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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 16:04
Gandhi et organdi !

Qui se soucie encore du Prix Eurovision de la chanson ?

C’est comme une baratte aux formes obsolètes reléguée dans les caisses entreposées dans le garage mais qu’on garde parce qu’elle permet toujours de faire… son beurre. Si les chansons proposées vous ennuient, si vous en avez marre d’entendre depuis 60 ans les compositions de l’Allemand Ralph Siegel, coupez le son et regardez le look des chanteurs.

 

Faites ce voyage entre Game of Thrones, The Crow ou Le Petit Chaperon rouge. Le look est primordial pour les chanteurs. Les sociologues disent « La mode nous permet de montrer à l’extérieur ce que notre âme ressent à l’intérieur ». Vous l’aurez compris, la mode et la philosophie vont de paire (paire de Louboutin bien entendu).

Le look Matt Pokora quasi universalisé

Il y a du Nietzsche dans ces Hommes aux Dés qui veulent sans cesse bouleverser les codes: « Umwertung aller Werte » (renversement des situations existantes). La gent des porteuses d’œstrogènes tressaille devant les podiums ou les magazines pour savoir si les cheveux doivent être portés courts, longs ou rasés, si la distance entre les cuisses est toujours préconisée à 2,5 centimètres ou si une fréquentation abusive des centres de fitness est indispensable pour aller jusqu’aux 3 cm.

Et voilà que les hommes s’y mettent. À défaut de pouvoir varier à l’infini le patron du « pantalon veste » et de la matière des godasses, ils doivent se distinguer par des barbes, des colliers, des rouflaquettes et surtout par des tatouages. C’est le Matt Pokora – look , quasi universalisé, tant on rencontre de ses clones dans les rues et encore plus sur les podiums.

Strasbourg a sa fashion-week. Tout y est ruban-rose, petit verre de crément sous le regard d’une Miss aux jambes si longues que les fabricants de collants ont dû revoir leur production. Tout y est, les VIP customisés par un foulard posé négligemment sur l’épaule, par du gel sculptant leur chevelure jusqu’à les faire ressembler à une œuvre de France Siptrott. Tout y est. Même ce qu’on n’attendait pas. La leçon New Age. C’est Gandhi dans l’organdi ! « La paix sur cette terre, l’amour entre les hommes, voilà ce que nous cherchons à atteindre. » C’est la Malala Confection. On vise le prix Nobel de la Paix loin pourtant des saris des maîtres à pensée de l’Inde et du Pakistan.

On se demande quels sont les messages de paix subliminaux contenus dans la déambulation de mannequins auxquels on demande d’avoir les mensurations exactes du costume coupé par un couturier philosophe dans ce monde où c’est la personne qui doit être à la taille du costume et non l’inverse.

Dans cette salle gansée de rose, parcourue par un tapis blanc, au milieu de gens surtout vêtus de noir passe-partout sauf si on a fait tomber la mayonnaise de la verrine sur le haut, je me serais donc crue dans un meeting de Moon, de Billy Graham ou de Ségolène Royal tant on y diffusait de messages contenant les mots « amour », « love », «fraternité.»

Une fraternité ouverte aux tailles 36

J’ai appris que le monde doit avancer dans l’amitié, dans la compréhension réciproque mais avec des coiffures collées au gel, des petites robes stylisées pour les filles et des visages aux barbes taillées comme les buis de Le Nôtre pour les hommes.

Bizarrement je ne me suis pas sentie « Sœur » dans cet univers guimauve et amour. Pas la bonne taille. C’est une fraternité ouverte aux tailles 36.

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

Gandhi et organdi !
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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 07:00
Et si la vie n’avait plus de sens ?

 

Petite scène ordinaire dans le bus. Les langues se délient dans la mastication des chewing-gums du matin, ceux qui doivent rendre l’haleine propice à une conversation au saut du lit.

Tous les thèmes sont abordés selon les principes d’une auberge espagnole où chacun amène ses considérations sur la vie, ou plutôt sur ce qui se passe à la télé et sur Facebook. On raconte Masterchef sans qu’on ait l’odeur, le toucher, le goût. On montre les murs de Facebook avec des photos de bébés figés dans des poses banales ou insolites mais qui ne sentent ni le mustela ni le vomi, des bébés auxquels on ne peut pas faire pfrrrr sur le ventre pour arracher des gazouillis sonores.

