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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 11:00
 Ma vie selon l’alphabet.

Le voile est levé, la nouvelle a suinté ! Les mots nouveaux officialisés dans les dictionnaires reconnus par l’Académie française viennent d’être publiés en avant-première. Je pourrai donc organiser ma vie selon les nouveaux principes.

Après avoir longtemps cherché ma voie sur le chemin de Compostelle - où j’ai finalement seulement appris à soigner les ampoules au pied et à respirer avec une branche de menthe sur le nez pour supporter les phéromones de la foi - je me fie totalement au Petit Robert et au Gros Larousse pour savoir comment vivre ma vie pour être dans l’air du temps.

Si je continue le goji et le véganisme, je contracterai un crédit de 60 ans

Cette année les mots-phares sont, de A à Z : alfalfa, emoji, uberiser.

Super ! Me voilà avec une plante à ajouter à mon herbier de bien-être à côté du pissenlit, du gingembre et des céréales germées, je veux parler de l’alfalfa, cette jumelle de la luzerne qui nous donne des sels minéraux et même des œstrogènes qui luttent contre les bouffées de chaleur, l’ostéoporose et la baisse du pouvoir de séduction.

Ma copine Lili m’a dit : « Si tu continues avec ce que tu as appris l’année dernière tu atteindras 150 ans ».

Ouf ! Si donc je continue le goji et le véganisme encensés tous les deux dans le Petit Robert de l’année dernière, je peux contracter un crédit de 60 ans pour me payer un attique avec vue sur la cathédrale : je serai sûre de vivre assez longtemps pour rembourser.

C’est la joie !

On n’uberise pas l’amour, c’est trop sérieux

Dommage que ce clavier classique ne me permette pas d’exprimer toute ma joie à l’aide des émojis car je vous en mettrais plein la vue avec des feux d’artifice, des chiens qui virevoltent, des chats qui sautent de joie, des mains qui applaudissent, d’autres qui tendent un pouce levé.

Avec tous ces symboles monosémiques nommés émojis, les messages venant de l’émotion la plus interne deviennent lisibles.

L’adage dit : « Les grandes douleurs sont muettes ». Les grandes colères et les grands sentiments aussi. Mais tout cela peut s’exprimer par l’image “émoji”.

Je reçois des SMS qui ne contiennent plus de mots. Plus que des émoticônes. Même pour exprimer l’amour.

Les sentiments sont uberisés. Uberiser veut dire brader. On n’uberise pas l’amour. C’est trop sérieux.

Ne croyez pas que je ne pratique pas l’uberisation ! Je la pratique à fond. Je covoiture, je blablacarise, J’uberise ma caravane posée sur le camping du Fleckenstein puisque je la loue à des copines en mal de « day-use » contre une rémunération en confitures-maison.

Allons danser la zumba avant de déguster un café gourmand

Rassurez-vous, je suis punie pour cette double faute (location sauvage et complicité d’adultère), la confiture a tellement augmenté la teneur en sucre dans mon sang que l’appareil de mesure de glycémie a affiché l’émoticône du Samu !

J’aime ma vie. Elle suit le cours des mots. Les mots inscrits dans la nouvelle version des dictionnaires.

Cela ne m’empêche pas de garder des comportements dictés par des mots des années précédentes.

Ainsi, cet après-midi, fidèle au Petit Robert et au Larousse 2015, je vais chausser mes stilettos, danser la zumba au Fitness-center avant de m’asseoir sur une terrasse pour déguster un café gourmand et vapoter.

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

 

 

 Ma vie selon l’alphabet.
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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 11:51
Tu écriras cent fois « je dois être sage »

Le mot à la mode est « dépénalisation ». On dépénalise le haschich reconnu comme un antalgique. On dépénalise les vols de vélo selon le principe « Il n’y a pas mort d’homme ». On dépénalise les petits caïds qui sèment la terreur dans les classes et les cours. Parce qu’il ne faut pas traumatiser ces petits chéris. Parce que ce que la violence est un épisode aussi incontournable dans la construction de la vie que l’extraction des dents de lait. Les punitions à l’école, c’est fini ! Triste !

Je dis « triste » parce que je viens de me faire une journée « punitions » en flash-back. J’ai fait le tour de mon jardin en canard, accroupie avec mes mains sur les chevilles. En me dandinant le long du grillage, je me remémorais la douleur de cet exercice. Je devais marcher en canard dans la cour pour avoir « parlé pendant l’exposé de la maîtresse sur la vie de Charlemagne ». Je devais marcher en canard dans la cour « pour avoir trempé la natte de ma voisine de devant dans l’encrier ».

