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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 11:00
Vacances, je m’oublie.

Pendant que chez nous, on regarde le ciel pour savoir s’il faut la pelle à neige ou pas, et avec anxiété les bourgeons déjà largement turgescents mais toujours prêts à mourir à 0° C, pendant ce temps, je suis en terrasse au pays des mille soleils en me posant cette question lancinante : « Jus d’oranges pressées ou jus de pamplemousses pressés ? », tout en compulsant mon mémento du parfait diabétique pour connaître les conséquences de cet acte sur la glycémie.

Le choix fait, je prends la position de la touriste, regard insouciant, jambes superposées, nez à l’horizon. Ni estampillée Meetic ni frappée du syndrome « steak sur l’étal du boucher à vendre d’urgence ». Et pourtant…

« Tu connais la ville ? Tu veux que je t’explique ? »

Pourtant j’ai sur moi des regards convergents et je reçois des œillades qui sont au langage des signes ce que le panneau Stop est à la circulation. La signification est monosémique, ce qui veut dire : « Tu comprends très bien ce que cela veut dire ! » Sur Facebook, cela voudrait dire : « Tu veux être mon amie ? Clique si tu es d’accord ».

Les plus téméraires utilisent la parole : « Tu connais la ville ? Tu veux que je t’explique ? ». Il y a des pays où les GPS ont des sweat-shirts et des baskets de marque, des cheveux gominés et de fausses montres précieuses. Et te voilà embarquée dans un discours géographico-historique, d’abord devant ton jus d’orange, puis dans une déambulation lente avec arrêt devant des raretés architecturales ou des spécialités pâtissières.

Les explications se font en monologue absolu avant que le guide-prédateur ne t’enjoigne à passer au mode dialogue : « Tu peux me poser des questions, ça me ferait plaisir ». Aux descriptions scientifiques se mêlent des descriptions qui seraient médicales si les adjectifs étaient tirés du langage de la pathologie et non du compliment.

Je sais au bout de trente minutes que j’ai des yeux injectés d’amour, un cul à faire perdre la tête aux hommes et une poitrine à ranimer une main paralysée. Une vraie cure de jouvence ! Dire qu’Emmanuelle Béart a dû se faire injecter des litres de Botox pour arriver au même résultat… alors qu’un verre de jus d’orange pressé sur une terrasse produit le même effet.

L’approche de la biologie interne se fait par l’estomac

Dans la soirée, les mots quittent les pierres et mes atouts extérieurs pour des considérations plus organiques. L’approche de la biologie interne se fait par le biais de l’estomac. Dans la tactique du “GPS-guide-en-quête-d’amour” l’absorption, en tête-à-tête, de soupes vernaculaires doit avoir comme but de voir ma luette aller et venir dans mon gosier.

Il y a comme une extase à bigler au fond de ma bouche. Il s’installe une forme de rapport tantrique, un rapport sans l’intervention d’un autre organe que le globe oculaire. Oui, un globe seulement car l’autre surveille les alentours ! Il pourrait voir foncer sur lui la toute-puissante police touristique proclamant : « Seuls les guides assermentés peuvent accompagner les touristes ».

Les vacances sont finies. J’ai quatre numéros de téléphone et deux demandes en mariage. Confucius dit : « L’important, ce n’est pas d’avoir pris du calamar. L’important, c’est d’avoir fait une belle promenade en mer ».

 

 

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

Vacances, je m’oublie.
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 10:30
Les asperges c’est Matin debout.

Vous ne pouvez pas l’ignorer. C’est un des gros titres des journaux. Entre les « Nuits debout » dans les quotidiens français et l’affaire Böhmermann dans les quotidiens allemands, vous trouvez l’asperge ou la Spargel.

Toutes les strates de la population sont prises à témoin pour exprimer émotion, savoir ou thèses de science pure à son propos. L’homme de la rue y va de ses stances : « J’adore quand viennent les asperges, les asperges sont les hirondelles végétales. Quand elles sont là, on sait que le printemps est arrivé ! » ou : « Mon mari et moi, on va de bon matin, en marche nordique, sur un champ de libre-cueillette pour les “stupfe” dès qu’elles pointent. Il n’y a pas plus frais ». Ou encore : « Moi, j’ai une petite retraite, je ne peux pas me payer d’asperges. Alors qu’il y en ait ou pas, ça ne m’intéresse pas. Moi, je mange des radis ».