Bref, on fait l’apologie d’un monde qui n’a plus guère de sens. Un monde où le toucher, l’odorat, le goût et même souvent l’ouïe sont bannis. Un monde où l’on vous en met juste plein la vue !

Le nez fuit fromages faits et viandes boucanées

La vie perd son sens ou plutôt ses sens. C’est une course effrénée au « sans odeur » et au « sans bruit ». Il s’agit de bannir les bruits mécaniques des marteaux-piqueurs et des voitures lancées à toute blinde, d’éradiquer les mauvaises odeurs chimiques ou organiques pour épargner au nez les relents de cellulose ou de lisier de porc. Hélas les oreilles, détournées de leur fonction première d’écoute de tout bruit entre aigus et basses et dans toutes les gammes de décibels, ne supportent plus que celui qui sort du MP3 et autres distributeurs de mots et musique. Alors on fait fi du chant du coq ! Béart pourrait chanter: « Ce gros con a fait kikiriki il faut lui couper le kiki ».

Le nez a un court arpège de sensations qui va juste de la sauce aux champignons au gruyère en passant par les glaces aux fraises. Il fuit les fromages faits, les viandes boucanées et les gâteaux au beurre de chèvre. Lili dit : « J’aime bien voir ça dans les émissions à la télé mais je ne voudrais pas le subir en vrai » L’expérience d’en prendre plein la bouche et le nez à table devient pour le commun des mortels aussi désagréable que d’avoir à découvrir un cadavre, comme au début des films policiers.

L’amour peut entrer par l’oreille

Et l’amour dans tout ça ? L’amour n’a plus de sens. Il est confiné à la vue, de mots écrits ou de photos envoyées. L’amour est devenu écrivain et photographe. Il lui manque les sons, le toucher et l’odeur. Et voilà qu’un film nous démontre que l’amour peut très bien se contenter d’un seul sens autre que la vue : l’ouïe. L’amour peut aussi entrer par l’oreille.

Dans Un peu, beaucoup, aveuglément , séparés par un mur entre leurs appartements, Mélanie et Clovis font bruit alterné pour une bonne relation de voisinage puis se devinent dans les bruits d’eau, de casseroles ou de meubles déplacés, pour finir par s’écouter dans le souffle des gestes intimes et de la respiration.

L’amour n’a qu’un sens, l’ouïe, mais prend peu à peu tout son sens… jusqu’à ce que les autres sens réclament leur dû. Sensualité et sexualité deviennent vitales. Clovis et Mélanie ressentent le besoin impérieux de se toucher, se respirer, de vivre la gamme des sensations qui font l’amour quand il est vrai. Ils le sentent à travers la cloison. Clovis alors brise le mur… du son. En amour, la « bonne entente » ne suffit pas.

 

 

 

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Et si la vie n’avait plus de sens ?
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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 05:50
Le temps de l’évasion.

« Voilà l’été ! Voilà l’été ! » dit la chanson. « Le temps de l’évasion » disent les prospectus des tour-opérateurs et les mails des hôtels du monde entier. Devant les assiettes garnies du plat du jour ou d’un « crudités – escalope de poulet » pour le régime, on parle maillot de bain, planche à surf, piolet, natation, plongée. Il n’y a tout à coup qu’un maître mot : « Partir ».

Partir. S’évader. Penser à autre chose.

Poser ses fesses sur les galets ou le sable de quelque plage du monde.

Hisser ses jambes épilées (ou pas) sur des montagnes « ailleurs » pour y rencontrer bouquetins, marmottes ou quelque moines en contemplation mystique au milieu des cailloux et des chèvres en osmose avec leur propre frugalité.

Traîner ses mocassins de marin sur les coursives d’un bateau de croisière pour aller de Venise à Alexandrie sur une route jonchée de repas pantagruéliques et sur des airs de salsa.

Faire des « clics » intempestifs sur son smartphone pour enfermer en 64 octets les bâtisses avec une sublimation esthétique sinon fantasmagorique de la notion de quatre murs ou des plats colorés immortalisés avec ingurgitation.

Le terme sociologique pour cette somme de comportements est « Vacances ». Et depuis des lustres et surtout depuis des lustres récents “Vacances” rime avec “Voyages”. Les routes et les airs connaissent de gros flux migratoires. Les eaux aussi.

