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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 18:38

 

 


 

C’est parti ! Ça sent le sapin, la cannelle et la pomme chaude. Tino Rossi se la joue « Ghost » et refait un tour de chant à la façon des Vieilles Canailles du rock français qu’on avait ressorties également pour quelques concerts avant de les renvoyer à leurs Doliprane et leurs cannes.
Tout recommence. Et pourtant, rien n’est jamais pareil. Waydelich dit « Une boîte de sardines ressemble à une autre boîte de sardines mais elles n’ont pas la même histoire ». Ce sont les histoires autour de ses Noëls qui font que Noël est ressenti autrement par chacun. Prononcez le mot dans la rue à chaque passant et fixez sa réaction dans la photothèque et dans la phonothèque de votre tout nouveau smartphone, celui qui vous rappelle les anniversaires du jour, la valeur de l’euro face au yen, les rendez-vous chez le pédicure, celui qui calcule vos calories, écrit vos textos par écriture intuitive et vous permet de vous engueuler avec un homme à la voix synthétique qui vous renseigne sur tout sans laisser de poils dans votre lavabo.
Tout le monde s’exprime, même les morts.
Dans le jargon des médias on appelait cela un micro-trottoir. Pour cet exercice, le petit reporter musclé allait parcourir les rues avec son magnéto Nagra de 6 kilos sous le bras pour interroger le chaland. De nos jours, il suffit de lire les tweets et les posts Facebook pour savoir l’opinion vraie des gens sur un sujet car tout le monde s’exprime. Même les morts qui continuent à exister sur leur page Facebook.
Alors Noël. Il y a ceux qui émettent des sons aigus « Jouhou » et d’autres des sons graves « Hole mi ! Cherchez-moi ! » Il y a les « Kling » et les « Klang ». Les Kling se délectent de cette période « C’est quand même beau toutes ces lumières ! Et puis je décore mes fenêtres ; les branches de sapin, ça change des pétunias, gall ? »
« J’aime ce moment de l’année, je me fais du thé de Noël, j’allume des bougies, je mange des chocolats, j’ai un autre comportement que dans le reste de l’année et surtout je peux de nouveau porter le Astrakan Mantel de maman ». « Hop, moi je dis, c’est bon de boire du warmer vin chaud Wyn. Moi j’en bois à beaucoup de stands, nit, il faut encourager les pompiers et la Croix Rouge et tous les autres. En plus, comme on te donne deux euros quand tu rends le verre, t’as l’impression que c’est gratuit ».
Le syndrome du pain d’épices ?
À ces paroles, tu te dis que Noël doit faire sécréter des endorphines dans le corps, anesthésier les soucis, dissoudre les chagrins. Est-ce le syndrome du pain d’épices ? Il est vrai que ce gâteau en forme de cœur ou de cake possède tous les ingrédients du bonheur : de la cannelle pour chasser les mauvais esprits, du girofle contre le mal de dents, du bicarbonate pour une bonne digestion, des dents blanches et un effet nettoyant pour la céramique des sanitaires. Que demander de plus ?
Euphorique ? Vous avez dit que je suis euphorique ? Peut-être l’étais-je avec les « Kling ». C’est un des symptômes de mon empathie naturelle : Être d’accord avec ceux qu’on écoute. Je suis donc aussi d’accord avec les « Klang ». Les Wihnachts-Brummler (les râleurs de Noël) ne manquent pas. « Ça commence trop tôt. Bientôt on pourra fêter Noël avec les chrysanthèmes et les citrouilles. Hop ! Ça économisera le sapin et les boules ».
Les séparatistes de Noël
« Moi, je ne me réjouis pas, on sera de nouveau chez la belle-sœur qui veut faire Masterchef végétarien et qui va nous seriner avec son soja et sa soupe au quinoa en disant qu’il faut respecter l’âne et le bœuf qui ont réchauffé l’enfant Jésus et qui ne méritent pas de finir en salami ou en bourguignon ». « Moi, je suis contre Noël parce que ça fait dépenser trop d’argent, Noël c’est comme un percepteur qui se mettrait dans votre salon, couvert de lumières, pour vous vider votre porte-monnaie ».
000000aaaaa.jpgJe les connais, les séparatistes de Noël, ceux qui se terrent chez eux en relisant les écrits sur l’athéisme de Karl Marx, en regardant l’intégrale de Star Wars pour se propulser dans le futur au lieu d’évoquer le passé. J’en ai vu aussi qui migrent vers des contrées pour lesquelles Noël n’a pas de visa et là, sous une tente, une yourte ou dans une chambre d’hôte chez des gens qui affichent le concept « Maison laïque et Feng shui », là, ils méditeront dans un hamac suspendu au-dessus d’un carré de galets dans des odeurs de thé fumé.
Confucius dit « Être pour Noël ou contre Noël, c’est le ying et le yang d’une même vibration, car toutes les cloches font Dong une fois qu’elles ont fait Ding ».
 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....


