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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 12:48

 

 

 

 

 

 

 Oh sachet ! Mes yeux s’emplissent de larmes dans cette période de guerre contre le sachet qui a un si beau nom en alsacien : e Dutt.

 La Dutt m’a accompagnée tout au long de ma vie. Ou est-ce le « Dittel ? » Le Nudeldittel surtout. Le sachet de nouilles, libéré de ces féculents, était dans ma famille, un contenant universel. On y transportait des œufs, des Bredle, des sandwichs pour les excursions. Le sachet de nouilles vide avait même une vocation artistique puisqu’il servait à transporter les affaires de peinture et permettait des concerts de « sachets éclatés ».

Vous comprendrez pourquoi ces « Dittle » étaient collectionnés et amassés dans le vaisselier de la cuisine, posés donc dans le même buffet que le pot à Baeckeoffe mais sur un rang plus élevé au regard de la fréquence d’utilisation.

« Oui ! » me direz-vous, « mais le Nudeldittel est biodégradable, il n’est pas en plastique comme le sachet en plastique ! » En effet, Mamema le proclame : « E Dittel isch kein Dutt ! »

Je me sens coupable

C’est le sachet plastique qui est mis au pilori. Il est l’ennemi universel. On nous enjoint à le combattre avec la même ferveur que Pasteur a combattu les bactéries tueuses. Ma vie n’est plus la même depuis cet appel à la mobilisation. La main sur le cœur, je vous l’avoue, depuis que j’ai lu les méfaits du sachet plastique sur la planète je me sens coupable. Coupable d’avoir participé à la propagation de cette « chose » qui bloque les océans, étouffe les oiseaux et les poissons et s’incruste sur nos périmètres de vie comme le fait la belle-mère sauf que la belle-mère ne vit pas 400 ans.

 400 ans d’espérance de vie pour la « Nylo-Dutt » ! Il y a des jours, on rêverait de peser cinq grammes, de pouvoir transporter 10 kg et d’être l’objet de désir de tous ceux qui vont au marché rien que pour avoir une telle durée de vie ! Oui, mais comme le dit René, notre écolo maison, celui qui nous rend visite en nous offrant un cornet de vers pour la biodégradation de nos épluchures : « Si tu veux vivre 400 ans, il faut arrêter les sachets plastique ». Le « Sus au sachet plastique ! » lancé dans tous les médias a été si poignant que je vais rejoindre l’armée des convaincus.

 Pourtant ce n’est pas sans nostalgie que je pense à ces « Nylon-Dittle » qui me servaient de sac d’école pendant ma période de prof. Si d’aucunes avaient des sacs Gucci ou Prada, moi j’avais des sacs avec d’autres griffes plus populaires. Mes porte-documents, en effet, étaient signés Coop, Suma, Chaussures Georges.

A-t-on le droit de tuer un cochon pour porter ses légumes ? 000000aaaaa.jpgNotre époque est en passe de devenir l’âge de raison de cette civilisation. Il s’agit de laisser tomber tout ce qui peut tuer l’animal, l’homme et la nature. Le sachet en plastique est sur la liste noire. Pour nos commissions, le bonheur est dans le cabas. Oui, mais s’il est en cuir, il est fait avec du cochon mort. A-t-on le droit de tuer un cochon pour porter ses légumes ?

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi.... 
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 12:08

 

 

 

 

 

 

 

 Les gens aiment piquer des banderilles dans le dos du Pouvoir Suprême et surtout imaginer les turpitudes de ces pipoles qui bougent dans la télé, parlent à la radio et s’étalent en bikini ou en vêtements de marque dans les magazines des salles d’attente. 

Vous savez, c’est ce genre de littérature qui remplit la tête des gens avant qu’on y pose des bigoudis ou le casque électronique pour une radio dentaire. En quelque trente ans leurs articles sont passés de “Martine à Gstaad” ou “Martine sur son yacht” à “Martine a de la cellulite” ou “Martine est une nympho”, le tout servi avec le “choc des photos”.

Il y a des humains qui ont autre chose à faire que le buzz.

