c'est dans l'air du temps....
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On y croyait, au calumet de la paix. Voilà que sont déterrés les cendriers d'une nouvelle guerre. Avec la loi antitabac, les clopeurs avaient certes été contraints d'en écraser un peu, dans les bistrots. Dehors, les pollueurs ! Et c'est là tout le problème. La revanche est pour la nicotine un plat qui se mange chaud. Avec le retour des beaux jours, les pestiférés de la cibiche, agonis sous la bise, reprennent non seulement des couleurs mais aussi du souffle. Inutile de vouloir se voiler le nez : les terrasses sont devenues chasse gardée de la tabagie flamboyante. On peut toujours se brosser pour trouver par temps clair une table extérieure qui ne soit pas dans le brouillard. A croire que manger au grand air relèvera bientôt de l'abus de langage. Comme par tout un hiver frustrés, les fumeurs semblent crapoter à tout va, la tête dans les nuages, au propre comme au figuré. Nuages, nuages Et cette fois, le vent a tourné : plus question de demander à un voisin s'il n'est pas dérangé par notre salade niçoise pendant qu'il tire sur son cigare. La terrasse a trouvé dans la réglementation son statut d'aire conditionnée à la fumée. Puisque l'on a dit et réécrit que la cigarette devait y prendre ses aises ! Difficile d'imaginer renvoyer les flambeurs à l'intérieur, au simple prétexte que l'asphyxie guette à ciel ouvert. Quant à demander aux accros d'aller voir ailleurs si l'on y respire, voilà qui risque de provoquer d'assez fumasses réactions. Autant se faire une raison : le non-fumeur n'est plus en odeur Pousse-toi de là que j'y fume ? La ségrégation par la clope menace de prendre une tournure A moins d'être disposés à faire de menus efforts. Après tout, si l'on tient tant à retrouver sa place au soleil, autant y mettre du sien : rien n'impose de ne pas fumer en terrasse.
Didier Rose Je pense donc je lis les DNA |
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