Partir, parfois, c’est mourir beaucoup

Maman les p’tits bateaux qui vont sur l’eau ont-ils des jambes ? Etranges, ces bateaux ! Ils sont la rédemption et l’anéantissement. Ils sont l’arche de Noé ou le Titanic.

Les paquebots combinent les deux : ils portent des canots de sauvetage pour éviter des morts lors d’un naufrage. Le submersible et l’insubmersible. Le bateau navigue entre deux eaux, entre la vie et la mort comme celui d’Orphée et d’Eurydice.

Il te mène à Cythère, pardon Ibiza, pour faire des folies de ton corps au rythme des basses émises par la sono de David Guetta.

Il te mène dans les eaux profondes de la Méditerranée. Dans le froid éternel. Pourtant la chaleur d’Ibiza n’est pas loin.

Dans les eaux profondes de la Méditerranée, les corps s’entrechoquent sans musique. Les cieux chantent « de profundis ». David Guetta ne se trémousse que pour les corps qui sentent le monoï.

L’évasion est un mot à double tranchant.

Partir c’est mourir un peu. Parfois, partir c’est mourir beaucoup. Et surtout. Les bonnes migrations se font du Nord vers le Sud. Ne jamais aller à contresens.

Mamema dit : « Umgekehrt isch immer letzrum » (le sens inverse est toujours à contresens).

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
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Le temps de l’évasion.
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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 11:04
Même pas peur !

150 ans déjà que Wilhelm Busch a fait paraître son Max und Moritz, l’histoire de ces deux chenapans sans scrupule qui s’attaquaient à leurs voisins pour leur faire subir les pires avanies, des fripons que la vie punit alors de la plus atroce des façons : ils finirent broyés dans un moulin à farine et mangés par les oies.

Chacun devra payer

Voilà une histoire qui contient une leçon de morale comme devaient en contenir toutes les histoires de l’époque. Il s’agissait d’amener les enfants et les grands à être bons. Le principe fondamental de la punition inhérente à la mauvaise action se résumait en quelques mots « Gottes Mühlen mahlen langsam aber sicher » (le moulin de Dieu vous broie inexorablement si vous agissez contre ses préceptes.)

La pédagogie se faisait par la menace de mort implicite, les contes et légendes regorgent de ces anecdotes gores où les méchants sont punis de la plus atroce des façons. La sorcière périt dans les flammes de son four. Le loup est noyé dans un puits. L’ogre se retrouve avec les cadavres de ses sept filles. Monsieur le curé du village disait « Es bekomme alli ehr Fett » (chacun devra payer).

Cette frousso-pédagogie peuplait les histoires pour enfants surtout dans le petit ouvrage plutôt réaliste Struwwelpeter qui raconte la tragédie du Suppenkaspar, mort après avoir refusé de manger sa soupe trois fois de suite ! Terrible drame de la vie quotidienne qui tendait à démontrer que le mal ne vient pas seulement des farfadets , des sorcières et autres mangeurs d’homme. Le Suppenkaspar est quasi présenté comme un fait divers, un exemple de mort qui découlerait d’un comportement à risque. De quoi donner aux petites âmes sensibles le goût de la soupe aux légumes et du bouillon, même s’il ne contient pas ces lettres de l’alphabet avec lesquelles on écrivait des gros mots sur le bord de l’assiette.

Ne croyez surtout pas que la pédagogie par la peur était cantonnée aux livres. Que nenni ! Elle était pratiquée dans les familles. Ce fut dans le temps un acte qui répandit la terreur. Je me rappelle des Noëls horribles où je tremblais de tous mes membres car on m’avait dit « Tu n’as pas été sage, le Hans Trapp va t‘emporter dans son sac ». Et je craignais réellement d’être déportée dans un pays peuplé de loups pour y être dévorée, loin de ma maman et de la poupée que le Chrischtkindel venait de m’apporter. Il était pourtant de bon ton de faire peur aux enfants pour leur apprendre à ne pas commettre de péché contre la religion ou contre la morale. « Si tu manges de la saucisse le Vendredi saint, ton ventre va gonfler et exploser ». Hou-là ! J’ai même entendu, sur le port de Lorient, un pater familias dire à sa petite fille en rose qui suçait son pouce : « Continue seulement à sucer le pouce. Il sera toujours mouillé et hop il va moisir et tomber. Et pas seulement ça. Ton bras va moisir aussi et il faudra te le couper ». L’horreur. Heureusement que la petite a conjuré son mauvais sort par un « Même pas peur » qui a décontenancé le père amputeur.