Et pendant ce temps… Pendant ce temps il y a des humains qui ont autre chose à faire que de faire le buzz. Il y a des humains qui recherchent avec fièvre un moyen pour mieux vivre ou pour survivre. Ainsi naissent les flux migratoires. Ceux qui emmènent les ménagères par milliers dans les zones dédiées aux promos et chez des hard-discounters qui vous mettent le prix du shampoing au prix d’un petit pain, (même s’il est vrai qu’un petit pain ne nettoie pas le cuir chevelu). Ceux qui emmènent les retraités vers des pays méditerranéens, là où le soleil est à gogo, le poisson à trois euros le kilo et le dentier à 300 euros !

 Depuis deux jours, je pourrais même ajouter une nouvelle amorce de flux migratoire : celui qui emmène des populations entières vers le pudding allemand.

Le dessert à portée des plus modestes.

Le pudding allemand, ou plutôt son prix, met le dessert à portée des bourses les plus modestes. 19 centimes d’euros le pot ! Pudding recouvert de Schlagsahne (chantilly) en plus ! Pour le prix d’un expresso au café tu as 12 puddings, de quoi jouer à la roulette russe si tu as du diabète. Non mais ! Il faut faire les vraies comparaisons ! 19 centimes ! Le petit pain étant à 1,20 euro tu peux manger 6 puddings à la place du « Schocolat – Wecke ». Il y a de quoi métamorphoser le petit-déjeuner. La révolution culturelle est en marche. La Süddeutsche Zeitung a raconté cette semaine l’histoire de cet étudiant du Moyen-Orient (d’un pays riche du Moyen-Orient) qui a décidé de rester en Allemagne… pour profiter du pudding à 19 centimes pour le reste de ses jours. 

000000aaaaa.jpgOn va vers un nouveau concept du “Asylant”, du demandeur d’asile. Avant, le candidat à l’asile politique disait “Je veux rester là pour ma sécurité au quotidien”. Dorénavant, on pourrait l’entendre dire “Je veux rester pour avoir mon pudding quotidien”. Voilà une histoire qui me laisse comme deux ronds de flan.

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi.... 
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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 07:01

 

 

 


 

 

 

« Fin août, alors que je venais en ville pour faire des courses et aller à la banque, j’ai trouvé un dentier par terre, devant le restaurant la Couronne. Heureusement qu’il était dans un sachet, sinon je ne l’aurais pas ramassé ! Il avait l’air plutôt neuf : ça vaut une fortune, j’avais trouvé un petit trésor ! Comme je ne savais pas trop quoi en faire, je l’ai déposé à la mairie, aux objets trouvés. J’espère que son propriétaire l’y a cherché ! »

 

MARCEL, LE PRÉPOSÉ aux objets trouvés et donc perdus, me chante souvent la litanie des objets hétéroclites qui s’amassent dans ses armoires, il y a là de qui faire un poème à la Prévert : un parapluie sans baleine, une petite écharpe en laine, un soulier droit à lanière, un CD d’Alain Barrière, un billet pour Lyon-Part-Dieu, une mèche de Depardieu, un roudoudou déjà léché, un bouquet d’herbes séchées, une pièce de dix francs, une ceinture à douze crans, la main gauche d’une statue, un turlututu chapeau pointu et un dentier rose pour en haut et pour en bas.

 

Voilà que les gens perdent leur dentier ! De pauvres hères qui ignorent les colles pour prothèses. Des gens qui n’ont pas peur d’expulser une céramique à 5 000 euros dans un éternuement ou dans un ricanement. Des gens qui transportent leur dentier dans un sachet pour l’enfiler devant une assiette. Des gens qui le mettent dans le sac, à côté des clés. Des gens qui le perdent comme on perd les clés et qui, ainsi, ne pourront plus déguster un steak au bleu ou ouvrir une noix trouvée dans une allée.

 

Voilà donc venu le temps où on trouve des dents dans la rue ! Des dents anonymes. Un sourire en sachet. Un dentier que personne ne réclamera chez Marcel. Parce qu’on n’ose pas. Parce que ça ne se fait pas. Dans un an et un jour quelque part, près de chez vous, une brave dame va hériter d’un dentier. Qui ne sera pas à sa taille. Qui n’est pas dans le catalogue des objets de grande valeur recherchés par les collectionneurs. Malgré son prix.

 

Dans un an et un jour, il y aura quelque part un dentier qui ne sera plus jamais entouré de lèvres. Comme une radiographie en 3D. Une de ces radiographies où on ne voit que les os et les dents. Sans la chair autour. Mamema dit “un dentier c’est fait pour être dans la bouche”.