La reine du dérivatif

Je n’ai pas oublié ce que cette marche entravée inéluctable a éveillé en moi. Je suis devenue la reine du dérivatif.

Donner aux yeux ou aux oreilles le bonheur qui est interdit aux pieds par exemple. Pendant l’exécution de cette punition gymnique, dans ma tête, je visualisais le Kasskueche de mamema ou mes « Gchirrle », mes dînettes de vaisselle en bakélite rose avec des fleurs et mes petites casseroles en alu. Dans mes oreilles, j’entendais maman chanter « la Paloma ». Hier, si après mon dandinement, mes muscles réclamaient de l’arnica, je savais aussi que mes émotions étaient intactes. Aussi intactes que mes cahiers d’écolière.

J’ai encore mes cahiers, les petits cahiers à grands carreaux avec les tables de multiplications au dos. Les cahiers du jour et les cahiers mensuels sont couverts d’écrits à la plume, en « pleins et déliés », avec de temps en temps un trou laissé par la partie bleue de la gomme Mallat, une usure par un frottement perpétré par une enfant qui n’avait qu’un but : enlever la trace de sa faute en frottant la page avec autant d’acharnement que la femme de Barbe Bleue a frotté la clé de la chambre interdite pour que son époux ne se rende pas compte qu’elle est allée à l’encontre de la loi. J’ai aussi des « cahiers de punitions » : Je les ai parcourus hier, lors de mon punition-commemoration-day. Des punitions écrites au Bic pour aller plus vite. « Je ne mange pas de chewing-gum en classe », « Je ne tape pas mes petits camarades », « Je me lève quand la maîtresse me parle », « J’apprends mes leçons » et j’en passe. Toutes ces règles à retenir étaient à « écrire cent fois ». Le chiffre « cent » est pour moi le signe qui apparaissait à chacune de mes bêtises. Je devais écrire « cent fois » ce que je ne devais plus faire si je voulais être une élève modèle. Maman me tançait en disant : « Je t’ai déjà dit cent fois que tu ne devais pas mettre les coudes sur la table ».

Comme un calligramme de Guillaume Apollinaire

Quel écolier de nos jours a encore un cahier de punitions ? « Pff », disent les maîtresses. Et voilà des générations d’enfants qui ne pourront pas, longtemps après les années d’école, feuilleter de telles pages qui sont des œuvres d’art. Des lignes et des mots. C’est beau comme un calligramme de Guillaume Apollinaire.

Même si les mots sont enfermés dans le rectangle de la page d’un cahier. Qu’importe si ces mots ne forment pas de colombe, hier ils m’ont donné des ailes.

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

 

 

Punition par ici : Conjugaison
d'un verbe à tous les temps ...(12)

 

 

Tu écriras cent fois « je dois être sage »
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 11:06
Il passait ses nuits debout ! C’est peut-être un détail pour vous

Être debout la nuit, voilà une chose qui m’a toujours fascinée. C’était surréaliste pour moi de voir arriver dans notre bistrot, ouvert à 6 h du matin, des hommes en bleu de travail impatients de boire un café sorti d’une machine en forme de fusée dans un nuage de buée.

Je savais qu’ils avaient, durant la nuit, fixé des semelles sur des chaussures de sport, émaillé des casseroles et des faitouts, fait fondre du métal pour faire des plaques de fonte. Pour moi, ils étaient comme des Heinzelmännchen, ces lutins dont le destin était de nous aider dans nos tâches, de nuit, sans être vus de quiconque. Debout la nuit pour faire avancer le monde.

Plus tard, « Debout la nuit » c’était cette fatalité qui me frappait lors de rages de dents, de douleurs cervicales ou lors des fièvres alarmantes de mes enfants. C’était attendre le retour de mes jeunes sortis le samedi soir avec la voiture. Nuit debout. Nuit de veille. Nuit d’espoir aussi. L’espoir que la douleur cesse. J’en ai passé des nuits debout… mais assise devant d’interminables voyages en train diffusés par le ZDF. L’oxymore des nuits blanches : être debout assis devant la télé ou devant la fenêtre.