La tige peut atteindre 1,50 m

L’historien étale ses connaissances : « L’asperge est un rhizome cultivé comme légume en France depuis le XVe siècle. La tige peut avoir jusqu’à 1,50 m de haut ! » Là, tu apprends qu’avec un peu de patience, on peut attendre que le rhizome en question ait la hauteur idéale pour nourrir 10 personnes. Cela boosterait nos potiers et céramistes qui seraient obligés de concevoir un grand bol à mayonnaise pour qu’on puisse y tremper la chose.

Le diététicien salue ce légume si pauvre en calories, cuit à la vapeur, diurétique de surcroît, donc apte à éliminer cette eau que nous contenons en abondance et qui pèse si lourd sur nos balances.

Sauce gribiche, béchamel ou mayonnaise ?

Entre deux fous-rires, le médecin aborde le sujet gag de l’odeur des urines qui donne aux asperges la propriété de chatouiller le nez une fois qu’elles ne chatouillent plus les papilles. Mamema dit : « Il a expliqué pourquoi ça pue, mais on s’en fout quand ça pue, ça pue ». Oui Mamema, mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir des urines odorantes après ingestion de l’emblème de Hoerdt et de Village-Neuf. Seuls 40 % sont les happy-few. Encore une raison pour laquelle Caïn aurait pu trucider Abel.

« C’est fou, me direz-vous, ce qu’on peut écrire dans un journal ou dire à la radio sur les asperges ». Oui, Mesdames et Messieurs, et vous n’avez pas encore assisté à ces querelles presque d’ordre confessionnel entre les partisans des sauces gribiches, des béchamels et des mayonnaises censées accompagner ce légume pâle et longiligne comme un mannequin de chez Lagerfeld.

Si vous mangez des asperges tous les jours pendant plus d’un mois, vous avez à découper dans les journaux ou à réécouter dans les radios une myriade de recettes entre celles du type « tata Jeanine » ou celles du type « Cyril Lignac ».

Je ne vous parlerai pas de l’article qui a paru sur les machines à éplucher les asperges. En effet, cet article est à l’origine de la brouille avec ma copine Lili qui m’a taxée de « fainéasse » parce que je lui ai avoué, devant une part de tarte à la rhubarbe, acheter mes asperges « prêtes à cuire ».

 

 

 

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 12:58
Oraison pour une jupe.

Le printemps revient. Ses douces températures font perler plus vite des gouttes de sueur sur mon front lors de ces exercices bihebdomadaires qui bandent mes muscles et vident mes bouteilles d’eau minérale. Les magnolias portent ces fleurs qui nous font hurler d’extase devant leur beauté et hurler de rage quand il s’agit de ramasser ces pétales qui encombrent nos pavés et nos allées.

Fut un temps où j’aurais pu dire : « Les filles et les femmes sortent leurs jupes ». Ces temps-là sont révolus. Les jambes des femmes restent définitivement engoncées dans les toiles Denim, les toiles bleues des jeans proposés même par des marques de créateurs de l’avenue Montaigne.

Depuis des décennies, la mode est faite par des hommes qui aiment les hommes et qui s’entêtent à habiller ces femmes dont leurs règles esthétiques ont fait des androgynes, des êtres longilignes d’où les hanches arrondies et les gros seins sont bannis.

Nous ne voyons plus la dictature bleue des jeans

La femme est en jeans. En toute occasion. Même dans les soirées mondaines où le jean devient noir et où elles le portent juchées sur des stylettos avec des hauteurs avoisinant les 15 cm. Le sexe disparaît dans le genre neutre des jeans.

Un pédiatre a dit : « Une enfant qui commence à parler répétera inlassablement « bababababababa », très rarement « mamamamamama », parce qu’il n’arrive plus à faire le distinguo. Pour lui il y a deux « bababababababa », deux copies conformes en pantalon et en sweat, différenciables uniquement à la voix (si la voix de la mère n’est pas devenue rauque à cause de la cigarette).

Et nous nous offusquons de la dictature des burqas bleues qui emprisonnent les femmes dans des bouteilles de butane en tissu. Et nous ne voyons plus la dictature bleue des jeans.

Du temps où j’étais prof, je regardais dans la cour au moment des récréations, du haut de la salle des profs, je voyais un océan bleu et je m’imaginais le tollé des délégués de classe et des délégués de parents d’élèves si le jeans avait été instauré “uniforme de l’école”. On aurait entendu des « De quel droit ? », « Qui vous permet ? », « Nous sommes dans un pays libre ».

