| Et si se marier était un drame ? A ces mots, il se trouvera toujours quelqu'un pour évoquer son expérience perso de l'union au long cours. Fausse route. Se passer la bague au doigt serait surtout, outre un hasardeux placement affectif, un désastre écologique. Du moins, si l'on en croit des experts. D'après les calculettes à effet de serre, deux noms pour un oui, ça porte atteinte à l'ozone. La cérémonie à elle seule vaudrait son pesant d'émissions de carbone. Lorsque l'on aime, on ne compte pas : ni son argent, ni ses consommations nuisibles au plan climat. Dès les bristols d'invitation blanchis au chlore et les allers-retours des préparatifs en diesel, les futurs mariés seraient dans le rouge, question conscience verte - vivement les noces sur internet ? Le mariage était en noir Et ça ne ferait là que commencer. Pour un mariage, on se fait beau : tissus synthétiques, polyesters pétroliers et même coton aux pesticides, la cata. Eviter néanmoins, pour l'instant, de jouer les branchés en proposant à vos invités le naturisme nuptial. Itou pour les cadeaux : de l'électroménager aux métaux lourds, des bibelots chinois traités à la chimie, des voilages chargés de colorants, au secours la conso bio ! Les fleurs, même, auraient un parfum de gazole, après leur si long voyage (vous pouvez essayer d'offrir des légumes du jardin). Quant au banquet, l'hérésie : zéro covoiturage des convives évidemment (aïe, le CO²), des plats surtout pas locaux (re-aïe, le CO²) et en prime des clopes jusqu'au bout de la nuit (ouille, le fond de l'air). Coup de grâce : y compris les alliances seraient une injure au développement durable, l'extraction de l'or dispersant mercure et cyanure. C'est dire si les écologues recommandent d'y gamberger à deux fois, avant de convoler en traditionnelles noces. Les mariages, à la longue, ne s'avéreraient pas seulement onéreux en frais d'avocats : le grand jour blanc serait aussi coûteux pour l'avenir de la planète. Un genre de divorce avant l'heure ? Didier Rose Je pense donc je lis les DNA |