 | | Les ministres passent. Les réformes aussi. Le vrai centre de gravité de notre système éducatif demeure : le poids des cartables, avec les âges, n'a pas diminué. Sans doute est-ce le sens profond de la maxime voulant qu'un esprit sain mérite un corps sain. Faut bien. Pour aller au collège, santé et biscotauds obligatoires. C'est, tous les jours que le planning fait. un exercice non noté mais impose d'haltérophilie. Pendant que de grands esprits repensent les en seignements, les marmots font le gros dos. Avant même que d'avoir la tête sur l'épaule, ils ont donc intérêt à avoir la basket renforcée, le mollet affûté. Mous du genou s'abstenir, sous peine d'écroulement avant même le portail de l'établissement adoré. Le poids du savoir On aurait tort de prendre la question à la légère, tant les cartables peuvent afficher de spectaculaires surcharges pondérales. Tenez, un jour de la semaine, pour un môme de 6e, passage sur la balance du suspect (le sac à dos, pas l'élève). Verdict : plus de 8 kg. On a vu pire ? Donc, exercice pratique à l'égard des adultes sceptiques. Prendre un pack de six bouteilles d'eau minérale et tenter de le tenir à bout de bras. Convaincu ? Comment, toujours pas ? Alors, pour ceux que les lois de la physique, et du physique, ne touchent pas. trimballer avec soi, toute une journée, ce fameux pack. Circuler en tram, remonter des escaliers, filer manger. Le soir venu, plus dur sera le retour... 0n critique certes. Mais combien de fois n'a-t-on entendu parler, en des sphères où l'on ne porte plus depuis longtemps sa serviette, de projets d'allégements des programmes, de régime pédagogique. voire à certaines époques de dégraissage du mammouth... De l'ironie sans doute. D'autant plus cruelle que se multiplient à l'attention des jeunes générations les messages de mise en garde sur les modes : d'alimentation et le surpoids subséquent. Alors que leurs cartables sont délibérément, et durablement, obèses. Bonnes vacances, les vertèbres. Didier Rose Je pense donc je lis les DNA | |