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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 13:02
Ça sent le sapin !

 

Pas de miracle de Noël à signaler. Ce n’est pas faute d’espérer !

Il est vrai que depuis les dents de lait je subis ce lavage de cerveau entretenu par des histoires de métamorphoses où les souillons deviennent des princesses, les nains des distributeurs de trésors dorés et les crapauds des princes si on les embrasse.

La lobotomie a été entretenue par les Wihnachtsmärle (contes de Noël) joués sur les planches du village par les acteurs locaux. Quand le forgeron devient magicien, quand la boulangère devient fée et quand par leur Hocus Pocus les pauvres deviennent riches, les malades sont guéris et les malheureux sont comblés par l’amour.

Mamema disait : « Quand ça sent le sapin, tout devient possible ». Fadaises et billevesées ! Les seuls nains qui nous aident nuitamment sont nos appareils ménagers branchés sur courant nocturne. La seule féerie de Noël, c’est celle que vous opérez pour transformer farine, beurre, œufs et sucre en Bredle psychédéliques en forme de Minions (le must de l’année).

Le “vu à la télé” fonctionne à merveille

Et les belles histoires d’amour ce sont celles que vivent, devant nos fauteuils et nos tasses de thé aux épices, Sissi et François Joseph, Bridget Jones et Mark, Meg Ryan et Tom Hanks, Julia Roberts et Richard Gere.

Mais comme dit mon psy, « l’amour par procuration est le plus pur ». C’est vrai : ces baisers de cinéma qui nous font tant vibrer ne sont jamais pollués par la mauvaise haleine.

Et les cadeaux, me direz-vous ? Ces cadeaux qu’on dépose à vos pieds pour l’occasion comme on dépose une gerbe au monument aux morts le 11 novembre. Ils sont l’occasion de voir que le « vu à la télé » fonctionne à merveille, surtout le « Cook Show » ! Vous trouvez sous le sapin le kit macaron, le kit cupcake et autres instruments pour devenir Top Chef. Que vous le vouliez ou non, vous devenez le malgré-nous de cette forme de pâtisserie où l’esthétisme passe avant le goût.

Sinon on vous offre le DVD des Chevaliers du Fiel et le CD avec leurs chants de Noël, tant télés et radios font l’apologie de ce duo champion de la remise en forme de blagues éculées.

En t-shirt sur la terrasse

Ah, j’oubliais la boîte avec les thés bio, les tétrabricks de lait de soja et le bon pour un repas véganien dans un restaurant où le seul danger qui guette la nourriture présente dans votre assiette, c’est de faner.

Noël sent le sapin. La neige abandonne les paysages encore évoqués sur les cartes postales classiques où les gens déambulent dans les rues recouvertes d’un tapis blanc et où les cheminées fument. Noël 2015 se fête en t-shirt sur la terrasse. Les marchés de Noël deviennent des zones à risque maximum tant les terroristes auraient une attirance pour ces lieux qui fleurent la cannelle et le vieux fromage gratiné. Les petits n’ont d’autre choix que de se faire photographier avec un CRS même pas barbu.

Fini aussi le Noël où le Père Noël nous ouvre sa hotte. Cette année c’était à nous d’ouvrir nos sacs et de nous faire moquer à cause de notre pochette de protège-slips, notre kit dentaire et nos mignonnettes de schnaps. Les gamins réclament des crèches Star Wars plus fun.

Et pourtant… Noël nous donne une certitude dans nos vies peuplées de doutes. Noël est une des rares vérités à inscrire sur nos prévisions.

Noël aura lieu le 25 décembre 2016. Quant à moi le calendrier 2016 m’offre une deuxième certitude. Le 8 février j’ai rendez-vous avec mon diabétologue. Mais ce genre de certitude n’est pas donné à tout le monde

 

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

Ça sent le sapin !
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 12:33
Les 50 nuances du calendrier de l’Avent.

Der Gengenbacher Adventskalender Schwarzwald  -  Bereits seit über sechzehn Jahren erweist sich das Gengenbacher Rathaus in der Adventszeit als magischer Anziehungspunkt: Es verwandelt sich mit seinen 24 Fenstern in das weltgrößte Adventskalenderhaus.

 

Les 50 nuances du calendrier de l’Avent.

Vous en avez aussi, un calendrier de l’Avent ? Je suis sûre que vous n’avez pas résisté ! Vendre un calendrier de l’Avent passe par un lavage de cerveau. On vous bombarde de modèles variés à chaque coin de magasin.