 

Même Mick Jagger a un dentier et ça se voit ! Le dentier est donc rock and roll. Et comme dit Confucius, “Depuis que le dentier existe, même les vieux peuvent encore croquer dans la vie à pleines dents” ! »

 

 

« S’esch passiert »,
(c'est arrivé)
000000aaaaa.jpg   Huguette Dreikaus  met  à  sa sauce une histoire vécue par les  lecteurs des
Dernières Nouvelles d'Alsace !

 

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 13:51

 


 

 

 



 

La rue, c’est un concept !

Le principe de base de la vie tel que l’enseignent les parents, les profs et le curé c’est « Choisis ta route ». Maintenant c’est le GPS qui choisit pour nous. « Veuillez continuer tout droit », « Veuillez tourner à gauche ».

 Il y a aussi le destin qui indique la route. « En raison de travaux sur la RN 83 il est prudent de prendre l’A35 » ou « Les résultats scolaires de votre fille lui barrent la route vers les grandes écoles ». Et papa de dire : « Si toutes les routes vers le succès te sont fermées tu te retrouveras à la rue ».

 La rue n’est pas la route. La route, c’est ce lacet d’asphalte qui court entre les arbres, les champs de maïs, les rivières et les panneaux publicitaires surdimensionnés. La route est un lieu de passage. La rue est un lieu de sédentarité. On habite dans une rue. Les rues sont bordées de maisons, de magasins, de bureaux pour y travailler ou y chercher des formulaires d’une importance vitale et de décorations municipales entre bancs, géraniums et réverbères psychédéliques.

Un identifiant social

 La rue est plus qu’une ligne sur un plan de ville. Elle est un identifiant social : on n’est pas regardé de la même façon si on vient de l’Avenue Foch ou de rue de la Goutte-d’Or, de la rue Jean-Jacques-Rousseau ou de la rue de Hautefort. Elle est un lieu de contestation. « Les notaires et les employés de Caddie sont dans la rue ». Elle est un lieu de déchéance. « Il est à la rue », « C’est une fille des rues ».

 La rue est un concept artistique quand on la nomme « street ». Artistes et créateurs de tout poil en ont fait un théâtre à ciel ouvert pour « Street art », un podium de la mode pour le « Street wear », un vaste lieu de bouffe à ciel ouvert pour le « Street food ». Le « Street food » tient son festival depuis quelques jours. À Paris. L’idée n’est pas nouvelle. On connaît déjà les baraques à frites qui nous offrent des saucisses et autres chips trempées dans une huile antédiluvienne. On connaît aussi les Imbissbuden allemandes qui jalonnent les cités voisines postées devant magasins, bureaux et dans les parcs publics émettant des signaux de fumée fleurant la « Currywurst », la « Frikadelle » et le « Schaschlik ».

 Oui mais là, le concept du street-food est nouveau. On met les plats élaborés à la rue. Il est venu le temps des tomates-mozza en Combi. Il est venu le moment de déguster du bourguignon arrivé en Estafette. Il est l’heure d’avaler les chairs molles des fruits de mer sur des tables à manger debout posées devant ce camion de forain jadis encore rempli de nougats, de sucres d’orge et de toutes ces choses interdites par ces lois de la diététique qui doivent nous apprendre à prendre moins de place dans les avions low-cost et à écouler les stocks de fringues taille 32 achetées à bas coût dans des pays où le salaire mensuel moyen est jumeau du prix d’un kilo de bœuf. Mais comme dit Lili, « Heureusement qu’ils sont végétariens ».

 L’immobilier a des soucis à se faire. Les fonds de commerce sont sur roue. Les caravanes et les tentes fleurissent jusque dans le cœur des villes. Le boucher envisage de s’en tenir à sa camionnette au vu des taxes sur les pas-de-porte. Le boulanger et l’épicier aussi.

000000aaaaa.jpgLe camping

  Le concept de la rue va changer. Si la rue est un endroit avec des maisons autour, un lieu avec des caravanes, des tentes et des camionnettes, c’est un camping. À ce propos, Confucius dit : « Le camping, c’est juste bien pour quelques jours de vacances. Tu ne peux pas fonder ta vie sur le principe du WC chimique et de la partie de boules ».