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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 11:42

 

 

 

 



 

Mamema disait « Tu peux tout faire sauf te faire prendre ». Il est vrai que d’être pris sur le vif en train de commettre une de ces choses qui enfreignent les règles de bienséance, les lois du code pénal, celles du décalogue ou qui raccourcissent la durée de vie des objets nous plonge dans un sentiment mêlé de honte et de contrition.

  Comme l’erreur est humaine et comme nous sommes tous profondément humains, nous ne pouvons pas toujours échapper à ce que le dictionnaire appelle une faute, une bévue, ce que la bible appelle un péché, ce que le garagiste appelle une aile froissée et ce que le teinturier appelle une tache. Confucius dit « Si tu trempes ton t-shirt noir en entier dans l’eau de javel on ne verra plus qu’il présente des taches de javel par endroits ».

  L’escamotage est un art dont les ficelles sont inhérentes à l’intelligence de l’espèce humaine. Le Tipp-Ex cache les fautes, un pull à col roulé cache les suçons, un chewing-gum à la menthe cache les odeurs de cigarettes, la super-glu fait disparaître les bris de vases, le dessous de lit avale le désordre d’une chambre en un tour de mains, la boîte aux lettres abrite les accessoires interdits aux ados entre l’heure de leur retour de l’école et leur départ pour la même institution le lendemain matin.

  Le moindre bas filé peut bouleverser nos comportements rationnels

  Nous sommes tous de vils escamoteurs. Cette délinquance mineure nous pousse à faire des achats compulsifs dictés par le feu de notre culpabilité et nous précipite dans les boutiques de produits solvants, dans les rayons de colles et de clous ou chez Dédé l’Astuce qui saura remettre les choses en état contre paiement TTC. Für eine heile Welt… pour que notre monde retrouve son axe de rotation.

  Le moindre bas filé peut bouleverser nos comportements rationnels. Dans ces moments affreux où l’on voit ses mailles qui se sont désolidarisées du réseau, Simsalabim ! On sort un vernis à ongle pour circonscrire les mailles rebelles et on applique une de ces rustines idoines : une étoile en maille forte adhésive. Le trou devient alors déco. C’est la vieille loi des écussons adhésifs qu’on appliquait au fer chaud sur les trous dans les pantalons. Lili dit « le jean est le meilleur remailleur pour les bas ». Personne ne voit les mailles filées de ton collant quand tu en portes. Et les trous dans les jeans ? Ils disparaissent derrière des trous artistiques inventés par les créateurs de mode. Plus il y a de trous, moins on voit qu’il y avait un trou.

  Je ne lance la première pierre à personne. Elle pourrait avoir un effet boomerang et je pourrais le recevoir en pleine tronche. Il est vrai que je suis en chasse de la moindre tache et de la moindre particule intruse. Je vis la main prête à saisir l’éponge qui gratte avec son dos, la bouteille de vinaigre blanc ou le paquet de bicarbonate de soude. Schönheitsfehler ? « Wisch und weg » Ah ! J’oubliais le petit aspirateur de table ! Avec moi, il doit subir une vie de boulimique, forcé qu’il est d’avaler illico presto les miettes, les poils du chat et les molécules de poussière de rue que les chaussures déposent sur le carrelage.

Tout passe, tout casse, seuls les détritus restent 

000000aaaaa.jpgIl y a juste un problème avec les aspirateurs maintenant, qu’ils soient grands ou petits : ils sont transparents ! Ils ne cachent plus ni la poussière ni les peaux mortes, ni les cheveux tombés, ni les feuilles jaunies. Ils nous rappellent sans cesse que tout passe, que tout casse mais que les détritus restent.

 

 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 13:42

 

 

 

 

 


   

 

 

Un jour tu te réveilles avec cette certitude : je vais marcher. Tu entres alors dans cette période de ta vie où tu fais de la marche consciente. Et tu marches. Non plus en mettant un pied devant l’autre pour aller d’un point A vers un point B comme le veut la vie qui te pousse du lit à la table, de la table à le quête de nourriture, du boulot vers la maison.

  Tu marches pour garder la forme, pour éliminer le sucre de ton sang, les kilos sur les hanches et pour une méditation active. Les arbres et les étendues cultivées te ramènent à une forme de contemplation ou de vie mystique. Tu vis les rêveries d’un promeneur solitaire.