Faites votre possible pour être ridicules !

Il est vrai que les enfants n’ont plus peur. Ils attendent l’intervention de Zorro, de Superman, de Harry Potter. Les enfants croient en leur bonne étoile. Ils ont encore l’âge de se croire immortels. C’est pourquoi toutes ces phrases promettant un avenir létal s’adressent maintenant à nous : « Fumer tue », « Pilule et cigarette à 20 ans, AVC à 40 », « Ventre rond et lourd ? L’infarctus t’attend au détour », « Alcool au volant, mort au tournant ».

Confucius dit : « Si vous voulez vivre vieux, faites votre possible pour être ridicules. Le ridicule, lui, ne tue pas ».

C’est par là !!!

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 12:44
C’est par là !!!

C’est par là !!!
Cette phrase pourrait être la phrase exclamative que la voix off de votre GPS diffuse dans votre voiture en surimpression de la dernière chanson de Zaz, émise par l’autoradio pour vous faire savoir que votre destination est repérée et que vous y parviendrez au bout de quelques changements de position de votre volant vers la droite, vers la gauche ou juste vers l’avant. Le chemin est plus facile s’il nous est tracé sur une carte ou indiqué par un navigateur en liaison satellite avec l’univers, et qui met tous les sentiers du monde sur l’écran de notre tableau de bord ou de notre smartphone. Nous vivons l’ère du cheminement assisté. Même pour ne pas commettre d’impair sur son chemin de vie, on consulte des GPS étranges allant du tarologue au médium en passant par le coach, le leader, le gourou, le psy ou le diététicien, car il est écrit maintenant que le bonheur peut être au bout des graines non fermentées, de la sève de bouleau et du pain à l’épeautre..

Les moments les plus durs sont à la croisée des chemins ou dans ces moments où le chemin de vie se perd dans les broussailles. Quand on cherche le passage. Demain, c’est Pâques, le jour d’un passage réussi, celui de la mort vers la vie, le passage inverse de celui que nous parcourons et qui nous mène de la vie vers la mort. Avez-vous pensé à tous les passages difficiles que vous avez à effectuer à longueur de temps?... Passer de l’ovaire vers l’utérus. Passer de la vie fœtale à la vraie vie. Passer de l’enfance choyée et insouciante vers une vie d’adulte semée d’embûches et d’obstacles à franchir. Il faut réussir le passage des examens, réussir le passage de la vie en solo à la vie en couple, réussir moult passages du désespoir vers la lumière, réussir le passage final, celui qui vous demande de quitter cette terre pour un monde dont on ne sait pas s’il est vraiment meilleur.

La tendance est à la suppression des passages

La tendance est à la suppression des passages. Comme sur la route, on les veut invisibles, pour permettre un déni collectif de l’axiome « Tout passe, tout lasse, tout casse ». Le passage de l’enfance vers l’âge adulte est stoppé par le look. C’est look ado pour tout le monde. Il s’agit de garder sa taille 16 ans pour pouvoir éternellement rester dans le même état physique. Le passage vers la vieillesse est obstrué. Il s’agit de garder son visage poupin par l’injection massive de botox. Le passage vers le progrès est stoppé par des hordes de traditionalistes mormonisants, selon le principe : si nous vivons toujours au XVIIIe siècle, la fin du monde ne pourra pas arriver. Le passage vers toute évolution de la société est critiqué par les réacs de tout bord que la sclérose rassure..

Mamema dit : « Wann de durich muesch, muesch durich.. » !!

« Quand faut y passer, faut y passer ». Une goutte d’eau m’a dit : « Je passe du corps humain à la terre, de la source, je passe dans une auge où je suis lapée par les vaches, ou dans une baignoire où je lave les fesses, ou je passe dans les brasseries où je me mêle au malt pour faire de la bière, et je reste la même. Je reste H 2 O. Je passe aussi du liquide au solide ou du liquide au gazeux. Je suis près de vous sur les plages, les stations de ski et les villes de cure. J’aime cette vie ».