Le retour de l’agora

Et voilà que « Nuit Debout » devient un concept pour faire avancer le monde. Un concept de vigilance aussi. Une leçon à donner au pouvoir qui s’enlise dans une gouvernance absurde . Les citoyens se font oies du Capitole, tant ils sont prêts à cacarder 24 h sur 24 pour dire : « Ça suffit. Es langt ! Faut que ça change ! » Dans les rues et dans les parcs. C’est le retour de l’agora. On y philosophe, on y débat, on y chante des Gospels, on récite des textes fondamentaux de Rousseau, Socrate, Cohn-Bendit ou Kevin le Bref, youtubeur politique vedette. La démocratie. Le peuple assis mais en marche. Le peuple qui décide de l’avenir du peuple. Politique. Philosophie. Thermos. Sandwichs. Canettes.

La démocratie produit aussi des papiers gras et des bouteilles vides. Les contingences biologiques tuent la pureté des sentiments et des idéologies. Le yin n’est rien sans le yang. La sérénité d’Adam et d’Ève dans le jardin d’Eden a attiré le serpent qui ne pouvait pas voir ça ! Les « rêveurs d’un monde meilleur » réunis dans les parcs ont attiré les casseurs, les empêcheurs de refaire la société en rond, les petites frappes aussi. Il y a ceux qui ressortent le marteau et la faucille pour un monde de coopératives économiques, ceux qui sortent la charrue et les bœufs pour une planète plus saine, ceux qui sortent les fleurs et la croix de Néron pour qu’il y ait de l’amour entre les humains et il y a ceux qui sortent les frondes et les battes de base-ball, les poings américains et les crans d’arrêt. Abel et Caïn.

D’un côté la pureté des idées, de l’autre les taches. La faute à nos pulsions primaires. Les pulsions alimentaires qui jonchent le sol de détritus. Les pulsions sexuelles qui accrochent des préservatifs dans les branches de troènes des Parcs de la Pensée Progressiste. Les pulsions destructrices des « Sans foi ni loi » qui laissent sur leur passage du verre pilé, des voitures brûlées, du sang versé.

Mamema dit : « Es gibt Mensche un Unmensche. Sie sin awer alli menschlich » (il y a ceux qui sont humains et ceux qui sont inhumains, mais ce sont tous des êtres humains).

 

 

 

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Il passait ses nuits debout ! C’est peut-être un détail pour vous
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 11:00
Vacances, je m’oublie.

Pendant que chez nous, on regarde le ciel pour savoir s’il faut la pelle à neige ou pas, et avec anxiété les bourgeons déjà largement turgescents mais toujours prêts à mourir à 0° C, pendant ce temps, je suis en terrasse au pays des mille soleils en me posant cette question lancinante : « Jus d’oranges pressées ou jus de pamplemousses pressés ? », tout en compulsant mon mémento du parfait diabétique pour connaître les conséquences de cet acte sur la glycémie.

Le choix fait, je prends la position de la touriste, regard insouciant, jambes superposées, nez à l’horizon. Ni estampillée Meetic ni frappée du syndrome « steak sur l’étal du boucher à vendre d’urgence ». Et pourtant…

« Tu connais la ville ? Tu veux que je t’explique ? »

Pourtant j’ai sur moi des regards convergents et je reçois des œillades qui sont au langage des signes ce que le panneau Stop est à la circulation. La signification est monosémique, ce qui veut dire : « Tu comprends très bien ce que cela veut dire ! » Sur Facebook, cela voudrait dire : « Tu veux être mon amie ? Clique si tu es d’accord ».

Les plus téméraires utilisent la parole : « Tu connais la ville ? Tu veux que je t’explique ? ». Il y a des pays où les GPS ont des sweat-shirts et des baskets de marque, des cheveux gominés et de fausses montres précieuses. Et te voilà embarquée dans un discours géographico-historique, d’abord devant ton jus d’orange, puis dans une déambulation lente avec arrêt devant des raretés architecturales ou des spécialités pâtissières.

Les explications se font en monologue absolu avant que le guide-prédateur ne t’enjoigne à passer au mode dialogue : « Tu peux me poser des questions, ça me ferait plaisir ». Aux descriptions scientifiques se mêlent des descriptions qui seraient médicales si les adjectifs étaient tirés du langage de la pathologie et non du compliment.

Je sais au bout de trente minutes que j’ai des yeux injectés d’amour, un cul à faire perdre la tête aux hommes et une poitrine à ranimer une main paralysée. Une vraie cure de jouvence ! Dire qu’Emmanuelle Béart a dû se faire injecter des litres de Botox pour arriver au même résultat… alors qu’un verre de jus d’orange pressé sur une terrasse produit le même effet.

