c'est dans l'air du temps....

Le Villageois et le Serpent






Esope conte qu'un manant,
            Charitable autant que peu sage,
            Un jour d'hiver se promenant
            A l'entour de son héritage,
Aperçut un serpent sur la neige étendu,
Transi, gelé, perclus, immobile rendu,
            N'ayant pas à vivre un quart d'heure.
Le villageois le prend, l'emporte en sa demeure;
Et, sans considérer quel sera le loyer
            D'une action de ce mérite,
            Il l'étend le long du foyer
Le réchauffe, le ressuscite
L'animal engourdi sent à peine le chaud
Que l'âme lui revient avecque la colère
Il lève un peu la tête, puis siffle aussitôt
Puis fait un long repli, puis tâche à faire un saut
Contre son bienfaiteur, son sauveur, et son père.
«Ingrat, dit le manant, voilà donc mon salaire !
Tu mourras!» A ces mots, plein d'un juste courroux,
Il vous prend sa cognée, il vous tranche la bête;
            Il fait trois serpents de deux coups,
            Un tronçon, la queue et la tête.
L'insecte, sautillant, cherche à se réunir,
            Mais il ne put y parvenir.

            Il est bon d'être charitable :
            Mais envers qui ? c'est là le point.
            Quant aux ingrats, il n'en est point
            Qui ne meure enfin misérable.


La Fontaine.


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D
<br /> <br /> Bonsoir Simone,<br /> <br />       J'ai toujours aimé les fables de Jean de La Fontaine.<br />       Elles sont toujours porteuses d'une morale, aujourd'hui disparue.<br />       Effectivement, rares sont les ingrats qui meurent dans la misère.<br />       Bonne soirée.<br />       Bises.<br />       dédé.<br /> <br /> <br /> <br />
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