 

Confucius dit : « Si vous trouvez qu’il y a plus de soleil de l’autre côté de la route, il faut passer de l’autre côté de la route ». Bon passage ! Joyeuses Pâques !!

 

C’est par là !!!

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Published by Huguette - dans Huguette Dreikaus
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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 19:30
 Soudain, un avion tombe…

 

Chaque jour nos conversations se nourrissent de l’actualité. Inspiré par les journaux et le net, chacun y va de son éditorial sur sa page Facebook ou Twitter. Ces derniers temps, on commentait Daesh, la grippe, les gains d’Euromillion, le délitement politique.

Et puis un avion tombe. Un hélicoptère. Avec des sportifs de haut niveau. Un hélicoptère affrété pour une émission de téléréalité. Les commentaires emplissent alors l’espace sonore des transport en commun, des bars et des salles d’attente. L’auberge espagnole dresse ses tables.

Il y a les experts en dangerosité des transports à décollage vertical. « Attention l’hélicoptère est dangereux, il ne peut lutter contre un fort coup de vent ». « Le décollage synchrone de deux hélicoptères, c’est risquer la collision, ce qui n’arrive pas si l’hélicoptère décolle seul ».

Il y a ceux qui, banderilles en avant, réclament la mise à mort de la téléréalité. « Il faut arrêter ce truc. Il y a déjà eu un mort pour Koh Lanta ».

« Il faut arrêter de faire des victimes pour avoir un programme à diffuser en heure de grande écoute. Regardez ce qu’ils ont fait de Loana. Une épave. Comme pour Georgette Lemaire, la rivale de Mireille Mathieu dans les radio-crochets ».

« La téléréalité, c’est la mort physique ou la mort médiatique. Ils ont provoqué la mort médiatique de Régine, tuée par le ridicule dans la Ferme des Célébrités ».

« Ma cousine a dû déménager dans un autre département tellement elle s’est fait insulter pour son attitude dans Quatre mariages pour une Lune de Miel. Elle s’est même fait changer le visage ».

Il y a ceux qui sont ébranlés par la disparition de ces sportifs qui ont participé à la fierté nationale. « Ce sont toujours les meilleurs qui partent ». Et vlan dans les dents des médiocres qui restent !

Pourquoi oublier que les accidents
sont les accidents ?

C’est tout juste si on ne fait pas aux athlètes le reproche de quitter ring ou bassin de natation. Comme s’ils étaient des déserteurs. Pourquoi oublier que les accidents sont les accidents ? C’est toujours tragique quand des humains perdent leur vie, quelle que soit leur identité. Pourquoi chercher des fautes là où il n’y en a pas ? Les programmes de la télé ne tuent pas les gens. Ce sont des accidents de tournage. On utilise des voitures ou des avions pour les tournages comme on les utilise pour aller au travail, avec les mêmes risques d’accident. Confucius dit « Si tu es dans un avion, tu peux mourir dans un crash. Mais il y a beaucoup plus de gens qui meurent dans leur lit ».

La mort interpelle le commun des mortels. On se perd en conjectures. Les Alsaciens brandissent le « wann… » (si…) pour exprimer tout ce qui aurait pu être évité. Il y a pour cette tragédie autant d’opinions que de gens qui la donnent. Mamema dit : « Im Grund sin awer alli zefridde ass se nit in dem Helikopter sin gsesse » (au fond ceux qui en parlent sont heureux de ne pas avoir été à bord de cet hélicoptère).

Mamema a raison. Voilà au moins un sentiment que tous ont éprouvé profondément en lisant ce fait divers.

 

 

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 19:22
Le septième jour de la couture.

 

Le septième jour est le jour du repos et de la contemplation. C’est le jour où même Dieu s’est reposé, content de ce monde qu’il avait créé, laissant cependant à l’Homme toute latitude de continuer son œuvre en transformant le bois en meubles, les pierres en maison, le coton et la laine en vêtements pour cacher cette nudité, source de péchés de chair.

Il y eut des tanneurs, il y eut des tisserands ; il y eut des fileuses de laine et des tricoteuses. Les doigts des femmes eurent ce prolongement magique qu’on appelle une aiguille. Et, Hokus Pokus !, sortaient de leurs mains des draps à enrouler autour des corps, puis des tuniques rêches ou satinées selon le rang social de la viande à envelopper, des robes à crinoline, des pantalons en toile ou en soie. Du temps de nos grands-mères, le tailleur du village passait dans les maisons avec ses échantillons de tissus de flanelle, de laine ou d’alpaga, unis, rayés, à carreaux.