Marcher est une philosophie, un acte politique

  Parfois tu marches en groupe comme pour les processions, comme dans les manifs, comme pour aller à Saint-Jacques-de-Compostelle. Tu marches alors pour la paix dans le monde, pour le salut du grand hamster d’Alsace, pour alimenter la caisse des pompiers. Tu marches contre le racisme, contre les violences faites aux femmes ou contre les manteaux de fourrure. Marcher est une philosophie. Marcher est un acte politique. Ni Mao, ni Martin Luther King ne diront le contraire.

  Les grandes marches s’inscrivent dans l’Histoire. Le Strasbourg-Paris devenu le Paris-Colmar est de celles-là. « On va regarder les marcheurs ! » Cette phrase exclamative nous poussait au bord des routes pour voir se déhancher ces forcenés de la marche en route pour un périple non-stop de plus de 400 km. Je revois encore leurs coudes noueux, leurs visages émaciés aux nerfs tirés par l’effort, leurs jambes agitées par des mouvements bizarres de leur bassin. On leur faisait des signes avec nos fanions, on contemplait ces héros de l’impossible, ces surhommes devant l’effort, parcourir ces kilomètres d’asphalte qui avaient finalement le même but que le TGV : rallier Paris à la capitale du Bas-Rhin ou à celle du Haut-Rhin en un minimum de temps. Un exploit fait pour gagner un truc pas plus affriolant qu’un lot de tombola des stands du Messti. « Et un mixer pour Roger ! » et « Un bon pour une épilation pour François, c’est sa femme qui va être contente ! » Le vainqueur ramassait un téléviseur, pas plus donc que Germaine qui passerait un dimanche après-midi assise devant ses grilles de loto bingo.

  Je les ai côtoyés de près ces hommes que rien n’arrêtait. Ni la pluie. Ni le froid. Ni les ampoules. Le genre de sportif qui n’a ni sponsor, ni manager, ni soigneur, ni garde du corps, ni staff médical. Il fallait les voir de près, vidant des tubes entiers de crème dans les chaussettes pour éviter les douleurs. Il fallait combattre les chaussettes : elles échauffent les pieds, les écorchent aussi ou provoquent des réactions allergiques selon leurs composantes textiles.

  L’histoire s’arrête avec un décret du maire de Colmar.

  Il fallait voir leurs chaussures grandir au fil du parcours. Un Paris-Colmar qui se commence avec un 41 se finit avec un 44. Tu vis sur un grand pied à l’arrivée. Tu arrives juste encore mu par la caféine contenue dans tes cellules pour te permettre de rester éveillé et grâce à la chaleur de l’ami qui marche à côté de toi et dont la chaleur corporelle te sert de GPS. Mais tu arrives. Tu es un héros, un vrai.

  Hélas, il arrive un jour où on achève les chevaux, un jour aussi où on vire les héros. On ne le trouve pas rentable. On trouve cette forme d’héroïsme obsolète. Ce sport sans accessoires est rébarbatif au monde commercial. Parce qu’à part des chaussettes et de bonnes chaussures il ne fait rien vendre : ni voiture, ni maillots, ni billet d’entrées aux prix prohibitifs. Il n’est pas utile au produit national brut. Il est comme un moulin à café dans ce monde de capsules. 

000000aaaaa.jpgL’histoire s’arrête avec un décret du maire de Colmar. Mamema dit : « Il faut être Moïse pour arrêter les eaux tumultueuses de la mer. Alors on arrête ce qu’on peut ».

 

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 19:00

 

 

 

 

 

 


Ça s’en va et ça revient. C’est fait de tout petits riens.
C’est comme un raz-de-marée. Ça arrive sans signe avant coureur et ça vous submerge. Je veux parler des psychoses collectives.
« Ma brave Dame, j’en ai connu dans ma vie ! » J’en ai vu des psychoses alimentaires qui ont fait courir les braves gens vers les supermarchés remplir leurs chariots à ras bord avec du sucre. C’est qu’il y eut un jour une rumeur, venue du fond de l’espace et du temps, qui disait : « Attention, le sucre va manquer ! » Et les femmes se mirent à envisager avec horreur une vie sans gâteaux, sans pudding, sans bonbons, sans toutes ces choses qui leur donnent un ascendant certain sur les enfants et les hommes. Lili disait : « Et ma confiture du matin ? » La panique s’amplifia quand les directeurs de supermarchés rationnèrent le sucre à deux kilos par client. On vit alors d’augustes ménagères partir à la recherche de sucre tel Indiana Jones à la recherche de l’Arche perdue. Dans les caves, à côté des paquets Erstein on vit s’empiler les paquets Südzucker qu’on allait quérir en Teutonie et qu’on ramenait avec une satisfaction revancharde sur les années de restriction imposée par la guerre. Devant chaque paquet de Südzucker Mamema lançait ce cri de victoire : « Wieder eins wie d’Schwoowe nit bekomme » (encore un que les Allemands n’auront pas).
Il y eut un soir, il y eut un matin et il y eut la ruée sur l’huile de table, puis sur l’essence. Les razzias se suivent et se ressemblent.

