
Voilà bien une nouvelle qui vole haut.
Dans le flot des congrès, forums et colloques en tous genres,
l'un mérite qu'on en prenne particulièrement de la graine :
on attend le premier symposium sur le comportement
du perroquet de compagnie.
Ah, bien sûr, on entend d'ici les railleurs, qui déjà ont
cru bon de se gausser d'imaginaires meetings sur la sexualité
du hanneton ou de supposées conférences sur la socialisation
de la fourmi rouge.
Sauf que là, on n'en démordra pas, c'est du sérieux.
Les invitations ont été envoyées - pas par pigeon voyageur.
Et les lieux où les intéressés sont invités à se poser, dûment balisés.
Les perroquets applaudiront des deux pattes,
s'ils y arrivent sans se latter.
Non pas qu'ils soient invités à s'exprimer : le symposium,
a-t-on bien précisé, s'adresse à leurs propriétaires.
Les plus bavards ne sont pas toujours ceux que l'on croit.
Drôles d'oiseaux
Durant une journée, ils pourront écouter ce qui ne saurait
être assimilé à un beau parleur.
L'orateur, en l'occurrence une oratrice,
est qualifiée d'experte de l'analyse comportementale du perroquet.
Inutile donc de craindre des mots en l'air, de vaines prises
de bec voire d'impromptus virages sur l'aile :
il est prévu de se retrouver entre vraies gens de parole.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blues
du psittacidé le soir, au bord de la mangeoire,
era déballé. Car l'enseignement sera d'un « niveau très élevé »,
le thème méritant une hauteur de vue.
L'enjeu est de taille, puisqu'il s'agit de montrer
comment accommoder maître et oiseau ; dans ce duo,
il faut éviter de se couper le sifflet pour rien, de faire
le nid d'inutiles plumaisons.
Évidemment, tout rapprochement avec d'autres
perchoirs d'actualité (électoraux, par exemple),
d'éventuels effets de gorge en public ou
autres gazouillements de circonstance,
ne serait que fortuit, voire carrément malveillant.
Didier Rose 
Je pense donc je lis les DNA