Cette toile de tente dont personne ne voulait

Les femmes créaient elles-mêmes des robes personnalisées -par le choix du tissu ou de par l’ajout de quelques fioritures- mais toujours issues des patrons Burda, découpés à la roulette dans le magazine qui leur apprit aussi l’horoscope et les secrets du point « paon » pour des chaussettes en coton blanc.

Il y eut un soir, il y eut un matin. Il y eut le jean et le tee-shirt à manches courtes ou à manches longues qu’on appela sweat-shirt. Et tout s’arrêta. Regardez autour de vous, c’est une parade de jambes bleues.

Le jean enserre la majorité des culs qu’ils soient jeunes ou pas, ronds ou pas, gros ou pas. Ce monde qui rejette la monotonie déambule dans ces pantalons en toile bleue inventée par Lévi-Strauss un jour qu’il recycla cette toile de tente dont personne ne voulait.

Hommes, femmes, ados, enfants, même bébés de trois mois ont le bas de leur corps enveloppé dans ce symbole de l’esprit de troupeau agrémenté d’un tee-shirt qui lui est un signe fort de l’expression personnelle et des causes que l’on défend. En effet sur son tee-shirt on peut montrer son amour pour Bob l’éponge, pour Rihanna ou pour Messi mais on peut aussi militer pour Charlie et la liberté d’expression, pour Greenpeace et la sauvegarde des baleines, pour la montée du FC Dauendorf en régionale 4.

On peut manifester son bonheur sempiternel avec un « Yes !!! » ou son côté anarchiste avec un « NO ». J’aime ces parades de gens en uniformes. Cela me rappelle les jours où je suivais les pantalons bleus de la fanfare municipale au son du tambour. Cela me rappelle les jours où je suivais les défilés de beaux militaires au son du clairon.

Le retour du coquelicot

J’aime la contemplation. Elle pousse à la méditation. Elle me fait prendre conscience d’un monde asexué. Un monde qui voit la créativité se mourir. Suivez un des passants chez lui. Risquez un œil par sa porte entrouverte ou par sa fenêtre ! Regardez bien ! Vous avez de grandes chances de voir un coquelicot. Sur une nappe. Sur un tableau. Sur un miroir. Le coquelicot est devenu la coqueluche de la déco.

 

 

 

 

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 11:58
Humeur Vices, sévices et tournevis !

« Sodome et Gomorrhe », a dit Mamema en lisant le journal cette semaine, en rajoutant « Dee bekomme noch ehr Fett », petite phrase pour rappeler que le ciel punit toutes les turpitudes.

Je ne serais donc pas étonnée de voir des nuages de sauterelles envahir les chambres du Carlton de Lille et des vautours manger sur le corps de DSK les parties par lesquelles il a péché.

Ma tante Agathe, ancienne dame de compagnie dans une bonne maison parisienne, de rajouter : « Dans moins de trente ans il sera à jamais calmé ».

La semaine passée était très hormonale. Tant dans les faits divers proxo-politiques que dans les nouvelles culturelles avec la première du film Cinquante nuances de Grey (Grey étant le nom d’un golden boy de la finance). En mélangeant les deux histoires dans cette opération mentale qui nous permet de prononcer un jugement moral commun à plusieurs points de l’actualité, on pourrait dire : « Les riches sont des pervers », « les riches en capitaux sont les as des péchés capitaux ! »

Le riche qui est souvent un malgré-lui du vice

D’ailleurs, je me suis mise à chanter « ah ça ira ! ça ira ! » Heureusement que mon ami Otto a mis les choses au point avec sa théorie sur le riche qui est souvent un malgré-lui du vice. Otto dit : « Pour commettre certains péchés, il faut avoir les moyens et le temps. Des gens comme Grey et DSK sont des victimes de leur oisiveté dorée ».

Mon compagnon Louis a la cage d’escalier à repeindre, les fleurs à soigner, et deux heures de rééducation à suivre tous les jours pour mettre sa prothèse du genou en bonne place, il n’a pas le temps d’aller au Carlton!