« Les garçons ont les yeux qui brillent, pour un jeu de dupes »

Nous sommes dans un pays libre ? Alors, libérez les jambes des femmes ! Et pas seulement pour qu’on les voie dépasser tristement d’un jean coupé au-dessus du genou quand elles traînent sur les marchés du terroir ou dans les rues aux souvenirs pendant l’été.

La jupe et la robe ont déserté les armoires. Lili dit : « Moi j’ai deux jupes et 3-4 robes pour jouer au théâtre ». La jupe comme accessoire de comédie. Lili dit « Oui, qu’est-ce que les gens ont ri ! Il fallait que je joue avec la jupe coincée dans la culotte ! » Hopla widder !

Avez-vous oublié le bien que ça fait aux hommes de voir sous les jupes des filles ?

« Rétines et pupilles,

Les garçons ont les yeux qui brillent,

Pour un jeu de dupes,

Voir sous les jupes des filles ».

Plus loin dans la chanson, Souchon sous-entend que de ne plus voir sous les jupes des filles rend les hommes agressifs et leur fait mener des guerres ou commettre des atrocités.

Confucius dit : « Depuis que le vent ne peut plus soulever les jupes des filles, il déracine les arbres et soulève la mer pour qu’elle dévaste les terres ».

 

 

 

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Oraison pour une jupe.
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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 10:20
Le pape n’aime pas qu’on papote.

Le pape a dicté une nouvelle loi. Après les bénédictions Urbi et orbi, il lance un édit contre toute brebis qui médit sur les parvis. Papa dixit, « Mon frère, si tu médis d’autrui tu seras banni du paradis, tu seras englouti par un tsunami Dei, tu verras tes abattis servis en méchoui ».

Dieu du ciel ! Voilà un oukase qui va frapper tous azimuts dans son troupeau. Autant dire que Dieu veut tondre toutes les brebis qui ont de la toison : la tâche est vaste. Car qui n’a pas encore médit d’autrui ?

Devant cette menace la chrétienté est anéantie. Avez-vous déjà ouï les calomnies émises sur les parvis ? Voici, pour vous, la litanie des médisances qui s’élèvent des abords des églises, dans les volutes d’encens encore chaudes et les derniers sons de l’orgue. « T’as vu comme elle a grossi ? », ou « Il paraît que leur fille s’est tapé son parrain, bon ce n’est pas quelqu’un de la famille, mais quand même, faire ça le jour de sa communion ! », ou « Le curé a été vu au casino, il a joué à Book of Ra, un jeu de païen. »

Apocalyptique mais elliptique

Et ça y va, ça critique les habits, les bibis, les amis, ça cire l’hallali jusqu’au contenu des chariots : « Vu le nombre de bouteilles de Kiravi qu’ils ont posées sur le tapis, ça doit battre des records d’alcoolémie », « ça roule en grosse cylindrée de Germanie et ça ne bouffe que des raviolis ! ». Comme le dirait cet aria classique d’une haute teneur musicale : « Ça dit des bêtises devant l’église, ça peut pas s’en empêcher ». Les dévots disent : « Ce n’est pas nous, c’est les dévotes ».

La médisance est du genre féminin, OK, mais la Vertu, l’Intelligence et l’Excellence aussi ! Il faut dire pour la défense des mâles que l’encyclique est bien sûr apocalyptique mais hélas elliptique. Surtout après la messe les hommes ne peuvent pas cracher du venin près de l’église : ils sont à l’apéro au bistrot depuis la Consécration.

La brèche de la contestation est ouverte ! Analysons les deux arrêtés du pape contre les commérages. Celui qui a paru en septembre 2013 dans la revue jésuite Civilta Cattolica et celui qu’il a prononcé le 12 février 2016 sur la place Saint-Pierre à Rome. Le premier stipule : « Pas de Ratsch sur le territoire du Vatican ». Le deuxième nous met en garde : « On ne papote pas devant l’église avant la messe ».