 


 

 

Huguette Dreikaus ? 
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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 17:45

 

 

 


 

 

 


Elle bat son plein , la Foire européenne. J’ai eu, comme tous les ans, un billet gratuit.Il y a, en effet, toujours quelque part un listing de « client privilégié » dont je n’ai pas été effacée en raison de mes nombreuses qualités de cliente potentielle : femme de plus de 50 ans, sujette à des crises d’arthrose, entourée d’appareils divers en fin de course, prête à dépenser sans compter pour des objets transitionnels variés pour pallier sa solitude. Je suis donc la proie idéale pour les marchands de bains bouillonnants, les fauteuils de massage, les fours high-tech programmables à distance qui te cuisent en poulet le temps que tu rentres de Colmar, les frigos capables de te dresser un menu avec les ingrédients qu’ils contiennent, les tableaux de Van Gogh lessivables avec ces tournesols qui, selon le vendeur, supplanteront toutes ces autres croûtes à l’effigie de coquelicots anorexiques ou obèses mais toujours rouges qui peuplent les murs de bien des maisons ornées de géraniums.


Mon itinéraire «madeleine de Proust»

Oui mais la Foire c’est plus. C’est un parcours initiatique qui te mène dans toutes les strates de la vie et ébranle toutes les strates de ton cerveau.

 J’ai donc parcouru les allées avec mon psy Bernard. Mes pas m’ont menée droit vers les tartelettes au fromage, les sandwichs aux rillettes et les gaufres au sucre, bref ces stands que je fréquentais petite fille avec mes parents.

 Bernard appelle cela mon itinéraire « madeleine de Proust ». Pour se démarquer d’un tel comportement, lui avait apporté de chez lui un müesli de quinoa et à l’aloe vera, une collation moins sentimentale que raisonnable parce que bio et dégueulasse mais comme il le dit : « Il faut savoir souffrir gastronomiquement pour pouvoir faire le deuil de son enfance et s’ouvrir à la lutte pour la survie de la nature ».

Fort de cette philosophie et chevauchant sur ma propension à vouloir combler un déficit en civisme écologique, il me fit acheter un composteur, une télé à dynamo (une de celle que l’on ne peut regarder qu’en pédalant) et un four à bouses pour me chauffer avec des excréments séchés de vaches et de bœufs. Chauffage bovin presque identique à celui du petit Jésus d’autant plus que le mien est, lui aussi, à air pulsé.

 Confucius dit : « Il faut de la réflexion en toute chose ». La réflexion de l’année c’est : « Il faut sauver la planète ». C’est une réflexion porteuse puisqu’elle a permis à certains de devenir élu et gourou.

 J’ai réfléchi à ces choses. J’ai fait part de ma culpabilité à Bernard. Il m’a absoute devant une assiette de choucroute végétarienne (donc de la choucroute à la choucroute) en arborant son badge « Sauvez Naf Naf », slogan intergénérationnel qui doit aussi détourner les enfants des menus-knacks frites dont veut à tout prix les gratifier la carte de tout restaurant en dehors des restos chinois et des couscousseries.

On n’échappe pas au canapé gris

 Merci Bernard. Hélas Bernard n’a pas pu me renseigner sur le syndrome du canapé gris. Si vous ne voulez pas être confronté au syndrome du canapé gris, évitez d’aller dans le hall de l’ameublement.. Tous les canapés sont gris. 800 canapés gris. Juste quelques blancs perdus dans un déluge de gris. C’est la mondialisation du canapé gris.

  J’ai un canapé gris. Je l’avais avant la Foire. Je croyais l’avoir acheté par goût personnel. Je me rends compte que j’ai été manipulée. La mode s’impose indiciblement.

 000000aaaaa.jpgJe suis rentrée en tram, tourmentée. J’ai pris un café pour trouver la sérénité. Un café fait avec une capsule. Je l’ai bu dans mon canapé gris. Devant ma télé écran géant… comme tout le monde ! Heureusement que je m’habille en 48 et que j’ai un chat noir. J’aime me distinguer.