L’oisiveté dorée est la mère de tous les vices ! Dans Cinquante nuances de Grey, le sieur Grey n’a rien à faire. On ne le voit pas travailler. Il n’a qu’une activité : essayer d’attraper Anastasia. Cette chasse est longue et ennuyeuse d’autant plus qu’on sait que la proie est on-ne-peut-plus consentante. Durant 90 minutes on s’ennuie.

Mais l’itinéraire amoureux de Grey et d’Anastasia doit, selon le scénario, passer par des pratiques sado-maso avec des chaînes, des cordes à nœuds, des tournevis, du gros scotch et des fouets. Oui ! Pour l’amour sado-maso les prémices se font à la quincaillerie avec l’achat des fournitures. Et il faut de la place pour le « laboratoire ». Celui de Grey a 45 m2. Je vous pose la question : quel humain moyen a 45 m2 à sa disposition pour y ranger ses jouets à base de métal et de cuir ? A 2000 euros du m2 il faudrait 90000 euros pour la salle de perversion… ça vous met le 3 pièces avec cuisine et salle de bain à plus de 500 000 euros. De quoi calmer les ardeurs.

Hélas ! Réaliser le film dans un garage au milieu des bidons d’huile et des pneus aurait été moins glamour que cet appartement avec baies vitrées au décor si froid !

La réalité dépasse la fiction

Mon neveu Kevin piaffait sur son siège : « Mais ça va commencer quand ? » Allez Kevin ! Il suffit d’attendre. Pendant les cinq dernières minutes du film Grey assène six coups de martinet à Anastasia. L’horreur ! En fait, tout bien considéré, c’est la ration que je prenais deux fois par semaine pendant ma période d’éducation et d’inculcation des bonnes manières.

Et pendant que dans un environnement luxueux Anastasia prend une petite fessée avec des lanières de cuir véritable, quelque part, dans un tribunal, une jeune femme du Carlton de Lille parle d’« empalement d’une rare violence ». Encore une fois la réalité dépasse la fiction.

 

 

 

 

 

 

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 12:17

 

 

 

 

 

   « Geh nie gaje de Wind », disait ma grand-mère (ne marche jamais contre le vent), le monde va bien quand le vent nous pousse dans la bonne direction, quand dans le frêle esquif de notre vie les dieux nous emmènent vers cet endroit où l’herbe est toujours verte. Mais les dieux de nos jours sont chassés au nom de la laïcité et au nom de l’hygiène qui recommande cette désintoxication du peuple par la suppression de son « opium ». 

Les vents contraires soufflent avec rage. Le tsunami des idéologues a balayé les assises de nos certitudes. « Die Welt steht Kopf », le monde ne tourne plus rond. 

Les valeurs ont été remisées dans le Grévin, les gadgets obsolètes au même titre que le vase de Soissons, la baignoire de Marat et la jupe en bananes de Joséphine Baker.

  La seule certitude qui reste aux gamins de 18 ans, c’est de mourir un jour car ils ne voient pas un avenir rose immédiat au bout de leur longue route scolaire et on les laisse s’étioler, se scarifier et s’amaigrir dans des jeans de marque, avec le casque de leur Smartphone sur les oreilles. Ou les laisse se perdre dans un monde virtuel. 

Les femmes dépriment dans leur solitude de femme bafouée ou de parent isolé. Elles broient du noir devant leurs misérables feuilles de paye. On brandit la CAF mais les bouteilles d’oxygène ne remplacent pas les poumons. La précarité n’est pas un avenir. Les béquilles doivent être transitoires. « No future » n’est pas un slogan à écrire sur le fronton des mairies.

  Mamema disait : « Wann de Moral hangt, geh zuem Dokter, er hett Pilverle » (si tu n’as pas le moral, va chez le médecin, il a des cachets pour ça). Oui Mamema, mais le médecin déprime lui-même. Le mien est sous antidépresseur depuis toutes ces tracasseries qu’on lui inflige sur le plan administratif.

Les chefs de police sont en prison

Si vous êtes dans la mouise, ne cherchez pas secours chez votre avocat. Il marche dans la même gadoue que vous. Il réclame justice comme vous. Il n’y a plus d’avocat pour vous, il n’y a même plus d’avocat pour les avocats. Chacun doit plaider pour soi. Dans les prétoires il y a des robes noires avec col blanc de tous les côtés de la barrière.