Nul ne peut échapper aux calendriers de l’Avent. Avec des chocolats. Ou avec une figurine de Minion. Ou avec toute la gamme des Barbie, 24 accessoires de Star Wars, 24 personnages de Walt Disney, 24 monstres horribles…

Dans les soirées entre amis, autour d’une fondue ou d’une pizza, chacun narre son calendrier de l’Avent. Les smartphones circulent pour illustrer les propos. Et ça s’esclaffe devant le calendrier qui arbore 24 braguettes avec un assortiment de 24 pénis différents en pâte d’amandes ! Et ça slurpe devant le calendrier-bar qui offre 24 petites flasques d’alcools du monde entier ! Et ça sniffe devant le calendrier-parfumeur qui projette des effluves allant de la verveine au tabac ! Et ça pousse des « jeuuuuh ! » riches en sous-entendus devant le calendrier coquin rempli de 24 sex-toys.

Des irréductibles, qui se fabriquent leur propre calendrier

C’est la course à l’insolite et à absurde. Pourtant il reste des irréductibles. Comme dans la Gaule ancienne. De ceux qui font « Atelier calendrier de l’Avent » dans les écoles, les clubs féminins, les maisons de seniors. Là, dans une ambiance fleurant bon la tisane à la cannelle et le pain d’épices, on colle des bottes en feutrine rouge sur de la toile de jute, des bottes ou des paquets en cartons plié et peint.

Ce qu’on met dans les bottes ou dans les paquets en carton plié ? Rien ! Comme dirait Coluche, « c’est juste pour faire avancer le Schmilblick », celui des ateliers où on tisse des liens en même temps qu’on colle la feutrine.

Rentré chez lui chacun garnira son calendrier à sa guise. Pas forcément avec des trucs du même genre. Et la poésie, bordel ? Prévert vous offre une liste de choses à cacher derrière les 24 volets :

un petit garçon qui entre à l’école en pleurant
un petit garçon qui sort de l’école en riant
une fourmi
deux pierres à briquet
dix-sept éléphants un juge d’instruction en vacances assis sur un pliant
un paysage avec beaucoup d’herbe verte dedans une vache
un taureau
deux belles amours, trois grandes orgues - un veau marengo
un soleil d’Austerlitz
un siphon d’eau de Seltz
un vin blanc citron.

  Ce matin, pour le cinquième jour, j’ai trouvé un coquillage de sainte Lucie. Il suffit de la frotter encore et encore pour trouver l’amour. L’amour.

Le vrai.

 

 

 

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 18:22
 La solitude de la moutarde condiment.

L’identité est en danger. La carte d’identité devient un papier aux données variables. Ne voilà-t-il pas que nous pouvons faire inscrire la mention « sexe : provisoire » tant que nous n’avons pas opté de façon pérenne pour les œstrogènes ou pour les testostérones. Et je ne vous parle pas de cette grande crainte qui secoue les Alsaciens inquiets de perdre âme et culture qu’ils supposent être solubles dans la fusion des régions. On a beau nous dire : « Pensez au kougelhopf… Il y a du beurre, de la farine, des œufs, du sucre et du lait et ça fait un excellent gâteau. La fusion des régions c’est pareil ». Oui, mais moi, si je suis un œuf, je peux dire : « Je ne voulais pas finir dans un kougelhopf, je voulais devenir un poussin ». Mamema dit : « Poussin ou kougelhopf, on finit toujours par être bouffé ». Et nous revoilà à l’estomac.
C’est l’apocalypse du cervelas

L’estomac est le centre de nos humeurs ! « C’est une histoire dure à avaler », « Je ne digère pas ça », « Cette trahison me reste sur l’estomac ». Il faut dire qu’avec les crises et les inquiétudes actuelles notre poche à digestion est mise à mal. Il y a tant de choses qui « ne passent » pas.

C’est l’apocalypse du cervelas. La parousie de la Schmier- wurscht. L’implosion totale des platées d’Uffschnitt (assortiment de charcuterie). La nouvelle est tombée sur toutes les pages Google et les murs Facebook : « Manger de la saucisse est létal ». Ce qui veut dire : « T’en bouffes, tu meurs ». Mamema dit : « J’aurais dû m’en douter, mes parents en mangeaient tous les jours et ils sont au cimetière ».

