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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 18:49

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Non, le mois de mai n’est pas un mois si différent dans notre Alsace chérie. Si parmi les autres mois il n’y en a qu’un qui a droit d’être utilisé dans un mot composé pour donner le Oktowertee (tisane d’octobre), le mois de mai nourrit largement les lignes de notre dialectionnaire avec sa Maiküür (balade printanière), ses Maiziwele (oignons blancs), ses Maikaaffer (hannetons), sa Maiandacht (soirée chapelet), sans oublier son Maje, cet arbre fiché dans la cheminée des jeunes filles au mois de mai pour rendre hommage à leur beauté. Et je ne vais pas omettre les Maiprozessione (les processions et cortèges). À vos godasses ! 

   Sur les pas de Gandhi, de Mao, ou de son curé 

Les miennes sont prêtes. Ce sont des modèles « sur coussin d’air avec soupape d’évacuation de la sueur des pieds et avec renfort arrière anti-ampoule ». Ce mois sera rude pour les petons ! Marcher au mois de mai prend des proportions philosophiques. Il ne s’agit pas seulement de poser un pied devant l’autre sur les routes et les sentiers ! Il s’agit de savoir pourquoi on marche et de faire savoir pourquoi on marche. Marcher au mois de mai, c’est suivre les pas de Gandhi, de Mao, de Martin Luther King ou tout simplement de son curé. C’est qu’on marche pour tout : pour la paix, pour la justice ou pour demander la bénédiction de Dieu sur les plantations de maïs (ce qui n’exclut pas que les paysans fassent des cortèges dans la rue pour avoir de bons prix pour le maïs que Dieu n’aura pas omis de faire pousser en masse suite aux prières des paroissiens lors des processions des rogations).

  Je marche. Marcher est devenu un acte qui nourrit mon « ça », mon « moi » et mon « surmoi ». Mon « ça » se réjouit de voir les poumons gonfler, la cellulite fondre et le cœur battre enfin en rythme régulier après les mois d’apnées systématiques devant les épisodes de DR House, d’ Esprits Criminels et du Bergdoktor. Mon « moi » est satisfait de renouer avec la nature. Et mon « surmoi », c’est mon âme qui exulte sur les chemins parcourus de fleurs des processions mariales. « C’est le moi de Marie, c’est le mois le plus beau » !

  000000aaaaa.jpgNe me retenez pas. Je marche. Je ne marche pas seulement pour moi. Je marche pour les autres. Je prête mes pieds à de nobles fins. Aujourd’hui samedi je participe à la marche contre l’obésité. Je me demande d’ailleurs s’il faut un poids maximal si on veut y participer. Et sinon ? Ben dimanche je fais une marche gourmande au profit des pompiers. C’est contradictoire de marcher contre l’obésité et de marcher pour s’empiffrer. Lili dit « En même temps, s’il n’y avait plus d’obèses ils ne pourraient pas faire de marche contre l’obésité ». Mamema dit « Avant, je hurlais aussi dans la rue pour qu’on s’occupe mieux de mes oignons, maintenant, à l’âge que j’ai et avec les pieds que j’ai c’est le podologue qui s’occupe de mes oignons »

 

 

 

Huguette Dreikaus ? non ....ce n'est pas moi.... mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 11:13

 

 

 

 

  « Quentin, tu te présentes pour un job dans un restaurant, joue-moi la scène. » Tout passe par les saynètes. Le coach est formel : « Tu vois, gamin, tu te mets en situation pour un truc, tu répètes le truc encore et encore et tu vas déchirer à l’entretien. Crois-moi, à force d’être dans un rôle, il se réalise dans la vie normale ».

  Bel axiome mais ce que proclame le coach n’est que l’expression tonitruante de la grande foi qu’il a en ses billevesées. Je peux vous le jurer : j’ai longtemps et souvent joué au docteur, je ne suis pas devenue docteur. Mes connaissances en anatomie n’ont jamais dépassé les viscères et les muscles des lapins et des poulets que j’ai vidés et émincés pour subvenir à mes besoins en protéines.