L’homme est un clown pour l’homme
Toujours cette peur de manquer. Toujours la peur de mourir par manque de sucre, d’huile ou d’essence. Les êtres humains, les « Morituri » comme les appelait César, sont sujets à des comportements bizarres nés de peurs irraisonnées et tenaces. Je dis que cette peur insensée est tenace car je vis encore sous l’effet de la panique déclenchée en son temps par la rumeur d’Orléans, cette légende urbaine qui disait que les jeunes filles se feraient enlever au moyen de trappes installées dans les cabines d’essayages et finissaient leur vie dans le harem d’un prince des 1001 nuits. Et voilà donc qu’on s’était mis à acheter des vêtements sans les essayer. Il y eut alors des jeans sans ourlet, des jupes trop larges et des manteaux trop courts. Ce fut une époque dorée pour les retoucheuses.
Les légendes urbaines ne sont pas mortes. Les paniques collectives ont la vie dure. Nous voici en pleine psychose du clown tueur. Chacun se voit poursuivi par un clown. Les faits divers relatent ceux qui sont persécutés par un clown. On voit des nez rouges partout. Les frères en Facebook publient les articles des journaux et les anecdotes personnelles. Devant tant de cruauté perpétrée par des pitres au visage grimé, un nouvel adage est né : « L’homme est un clown pour l’homme ».
Dans les médias, le virus du clown tueur partage les gros titres avec le virus Ebola. L’Auguste devient un nouveau Kaspar Hauser. On crie « Haro » sur les places, dans les cafés et dans la salle d’attente du dentiste.

000000aaaaa.jpg
Braves gens, continuez votre chasse au clown. Vous avez raison. Le clown est dangereux. Il peut vous faire mourir de rire.

 

 

 

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 12:48

 

 

 

 

 

 

 Oh sachet ! Mes yeux s’emplissent de larmes dans cette période de guerre contre le sachet qui a un si beau nom en alsacien : e Dutt.

 La Dutt m’a accompagnée tout au long de ma vie. Ou est-ce le « Dittel ? » Le Nudeldittel surtout. Le sachet de nouilles, libéré de ces féculents, était dans ma famille, un contenant universel. On y transportait des œufs, des Bredle, des sandwichs pour les excursions. Le sachet de nouilles vide avait même une vocation artistique puisqu’il servait à transporter les affaires de peinture et permettait des concerts de « sachets éclatés ».

Vous comprendrez pourquoi ces « Dittle » étaient collectionnés et amassés dans le vaisselier de la cuisine, posés donc dans le même buffet que le pot à Baeckeoffe mais sur un rang plus élevé au regard de la fréquence d’utilisation.

« Oui ! » me direz-vous, « mais le Nudeldittel est biodégradable, il n’est pas en plastique comme le sachet en plastique ! » En effet, Mamema le proclame : « E Dittel isch kein Dutt ! »

Je me sens coupable

C’est le sachet plastique qui est mis au pilori. Il est l’ennemi universel. On nous enjoint à le combattre avec la même ferveur que Pasteur a combattu les bactéries tueuses. Ma vie n’est plus la même depuis cet appel à la mobilisation. La main sur le cœur, je vous l’avoue, depuis que j’ai lu les méfaits du sachet plastique sur la planète je me sens coupable. Coupable d’avoir participé à la propagation de cette « chose » qui bloque les océans, étouffe les oiseaux et les poissons et s’incruste sur nos périmètres de vie comme le fait la belle-mère sauf que la belle-mère ne vit pas 400 ans.

 400 ans d’espérance de vie pour la « Nylo-Dutt » ! Il y a des jours, on rêverait de peser cinq grammes, de pouvoir transporter 10 kg et d’être l’objet de désir de tous ceux qui vont au marché rien que pour avoir une telle durée de vie ! Oui, mais comme le dit René, notre écolo maison, celui qui nous rend visite en nous offrant un cornet de vers pour la biodégradation de nos épluchures : « Si tu veux vivre 400 ans, il faut arrêter les sachets plastique ». Le « Sus au sachet plastique ! » lancé dans tous les médias a été si poignant que je vais rejoindre l’armée des convaincus.