Je dis : « Arrêtez » ! Arrêtez de détruire les valeurs-refuges de notre âme ! On a osé remplacer le pouvoir reproducteur de nos cigognes par la théorie banale du coït universel. On a osé prétendre que Gutenberg n’était pas de Strasbourg mais de Mainz. On a osé dire que le munster était irlandais. Mais dire que nos knacks c’est du curare caché sous une couche de moutarde condiment, là, on atteint des sommets ! Il faut dire « Stop » ! « Oui, mais elles contiennent des nitrites ! », disent ces prophètes qui ont l’urne funéraire comme symbole. « Et alors ? Enlevez les nitrites ! » Les nitrites sont à la knack ce que l’amanite phalloïde est au baeckeoffe : es gheert nit dezuu ! » (ça ne va pas avec).

Laissez-nous nos knacks !

Laissez-nous nos knacks. Pensez à la solitude de la moutarde condiment ! Elle n’aura plus de raison d’être. Sauf pour les Alsaciens qui se font des tartines de moutarde. À propos. Vous n’avez pas une mauvaise nouvelle concernant la moutarde ? Une de plus ou une de moins. L’Alsace est si durement frappée par les mauvaises nouvelles ces derniers temps. Hop ! On lit aussi que les tampons hygiéniques contiennent de l’herbicide. Mais au moins cette mauvaise nouvelle ne touche pas que les Alsaciennes. Elle épargne même les Alsaciennes ménopausées.

 

 

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 La solitude de la moutarde condiment.
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 18:28
Dynamiter le concept de dynastie.


Apprendre les listes des dynasties Capet, Bourbon, Stuart et Hohenzollern : que de souvenirs scolaires cela évoque-t-il ! Ces familles n’hésitèrent pas à sacrifier la santé mentale des descendants par des mariages consanguins pour s’assurer un pouvoir sans partage.
A l’époque , seules les princesses de sang apportaient à l’empereur ou au roi l’archiduc ou le Dauphin. La syphilis ou la chtouille, c’est la gourgandine du coin qui la leur filait.

Ouf ! On en est loin maintenant. Le principe de dynastie a été mis au rebut par les mariages de princes avec des roturières journalistes, nurses, divorcées ou actrices. Quant aux princesses de sang, elles n’hésitent pas à assurer la descendance des poissonniers, des gardes du corps ou des comiques.
Dans les rangs des artisans, c’est fini !

« C’est beau une dynastie ! », soupire Pépé Louis dont la boucherie arborait jusqu’en 1999 l’écriteau “Meyer boucher de père en fils depuis 1817”. Ces inscriptions fleurissaient sur les échoppes où on s’évertuait aussi de nuit dans les alcôves pour concevoir ce fameux héritier mâle appelé à porter le même prénom que son père et à enfiler les mêmes panoplies vestimentaires afin de passer sa vie dans les mêmes ateliers.

Ne croyez pas que les filles échappaient à la fatalité! On les sommait d’épouser un garçon du même métier que leur père. Souvent celui-ci engageait un gentil apprenti pour ferrer sa “Rose” ou son “Anne – Lise”.

Un bien, cet esprit de dynastie ? Savez-vous la douleur du fils aîné condamné à œuvrer dans les odeurs de bêtes mortes et les giclées de sang alors que son cadet profite de la manne familiale pour faire des études qui le hisseront dans la caste des grands hommes d’affaires et serviteurs de l’Etat? Les dynasties dans les rangs des artisans, c’est fini ! Les déboires des PME et les sirènes d’une réussite sur fond d’art, de sport ou de grandes écoles ont brisé la fatalité.
Le clan des bêtes de scène résiste

La dynastie, c’est fini ? Pas sûr ! Le rêve reste inscrit dans les gènes; il est juste écarté par les aléas de la vie actuelle. Mais comme le village d’Astérix aux Romains, une chapelle résiste au dynamitage des dynasties : le clan des bêtes de scène.

Dans ce clan, les mâles croient que leur liquide séminal contient les gènes du talent comme celui d’Ourasi ceux d’un champion de courses hippiques. Et on voit défiler dans les génériques des patronymes fleurant le déjà-vu ou le déjà-entendu. On voit des têtes d’ados ou d’ados attardés dont on loue la ressemblance avec celle du géniteur qui a étalé des décennies durant son charisme sur les écrans et les podiums. « C’est le portrait craché de son père et quel talent ! »

Oui, mais dans le domaine de la chanson on a le “fils de” qui ne chante pas mieux que les candidats de base de The Voice. La “fille de” qui supplante dans les castings d’autres candidates au nom des chromosomes.