  Vous avez joué à la marchande à la maternelle ? Maintenant votre fille le fera à 16 ans avec son formateur aux techniques de vente et aux discours à asséner au client au sujet des produits à écouler. Elle sera filmée comme pour un court-métrage. Elle sera jugée comme aux Oscars. 

« La voilà sur la bonne voie pour devenir commerciale en assurances », direz-vous à la voisine. Perdu ! Elle se sera tellement prise au jeu qu’eĺlle vous le dira avec toute la fermeté affirmative enseignée par son coach : “Je vais faire intermittente du spectacle. J’ai monté un one-woman-show qui s’appelle Des radis dans ton Caddie, l’histoire hilarante d’une vendeuse de légumes en supérette”.

Pour cette génération, tout est jeu 

Le one man show sur fond de CAP a le vent en poupe : Raymond et son camion, Le cuistot est louche , Lola vous fait la raie au milieu , Les vis et la vertu.

  Ce n’est pas tout. Les psychanalysés sommés par leur psy de jouer leurs névroses présenteront des : Ma névrose n’est pas morose , Je suis schizo je vous fais mon duo.

  Je vous le dis : il n’y aura pas assez de scènes pour accueillir tous ces nouveaux talents. 

Nous avions déjà les Je viens d’la banlieue défavorisée avec le Jamel Comedy Club. On a donc maintenant les Apprentiscénes en Ile-de-France. Se sont profilés les « Ados Show » ou se jouent des sketchs sur le thème J’suis djeun et j’te keun pour permettre aux boutonneux d’évacuer leurs complexes. C’est la Kev Adams attitude.

  000000aaaaa.jpg C’est la génération pour qui tout est jeu. Ils jouent leurs journées devant des jeux vidéo. Leur avenir se joue désormais sur les scènes d’un théâtre. Comme dit Mamema, Diss isch doch alles numme Kaschperle.

  Ou comme dirait Confucius : « Vous avez raison, Mamema, la vie n’est pas le théâtre de Guignol mais tant qu’il y aura des marionnettes il y aura du boulot pour ceux qui adorent tirer les ficelles ».

 

 

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mais toutes les deux... alsaciennes  ....

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 12:48

 

 


 

Nous n’aurons jamais fini de parler de chocolat ! Même les élus européens doivent se pencher sur le chocolat et son huile de palme. Les femmes «fashion» s’en tartinent sur tous les atomes de leur minceur, car le chocolat fait maigrir si son usage est externe. Le médecin vous met le doigt sur les lignes « glycémie » et « triglycérides » de votre prise de sang alors que votre psy vous le recommande fortement pour pallier le départ de l’homme qui a dit vous aimer pour la vie et qui n’est pourtant pas mort en vous quittant. Autant vous dire qu’un monde sans chocolat, c’est un monde sans cette pratique religieuse rituelle qui consiste à offrir du chocolat pour commémorer les événements marquants de la vie du Christ : sa naissance et sa résurrection.

  Les lapins de Pâques et autres poules ou œufs en chocolat ont fait leur apparition dans les vitrines des chocolatiers. Ils sont moulés en version noire ou « au lait », des critères exigés par les consommateurs selon leur appartenance à l’une ou à l’autre des écoles philosophiques d’amateurs de cette douceur venue des Aztèques.

  Ah, le chocolat et ses contenants. Je me souviens avec bonheur de ces chocolats en forme de bouteille regorgeant d’un demi millilitre de liqueurs diverses. Dans ma famille, nos anniversaires, Noël et Pâques étaient l’occasion d’un cérémonial immuable : l’échange massif de «Mon Chéri», ces petits chocolats à la cerise et au kirsch qui sont à l’art chocolatier ce que les cadeaux Bonux sont à la sculpture classique. Surtout, ne croyez pas que je médise du chocolat et que je nie son implication culturelle. Que nenni !! J’ai appris à aimer la Bible à travers les images Suchard, les chansons françaises avec les images Poulain, la Petite France pour y avoir humé les effluves de cacao des Chocolateries Schaal... Et je ne vais pas omettre de proclamer haut et fort que si j’ai aimé l’école, c’est que d’y aller me permettait de manger à 10h un quart de Süübrot dans lequel maman avait glissé un «chocolat-rippel»!!