 Pourtant ce n’est pas sans nostalgie que je pense à ces « Nylon-Dittle » qui me servaient de sac d’école pendant ma période de prof. Si d’aucunes avaient des sacs Gucci ou Prada, moi j’avais des sacs avec d’autres griffes plus populaires. Mes porte-documents, en effet, étaient signés Coop, Suma, Chaussures Georges.

A-t-on le droit de tuer un cochon pour porter ses légumes ? 000000aaaaa.jpgNotre époque est en passe de devenir l’âge de raison de cette civilisation. Il s’agit de laisser tomber tout ce qui peut tuer l’animal, l’homme et la nature. Le sachet en plastique est sur la liste noire. Pour nos commissions, le bonheur est dans le cabas. Oui, mais s’il est en cuir, il est fait avec du cochon mort. A-t-on le droit de tuer un cochon pour porter ses légumes ?

 

 

 

 

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 12:08

 

 

 

 

 

 

 

 Les gens aiment piquer des banderilles dans le dos du Pouvoir Suprême et surtout imaginer les turpitudes de ces pipoles qui bougent dans la télé, parlent à la radio et s’étalent en bikini ou en vêtements de marque dans les magazines des salles d’attente. 

Vous savez, c’est ce genre de littérature qui remplit la tête des gens avant qu’on y pose des bigoudis ou le casque électronique pour une radio dentaire. En quelque trente ans leurs articles sont passés de “Martine à Gstaad” ou “Martine sur son yacht” à “Martine a de la cellulite” ou “Martine est une nympho”, le tout servi avec le “choc des photos”.

Il y a des humains qui ont autre chose à faire que le buzz.

Et pendant ce temps… Pendant ce temps il y a des humains qui ont autre chose à faire que de faire le buzz. Il y a des humains qui recherchent avec fièvre un moyen pour mieux vivre ou pour survivre. Ainsi naissent les flux migratoires. Ceux qui emmènent les ménagères par milliers dans les zones dédiées aux promos et chez des hard-discounters qui vous mettent le prix du shampoing au prix d’un petit pain, (même s’il est vrai qu’un petit pain ne nettoie pas le cuir chevelu). Ceux qui emmènent les retraités vers des pays méditerranéens, là où le soleil est à gogo, le poisson à trois euros le kilo et le dentier à 300 euros !

 Depuis deux jours, je pourrais même ajouter une nouvelle amorce de flux migratoire : celui qui emmène des populations entières vers le pudding allemand.

Le dessert à portée des plus modestes.

Le pudding allemand, ou plutôt son prix, met le dessert à portée des bourses les plus modestes. 19 centimes d’euros le pot ! Pudding recouvert de Schlagsahne (chantilly) en plus ! Pour le prix d’un expresso au café tu as 12 puddings, de quoi jouer à la roulette russe si tu as du diabète. Non mais ! Il faut faire les vraies comparaisons ! 19 centimes ! Le petit pain étant à 1,20 euro tu peux manger 6 puddings à la place du « Schocolat – Wecke ». Il y a de quoi métamorphoser le petit-déjeuner. La révolution culturelle est en marche. La Süddeutsche Zeitung a raconté cette semaine l’histoire de cet étudiant du Moyen-Orient (d’un pays riche du Moyen-Orient) qui a décidé de rester en Allemagne… pour profiter du pudding à 19 centimes pour le reste de ses jours. 

000000aaaaa.jpgOn va vers un nouveau concept du “Asylant”, du demandeur d’asile. Avant, le candidat à l’asile politique disait “Je veux rester là pour ma sécurité au quotidien”. Dorénavant, on pourrait l’entendre dire “Je veux rester pour avoir mon pudding quotidien”. Voilà une histoire qui me laisse comme deux ronds de flan.

 

 

 

 

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 07:01

 

 

 


 

 

 

« Fin août, alors que je venais en ville pour faire des courses et aller à la banque, j’ai trouvé un dentier par terre, devant le restaurant la Couronne. Heureusement qu’il était dans un sachet, sinon je ne l’aurais pas ramassé ! Il avait l’air plutôt neuf : ça vaut une fortune, j’avais trouvé un petit trésor ! Comme je ne savais pas trop quoi en faire, je l’ai déposé à la mairie, aux objets trouvés. J’espère que son propriétaire l’y a cherché ! »

 

MARCEL, LE PRÉPOSÉ aux objets trouvés et donc perdus, me chante souvent la litanie des objets hétéroclites qui s’amassent dans ses armoires, il y a là de qui faire un poème à la Prévert : un parapluie sans baleine, une petite écharpe en laine, un soulier droit à lanière, un CD d’Alain Barrière, un billet pour Lyon-Part-Dieu, une mèche de Depardieu, un roudoudou déjà léché, un bouquet d’herbes séchées, une pièce de dix francs, une ceinture à douze crans, la main gauche d’une statue, un turlututu chapeau pointu et un dentier rose pour en haut et pour en bas.

