Entre écologistes et nucléaire, pas d'atomes crochus, comme on dirait ces jours-ci à Fessenheim. Gare pourtant aux nuages de fumée des manifs : comme à la SNCF, une centrale peut en cacher d'autres !
C'est ce que viennent d'apprendre les électeurs allemands. Pendant que, de ce côté du Rhin, on préparait les banderoles pour demander une trêve des matériaux fissiles, le bail de deux gros moulins atomiques était tranquillement renouvelé, pas si loin de nos rives.
Dans le Bade-Wurtemberg, aux abords de Karlsruhe et de Stuttgart. La preuve que la victoire des partis du noir et du jaune n'est pas sans répercussion sur la politique verte de l'Allemagne.
En conséquence, les deux centrales nucléaires de Neckarwestheim (1976) et de Philippsburg (1979) vont turbiner plus que prévu. « Aussi longtemps qu'elles seront sûres », a-t-il été annoncé. Avec une précision qui forcera l'admiration.
Court-circuit
Côté opposition, on n'est pas loin de péter un plomb. Surtout chez les Verts, où l'énergie ne manque jamais pour tirer à boulets rouges sur le nucléaire : s'il s'agit d'engraisser les exploitants de ces centrales, y persifle-t-on.
Les gros chiffres sont lâchés. Les qualificatifs volent bas : politique de dinosaures d'un côté, courte vue de l'autre. Un débat sain, quoi...
L'atmosphère, de fait, est devenue un tantinet électrique dans le pays de Bade, où certains ne s'attendaient pas à une telle rallonge. Le pire, paraît-il, a été évité, qui aurait sans doute court-circuité durablement les échéances électorales.
Il y a deux ans, le projet avait été étudié d'implanter dans le Bade-Wurtemberg une décharge finale pour déchets radioactifs, près de la Suisse. De quoi faire disjoncter les riverains ?
Option finalement abandonnée. Non pas pour des raisons politiques. Plutôt parce que la géologie a ses raisons : la présence d'eau souterraine a fait plonger l'idée.
L'Alsace, et ses bienheureuses nappes phréatiques, peut s'éponger.
Didier Rose
Je pense donc je lis les DNA