Nous voilà revenus au temps d’Adam

Vous sentez poindre ce « Oui mais » qui fait notre force de contestation, celui qui nous permet de faire une bonne antithèse dans nos dissertations, celui qui nous permet de clouer le bec à ces gens pleins de certitudes qui nous crachent leur suffisance à la gueule. « Oui mais ! » Le pape ne condamne que les langues de vipère qui opèrent à l’intérieur du Vatican et sur le parvis des églises après la messe. Cela laisse le champ libre à tous les médisants du monde entier hors Vatican et à tous les cathos des bistrots, des enseignes de latte macchiato, des allées des parcs et des zoos, des kaffeekraenzle avec gâteaux, des pistes de vélo et des réunions de bobos.

Nous voilà revenus au temps d’Adam. Dieu avait restreint l’aire du péché à un pommier, la voilà réduite à la surface de quelques dalles devant l’église.

Mamema a dit : « Ich saa doch was’i ze saawe hab (je dirai toujours ce que j’ai à dire). Le problème à mon âge c’est qu’on ne sort plus et qu’on vit seul, alors on peut dire ce qu’on veut, on n’a plus personne qui écoute ». Lili dit : « Si je comprends bien le pape est contre ceux qui papotent. Il est contre la médisance orale en quelque sorte. Ouf, je peux continuer Facebook ! »

 

 

 

 

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 16:48
Tout arrive… et en même temps !

« Ce sont les incongruités du calendrier », dit-on quand le cortège pour l’enterrement de Mamie croise le cortège des déguisés du Mardi Gras. Cette semaine pascale voit quelques incongruités. Le Vendredi saint est tombé le même jour que l’Annonciation. Hier on a commémoré à la fois l’annonce faite à Marie, « Tu vas enfanter d’un fils », et cette autre annonce faite à Marie : « Ton fils est mort sur la Croix ». La vie et la mort en une date. La rencontre de l’alpha et de l’oméga. Le calendrier fait ce qu’il veut. En ce qui concerne le Vendredi saint, la date suit la règle suivante : « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars et le Vendredi saint est fêté deux jours avant Pâques ». Par conséquent, le Vendredi saint c’était hier. Or, le 25 mars est aussi, chaque année, le jour de l’Annonciation. Car, voilà, mes frères, la Sainte Vierge a accouché le 25 décembre, pile neuf mois après l’Annonciation. Donc l’Annonciation a eu lieu un 25 mars et elle est à commémorer le 25 mars. Immuablement. Point barre. Si toutefois l’histoire démontrait que Jésus était un prématuré, on pourrait situer l’Annonciation en avril. Cela éviterait le télescopage avec le Vendredi saint.

Mamema dit : « Es gibt sache wie bassiere ». Mamema connaît les télescopages d’événements majeurs. Elle ne cesse de raconter l’histoire de sa sœur Louise qui était encore dans sa robe de mariée quand son mari Joseph s’est écroulé dans ses bras, victime d’une rupture de l’aorte. Mariée et veuve le même jour. Pas de stress. Je ne vais pas vous énumérer toutes les anecdotes qui démontrent à quel point le comique et le tragique sont liés !

Les messes de Pâques seront décalées !

Nous sommes Samedi saint et nous devons être dans l’allégresse. Car demain nous devons chanter alléluia ! Mais, et c’est cela un autre hasard du calendrier, nous devons chanter l’Alléluia une heure plus tôt demain. En effet, en ce dimanche de Pâques, si vous allez à la messe de 11 heures, vous serez en fait à la messe de 10 heures. Notez-le bien ! Demain est le premier jour de l’heure d’été. Les messes de Pâques seront décalées. Rassurez-vous cependant : le gigot de 8 heures devra mijoter 8 heures comme à l’accoutumée. Sauf que vous devrez le manger à 13 heures si vous n’avez pas réglé vos montres. Demain c’est à 13 heures qu’il sera midi. Lili dit : « De toute façon, moi je mange midi à 14 heures ». Pfff, finalement, demain Lili mangera à 13 heures !

Camille, grand chantre de la laïcité, dit : « Si on fait abstraction des fêtes religieuses dans les calendriers, tout devient plus simple ». Et de me dire : « Si on enlève l’Annonciation hier et Pâques demain il nous reste le Vendredi saint pour hier et le changement d’heure pour demain. Basta. « Ok Camille, mais le Vendredi saint est aussi une fête religieuse non ? » Ouah, la volée de bois vert que je me suis prise : « On ne touche pas au Vendredi saint ! C’est un droit local qu’il soit férié ».
Mamema dit : « On n’a pas toujours à attendre Pâques pour se faire sonner les cloches ».

