 | Un vieux chat portant bien, au pelage argenté, Rêvait un soir, assis sous la lune d’opale. Il pensait à l’amour qui avait déjanté. Sa roue ne tournait plus. Son rond était ovale. Secoué par la vie, allant de hauts en bas, Pédalant dans sa tête et sans but ou raison, Il écoutait le vent soufflant dans son tuba, Musique lancinante ignorant diapason. Il n’attendait plus rien de la vie. Pas un signe. Ses jours étaient carrés. Réglés sur l’habitude. Que voulez-vous qui change en matière de guigne Quand tout paraît futile au cœur qui se dénude ? Quelque chose pourtant – Mais vous n’y croirez point ! – Quelque chose disais-je – Incroyable mais vrai ! – Quelque chose vraiment – Ca va faire du foin ! – S’est passé ce soir là qui l’a tout dégivré ! Car par-dessus les toits il entendit la plainte D’une très jeune chatte aux jours désespérés. Figé, mais à l’écoute, il répondit sans crainte, La rassurant, de loin, de « miaous » tempérés. …….. Chaque soir, depuis lors, on entend des serments Qui fleurissent d’amour, boutonnent à loisir, Faisant de grands bouquets au bleu du firmament Qui nappe leur histoire où renaît le désir. Ils se sont rencontrés sous un saule pleureur Qui veilla leurs amours toute une nuit durant. Le couple était si beau, s’aimant avec ferveur, Que des larmes du saule on tailla des diamants… ……… Un vieux chat, portant bien, au pelage argenté, Rêve ce soir encor, sa chatte à ses côtés… CHRIS R | |