 

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 17:20

 

 


Crébleu ! On est en plein mois de juin, avec un thermomètre qui affiche « Marrakech » même à Breuschwickersheim et avec une ruée sur les piscines telles que tout le monde sent le chlore et une ruée sur les pizzas telles que la Marguerite et la Fruits de mer se partagent le canapé avec Roland Jérémy ou Aziz en lieu et place d’Astrid, Solène ou Nadia.

Et voilà que les esprits s’échauffent encore plus à cause de la grève des trains, des remaniements dans les médias, des énergies nouvelles et des images dentaires de Schumacher.

Ça s’agite dans le Landerneau mais comme dit Mamema « Tant que ça râle, ce n’est pas tout à fait mort » ! Ah, j’en ai entendu des râleurs hanter les quais de gare déserts, furieux de ne pouvoir aller de leur point A vers ce fameux point B où peut se jouer un destin professionnel, amoureux où létal tant qu’une gare peut être un terminus. La seule qui se soit réjouie de cette grève c’est ma copine Lili qui dit : « Je m’en fous de la grève des trains. Comme mon mari Michel est cheminot en grève, il peut conduire les gosses au collège et mémé chez le cardio avec la voiture à ma place ».

L’ère des pseudos
Cardio ? Vous avez dit « cardio ? » comme cardiogramme ? Savez-vous qu’il y a un électrocardiogramme baladeur qui vaut autant qu’un Renoir si vous le dégotez, même si c’est une œuvre aussi mécanique que le dessin que vous avez réalisé avec votre spirographe à rotations régulières ou elliptiques. 60 000 francs suisses, c’est ce que demande Kagemusha le voleur de l’électrocardiogramme de Michael Schumacher, un Suisse certainement sinon il aurait demandé une rançon en euros. « Kagemusha », c’est un pseudonyme bien sûr. On vit tellement dans l’ère des pseudos que j’ai des amis Facebook qui s’appellent « Carré de chocolat », « Brume aux pieds plats » ou « Macaroni Vengeur » et un ami Fb qui a pour pseudo « Dick Roger » parce que, dit-il, « ça ne regarde personne que je m’appelle en réalité « Roger Dick. »
J’oubliais : dans le contexte de ce kidnapping d’acte médical le dossier Michael Schumacher était édité lui aussi sous le pseudo « Jérémy Martin ». Il y a de la schizophrénie dans l’air. En effet, Jérémy Martin fils de l’ancien ministre Philippe Martin pourrait exiger de piloter une Ferrari. « Da lachen ja die Hühner » (les poules vont rigoler).
Qui dit « poules » dit « crêtes » ! Or voilà que les crêtes reviennent sur le stade. La Coupe du Monde 2014 pourrait bien être une coupe réalisée par un coiffeur. Le monde entier a les yeux tournés vers les têtes des Bleus autant que vers leurs pieds. C’est qu’ils ont le LOOK. L’équipe du Coq français arbore des crêtes comme celle des punks les plus nihilistes. Incroyable de chercher à plaire avec la tête et avec les jambes. Mais comme dit Mamema : « Les coiffeurs veulent aussi leur heure de gloire ». Il est vrai que leur travail est plus visible que celui des proctologues. Et les coiffeurs ne deviennent des stars qu’en coiffant des stars. Tiens, à ce propos, c’est un Mulhousien qui coiffe Albert de Monaco. Un travail à temps partiel apparemment.
« Coupez court » !
000000aaaaa.jpg« Coupez court » ! L’été sera chaud ! Mais les Allemands le disent depuis des décennies : « Der nächste Winter kommt bestimmt » (l’hiver ne manquera pas de venir). Les débats sur le chauffage sont déjà ouverts. Chauffage par chaleur humaine ou énergie fossile ? Combinez les deux : adoptez des vieux !

 

 

 

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 12:07

 