 

 

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 11:39
Les démons de la trivialité.

La vie a quelque chose de trivial. Même Einstein s’est curé le nez ! Même Bardot a des flatulences. Même un serial-killer peut avoir peur d’un rôdeur qui le suit.

Il y a toujours quelque chose qui ramène même les êtres « pas comme les autres » vers des actes primitifs et des peurs ancestrales.

La trivialité est notre destin. Il est des jours où mon esprit me porte vers un livre de Kierkegaard ou vers mon lecteur CD pour écouter encore et encore Chopin. Mon esprit s’élève… oui mais mes doigts de la main droite sont occupés à gratter la paume de la main gauche envahie par des boutons démangeurs.

Ah, trivialité quand tu nous tiens !

J’aime ce grand huit qui m’emmène des sommets de la Pléiade aux sommets des Alpes pour y suivre les aventures d’une Heidi en Dirndl en proie à un chagrin d’amour à cause d’un médecin en Lederhose et qui en oublie de soigner ses vaches.

J’aime quitter les pages de l’Irlandais James Joyce pour retrouver les plages de Cornouailles de Rosamunde Pilcher et suivre les tourments amoureux d’un jeune homme de bonne famille épris d’une paysagiste ou ceux de la jeune fille d’un manoir éprise d’un poissonnier.

Pendant que d’autres se penchent sur les ondes gravitationnelles…

Suivez-moi sur cette recherche de l’abîme ! Eh oui, on ne peut pas toujours être dans le sublime.

Pendant que d’autres se penchent sur la physique quantique, moi, sur le tapis de mon salon, avec des chaussures de sport fluo aux pieds, je me penche pour essayer d’attraper mes doigts de pieds de gauche avec ma main droite et vice versa.

Puis, couchée à même le sol, les jambes tendues, j’essaie d’écrire l’alphabet en l’air pendant que le futur prix Nobel de littérature essaie péniblement d’écrire quelques mots sur une page blanche.

Bien sûr, la soif de connaissances m’habite et je regarde, l’esprit grand ouvert, les reportages d’Arte sur la grotte des mille Bouddhas, sur les écoutes américaines et sur l’Oktoberfest de Munich mais je suis assise devant, les doigts sur mon smartphone en train de faire éclater digitalement les ballons de « Ballon Crush » ou les bonbons de « Candy Crush ». Et, je le confesse, le résultat de mes manipulations digitales sur l’élimination du chocolat qui englue les bonbons me cause autant de tracas que le sauvetage d’un chef-d’œuvre en péril ou la survie d’une brasserie munichoise.

Pourquoi des démons de la trivialité ne me quittent-ils pas ? Ils me hantaient déjà quand j’étais petite jusque dans le Saint des saints, jusque dans l’église quand, lors des litanies aux injonctions du curé, « Heilige Franziska », « Heiliger Antonius », « Heilige Scholastika », au lieu de répondre « Bitt für uns » (Prie pour nous) je répondais « s’Bett verbrunzt » (a pissé au lit).

Confucius dit : « La fleur remerciera le ciel pour tous les regards qui lui parleront de sa beauté mais se réjouira aussi d’avoir un pied dans le fumier qui lui permet d’atteindre cette beauté sublime ».

 

 

 

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 18:03
Femmes, encore à la fête !

Femmes, réjouissez-vous : le mois de mars vous apporte ses giboulées, ses jonquilles, ses plantes vertes, ses hymnes à vos mérites et ses tribunes pour vos plaintes.

Dimanche , les grands-mères, dont le jour de gloire a été instauré par le café du même nom, se verront ployer sous le poids des rhododendrons et des bons pour une journée au spa, voire un lifting du menton pour gommer les bajoues. L’amour n’a pas de limite, l’imagination des fournisseurs de cadeaux psychédéliques non plus.

Le mardi suivant la fête des grands-mères, revoilà les mamies à l’honneur cette fois-ci en compagnie de tous les humains munis de chromosomes XX ou nourris aux œstrogènes et titulaires du titre « femme » depuis leur passage sous le scalpel.

Mardi, loin de leurs plantes d’appartement encore entourées d’une collerette en papier crépon, les mamies et autres femmes vont revendiquer encore et encore leurs droits. « Même carrière, même salaire », « Non au harcèlement sexuel sur le lieu de travail et dans la rue », « Plus de femmes dans les hémicycles et sur les trônes du pouvoir ».