Tout cela est d’une tristesse! Ces pauvres gamins contraints de poser comme « spermatozoïde qui a réussi ». Heureusement il y en a qui ruent dans les brancards. Comme le fils de Ryan O’ Neal qui s’est éloigné du “beau, riche et célèbre” par un aspect physique médiocre et une notoriété criminelle ; le fils de Sheila et de Ringo Willy Cat désireux de suivre les vœux de Carabosse plutôt que ceux de Mélusine; la fille de Cher qui est devenue un homme, obèse de surcroît.

La fuite du glamour est possible. Il y a une issue. Confucius dit : « Il ne faut jamais vivre la même vie que quelqu’un d’autre. Vous pourriez rater votre vie comme il a raté la sienne ».

 

 

 

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 13:58
Yes you scan !

 

À nous le Bip ! Le client a un pouvoir nouveau dans les grandes surfaces ! On lui octroie la prérogative du bip ! Il a le droit de scanner lui-même le code-barres des articles qu’il a posés dans son caddie.

Même les machines ont des orgasmes

Le self-service devient total car, oui ! On « ose » provoquer soi-même ce « tchak-tchouk » que pousse le terminal de caisse quand le paiement par carte est accepté par la banque. Même les machines ont des orgasmes. « Il faut faire discount et plus », dit le management. Pour cela il faut faire l’impasse sur les salaires de caissières et à terme l’économie des machines automatiques pour biper et pour payer. « Le client n’a qu’à utiliser son smartphone. On va créer une application ».

Nous voilà bien avec nos smartphones ! Le petit geek croyait qu’il était pour lui une arme anonyme pérenne pour pourrir la nuit de son ex en numéro masqué ! Madame prof croyait pouvoir jouer ad aeternam à Candy Crush pendant le devoir sur table de ses élèves. Mamie croyait pouvoir regarder à jamais Derrick sous la couette de la maison de retraite pour échapper au programme sur les dauphins dans les mers du Sud projeté sur la télé collective de la salle à manger ! C’est fini.

Dorénavant le smartphone va être squatté par la Sécurité sociale pour la vérification des relevés, par les médecins et autres garagistes pour te pe rmettre de prendre tes rendez-vous, par les cinémas pour te présenter les films à l’affiche et te vendre les billets, par ta radio pour distiller musiques et infos dans tes oreilles après la disparition définitive des transistors, par le frigo qui te dit : « Tu as de la visite de cinq personnes ce soir, tu vas leur faire quoi avec trois œufs et un yaourt périmé ? »

« Si dans ton sac, tu n’as pas de portable, tu n’auras ni pain, ni viande, ni nouilles sur la table ! »

Et voilà, qu’en sus, vous en aurez un besoin impérieux pour faire vos courses. « Si dans ton sac, tu n’as pas de portable, tu n’auras ni pain, ni viande, ni nouilles sur la table ! » Mamema dit : « Si je ne paie pas mon abonnement Orange , les Tiramisu ne pourront plus me faire la peau d’orange ». Eh oui, Mamema, tu as raison ! « Pas de smartphone, pas de mascarpone ! »

Est-ce que ce monde est sérieux ? Nous attacher à un engin comme on attachait les repris de justice à un boulet ? Faire de notre téléphone un élément aussi indispensable à la vie qu’un pacemaker et rendre notre bien-être dépendant d’un niveau de batterie ? Et voilà qu’on nous dit « Yes you scan ! »

Et on nous transforme en caissière.

Stop au cumul ! La coupe est pleine. Dans une seule journée, perso, je suis déjà pompiste pour faire mon plein, demoiselle de la poste pour affranchir mon courrier, employé SNCF pour prendre mon billet, guichetier de la banque pour retirer de l’argent, préposée à la photocopieuse pour imprimer tous les papiers officiels envoyés par mail.

 

 

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Yes you scan !
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 13:05
Le buffet est ouvert !

« Le buffet est ouvert ! » c’est un peu comme le « Ite, missa est ! » du dimanche matin, trois mots qui libèrent la foule d’un discours prononcé du haut d’une estrade ou d’une chaire.

« Ite ! », « Allez-y », ces 3 mots envoient les fidèles vers l’apéro dominical dans une salle de bistrot où sont déjà alignés les Picon et les bretzels frais après la messe. Ils envoient aussi l’assistance d’un congrès ou d’une assemblée générale vers le hall d’une salle polyvalente où trônent des tables nappées de blancs et parsemées d’une myriade de mignardises salées et sucrées paramétrées pour vous en boucher un coin.

Même situation, même mouvement d’une foule vers une oasis où l’estomac peut être gavé de petits fours après que les oreilles ont été gavées de discours.

