| Comment ça, le joli mois de mai ? Une catastrophe, oui. Des ponts, des viaducs et des passerelles jetés en pagaille par-dessus le flot des contingences habituelles. Faut vraiment s'accrocher à la rambarde pour suivre. Repérer à la jumelle les jours travaillés pour trouver encore un équipage à la manoeuvre - et pas seulement dans certaines administrations, comment auraient tendance à le penser des persifleurs imposables.  Le mois de mai, c'est devenu comme une partie de saute-mouton appliquée aux agendas. Prière de bien viser l'obstacle, calculer où il vaut mieux atterrir, prévoir de ressauter dans la foulée. Un coup de RTT ici, une récup' par là, et salut la compagnie : pouvez toujours laisser un message sur le répondeur. Génial ? Pas tant. Le surmenage guette, la saturation menace : préparer ses absences à répétition, quel boulot. De quoi sûrement justifier quelques heures sup'. Histoire de bien border la virée en famille du 1er, de paramétrer pile-poil le barbecue du 8, de caler la sortie avec les potes de l'Ascension. Mais c'est mai ! Certains osent la question : sérieusement, où caser encore un rendez-vous professionnel crédible dans une telle déferlante de nécessités ? En voilà un autre casse-tête patronal : à qui demander d'aligner cinq jours de travail d'affilée durant un mois comptant trois jours fériés en semaine et s'achevant par un week-end rallongé ? Le crève-coeur n'est pas loin pour les stakhanovistes. Ni le cas de conscience pour les allergiques au boulot : quel jour revenir, s'il en faut vraiment un ? Tout le monde, c'est vrai, n'a pas ce genre de problème. Malheureusement. La crise est passée par là, hermétique aux charmes présumés du calendrier. Pour certains, le mois de mai est le printemps des loisirs. Pour d'autres, ce peut être l'automne d'une carrière. Des vacances comme personne n'en souhaite : forcées. Plus question alors de ponts à répétition, mais plutôt, tout bêtement, de garder les pieds sur terre, si ce n'est au sec. Ne pas oublier : le temps libre, au mois de mai, l'est parfois un peu trop. Didier Rose Je pense donc je lis les DNA |