Et si c’était biblique?

Ces slogans sont comme le petit papa Noël. Ils reviennent tous les ans. Mais comme dit Lucien le réac, « accéder à leurs revendications tuerait le folklore de cette journée ». Les cris de détresse des femmes seraient donc une animation de rue en mars au même titre que les yodels à Munich en octobre ?

Et si tout cela était biblique ? Et si la situation de la femme était gravée dans le marbre par le doigt de Dieu comme l’a été la Table des Lois ? Eve n’est qu’une partie du corps d’Adam, une existence donc liée à celle de l’homme, sans identité propre. Dans l’Ancien testament elles sont séductrices et fourbes, entre Putiphar et Salomé. Dans le livre des Rois, une jeune femme se voit enfermée dans le lit du roi David pour le réchauffer, la fameuse « bouillotte à oreilles et à nichons ». Même à l’aube du Nouveau testament on lit : « Je suis la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre volonté ».

Merci aux ingénieurs

Pourtant la volonté de Dieu a donné à la femme le droit de vie ou de mort sur l’humanité avec les pleins pouvoirs de la procréation. Ferrat chante « la femme est l’avenir de l’homme » ; elle est même l’avenir de l’humanité. « Oui ! », dit Sepp, « en attendant il y a le ménage et la cuisine à faire ». Sepp, la cuisine maintenant, c’est Robomix et le ménage c’est l’aspirateur qui-travaille-tout-seul.

Braves gens, ne l’oubliez pas. La libération de la femme doit moins au législateur qu’aux ingénieurs. La libération de la femme, c’est Ampère, Laden, Dim, mais c’est aussi Simone Veil et la choucroute.

Merci à l’électricité d’actionner ces appareils qui nous libèrent de l’usure musculaire sur ces instruments énergivores qu’étaient le moulin à légumes et le moulin à café.

Merci à Laden qui nous a donné les machines à laver, nous libérant de ces heures penchées sur des cuves remplies d’eau bouillante, agenouillées sur les caillebotis des lavoirs sous la canicule ou un froid sibérien.

Merci à Dim qui nous a libérées des corsets, à Simone Veil qui a fait de la maternité un bonheur choisi, et merci à la choucroute ! La choucroute est féministe. Elle cuit toute seule, laissant la femme vaquer à des occupations plus culturelles : mots croisés, lecture de la biographie de Justin Bieber ou Replay de Desperate Housewives.


Comme dit le grand philosophe Jean Yanne,    « Liberté, égalité, choucroute ! ».

 

 

 

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Femmes, encore à la fête !
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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 13:00
Dans mon univers confiné  ❤

 

Dans mon univers confiné où je me pose de la chaise de bureau à la chaise de cuisine en passant par le bord du lit et le fauteuil du salon, je me dis que finalement, c’est notre cul qui définit notre géolocalisation la plus privée. Nous sommes là où il est.

Certains parlent du cocooning pratiqué dans les appartements privés. Méfiez-vous ! C’est le début de la fin. Aller de la chaise au fauteuil et du fauteuil au lit finit par vous clouer au lit puis vous mettre entre des planches de sapin clouées à jamais.

Verdeggel ! Ne pensez pas à l’inexorable. Pensez à ces moments où rester cloîtré dans un monde devrait être doux au cœur. Chez soi on est dans un havre de paix loin des turpitudes du monde extérieur, protégé par son double vitrage, son isolation phonique, son alarme-reliée-directement-au-GIGN, sa caméra de surveillance à détection automatique de présence, ses sprays anti-bactériens et ses bonbonnes d’oxygène à « chausser » en cas de pollution !

Le chez soi « sent »

Mamema dit : « Chez soi, on se sent chez soi ». Et voilà qu’apparaît ce mot, « sentir ».

Le chez soi « sent ». N’avez-vous jamais humé l’odeur des autres en pénétrant chez eux, cette odeur si particulière qu’on respire en passant la porte et qui nous fait souvent dire « ça pue », tant il est vrai qu’on ne supporte pas les odeurs des autres ?

Dans le temps de mon enfance, les maisons sentaient souvent la même chose. Elles exhalaient un parfum de feu de bois et de lard fumé en hiver, de temps en temps c’est l’odeur du mazout qui se répandait. En automne elles sentaient les pommes et les coings.