L’approche de la biologie interne se fait par l’estomac

Dans la soirée, les mots quittent les pierres et mes atouts extérieurs pour des considérations plus organiques. L’approche de la biologie interne se fait par le biais de l’estomac. Dans la tactique du “GPS-guide-en-quête-d’amour” l’absorption, en tête-à-tête, de soupes vernaculaires doit avoir comme but de voir ma luette aller et venir dans mon gosier.

Il y a comme une extase à bigler au fond de ma bouche. Il s’installe une forme de rapport tantrique, un rapport sans l’intervention d’un autre organe que le globe oculaire. Oui, un globe seulement car l’autre surveille les alentours ! Il pourrait voir foncer sur lui la toute-puissante police touristique proclamant : « Seuls les guides assermentés peuvent accompagner les touristes ».

Les vacances sont finies. J’ai quatre numéros de téléphone et deux demandes en mariage. Confucius dit : « L’important, ce n’est pas d’avoir pris du calamar. L’important, c’est d’avoir fait une belle promenade en mer ».

 

 

 

 

 

 

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Vacances, je m’oublie.
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 10:30
Les asperges c’est Matin debout.

Vous ne pouvez pas l’ignorer. C’est un des gros titres des journaux. Entre les « Nuits debout » dans les quotidiens français et l’affaire Böhmermann dans les quotidiens allemands, vous trouvez l’asperge ou la Spargel.

Toutes les strates de la population sont prises à témoin pour exprimer émotion, savoir ou thèses de science pure à son propos. L’homme de la rue y va de ses stances : « J’adore quand viennent les asperges, les asperges sont les hirondelles végétales. Quand elles sont là, on sait que le printemps est arrivé ! » ou : « Mon mari et moi, on va de bon matin, en marche nordique, sur un champ de libre-cueillette pour les “stupfe” dès qu’elles pointent. Il n’y a pas plus frais ». Ou encore : « Moi, j’ai une petite retraite, je ne peux pas me payer d’asperges. Alors qu’il y en ait ou pas, ça ne m’intéresse pas. Moi, je mange des radis ».

La tige peut atteindre 1,50 m

L’historien étale ses connaissances : « L’asperge est un rhizome cultivé comme légume en France depuis le XVe siècle. La tige peut avoir jusqu’à 1,50 m de haut ! » Là, tu apprends qu’avec un peu de patience, on peut attendre que le rhizome en question ait la hauteur idéale pour nourrir 10 personnes. Cela boosterait nos potiers et céramistes qui seraient obligés de concevoir un grand bol à mayonnaise pour qu’on puisse y tremper la chose.

Le diététicien salue ce légume si pauvre en calories, cuit à la vapeur, diurétique de surcroît, donc apte à éliminer cette eau que nous contenons en abondance et qui pèse si lourd sur nos balances.

Sauce gribiche, béchamel ou mayonnaise ?

Entre deux fous-rires, le médecin aborde le sujet gag de l’odeur des urines qui donne aux asperges la propriété de chatouiller le nez une fois qu’elles ne chatouillent plus les papilles. Mamema dit : « Il a expliqué pourquoi ça pue, mais on s’en fout quand ça pue, ça pue ». Oui Mamema, mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir des urines odorantes après ingestion de l’emblème de Hoerdt et de Village-Neuf. Seuls 40 % sont les happy-few. Encore une raison pour laquelle Caïn aurait pu trucider Abel.

« C’est fou, me direz-vous, ce qu’on peut écrire dans un journal ou dire à la radio sur les asperges ». Oui, Mesdames et Messieurs, et vous n’avez pas encore assisté à ces querelles presque d’ordre confessionnel entre les partisans des sauces gribiches, des béchamels et des mayonnaises censées accompagner ce légume pâle et longiligne comme un mannequin de chez Lagerfeld.

Si vous mangez des asperges tous les jours pendant plus d’un mois, vous avez à découper dans les journaux ou à réécouter dans les radios une myriade de recettes entre celles du type « tata Jeanine » ou celles du type « Cyril Lignac ».

Je ne vous parlerai pas de l’article qui a paru sur les machines à éplucher les asperges. En effet, cet article est à l’origine de la brouille avec ma copine Lili qui m’a taxée de « fainéasse » parce que je lui ai avoué, devant une part de tarte à la rhubarbe, acheter mes asperges « prêtes à cuire ».

 

 

 

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Les asperges c’est Matin debout.
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 12:58
Oraison pour une jupe.

