Pourquoi les petits coqs ont-ils les mains qui collent ?
La réponse échappera peut-être à ceux qui n'ont pas d'ado dans leur famille, ni de collè ge dans leur quartier.
Sûrement pas aux autres, forcément au fait d'un phénomène épidémique chez les garçons de l'époque : à mesure que leur pousse la
moustache se relèvent
aussi les tifs sur l'occiput.
Pas de mutation génétique à redouter ici.
Pas plus que d'effet secon-
daire provenant d'un abus de blanc de poulet (de nuggets, plutôt).
Si des crêtes se dressent
sur la boule de nos ados, ce n'est là qu'effet de mode, soigneusement entretenu. Et même pire : frénétiquement respecté. au prix d'un vrai
bagne capillaire.
Chair de poule
Sitôt sur leurs pattes de bon matin, on "n'ose dire au chant de qui vous savez, les petits coqs sont donc pris d'un genre de trouble
obsessionnel en trois temps : passage à multiples reprises du plat de la main du front
vers la nuque ; relevage des côtés, depuis les tempes jusqu 'à la protubérance crânienne.
Et puis. surtout, application
de gel. Beaucoup.
A fixation extra-forte.
Peut-être que certains ont fini par essayer la colle à tapisserie, tant ces damnées ficelles rechignent à demeurer droites. Du coup, les cours de récré sont devenues des endroits bizarres où se côtoient deux genres distincts :
ceux qui ratissent sans cesse de leurs doigts écartés un curieux plat de spaghettis en pyramide, sauce au gel (voilà
pourquoi leurs paluches collent). Et puis ceux qui se marrent en douce.
Un se moque, mais certains, à ces lignes, en auront les cheveux qui se dressent vraiment -et sans artifice cosmétique : les profs. Plus moyen, paraît-il, d'en
placer une sans qu'un volatile, dans la classe,
se hérisse à grands gestes la tignasse.
Étonnez-vous alors s'ils se font voler dans les plumes