Maintenant le chauffage est inodore…

En ville, dans les appartements, on humait des relents d’encaustique répandue sur les meubles cirés et les parquets, on sniffait les particules d’eau de Cologne ou de mousse à raser qui planaient des journées entières dans ces salles de bain sans fenêtre.

Maintenant le chauffage est inodore, les salles de bain sont équipées de VMC et les meubles en PVC sont lessivables. « Es schmeckt nemi », plus d’odeur ! Alors chacun répand une touche olfactive dans son « chez soi » avec des sprays fleurant le sous-bois ou le bord de mer.

Chez moi, je me sens « chez moi ». Les odeurs sont les bonnes. Il y a cette petite odeur propre à cette maison dont les murs boivent le liquide âcre des eaux phréatiques, il y a le parfum chaque jour différent émanant de la cuisine, oscillant entre le fumet des rôtis, la cannelle des gâteaux ou les effluves de soupe aux légumes. C’est selon. Des fois ça ne sent rien car une tranche de jambon sur une tranche de pain beurré ça ne sent rien.

Et puis vient fatalement un temps où le « chez soi » sent l’eucalyptus, l’huile de camphre, l’éther et la tisane à la camomille. C’est le temps où le thermomètre remplace le roman de Marc Levy sur la table de nuit. C’est le temps où le cul n’est plus sur une chaise. La fièvre de notre corps ne lui permet plus de nous maintenir assis. Dans ces moments-là, notre cul est truffé d’impacts de piqûres. C’est par là que vient la guérison.

 

 

 

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 13:00
Amour toujours… ça me court !

Après crêpes, beignets, bretzels, bref après Carnaval, Chandeleur et Nouvel an, les pâtissiers exhibent leurs biscuits et chocolats en forme de cœurs.

Mamema dit : « Ils ont sorti le massicot en forme de cœur, il est placé juste à côté du massicot en forme de lapin pour Pâques. » Après les chemises brunes de Pegida en Allemagne, après le blanc du linge pour la Semaine du Blanc, après l’arrivée du Vert au gouvernement, voilà que tout s’affiche en rouge. Rouge feu pour la passion. Rouge baiser pour les lèvres. Rouge Petrus pour le dîner en tête-à-tête. Comme si l’amour se disait mieux avec un poisson mort et décapité dans l’assiette, devant une pintade nue fourrée au foie gras par voie génitale.

Ainsi sont nées les poésies de Ronsard et Jeannot

Les microtrottoirs abondent : L’amour, vous y croyez ? L’amour, vous l’avez trouvé ? L’amour ? On ne peut y échapper. C’est une des fatalités que Dieu a semées dans notre code génétique avec le gène qui fait pousser nos grandes oreilles et celui qui génère nos odeurs de pieds car l’amour est cette contrainte imposée à nos chromosomes d’aller vers le coït. Nous sommes pourvus de charmes certains ou d’un certain charme physique entre 16 et 38 ans afin d’accomplir notre mission de conservation de l’espèce.

Appeler cette quête « Amour » n’est qu’une forme de sublimation nécessaire à notre surmoi. C’est ainsi que sont nées les poésies de Ronsard et de Jeannot mon copain de CE2. Ou les chansons qui ont construit les villas de Tino Rossi, accumulé les Juke-box chez Christophe et enseveli Frank Michael sous les peluches offertes par les fans.

Lili dit : « L’amour a changé ! ». C’est vrai. Le mariage ne mène plus forcément à la création d’une famille. « Avec les gosses on ne peut pas voyager. » Il vaut mieux regarder le Taj Mahal que le contenu des couches ! Et on différencie de plus en plus le sexe et l’amour. Le prof de philo dit : « Ce sont deux choses différentes. On ne peut en vouloir à son partenaire de pisser dans un urinoir hors du domicile conjugal, pourquoi le blâmer s’il se soulage sous la contrainte d’un autre besoin physiologique hors du même domicile ? » Il y a des jours où la philosophie pue au pied de la lettre.

Amour ! Que d’entreprises a-t-on créé en ton nom ? Combien de numéros de Siret ont-ils été déposés ? Les agences de rencontres pullulent. Les sites de speed dating envahissent la toile. Les foires de célibataires vendent leurs pizzas et paninis en même temps que les cuisses de femmes en mal de mariage.

