| | Rouler comme des « cochons » (citation littérale), c'est fini. L'avertissement ne vient pas de n'importe qui. La police allemande, pas particulièrement réputée pour son sens de l'humour, a décidé que l'été serait chaud. Particulièrement pour les adeptes de gommes brûlées sur routes verdoyantes. La poignée de gaz essorée, les échappements trois-en-un rougis, les cardans secoués, tout ça, assure-t-on outre-Rhin, schluss, terminé. Autant le savoir de ce côté-ci de la frontière aussi : l'ultimatum a été lancé à tout ce qui hurle sur deux-roues. Trop, affirme la Polizei. A chaque mois de mai, sur les routes de la Forêt-Noire, ça tombe comme à Gravelotte. Les moteurs reprennent des tours et les ambulances du service : + 26% d'accidents l'an dernier. A désespérer les experts en sécurité routière. Ça gaze un peu trop ! Du coup, ces messieurs de la police ont sorti, plus souvent qu'à leur tour, les radars. Dont certaines fument encore. Dame, un 187 km/h sur une paisible route de montagne, fallait oser. A côté, un 105 km/h en plein village prendrait presque des allures (faussement) raisonnables. Accrochez-vous : sur 24 000 motos contrôlées, un tiers filaient hors des clous. Allez vous étonner, alors, qu'au joli mois de mai revenu, les porteurs de casquette vertes virent au rouge. Le pire, se désole la police routière allemande, est que les conduites les plus olé-olé ne sont pas le triste apanage des gamins. Au moindre rayon de soleil, et pour peu que le bitume soit un peu sec, voilà que déboulent comme des fondus les motards supposés les plus mûrs, âgés de 35 et 55 ans. Problème : ils ne sont pas forcément les plus expérimentés. Résultat, à défaut de filer doux, ils filent parfois un peu trop droit, notamment dans les virages. D'où le coup de sang des autorités - et de frein de la police aux essaims un peu trop bourdonnants des motos du week-end. Français, Allemands, Suisses sont prévenus : mollo les gaz en Forêt-Noire. Mais aussi, on l'espère, dans nos si chères Vosges. Nouveau code, sur la route : vieux motard que jamais. Didier Rose Je pense donc je lis les DNA |