Comment ? Vous voulez rechercher la justice auprès de la police ? Vous ne trouverez personne au poste. Ceux qui ont été caillassés sont encore en maladie avec changement de pansements toutes les deux heures, les autres préparent une razzia contre des policiers ripoux.

  Oui, Mesdames et Messieurs, nous sommes chez les Dalton. Les policiers pourchassent les policiers. Les chefs de police sont en prison, ces prisons où pourtant il y a déjà assez de monde avec les délinquants.

Qui sait si Dieu n’est pas devenu athée ?

Confucius dit : « Le monde est rond. Les contraires sont toujours proches. Le point le plus près de la maison est aussi le point le plus loin de la maison si on passe par derrière ».
Les médecins peuvent donc être malades ? Les policiers peuvent être ripoux ! ? Les avocats peuvent être traités injustement ? Les profs peuvent avoir peur des élèves ? Le directeur de Pôle emploi pourrait-il perdre son boulot ?

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Plus rien n’est sûr en ce bas- monde.  J’ose à peine prier le ciel. En voyant tout ce fatras, qui sait si Dieu n’est pas devenu athée ? 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 


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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 17:24

 

 

 

 

 

 

«Il paraît qu’on les reverra défiler au pas dans nos rues, exhortés à poser le pied gauche avant le pied droit par un sous-officier scandant inlassablement ces deux mots « Han deï, han deï ! »

 Il paraît qu’on entendra à nouveau résonner les tambours et les clairons. Mamema dira : “C’est en rentrant de l’armée que les jeunes de jadis ont ramené la musique dans nos villages”. Nos fanfares municipales sont nées là et ont gardé de l’armée les uniformes et les formations en rectangle parfait pour parader. Il paraît que c’est une demande unanime de revoir des soldats, des troufions, des pioupious en kaki.

Du lien social

L’État pense que ce serait bien. Les fées se penchent sur ce projet. Le sociologue dit : “Cela tissera du lien social.” Tous ces jeunes issus de milieux différents apprendront à se connaître, à vivre ensemble. Quand on remarque que les autres ronflent aussi et que les autres puent des pieds aussi on ne se sent plus paria du bonheur. Le politique dit : “Ils apprendront à nouveau ce que c’est un pays, une nation, un peuple.”

Ils se rendront compte de la notion de groupe. La fraternité et l’égalité naissent dans les boîtes de ration. L’espoir se cultive à force d’attendre le vaguemestre avec un paquet postal de compléments alimentaires comme le saucisson, le chocolat et les terrines de maman. Les responsables de l’état civil diront : “La démographie va avancer.” Il est vrai que le soldat ensemence le terreau démographique situé dans un rayon de 10 km autour de sa caserne, soit parce qu’il s’ennuie loin de chez lui, soit qu’il veut se prolonger dans la vie d’un enfant avant de disparaître au combat.

 Il paraît que les scénaristes de films se réjouissent de refaire des chefs-d’œuvre au lieu de se contenter de nous gaver avec des navets.

On rencontrera peut-être sur un écran un autre Robin William crier “Good Morning !” On pourra rire sur de nouveaux “Charlot Soldat” ou “Laurel et Hardy conscrits”.

 Il paraît que ce sera un progrès social, un nouvel équilibre pour l’individu. Oui, mais créer des régiments de 500 pious-pious pour s’occuper des vieux, lacer les godasses des enfants de maternelle ou vider les haricots à l’hôpital ce n’est pas la peine.

Il y a des formations spéciales pour ça. On ne donne pas un équilibre psychologique aux uns en enlevant le travail aux autres. On ne donne pas 500 euros à l’un pour ne pas avoir à donner 1 200 euros à l’autre.

 Poser un être nouveau « Soldat de 2015 » sur l’échiquier de la vie pour permettre à la société de retrouver de vraies valeurs, c’est bien à condition d’inventer la vie qui va avec.

 000000aaaaa.jpgMamema dit : “C’est comme avec les schittle. C’est bien de tronçonner un arbre et mettre les rondins sur le billot pour en faire des bûches. Mais si tu ne mets pas ces bûches dans le feu, elles se demanderont toujours à quoi elles servent si elles restent empilées dans le hangar”».

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 

 


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deytsc

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