Si l’apéro du dimanche matin est une démarche isolée et volontaire, la marche vers le buffet d’une soirée commerciale a quelque chose de stalinien. L’itinéraire est obligatoire, le service d’ordre à brassards angoissant, l’organisation paramilitaire.

Plutôt le détecteur de métal que les couverts en plastique

La foule s’y rend en marche lente et en pas cadencé pour avoir la bonne vitesse d’approche vers l’hôtesse préposée aux accessoires – assiette en carton, fourchette et couteau en PVC pour tout le monde.

Je déteste les fourchettes en plastique qui perdent leurs dents comme une mémé de 95 ans, je déteste le couteau en plastique qui se plie sur les reliefs d’un pâté en croûte mou.

J’aimerais tant me soumettre au détecteur de métal à la sortie de la soirée si je pouvais avoir des couverts en inox pour couper correctement ma tranche de saumon cru, allongée là comme un sushi en mal de chemise, au lieu d’avoir à l’avaler à la manière de la poule qui avale un lombric, la tête sur le côté pour essayer d’éviter une de ces collisions qui vous met du jus de pomme sur la tête ou de la mayonnaise sur les manches du tailleur.

Je déteste le torticolis du lendemain qui me punit d’avoir passé du temps à chercher un truc, le « truc » qui soit original et plus savoureux que ces knacks qui ont tant trempé dans leur bassine qu’elles en sont délavées et que, par osmose avec l’eau de leur bain, elles sont devenues inodores, incolores et sans saveur.

Il y a bien – ô bizarrerie inattendue – des mauricettes rondes ! Et ces bretzels en forme de cœur qui sont un sacrilège boulanger !

Je déteste ces buffets dînatoires où tu te retrouves avec ton verre d’une main et ton carton de l’autre, otage de ces 540 calories si encombrantes à l’état solide ou liquide qu’elles t’empêchent même de te gratter le nez ou de sortir ton téléphone qui vibre dans ton soutien-gorge…

A cause de la bière que tu tiens à la main gauche et du risotto aux cèpes qui est collé sur la soucoupe en carton dans ta main droite, tu vas louper l’appel de l’homme de ta vie qui voulait te dire : « Je t’aime comme je n’ai aimé aucune des 23 copines que j’ai eues avant toi ». Le buffet dînatoire et les limites de mobilité qu’il t’impose peuvent te faire passer à côté de la chance de ta vie.

Retrouver l’air frais, Joe Cocker et les torches aux marrons

Confucius dit : « Ce qui est bien dans certaines choses, c’est ce que tu ressens après ».

Après un buffet il est bon de retrouver l’air libre, l’air frais, le calme de la voiture, Joe Cocker qui chante dans l’autoradio. Tu restes assis sur le siège de conducteur et là tu dégustes les petites torches aux marrons que tu as réussi à grappiller.

Mamema dit : « Rien n’est jamais tout noir ». C’est vrai ! Même les chats noirs ont la langue rose.

 

 

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 17:04
L’ère du découplement.

 

« Quoi, tu n’as jamais divorcé ? » Je déteste les réunions d’anciens ou les rencontres avec Untel qu’on retrouve par hasard après des années.

Tu te retrouves noyée dans des questions existentielles qui te font vite comprendre que tu as peut-être loupé ta vie. « Quoi, tu n’as jamais divorcé ? » Cette phrase m’a été assénée sur un ton riche en sous-entendus du genre « Tu t’accroches au seul mâle qui ait voulu de toi » ou avec un regard appuyé : « Bon, je comprends que tu n’en aies pas eu l’occasion ». Certes ces considérations se rapprochent au plus près dans leur ineptie du « Quoi ? T’as 50 ans et t’as pas de Rolex ? » qui a fleuri sur les lèvres des humoristes, pourtant, dans la tente de méditation que constitue la couette, tu te poses des questions. Surtout une : pourquoi ne suis-tu pas la vague de “découplement” ?

« Il était une fois…

Eh ben voilà ! »

Le ”découplement” est un phénomène actuel largement aussi évident que le réchauffement climatique. Peut-être même y a-t-il une relation de cause à effet. La rupture affective a la même recrudescence que la rupture d’anévrisme. Lili dit : « Oui mais pas les mêmes conséquences ». Billevesées ! Une séparation est un séisme. Les chiffres de fréquentation des psys et de vente des livres de Marc Lévy en attestent. Une rupture crée des troubles de comportement. Les centres de fitness font des inscriptions pour des remodelages du corps. La SPA croule sous les demandes d’adoption de chats. Le Club Vosgien voit grossir ses rangs. Les laveries automatiques résonnent d‘histoires qui commencent par « Il était une fois » et se terminent par « Eh ben voilà ! ». Je vous le dis : les ruptures font des professions dérivées. Le découplement des uns fait le chiffre d’affaires des autres. Et alors ?