Merci Albert ! Merci d’avoir fait cette photo où tu tires la langue, cette photo que j’avais fixée au mur pour montrer aux copains que j’avais des idoles plus intellectuelles que Cloclo, Roy Black et Droopy.
Merci Albert d’avoir émis cette théorie libératoire « Tout est relatif » et son corollaire « Rien n’est figé. Tout évolue selon les circonstances ». À chaque mois qui passe, ta thèse se vérifie pleinement : nous vivons dans un pays avec une population aux comportements variables mais universels.
Ce mois de juin notre pays est peuplé d’est en ouest et du nord au sud de gens clonés dans leur tenue vestimentaire faite de t-shirts, de casquettes, d’écharpes, de shorts, le tout muni d’écussons et accessoirisé par des fanions et des mascottes en peluche. Tout le monde vautré sur des sièges allant d’un canapé suédois à une chaise bistrot en passant par un pouf, un futon ou une natte en paille de mil et tous regardent dans la direction d’une télé en bien propre, en copropriété, en location ou en jouissance momentanée moyennant l’absorption d’une boisson par demi-heure. Notre monde est à l’heure de l’Internationale. Celle du foot. Là où Lénine, Mao et même Jésus ont échoué, le foot a réussi. Nous avons une pensée unique : « Ballon ! »
Ceux qui tiennent la réputation du pays entre les mains ne sont plus les industriels chargés de porter le PNB au pinacle. Ce ne sont plus les militaires chargés d’asseoir notre pouvoir sur les autres nations. Ce ne sont plus les écrivains et cinéastes rencontrés dans ces festivals où l’on vante des histoires d’amours ou des histoires de règlements de comptes entre vendeurs de drogue improbables. La réputation du pays est entre les mains ou plutôt des pieds d’une douzaine d’as de la chaussure à crampons.

Nourriture unique
Juin 2014 c’est le mois du foot. On est dans la nourriture unique : la pizza. Comme dit mamema « la pizza c’est comme le flammekueche, la pâte c’est comme une assiette, après tu n’as pas de vaisselle ». Les rues des villes sont parcourues par des scooters enrichis de GPS pour ne pas perdre de temps. Les livraisons doivent se faire au quart de seconde près, dans un laps de temps laissé vide par une page de pub. Toutes les pizzas sont des pizzas-reines même celles aux quatre fromages. On en oublie les vertus de la soupe collective. Pizza et foot sont associés si fort en ce mois de juin que, même le reste de l’année, Brandon, du haut de ses 18 mois crie « goooooooaaaaaaaaal » en voyant un livreur de pizza.
Certes ce mois de juin 2014 laissera des séquelles en certains d’entre nous comme sur Brandon mais ce mois de juin 2014 sera le théâtre d’une civilisation au caractère aussi éphémère qu’universel : un monde de foot.
000000aaaaa.jpgDéjà se profile une autre civilisation éphémère, celle des transats, des shirts, des crèmes solaires, des churros, des moules-frites, des fesses nues et des livres de Marc Levy ou de Mary Higgins Clark. Il n’y aura qu’une chose qui ne changera pas. La SNCF continuera à faire grève.

 

 

 

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 00:00

 

 

 

 

 

 

C’est la chienlit. Les trains ne respectent plus les indicateurs Chaix. Les Michelines se la jouent capricieuses. Sur les quais c’est la fièvre. Les voyageurs attendent le train comme si la suite de leur vie en dépendait. On est dans un remake du film Le train sifflera 3 fois.
Les esprits s’échauffent, les récriminations fusent : « Ceux qui n’ont pas de boulot ne peuvent pas faire grève ! », « En plus, on crève de chaud sur ce quai », « Prendre le train c’est comme jouer au loto ». Il n’y a pas que le trafic qui est perturbé. Où est l’assistance psychologique ?
Le philosophe dit : « C’est le syndrome du grain de sable ». On se rue massivement sur le sable des plages mais tout le monde déteste ce fameux grain de sable qui enraye la machine bien huilée de nos routines. Un train prévu à 7 h 13 doit partir à 7 h 13. Un horaire est un horaire.
Il n’y a que Paul, ce lève-tard pathologique qui arrive à la gare à 7 h 20 qui puisse se réjouir du retard des trains. Paul ou Jenny qui se réjouit de ne pas pouvoir faire son exposé à l’école. Je crois aux vertus du hasard. Pourquoi ne pas faire confiance au hasard ?
Le temps du rêve
Le destin veille pour d’aucuns quand un train n’arrive pas, quand un avion ne décolle pas. Un train de 9 h 12 qui est annulé ne peut pas dérailler à 9 h 52. Dans le train de 13 h 42 qu’on doit prendre en remplacement du train de 11 h 47 se profile une rencontre improbable car comme dit Confucius : « Si tu es dans le train de 11 h 47 tu ne peux pas rencontrer quelqu’un qui est dans le train de 13 h 42 ». Ces rencontres peuvent être Hitchcockiennes comme dans le film L’inconnu du Nord-Express, ludiques comme dans Night train, amoureuses comme dans Le temps de l’aventure.
Le train en retard nous donne du temps. Du temps pour l’imprévu. Du temps pour l’improbable. Du temps qui nous appartient rien qu’à nous.
Le temps du rêve. Le temps de se faire des films dans sa tête avec sa valise à ses pieds. Du temps hors du temps. Du temps long parfois. Mais le temps long fait que la vie passe moins vite. Se pourrir le temps de l’attente avec du stress ou de la rancœur est 000000aaaaa.jpgabsurde car « Il y a toujours un train qui arrive quelque part ». « Aujourd’hui peut-être ou alors demain ».
Petite remarque. Il y a peut-être quelqu’un quelque part qui se fait une joie de ne pas vous voir débouler et qui crie « Vive la grève des trains ! »