 

Voilà que les gens perdent leur dentier ! De pauvres hères qui ignorent les colles pour prothèses. Des gens qui n’ont pas peur d’expulser une céramique à 5 000 euros dans un éternuement ou dans un ricanement. Des gens qui transportent leur dentier dans un sachet pour l’enfiler devant une assiette. Des gens qui le mettent dans le sac, à côté des clés. Des gens qui le perdent comme on perd les clés et qui, ainsi, ne pourront plus déguster un steak au bleu ou ouvrir une noix trouvée dans une allée.

 

Voilà donc venu le temps où on trouve des dents dans la rue ! Des dents anonymes. Un sourire en sachet. Un dentier que personne ne réclamera chez Marcel. Parce qu’on n’ose pas. Parce que ça ne se fait pas. Dans un an et un jour quelque part, près de chez vous, une brave dame va hériter d’un dentier. Qui ne sera pas à sa taille. Qui n’est pas dans le catalogue des objets de grande valeur recherchés par les collectionneurs. Malgré son prix.

 

Dans un an et un jour, il y aura quelque part un dentier qui ne sera plus jamais entouré de lèvres. Comme une radiographie en 3D. Une de ces radiographies où on ne voit que les os et les dents. Sans la chair autour. Mamema dit “un dentier c’est fait pour être dans la bouche”.

 

Même Mick Jagger a un dentier et ça se voit ! Le dentier est donc rock and roll. Et comme dit Confucius, “Depuis que le dentier existe, même les vieux peuvent encore croquer dans la vie à pleines dents” ! »

 

 

« S’esch passiert »,
(c'est arrivé)
000000aaaaa.jpg   Huguette Dreikaus  met  à  sa sauce une histoire vécue par les  lecteurs des
Dernières Nouvelles d'Alsace !

 

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 13:51

 


 

 

 



 

La rue, c’est un concept !

Le principe de base de la vie tel que l’enseignent les parents, les profs et le curé c’est « Choisis ta route ». Maintenant c’est le GPS qui choisit pour nous. « Veuillez continuer tout droit », « Veuillez tourner à gauche ».

 Il y a aussi le destin qui indique la route. « En raison de travaux sur la RN 83 il est prudent de prendre l’A35 » ou « Les résultats scolaires de votre fille lui barrent la route vers les grandes écoles ». Et papa de dire : « Si toutes les routes vers le succès te sont fermées tu te retrouveras à la rue ».

 La rue n’est pas la route. La route, c’est ce lacet d’asphalte qui court entre les arbres, les champs de maïs, les rivières et les panneaux publicitaires surdimensionnés. La route est un lieu de passage. La rue est un lieu de sédentarité. On habite dans une rue. Les rues sont bordées de maisons, de magasins, de bureaux pour y travailler ou y chercher des formulaires d’une importance vitale et de décorations municipales entre bancs, géraniums et réverbères psychédéliques.

Un identifiant social

 La rue est plus qu’une ligne sur un plan de ville. Elle est un identifiant social : on n’est pas regardé de la même façon si on vient de l’Avenue Foch ou de rue de la Goutte-d’Or, de la rue Jean-Jacques-Rousseau ou de la rue de Hautefort. Elle est un lieu de contestation. « Les notaires et les employés de Caddie sont dans la rue ». Elle est un lieu de déchéance. « Il est à la rue », « C’est une fille des rues ».

 La rue est un concept artistique quand on la nomme « street ». Artistes et créateurs de tout poil en ont fait un théâtre à ciel ouvert pour « Street art », un podium de la mode pour le « Street wear », un vaste lieu de bouffe à ciel ouvert pour le « Street food ». Le « Street food » tient son festival depuis quelques jours. À Paris. L’idée n’est pas nouvelle. On connaît déjà les baraques à frites qui nous offrent des saucisses et autres chips trempées dans une huile antédiluvienne. On connaît aussi les Imbissbuden allemandes qui jalonnent les cités voisines postées devant magasins, bureaux et dans les parcs publics émettant des signaux de fumée fleurant la « Currywurst », la « Frikadelle » et le « Schaschlik ».