Le printemps revient. Ses douces températures font perler plus vite des gouttes de sueur sur mon front lors de ces exercices bihebdomadaires qui bandent mes muscles et vident mes bouteilles d’eau minérale. Les magnolias portent ces fleurs qui nous font hurler d’extase devant leur beauté et hurler de rage quand il s’agit de ramasser ces pétales qui encombrent nos pavés et nos allées.

Fut un temps où j’aurais pu dire : « Les filles et les femmes sortent leurs jupes ». Ces temps-là sont révolus. Les jambes des femmes restent définitivement engoncées dans les toiles Denim, les toiles bleues des jeans proposés même par des marques de créateurs de l’avenue Montaigne.

Depuis des décennies, la mode est faite par des hommes qui aiment les hommes et qui s’entêtent à habiller ces femmes dont leurs règles esthétiques ont fait des androgynes, des êtres longilignes d’où les hanches arrondies et les gros seins sont bannis.

Nous ne voyons plus la dictature bleue des jeans

La femme est en jeans. En toute occasion. Même dans les soirées mondaines où le jean devient noir et où elles le portent juchées sur des stylettos avec des hauteurs avoisinant les 15 cm. Le sexe disparaît dans le genre neutre des jeans.

Un pédiatre a dit : « Une enfant qui commence à parler répétera inlassablement « bababababababa », très rarement « mamamamamama », parce qu’il n’arrive plus à faire le distinguo. Pour lui il y a deux « bababababababa », deux copies conformes en pantalon et en sweat, différenciables uniquement à la voix (si la voix de la mère n’est pas devenue rauque à cause de la cigarette).

Et nous nous offusquons de la dictature des burqas bleues qui emprisonnent les femmes dans des bouteilles de butane en tissu. Et nous ne voyons plus la dictature bleue des jeans.

Du temps où j’étais prof, je regardais dans la cour au moment des récréations, du haut de la salle des profs, je voyais un océan bleu et je m’imaginais le tollé des délégués de classe et des délégués de parents d’élèves si le jeans avait été instauré “uniforme de l’école”. On aurait entendu des « De quel droit ? », « Qui vous permet ? », « Nous sommes dans un pays libre ».

« Les garçons ont les yeux qui brillent, pour un jeu de dupes »

Nous sommes dans un pays libre ? Alors, libérez les jambes des femmes ! Et pas seulement pour qu’on les voie dépasser tristement d’un jean coupé au-dessus du genou quand elles traînent sur les marchés du terroir ou dans les rues aux souvenirs pendant l’été.

La jupe et la robe ont déserté les armoires. Lili dit : « Moi j’ai deux jupes et 3-4 robes pour jouer au théâtre ». La jupe comme accessoire de comédie. Lili dit « Oui, qu’est-ce que les gens ont ri ! Il fallait que je joue avec la jupe coincée dans la culotte ! » Hopla widder !

Avez-vous oublié le bien que ça fait aux hommes de voir sous les jupes des filles ?

« Rétines et pupilles,

Les garçons ont les yeux qui brillent,

Pour un jeu de dupes,

Voir sous les jupes des filles ».

Plus loin dans la chanson, Souchon sous-entend que de ne plus voir sous les jupes des filles rend les hommes agressifs et leur fait mener des guerres ou commettre des atrocités.

Confucius dit : « Depuis que le vent ne peut plus soulever les jupes des filles, il déracine les arbres et soulève la mer pour qu’elle dévaste les terres ».

 

 

 

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Oraison pour une jupe.
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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 10:20
Le pape n’aime pas qu’on papote.

Le pape a dicté une nouvelle loi. Après les bénédictions Urbi et orbi, il lance un édit contre toute brebis qui médit sur les parvis. Papa dixit, « Mon frère, si tu médis d’autrui tu seras banni du paradis, tu seras englouti par un tsunami Dei, tu verras tes abattis servis en méchoui ».

Dieu du ciel ! Voilà un oukase qui va frapper tous azimuts dans son troupeau. Autant dire que Dieu veut tondre toutes les brebis qui ont de la toison : la tâche est vaste. Car qui n’a pas encore médit d’autrui ?