Alors ? Les mails tombent sur les boîtes du même nom. « Pourquoi ne pas profiter de tes 5 à 7 en toute discrétion ? Nous vous accompagnons dans votre adultère ! », « Moi Kevin, je suis là pour vous faire connaître le grand frisson ». « Pourquoi vous restreindre à votre Power Plate ? Vibrez autrement ! ». Il y a de nouvelles pommes sur l’arbre de la tentation. De nouveaux « Erlkönig » : « Du liebes Kind, komm, geh mit mir. Gar schöne Spiele spiel ich mit dir. »

Dans les journaux people

Les journaux people sont le livre d’images de cette nouvelle tendance. Comme les gamins de mon enfance regardaient les albums Suchard avec les images de la Bible, les adultes qu’ils sont devenus regardent les images des serial lovers sous un casque de moto, ou un verre de café à capsules à la main, ou un monocle de pirate à l’œil pour voir sa « nouvelle » qui aura les mêmes origines sociales, les mêmes mensurations, la même notoriété car il faut au moins être fidèle à ses critères de recrutement.

« Quoi ? Tu n’as jamais divorcé ? - Je ne suis pas mariée ». Elle fit un petit sourire en coin qu’elle estompa en appuyant les lèvres sur le bord de son verre de sangria.

 

 

 

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 17:12
Un mot, un événement.

Il suffit d’un mot pour décrire un état de fait et un état d’âme. Juste un mot. Comme celui que prononça mon beau-père Karl Dreikaus le 17 octobre 1971 : « Beschissen » (Je suis foutu) pour nous annoncer qu’il se sentait mourir et qu’il en avait pris son parti.

Cet été 2015 se résume en un mot. Migrants. Tout l’été ce mot faisait la une des bulletins d’information et des quotidiens. Partout dans le monde. En ce mois de septembre encore, ça chauffe. Bigre, ça migre. Les grands flux ont repris comme du temps de Moïse. Sauf que le doigt de Dieu n’écarte plus les vagues.

Ça migre comme en 1939 en Alsace. Mamema dit : « Uff un devon ! » (On s’est mis en marche pour échapper au danger). L’Allemagne et la France pour les migrants actuels, c’est leur Dordogne, leur Périgord.

Que d’articles dans les magazines cet été au détour de mes mots croisés et des recettes à base de ce vinaigre balsamique qui est au cadeau de retour de vacances ce que le stylo est au cadeau d’entreprise !

Les petites chèvres qui ont peur du loup                    

Le migrant était l’émule de Heidi ou de Martine dans les reportages sur sa vie quotidienne. On pouvait voir des séquences ubuesques. « Les migrants à la laverie », « Les migrants font de la musique », « Les migrants ont la visite des autorités ». Et ce n’est rien à côté de la portée du sujet au niveau des stars. L’Allemand Till Schweiger, le Delon teuton, se donne à fond. La Bundesliga déroule des banderoles pendant les matchs, « Bienvenue aux migrants ».

Et puis, il y a tous les posts Facebook, le nouveau café du commerce. « Ils ont des smartphones, vous trouvez ça normal ? » Et là on se montre choqué : « Ah non ! Ce n’est pas normal, pas plus que les paraboles sur les HLM. »

Les questions ne manquent pas, les commentaires non plus. Les migrants, ça taraude ! « Et s’il y avait des terroristes avec ? » Et là on nous raconte à nouveau l’histoire des petites chèvres qui ont ouvert au loup, les peurs enfantines refont surface. Suit cette philosophie sur le côté imprévisible du destin, « on ne sait jamais ».

On tend les micros dans les rues : « Et vous ? Que pensez-vous de ces flux de migrants ? » Et ces chasseurs d’opinion en CDD ou CDI interrompent dans leur course des gens en route vers leur lieu de travail, vers un magasin ou vers une école si ce n’est un hôpital, des gens donc qui se posent déjà des questions terribles sur leur vie ou leur destin : « Où trouver une nounou ? », « Pourquoi mon tout nouveau dentier ne tient-il pas ? », « Et si mon analyse de sang n’était pas bonne ? »

« Prêt à accueillir un migrant chez vous ? »

« Que pensez-vous de ces flux de migrants ? ». « Vous pouvez répéter la question ? », « Mon tram arrive ! », « C’est dommage mon mari n’est pas avec moi, lui pourrait vous répondre », « Je suis immigré mais un immigré normal, pas un migrant ». Il y aurait donc une hiérarchie ?