 

 

 

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 12:03

 

 

 

 

 

 

L’été commence le 12 juin, le jour où les lycées et les collèges ferment pour cause d’examens et les écoles primaires pour cause de classes vertes. Et là, c’est le retour des mots en «-ction » : action, distraction, friction (à la crème solaire), élections (de Miss Bikini) mais aussi, hélas, le temps où il faut faire face à des infections, des dermo-réactions, des tuméfactions, des vols avec effraction, des chocs aux intersections. Mais comme dit Mamema : « Tout cela n’est pas grave tant qu’on n’est pas mûr pour l’extrême-onction. »
L’été c’est tout ce que j’ai énuméré comme mot en «-ction, mais c’est surtout le temps de la séduction ! Malédiction et abjection ! Voilà le temps où il faut viser la perfection.

Séduire est le propre de l’homme. Les psys disent que tout ce que nous faisons, nous le faisons pour plaire et pour séduire. Il paraîtrait que l’enfant qui fait « caca pot » devant les applaudissements nourris de la famille le refera toujours et encore dans l’intention de recueillir les mêmes vivats puis pour se retrouver enlacé et bécoté par sa maman. Sigmund situe le « caca pot » du nourrisson parmi les outils du séducteur entre le baisemain, les estampes japonaises, les chemises ou corsages « col ouvert » et la roue du paon.
Avec quoi pouvons nous séduire ? Si l’on en croit une récente émission de télé et le coach dépêché au secours de quelques cœurs solitaires, il faut avant tout être beau. La séduction commence donc dans des salles de fitness pour se continuer chez un chirurgien plasticien qui vous remodèlera selon l’image de catalogue des stars. Vous aurez alors la bouche de Madonna et non celle de tata Gertrude, le sourire de Hugh Grant et pas celui du cousin Gilbert. Une fois cette beauté atteinte, il suffira de la mettre en valeur avec des stilettos pour les filles, de la rock-wear pour les hommes.

Nous avons tous ce « Je-ne-sais-quoi »
Et ce n’est pas tout. Il y a la démarche, du genre « Montre moi comment tu marches et je te dirai ce que tu cherches ». Mamema dit : « Marcher c’est bien mais en amour il faut courir », et c’est vrai, les filles courent après les garçons et les garçons courent après les filles. Confucius ajoute un codicille : « Si tu veux attraper une biche, il faut aller dans les forêts où elles pullulent ». Et elles pullulent où les biches ? Et ils pullulent où les jeunes taureaux ? Dans la rue, dans les bars, dans les bus, dans les discothèques, sur les plages. Pour séduire, il faut donc sortir, prévoir des sous pour les transports, les boissons, le ciné etc. Tout le monde ne peut donc pas séduire n’importe où et épouser le facteur comme maman car l’amour vient rarement frapper à la porte.
000000aaaaa.jpgJ’ai tout lu et tout regardé sur la séduction et je me suis rendue à l’évidence : je ne réponds pas aux critères. Fichtre ! Diantre ! Et alors ? C’est oublier qu’on a tous ce « Je-ne-sais-quoi », ce petit « Dingel doo » qui affole les hommes. Confucius dit : « L’humanité, c’est comme les sommets de l’Himalaya, il y a ceux qu’on aborde parce que tout le monde en vante la beauté et il y a ceux qu’on voudrait être seuls à découvrir à cause de leur attrait si spécial et à cause de leur mystère ».
Hé ! Psstt ! Tu l’as vue, ma face Nord ?