Devant cette menace la chrétienté est anéantie. Avez-vous déjà ouï les calomnies émises sur les parvis ? Voici, pour vous, la litanie des médisances qui s’élèvent des abords des églises, dans les volutes d’encens encore chaudes et les derniers sons de l’orgue. « T’as vu comme elle a grossi ? », ou « Il paraît que leur fille s’est tapé son parrain, bon ce n’est pas quelqu’un de la famille, mais quand même, faire ça le jour de sa communion ! », ou « Le curé a été vu au casino, il a joué à Book of Ra, un jeu de païen. »

Apocalyptique mais elliptique

Et ça y va, ça critique les habits, les bibis, les amis, ça cire l’hallali jusqu’au contenu des chariots : « Vu le nombre de bouteilles de Kiravi qu’ils ont posées sur le tapis, ça doit battre des records d’alcoolémie », « ça roule en grosse cylindrée de Germanie et ça ne bouffe que des raviolis ! ». Comme le dirait cet aria classique d’une haute teneur musicale : « Ça dit des bêtises devant l’église, ça peut pas s’en empêcher ». Les dévots disent : « Ce n’est pas nous, c’est les dévotes ».

La médisance est du genre féminin, OK, mais la Vertu, l’Intelligence et l’Excellence aussi ! Il faut dire pour la défense des mâles que l’encyclique est bien sûr apocalyptique mais hélas elliptique. Surtout après la messe les hommes ne peuvent pas cracher du venin près de l’église : ils sont à l’apéro au bistrot depuis la Consécration.

La brèche de la contestation est ouverte ! Analysons les deux arrêtés du pape contre les commérages. Celui qui a paru en septembre 2013 dans la revue jésuite Civilta Cattolica et celui qu’il a prononcé le 12 février 2016 sur la place Saint-Pierre à Rome. Le premier stipule : « Pas de Ratsch sur le territoire du Vatican ». Le deuxième nous met en garde : « On ne papote pas devant l’église avant la messe ».

Nous voilà revenus au temps d’Adam

Vous sentez poindre ce « Oui mais » qui fait notre force de contestation, celui qui nous permet de faire une bonne antithèse dans nos dissertations, celui qui nous permet de clouer le bec à ces gens pleins de certitudes qui nous crachent leur suffisance à la gueule. « Oui mais ! » Le pape ne condamne que les langues de vipère qui opèrent à l’intérieur du Vatican et sur le parvis des églises après la messe. Cela laisse le champ libre à tous les médisants du monde entier hors Vatican et à tous les cathos des bistrots, des enseignes de latte macchiato, des allées des parcs et des zoos, des kaffeekraenzle avec gâteaux, des pistes de vélo et des réunions de bobos.

Nous voilà revenus au temps d’Adam. Dieu avait restreint l’aire du péché à un pommier, la voilà réduite à la surface de quelques dalles devant l’église.

Mamema a dit : « Ich saa doch was’i ze saawe hab (je dirai toujours ce que j’ai à dire). Le problème à mon âge c’est qu’on ne sort plus et qu’on vit seul, alors on peut dire ce qu’on veut, on n’a plus personne qui écoute ». Lili dit : « Si je comprends bien le pape est contre ceux qui papotent. Il est contre la médisance orale en quelque sorte. Ouf, je peux continuer Facebook ! »

 

 

 

 

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 16:48
Tout arrive… et en même temps !

« Ce sont les incongruités du calendrier », dit-on quand le cortège pour l’enterrement de Mamie croise le cortège des déguisés du Mardi Gras. Cette semaine pascale voit quelques incongruités. Le Vendredi saint est tombé le même jour que l’Annonciation. Hier on a commémoré à la fois l’annonce faite à Marie, « Tu vas enfanter d’un fils », et cette autre annonce faite à Marie : « Ton fils est mort sur la Croix ». La vie et la mort en une date. La rencontre de l’alpha et de l’oméga. Le calendrier fait ce qu’il veut. En ce qui concerne le Vendredi saint, la date suit la règle suivante : « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars et le Vendredi saint est fêté deux jours avant Pâques ». Par conséquent, le Vendredi saint c’était hier. Or, le 25 mars est aussi, chaque année, le jour de l’Annonciation. Car, voilà, mes frères, la Sainte Vierge a accouché le 25 décembre, pile neuf mois après l’Annonciation. Donc l’Annonciation a eu lieu un 25 mars et elle est à commémorer le 25 mars. Immuablement. Point barre. Si toutefois l’histoire démontrait que Jésus était un prématuré, on pourrait situer l’Annonciation en avril. Cela éviterait le télescopage avec le Vendredi saint.

