|  Boire ou savoir, faut-il choisir ? En tout cas, la vérité n'est pas toujours au fond du verre. Ni comme auraient tendance à le croire des latinistes un peu naïfs, dans le vin. A entendre certains propos, on pourrait même s'interroger : tu t'es vu, quand t'as pas encore bu ? Selon une étude qualifiée de scientifique, donc à la lecture potentiellement aride, on en apprend de belles. Gros hic, une personne sur deux par exemple ne sait pas estimer les quantités d'alcool contenues dans des verres de différentes spécialités non ferrugineuses. A la question de savoir ce qui tape le plus sur le ciboulot, entre des verres de whisky, de vin, d'amer ou d'anisette, les propos de comptoir volent bas. A vue de nez, ça tangue dans le bastingage, côté étiquettes, à un degré que l'on ne soupçonnait pas. Et pourtant, la chose est claire, comme de l'eau de roche : c'est pareil ! Une dose de cognac ou de cidre, c'est kif-kif. Blanc bouchon et bouchon blanc. Un gros hic L'un est certes beaucoup plus fort. Mais on s'en verse peu. Du moins dans les pays civilisés et à des heures décentes. Pas moins inquiétant, une fois sur deux un automobiliste se dit incapable de donner la limite légale d'alcoolémie de 0,4 g/l de sang. A se gratter le képi. Sauf si l'on considère que, en guise de repêchage (si l'on peut dire), il sont un peu plus nombreux à se douter qu'au delà de deux verres, mieux vaut ne plus souffler dans un volant, ni piloter un éthylotest. Ou l'inverse. Bon, on daube la culture nationale de l'alcool. Mais l'Alsace en particulier ne brille pas par sa sobriété. Du moins si l'on se sert une autre étude qui en fait une championne du biberonnage de bière et, chez les jeunes, de premix. De quoi faire des bulles, dans les ligues antialcooliques. Et donner des aigreurs aux toubibs, qui pourtant le serinent. Sans modération, la bibine n'est pas un bon compagnon : ça fait mal aux tuyaux. Et, autre étude inédite, ça fait vieillir plus vite, y compris les méninges. Chose à se remémorer, avant que d'avoir trop versé dans l'alcool. Didier Rose Je pense donc je lis les DNA |