 Oui mais là, le concept du street-food est nouveau. On met les plats élaborés à la rue. Il est venu le temps des tomates-mozza en Combi. Il est venu le moment de déguster du bourguignon arrivé en Estafette. Il est l’heure d’avaler les chairs molles des fruits de mer sur des tables à manger debout posées devant ce camion de forain jadis encore rempli de nougats, de sucres d’orge et de toutes ces choses interdites par ces lois de la diététique qui doivent nous apprendre à prendre moins de place dans les avions low-cost et à écouler les stocks de fringues taille 32 achetées à bas coût dans des pays où le salaire mensuel moyen est jumeau du prix d’un kilo de bœuf. Mais comme dit Lili, « Heureusement qu’ils sont végétariens ».

 L’immobilier a des soucis à se faire. Les fonds de commerce sont sur roue. Les caravanes et les tentes fleurissent jusque dans le cœur des villes. Le boucher envisage de s’en tenir à sa camionnette au vu des taxes sur les pas-de-porte. Le boulanger et l’épicier aussi.

000000aaaaa.jpgLe camping

  Le concept de la rue va changer. Si la rue est un endroit avec des maisons autour, un lieu avec des caravanes, des tentes et des camionnettes, c’est un camping. À ce propos, Confucius dit : « Le camping, c’est juste bien pour quelques jours de vacances. Tu ne peux pas fonder ta vie sur le principe du WC chimique et de la partie de boules ».

 


 

 

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 17:45

 

 

 


 

 

 


Elle bat son plein , la Foire européenne. J’ai eu, comme tous les ans, un billet gratuit.Il y a, en effet, toujours quelque part un listing de « client privilégié » dont je n’ai pas été effacée en raison de mes nombreuses qualités de cliente potentielle : femme de plus de 50 ans, sujette à des crises d’arthrose, entourée d’appareils divers en fin de course, prête à dépenser sans compter pour des objets transitionnels variés pour pallier sa solitude. Je suis donc la proie idéale pour les marchands de bains bouillonnants, les fauteuils de massage, les fours high-tech programmables à distance qui te cuisent en poulet le temps que tu rentres de Colmar, les frigos capables de te dresser un menu avec les ingrédients qu’ils contiennent, les tableaux de Van Gogh lessivables avec ces tournesols qui, selon le vendeur, supplanteront toutes ces autres croûtes à l’effigie de coquelicots anorexiques ou obèses mais toujours rouges qui peuplent les murs de bien des maisons ornées de géraniums.


Mon itinéraire «madeleine de Proust»

Oui mais la Foire c’est plus. C’est un parcours initiatique qui te mène dans toutes les strates de la vie et ébranle toutes les strates de ton cerveau.

 J’ai donc parcouru les allées avec mon psy Bernard. Mes pas m’ont menée droit vers les tartelettes au fromage, les sandwichs aux rillettes et les gaufres au sucre, bref ces stands que je fréquentais petite fille avec mes parents.

 Bernard appelle cela mon itinéraire « madeleine de Proust ». Pour se démarquer d’un tel comportement, lui avait apporté de chez lui un müesli de quinoa et à l’aloe vera, une collation moins sentimentale que raisonnable parce que bio et dégueulasse mais comme il le dit : « Il faut savoir souffrir gastronomiquement pour pouvoir faire le deuil de son enfance et s’ouvrir à la lutte pour la survie de la nature ».

Fort de cette philosophie et chevauchant sur ma propension à vouloir combler un déficit en civisme écologique, il me fit acheter un composteur, une télé à dynamo (une de celle que l’on ne peut regarder qu’en pédalant) et un four à bouses pour me chauffer avec des excréments séchés de vaches et de bœufs. Chauffage bovin presque identique à celui du petit Jésus d’autant plus que le mien est, lui aussi, à air pulsé.

 Confucius dit : « Il faut de la réflexion en toute chose ». La réflexion de l’année c’est : « Il faut sauver la planète ». C’est une réflexion porteuse puisqu’elle a permis à certains de devenir élu et gourou.

 J’ai réfléchi à ces choses. J’ai fait part de ma culpabilité à Bernard. Il m’a absoute devant une assiette de choucroute végétarienne (donc de la choucroute à la choucroute) en arborant son badge « Sauvez Naf Naf », slogan intergénérationnel qui doit aussi détourner les enfants des menus-knacks frites dont veut à tout prix les gratifier la carte de tout restaurant en dehors des restos chinois et des couscousseries.

