| Drôle d'oiseau, que la mésange, occupée ces temps-ci autour de son nid de printemps, en Alsace ou ailleurs. Le volatile n'a pas fini de faire lever les yeux au ciel. Pas seulement ceux des ornithologues et de tout observateur attentif du règne animal. La recherche en génétique aussi, a de quoi être ébaubie du comportement de ces passereaux. On les pensait sociables, à les voir taper joliment du bec dans les mangeoires installées à leur intention dans nos jardins. Un peu court, pour qualifier les capacités de l'espèce : la mésange, si l'on croit les expériences effectuées sur sa composante dite charbonnière, se distingue par un trait de personnalité troublant. Elle avait déjà épaté les scientifiques anglais par son adresse à se servir dans les bouteilles de lait déposées sur les perrons de Londres. Le gène de la curiosité Les généticiens s'enflamment de cette caractéristique particulière : ils ont isolé chez nos amies les mésanges un gène qui serait, ni plus ni moins, celui de la curiosité. En voilà une découverte ! Inutile de persister à penser que la curiosité est un vilain défaut : elle ne serait que programmée. La trouvaille pourrait d'ailleurs être extensible à l'homme. Les spécialistes, aiguillonnés par une curiosité qu'il faut bien considérer comme qualité, estiment que la quête de nouveauté procéderait dans nos méninges d'un mécanisme approchant. On connaissait la pie voleuse, le chat joueur, l'ours gourmand, le lapin peureux, le paon orgueilleux, le chien fidèle ou l'âne buté : la mésange curieuse nous révélerait-elle que la génétique nous gouverne tout entier ? Ne pas hésiter à en prendre de la graine. Lorsqu'un de ces oiseaux s'essaiera, un de ces jours, à zinzinuler sous la fenêtre, il conviendra de ne pas l'en chasser. La mésange ne vient pas seulement espionner, ni guetter, ni explorer. Elle parle de ses gènes. Donc de nous. Didier Rose Je pense donc je lis les DNA |