Mamema dit : « Es gibt sache wie bassiere ». Mamema connaît les télescopages d’événements majeurs. Elle ne cesse de raconter l’histoire de sa sœur Louise qui était encore dans sa robe de mariée quand son mari Joseph s’est écroulé dans ses bras, victime d’une rupture de l’aorte. Mariée et veuve le même jour. Pas de stress. Je ne vais pas vous énumérer toutes les anecdotes qui démontrent à quel point le comique et le tragique sont liés !

Les messes de Pâques seront décalées !

Nous sommes Samedi saint et nous devons être dans l’allégresse. Car demain nous devons chanter alléluia ! Mais, et c’est cela un autre hasard du calendrier, nous devons chanter l’Alléluia une heure plus tôt demain. En effet, en ce dimanche de Pâques, si vous allez à la messe de 11 heures, vous serez en fait à la messe de 10 heures. Notez-le bien ! Demain est le premier jour de l’heure d’été. Les messes de Pâques seront décalées. Rassurez-vous cependant : le gigot de 8 heures devra mijoter 8 heures comme à l’accoutumée. Sauf que vous devrez le manger à 13 heures si vous n’avez pas réglé vos montres. Demain c’est à 13 heures qu’il sera midi. Lili dit : « De toute façon, moi je mange midi à 14 heures ». Pfff, finalement, demain Lili mangera à 13 heures !

Camille, grand chantre de la laïcité, dit : « Si on fait abstraction des fêtes religieuses dans les calendriers, tout devient plus simple ». Et de me dire : « Si on enlève l’Annonciation hier et Pâques demain il nous reste le Vendredi saint pour hier et le changement d’heure pour demain. Basta. « Ok Camille, mais le Vendredi saint est aussi une fête religieuse non ? » Ouah, la volée de bois vert que je me suis prise : « On ne touche pas au Vendredi saint ! C’est un droit local qu’il soit férié ».
Mamema dit : « On n’a pas toujours à attendre Pâques pour se faire sonner les cloches ».

 

 

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Tout arrive… et en même temps !
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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 11:39
Les démons de la trivialité.

La vie a quelque chose de trivial. Même Einstein s’est curé le nez ! Même Bardot a des flatulences. Même un serial-killer peut avoir peur d’un rôdeur qui le suit.

Il y a toujours quelque chose qui ramène même les êtres « pas comme les autres » vers des actes primitifs et des peurs ancestrales.

La trivialité est notre destin. Il est des jours où mon esprit me porte vers un livre de Kierkegaard ou vers mon lecteur CD pour écouter encore et encore Chopin. Mon esprit s’élève… oui mais mes doigts de la main droite sont occupés à gratter la paume de la main gauche envahie par des boutons démangeurs.

Ah, trivialité quand tu nous tiens !

J’aime ce grand huit qui m’emmène des sommets de la Pléiade aux sommets des Alpes pour y suivre les aventures d’une Heidi en Dirndl en proie à un chagrin d’amour à cause d’un médecin en Lederhose et qui en oublie de soigner ses vaches.

J’aime quitter les pages de l’Irlandais James Joyce pour retrouver les plages de Cornouailles de Rosamunde Pilcher et suivre les tourments amoureux d’un jeune homme de bonne famille épris d’une paysagiste ou ceux de la jeune fille d’un manoir éprise d’un poissonnier.

Pendant que d’autres se penchent sur les ondes gravitationnelles…

Suivez-moi sur cette recherche de l’abîme ! Eh oui, on ne peut pas toujours être dans le sublime.

Pendant que d’autres se penchent sur la physique quantique, moi, sur le tapis de mon salon, avec des chaussures de sport fluo aux pieds, je me penche pour essayer d’attraper mes doigts de pieds de gauche avec ma main droite et vice versa.

Puis, couchée à même le sol, les jambes tendues, j’essaie d’écrire l’alphabet en l’air pendant que le futur prix Nobel de littérature essaie péniblement d’écrire quelques mots sur une page blanche.

Bien sûr, la soif de connaissances m’habite et je regarde, l’esprit grand ouvert, les reportages d’Arte sur la grotte des mille Bouddhas, sur les écoutes américaines et sur l’Oktoberfest de Munich mais je suis assise devant, les doigts sur mon smartphone en train de faire éclater digitalement les ballons de « Ballon Crush » ou les bonbons de « Candy Crush ». Et, je le confesse, le résultat de mes manipulations digitales sur l’élimination du chocolat qui englue les bonbons me cause autant de tracas que le sauvetage d’un chef-d’œuvre en péril ou la survie d’une brasserie munichoise.