On n’échappe pas au canapé gris

 Merci Bernard. Hélas Bernard n’a pas pu me renseigner sur le syndrome du canapé gris. Si vous ne voulez pas être confronté au syndrome du canapé gris, évitez d’aller dans le hall de l’ameublement.. Tous les canapés sont gris. 800 canapés gris. Juste quelques blancs perdus dans un déluge de gris. C’est la mondialisation du canapé gris.

  J’ai un canapé gris. Je l’avais avant la Foire. Je croyais l’avoir acheté par goût personnel. Je me rends compte que j’ai été manipulée. La mode s’impose indiciblement.

 000000aaaaa.jpgJe suis rentrée en tram, tourmentée. J’ai pris un café pour trouver la sérénité. Un café fait avec une capsule. Je l’ai bu dans mon canapé gris. Devant ma télé écran géant… comme tout le monde ! Heureusement que je m’habille en 48 et que j’ai un chat noir. J’aime me distinguer.

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi.... 
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 17:20

 

 


Crébleu ! On est en plein mois de juin, avec un thermomètre qui affiche « Marrakech » même à Breuschwickersheim et avec une ruée sur les piscines telles que tout le monde sent le chlore et une ruée sur les pizzas telles que la Marguerite et la Fruits de mer se partagent le canapé avec Roland Jérémy ou Aziz en lieu et place d’Astrid, Solène ou Nadia.

Et voilà que les esprits s’échauffent encore plus à cause de la grève des trains, des remaniements dans les médias, des énergies nouvelles et des images dentaires de Schumacher.

Ça s’agite dans le Landerneau mais comme dit Mamema « Tant que ça râle, ce n’est pas tout à fait mort » ! Ah, j’en ai entendu des râleurs hanter les quais de gare déserts, furieux de ne pouvoir aller de leur point A vers ce fameux point B où peut se jouer un destin professionnel, amoureux où létal tant qu’une gare peut être un terminus. La seule qui se soit réjouie de cette grève c’est ma copine Lili qui dit : « Je m’en fous de la grève des trains. Comme mon mari Michel est cheminot en grève, il peut conduire les gosses au collège et mémé chez le cardio avec la voiture à ma place ».

L’ère des pseudos
Cardio ? Vous avez dit « cardio ? » comme cardiogramme ? Savez-vous qu’il y a un électrocardiogramme baladeur qui vaut autant qu’un Renoir si vous le dégotez, même si c’est une œuvre aussi mécanique que le dessin que vous avez réalisé avec votre spirographe à rotations régulières ou elliptiques. 60 000 francs suisses, c’est ce que demande Kagemusha le voleur de l’électrocardiogramme de Michael Schumacher, un Suisse certainement sinon il aurait demandé une rançon en euros. « Kagemusha », c’est un pseudonyme bien sûr. On vit tellement dans l’ère des pseudos que j’ai des amis Facebook qui s’appellent « Carré de chocolat », « Brume aux pieds plats » ou « Macaroni Vengeur » et un ami Fb qui a pour pseudo « Dick Roger » parce que, dit-il, « ça ne regarde personne que je m’appelle en réalité « Roger Dick. »
J’oubliais : dans le contexte de ce kidnapping d’acte médical le dossier Michael Schumacher était édité lui aussi sous le pseudo « Jérémy Martin ». Il y a de la schizophrénie dans l’air. En effet, Jérémy Martin fils de l’ancien ministre Philippe Martin pourrait exiger de piloter une Ferrari. « Da lachen ja die Hühner » (les poules vont rigoler).
Qui dit « poules » dit « crêtes » ! Or voilà que les crêtes reviennent sur le stade. La Coupe du Monde 2014 pourrait bien être une coupe réalisée par un coiffeur. Le monde entier a les yeux tournés vers les têtes des Bleus autant que vers leurs pieds. C’est qu’ils ont le LOOK. L’équipe du Coq français arbore des crêtes comme celle des punks les plus nihilistes. Incroyable de chercher à plaire avec la tête et avec les jambes. Mais comme dit Mamema : « Les coiffeurs veulent aussi leur heure de gloire ». Il est vrai que leur travail est plus visible que celui des proctologues. Et les coiffeurs ne deviennent des stars qu’en coiffant des stars. Tiens, à ce propos, c’est un Mulhousien qui coiffe Albert de Monaco. Un travail à temps partiel apparemment.
« Coupez court » !
000000aaaaa.jpg« Coupez court » ! L’été sera chaud ! Mais les Allemands le disent depuis des décennies : « Der nächste Winter kommt bestimmt » (l’hiver ne manquera pas de venir). Les débats sur le chauffage sont déjà ouverts. Chauffage par chaleur humaine ou énergie fossile ? Combinez les deux : adoptez des vieux !

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi.... mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 

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deytsc

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