Hier matin à la radio, une autre question, encore plus difficile. « Seriez-vous prêt à accueillir un migrant chez vous » ? Mamema dit : « Oh yeeeeh ! La réponse est dans l’architecture. On fait des camps comme on fait des maisons des maisons de retraite. Les animateurs munis de guitares ont de beaux jours devant eux, les vendeurs de Lexomil aussi ».

 

 

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Un mot, un événement.
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 18:08
Chronique d’une mort annoncée.

Comme dit la voix du peuple : « La Vie, l’Amour et la Mort sont les trois pôles de notre vie, tout comme le pôle Nord, le pôle Sud et le Pôle emploi ».

La Mort serait donc comme le Pôle emploi : redoutée, crainte mais fascinante puisqu’on aimerait « savoir comment c’est quand on y est ».

L’ombre de Thanatos plane. La mort est l’actrice principale des journaux d’information, l’héroïne des séries policières qui peuvent constituer jusqu’à 75 % d’une chaîne TV. Le sang coule dans nos salons, les balles explosent à nos oreilles pendant notre ingestion de haché tartare. Comme disait Mamema en mangeant sa soupe de pois cassés devant Colombo penché sur un cadavre, « il me donne de l’appétit. Je me dis que ça peut être la dernière fois que je mange, alors j’en profite ».

Journaux et fictions relatent la mort comme pour nous garder cette idée en tête : « La mort un jour viendra » ou « Tiens ta lampe allumée » comme le chantait le Père Duval. On peut lire dans la Bible « Vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Matthieu 25,13). Il est vrai que la justice a donné des dérogations à ceux qui se doivent de contourner cette parole biblique pour énoncer : « Le condamné sera exécuté en place publique le 23 juin à 6h du matin jusqu’à ce que mort s’ensuive ».

Michel Drucker, le héraut de Thanatos

L’histoire judiciaire est truffée de noms de lascars qui étaient renseignés sur le jour et l’heure. Et voilà que les médias nous pondent un Ange de la Parousie. Un de ceux qui prennent la Trompette (de leur renommée) pour annoncer une mort inéluctable avec même la date à laquelle elle interviendra.

« Michel Delpech s’éteint doucement. Il nous quittera en septembre ». Michel Drucker a une nouvelle fonction à inscrire dans le bouquet de ses prérogatives : il devient le héraut de Thanatos, l’aboyeur du spectre à la faux. « Oyez Oyez, braves gens, je m’appelle Michel, j’ai le cœur en Provence car Delpech va mourir ».

L’homme au canapé rouge, à la cuisse léchée sempiternellement par un chien si inerte qu’on le croirait empaillé, l’homme qui reçoit le dimanche des artistes qui ont leur carte Vermeil depuis plusieurs décennies, cet homme-là connaîtrait donc le jour et l’heure. Du moins pour Michel Delpech.

Entendrons-nous dorénavant à la fin de l’émission Michel Drucker annoncer : « Dimanche prochain dans ce fauteuil nous recevrons Jean d’Ormesson, Charles Aznavour pour son dernier disque, et nous aurons un beau document sur L.S qui va mourir mardi soir et sur F.T qui va mourir vendredi soir. Bonne semaine. Le journal vous sera présenté dans quelques instants par Marie Drucker »?

Si on fait partie du Gotha, il y a de quoi frémir. J’entends d’ici une star appeler sa meilleure amie ou son notaire : « J’ai une frousse terrible. Je crois que je n’en ai plus pour longtemps. Michel Drucker m’a annoncé sa visite ». On le craindra comme Veitchaninov craignait l’étrange homme au chapeau qui le poursuivait dans L’Eternel Mari.

Et Mick Jagger dans tout ça ?

J’ai ouvert mon cœur à Lili au sujet de cette ingérence dans la mort d’autrui et Lili qui connaît par cœur toutes les paroles de chansons depuis 1970 – depuis que sa maman lui a offert un mange-disques pour ses 5 ans – me dit : « Delpech a fait la même chose que Drucker dans la chanson Quand j’étais chanteur ». Effectivement ! Qu’ouyais-je sur Youtube ? « Ma pauvre Cécile/J’ai 73 ans/J’ai appris que Mick Jagger/Est mort dernièrement. »

Rassurez-vous : Michel Delpech n’a pour le moment que 69 ans, on verra quand il en aura 73. On attendra ce moment–là pour savoir pour de vrai où en seront Mick Jagger et Michel Drucker.