Pourquoi des démons de la trivialité ne me quittent-ils pas ? Ils me hantaient déjà quand j’étais petite jusque dans le Saint des saints, jusque dans l’église quand, lors des litanies aux injonctions du curé, « Heilige Franziska », « Heiliger Antonius », « Heilige Scholastika », au lieu de répondre « Bitt für uns » (Prie pour nous) je répondais « s’Bett verbrunzt » (a pissé au lit).

Confucius dit : « La fleur remerciera le ciel pour tous les regards qui lui parleront de sa beauté mais se réjouira aussi d’avoir un pied dans le fumier qui lui permet d’atteindre cette beauté sublime ».

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Les démons de la trivialité.
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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 18:03
Femmes, encore à la fête !

Femmes, réjouissez-vous : le mois de mars vous apporte ses giboulées, ses jonquilles, ses plantes vertes, ses hymnes à vos mérites et ses tribunes pour vos plaintes.

Dimanche , les grands-mères, dont le jour de gloire a été instauré par le café du même nom, se verront ployer sous le poids des rhododendrons et des bons pour une journée au spa, voire un lifting du menton pour gommer les bajoues. L’amour n’a pas de limite, l’imagination des fournisseurs de cadeaux psychédéliques non plus.

Le mardi suivant la fête des grands-mères, revoilà les mamies à l’honneur cette fois-ci en compagnie de tous les humains munis de chromosomes XX ou nourris aux œstrogènes et titulaires du titre « femme » depuis leur passage sous le scalpel.

Mardi, loin de leurs plantes d’appartement encore entourées d’une collerette en papier crépon, les mamies et autres femmes vont revendiquer encore et encore leurs droits. « Même carrière, même salaire », « Non au harcèlement sexuel sur le lieu de travail et dans la rue », « Plus de femmes dans les hémicycles et sur les trônes du pouvoir ».

Et si c’était biblique?

Ces slogans sont comme le petit papa Noël. Ils reviennent tous les ans. Mais comme dit Lucien le réac, « accéder à leurs revendications tuerait le folklore de cette journée ». Les cris de détresse des femmes seraient donc une animation de rue en mars au même titre que les yodels à Munich en octobre ?

Et si tout cela était biblique ? Et si la situation de la femme était gravée dans le marbre par le doigt de Dieu comme l’a été la Table des Lois ? Eve n’est qu’une partie du corps d’Adam, une existence donc liée à celle de l’homme, sans identité propre. Dans l’Ancien testament elles sont séductrices et fourbes, entre Putiphar et Salomé. Dans le livre des Rois, une jeune femme se voit enfermée dans le lit du roi David pour le réchauffer, la fameuse « bouillotte à oreilles et à nichons ». Même à l’aube du Nouveau testament on lit : « Je suis la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre volonté ».

Merci aux ingénieurs

Pourtant la volonté de Dieu a donné à la femme le droit de vie ou de mort sur l’humanité avec les pleins pouvoirs de la procréation. Ferrat chante « la femme est l’avenir de l’homme » ; elle est même l’avenir de l’humanité. « Oui ! », dit Sepp, « en attendant il y a le ménage et la cuisine à faire ». Sepp, la cuisine maintenant, c’est Robomix et le ménage c’est l’aspirateur qui-travaille-tout-seul.

Braves gens, ne l’oubliez pas. La libération de la femme doit moins au législateur qu’aux ingénieurs. La libération de la femme, c’est Ampère, Laden, Dim, mais c’est aussi Simone Veil et la choucroute.

Merci à l’électricité d’actionner ces appareils qui nous libèrent de l’usure musculaire sur ces instruments énergivores qu’étaient le moulin à légumes et le moulin à café.

Merci à Laden qui nous a donné les machines à laver, nous libérant de ces heures penchées sur des cuves remplies d’eau bouillante, agenouillées sur les caillebotis des lavoirs sous la canicule ou un froid sibérien.

Merci à Dim qui nous a libérées des corsets, à Simone Veil qui a fait de la maternité un bonheur choisi, et merci à la choucroute ! La choucroute est féministe. Elle cuit toute seule, laissant la femme vaquer à des occupations plus culturelles : mots croisés, lecture de la biographie de Justin Bieber ou Replay de Desperate Housewives.


Comme dit le grand philosophe Jean Yanne,    « Liberté, égalité, choucroute ! ».

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Femmes, encore à la fête !
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deytsc

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