de la vie, j’ai une formule magique pour ne pas en souffrir. J’ai un pneu crevé ? « Je m’en balance ». On dit du mal de moi ? « Je m’en balance ! » Il m’a quittée ? « Je m’en balance ! ». Je m’en balance d’avant en arrière et de gauche à droite.

Huguette Dreikaus

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

 

 

D’avant en arrière et de gauche à droite.
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deytsc

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