Pour moi, c’est un destin

Même la Culture s’en mêle. On voit à la télé des émissions comme L’Amour est dans le Pré ou cet événement majeur, Strasbourg mon amour, où l’on peut vivre l’amour sur le canapé d’un grand magasin, dans les eaux glacées d’une piscine, en suçant du chocolat dans un musée ou en tête à tête devant un film projeté rien que pour deux (plaisir possible toute l’année dans les salles Art et essai).
Et moi dans tout ça ? Pour moi l’amour est un destin. Maman disait : « L’os que tu dois avoir, aucun chien ne le rongera ». J’espère que le monde entier ne devienne pas végétarien. Sinon il n’y aura plus d’os à ronger !

 

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

 

Amour toujours… ça me court !
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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 17:16
Réforme de l’orthographe. Sauvez mon Scrabble !

Non, non et non ! Je ne suis pas d’accord ! Ne touchez pas à mon score de Scrabble ! Ne faites pas disparaître les lettres quoi font 4, 6, 8 ou 10 points !

Si le « kwas » russe devient « bière » je suis foutue. Kwas est le mot compte triple que je place à chaque fois. Stop ! Tous ces réformateurs qui nous ébranlent nos assises vernaculaires ne peuvent-ils pas cesser leur vile besogne ?

ous les jours voient apparaître de nouveaux paramètres. Les enfants doivent aller à l’école le mercredi, ce jour où on allait chez l’orthodontiste, et toc ! Il y a de plus en plus d’enfants qui ont les dents de travers ce qui annihile leur chance de faire une carrière de star. Hop, on les amène au chômage.

Les crèches doivent disparaître au nom de la laïcité, ce qui empêche mon beau-père de jouer Melchior dans le spectacle « crèche vivante » donné tous les ans dans la salle de la mairie. C’est lui donner un coup de grâce. Il est sujet à d’horribles céphalées. Hop, ça creuse le trou de la Sécu. Il faut donc toujours penser aux dommages collatéraux.

« Il faut secouer le cerveau sept fois dans la tête avant de faire une connerie »
Mamema dit: « Il faut secouer le cerveau sept fois dans la tête avant de faire une connerie ».

Là je relis le texte déjà écrit et je suis prise de doute. Un doute insupportable ! Un doute né de cette réforme de l’orthographe qu’on nous balance alors qu’on nageait en plein bonheur, le nez dans la cannelle des beignets et dans le caramel au beurre salé des crêpes. Oui, j’ai un doute sur ces mots que j’ai écrits machinalement au gré de mes réflexions: « disparaître », « orthophoniste », « chômage », céphalée »... Accent ou pas accent? « Ph » ou pas « ph » ?

Pour mon copain Patrick, docteur de son état, « le PH sera toujours important dans les analyses médicales». Ouf, nous aurons toujours le PH de la peau et des urines. Le Ph va juste quitter le nénuphar, dit-on. Je dirai: « Pour le nénuphar, je m’en fous, mais j’aime les myosotis. Ce serait insupportable pour moi qu’ils perdent le “y”. Ils n’auraient plus le même romantisme! »

Ma cousine est orthophoniste, elle dit: « Si on ne peut plus avoir ces deux “th/ph” qui montrent le côté intellectuel de la profession, autant être coiffeuse. »

Les questions fusent suite à cette simplification annoncée. Madame Laurette, institutrice en retraite, craint pour la troisième personne du singulier de l’imparfait du subjonctif. Genre: « Elle le regarda et eut peur qu’il s’imaginât être pour elle un objet de désir ». En effet il paraît qu’il faudra dire: « Elle le regarda et eut peur qu’il s’imaginasse être pour elle un objet de désir ». On s’imagine les conséquences!

« Mamema ne toucha pas sa soupe de haricots, elle craignit qu’elle ne pétât au cinéma » serait « Mamema ne toucha pas à sa soupe de haricots, elle craignit qu’elle ne pétasse au cinéma ». Remplacer « pétasse » par « flatulasse » n’est pas plus heureux.

Depuis l’annonce de cette réforme, les formules humoristiques vont bon train. Les réseaux sociaux regorgent de la phrase « se taper un jeune » au lieu de « se taper un jeûne » ! La réforme de l’orthographe mène à tout, même aux fantasmes.
Je vous le dis: « Il y a des coups de pieds dans l’oignon qui se perdent ». Même si vous les carrez dans un ognon, ça remettra le nénufar au milieu de la mare aux canards.

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
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deytsc

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