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

Chronique d’une mort annoncée.
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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:32
Profs je vous aime parce que…

Profs je vous aime parce que…

… vous y croyez ! Vous partez dans les salles Neubau de vos écoles nées des fantasmes de verre et d’escaliers d’un architecte contemporain ou dans les écoles aux allures de caserne, de château ou de lazaret, pour enseigner ce qui vous a passionné pendant vos années à la fac avec la ferme conviction que les têtes blondes vissées sur les nouvelles créations scoliosantes n’attendent que vous pour parfaire leur culture.

Profs de maths, vous êtes persuadés que le destin de l’hypoténuse a quelque chose de surréaliste. Vous démontrerez que cette droite qui a la chance de surpasser en valeur les autres droites avec lesquelles elle forme l’angle droit a un destin enviable.

Dans une interactivité avec le prof d’histoire vous allez démontrer que Napoléon, Jules César et Gérard Depardieu ont eu des destins d’hypoténuse. Parfois l’interactivité peut se faire aussi avec le tout nouveau prof de médias qui parlera de Kevina Mallory, autre bénéficiaire de la Grâce de l’Hypoténuse puisque cette fille modeste de Rupt-aux-Nonains est devenue une gloire nationale pour avoir prononcé dans l’émission L’amour est dans le pré cette phrase culte : « L’amour est dans le pré. Mais le dentifrice pour pouvoir s’embrasser dans le pré est dans la salle de bains ».

Profs je vous aime parce que…

…. vous êtes les derniers gladiateurs. Tous les jours vous entrez dans l’arène. Vous vous posez avec courage devant ce petit monde de Malgré-nous pour lesquels vous êtes un empêcheur de faire du Candy Crush avec le portable, un feldwebel obstiné à interrompre la narration de leur soirée si vachement cool avec de la groove qui déchire et un crémant au lait de soja « qui mêle quand même, tu vois, le côté sprinkling avec le côté health et ça je kiffe ».

Devant toutes ses exclamations pré- ou post-pubères, vous devez arriver à placer votre leçon tout en les voyant ricaner de vos anglaises, pouffer devant vos chaussures à fleurs en plastique, votre gilet baba cool ou votre t-shirt militant “Katmandou is not dead”. Ce t-shirt vous accompagne depuis vos années lycée en 1985 et revêt à nouveau une grande modernité après les séismes du Népal. Confucius dit : « Les bonnes causes s’inscrivent dans des combats de 100 ans » et les combats des profs via les t-shirts sont incommensurables.

Profs je vous aime parce que…

… vous êtes dans la quatrième dimension. Là où d’autres sont en quête du Loto à 6 chiffres ou d’un César au cinéma, vous êtes en quête de photocopies gratuites. J’en ai vu, tel Obama sur les lignes téléphoniques de Hollande, espionner les agendas de leurs confrères pour y piquer le code d’accès personnel à la photocopieuse et leur piquer leur quota.

Vous emmenez dans la quatrième dimension ceux qui sont chargés du repas de fin d’année. C’est que vous rejetez le repas gastro parce que vous n’êtes pas des bourges, vous rejetez le repas terroir parce qu’il est trop gras, vous rejetez le repas tiré du sac parce qu’il y a trop de pain qui gonfle vos tripes et les remplit de gaz. Vous rejetez tout ce qui vous éloigne du prix du ticket de cantine. La cantine est pour vous un lieu proustien, un endroit où depuis la classe de sixième vous trouvez la sérénité dans les vols croisés de petits suisses.

Profs d’allemand je vous aime parce que…

Vous continuez à apprendre aux geeks pétris de franglicismes qu’il est vital de savoir dire « Wo ist meine Pfeife ? ». Même si le tabac est interdit. Même si cette question qui se réfère à la Ordnung est totalement passée dans ce monde où tout ce qui se cherche se trouve fatalement dans le cloud. Même si cette question peut vous mener en garde à vue quand les parents d’élèves, toujours à l’affût d’un procès à vous faire, auront dit dans le poste de télé : « Oui. Elle les incite à fumer du shit. Elle leur demande depuis des jours de chercher une chicha. »

Huguette  Prof d'allemand.

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

Profs je vous aime parce que…
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Texte Libre

deytsc

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