 

 

 

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 13:00

 

 

 

 

 

 

 

 

 Feuilletez les pages de son quotidien préféré ou celles des magazines en papier glacé posés sur les guéridons de ces salles où on attend les soins dentaires, les radios pulmonaires, les modifications capillaires ou les dispositions testamentaires ! Vous vous rendrez compte que tout tourne autour des trois positions fondamentales de notre corps dans l’espace, « debout, assis, couché ».

 Il y a ceux qui attendent de vous que vous vous mettiez dans la position couchée pour eux, pour remplir les chambres de leur hôtel ou de leur gîte, pour rentabiliser leurs baignoires à remous ou leurs bancs de massage, pour garnir les transats de leur lieu zen et vous permettre ainsi une méditation transcendantale. Être allongé peut donc être une « position d’activité » ne fût-ce que dans le cadre d’une participation à la politique des loisirs, un des éléments dynamiques de l’économie régionale, de l’économie nationale et de l’économie mondiale. Mamema dit : « Souvent, ceux qui sont couchés donnent du travail à ceux qui s’occupent d’eux et de leur bien-être ». Ce n’est pas Dédé-la-Saumure qui dira le contraire. J’adore Mamema, encore plus depuis que je sais que je suis couchée sur son testament. Comme dit Confucius : « Ceux qui sont devenus des gisants laissent parfois à ceux qui restent de quoi avoir une situation bien assise ».

Avoir un siège

« Assis ? Vous avez dit assis ? Ah si, vous avez dit assis ! » Oui, j’ai dit « assis ». Voilà une situation visée par le commun des mortels. Ce ne sont pas les remous des dernières semaines qui me donneront tort. Que sont en effet les élections sinon des batailles de candidats pour un siège, pour une place assise dans un hémicycle ?

  C’est alors une vaste valse des chaises musicales au son de « Lève-ton cul de là ! », célèbre chanson des Forbans. Avoir un siège n’est pas la panacée pour les seuls politiques, c’est la course quotidienne pour d’aucuns d’entre nous dans les trams, les bus, les trains et les restos. Poser ses fesses donne une base à notre vie ou dois-je dire une assise ? « Avoir une situation assise » est synonyme de réussite sociale. La chaise ou le fauteuil symbolisent l’appartenance à la caste de « ceux qui travaillent devant un bureau », ceux qui ont réussi à quitter leur condition d’ouvrier debout à son banc de peine ou de paysan debout derrière ses vaches pour pousser la charrue. Notons cependant que certains paysans sont devenus des notables qui vont balader leur fondement de moissonneuse-batteuse en vendangeuse-presseuse et en laboureuse-émotteuse avant de regagner leur siège de dirigeant agricole ou de représentant des comices agricoles. Mamema dit : « Il y a des hémorroïdes dans l’air ». En alsacien pourtant, « avoir une belle situation », une situation « bien assise » se dit « e gueti Stell hann » du verbe « stehn » (être debout) !

Qui sait encore se mettre à genoux ?

Être debout pourrait devenir un must dans cette civilisation actuelle qui nous propulse déjà vers le tofu, vers les associations de défense du grand hamster d’Alsace et du concombre tordu et nous propulsera bientôt vers les bureaux verticaux – ceux qui élimaient déjà les manches des ronds-de-cuir du temps de Courteline – et vers les canapés verticaux d’où nous pourrons visionner des films avec des histoires à dormir debout. Croupir c’est mourir. « Levez-vous ! » Il y va de notre santé.

Se mettre debout et bouger c’est allonger sa vie. « Lève-toi et marche », a dit Jésus à un Lazare déjà mort. Marcher est bon pour la santé sauf si tu marches dans un clou rouillé et que tu attrapes le tétanos ou si tu marches sur une mine. C’est beau un peuple qui marche ! C’est 000000aaaaa.jpgbeau une foule debout ! Bientôt, on en verra souvent des foules debout, sur la route du Tour de France et dans les tribunes du Mondial. Des centaines de millions de gens seront debout pour acclamer les dieux du stade. 
Et qui sait encore se mettre à genoux ?

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi.... 
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

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Texte Libre

deytsc

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