  J’aime le chocolat. Mais il y a des étapes dans la façon de le manger. Il y a l’âge de l’avidité et l’âge de raison, ce moment où les prises de sang nous condamnent à limiter son absorption. Ne craignez pas ce moment-là. C’est le moment où vous pourrez le savourer sans oublier d’en poser quelques carrés sur la table de nuit. Comme dit mon docteur : «Le cœur a besoin de ce sucre-là pour ne pas s’arrêter de battre». 

000000aaaaa.jpg«Osterspaziergang» est un des poèmes de Goethe que j’affectionne particulièrement, et je dirai, en utilisant sa formule «Essen ist menschlich, zu Ostern, sei ein Mensch, du darfst es sein...» : manger est un acte humain, à Pâques, sois un humain comme les autres et mange.

 

 

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 06:38

 

 

 

 

 On n’est rien sans les autres. Sans les autres, on n’a pas de parents, on n’a pas d’amis, on n’a pas de médecin, de menuisier, de garagiste.

  Et quand bien même on s’y connaît en médecine, il faut un pharmacien, un fabricant d’éprouvettes, un fabricant de fioles, un connaisseur en matière d’herbes médicinales. 

Et quand bien même on s’y connaît en voiture on a besoin de celui qui les fabrique, de celui qui fabrique les tôles, de celui qui fabrique les ampoules pour les phares, le verre pour les ampoules.

  Les tentatives de réussir une vie sans l’aide de personne ont échoué. Robinson Crusoé avait Vendredi. Tarzan avait Sheeta et Jane. Adam avait Ève. « Parce qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul ». Et l’enfer a commencé. L’enfer de l’autre. La fatalité des grandes jalousies et des petites mesquineries assassines. 

Le plaisir à s’étriper devant les caméras 

La mesquinerie ? Vous aimez ? Alors il faut regarder Quatre mariages pour une lune de miel et Bienvenue chez nous. Là pour gagner un voyage de noces à trois balles ou avoir un chèque de 1 000 euros il faut rentrer dans l’arène aux bêtes féroces. Toutes dents dehors, les femmes en blanc, prêtes à dire « oui » à l’homme de leur vie pour une existence sous le signe d’amour, s’entre-déchirent pour remporter le lot aussi magnifique que huit jours à Rimini apporté par le fiancé venu dans une limousine de location. Et je te dégomme la salle polyvalente ornée de guirlandes en papier aussi sûrement que le salon de château avec des meubles d’époque.

  Et je te dégomme le repas « Trop cantine avec les rillettes et les haricots en fagots ». 

Tout le long de la soirée, tu les vois faire la grimace la bouche pleine et lever les yeux au ciel à la vue de la robe de mariée, à l’écoute du DJ ! Un festival sur le thème « Je déteste et je le montre ».

  Et ce n’est rien à côté de ces propriétaires de chambre d’hôtes qui vont chercher la poutre fatale dans la maison du voisin. Et hop ! Je te mets le doigt sur les cadres à la recherche de poussière, je te fais des prélèvements ADN sur le matelas pour « être sûr de savoir sur quoi on se couche ».

  Les programmes regorgent de ces émissions qui montrent de petits « bijoux de mesquinerie appliquée » selon le principe « Tous des nuls, sauf moi ». Et que se passe-t-il devant l’écran ? Devant l’écran c’est comme pour les « Chiffres et les lettres » ou pour « The Voice ». On a son favori et on ne supporte pas la moindre critique prononcée contre son poulain ou sa pouliche par une bouche pleine de pizza ou de cup-cakes.

 000000aaaaa.jpg Les conflits familiaux -qui s’étaient calmés depuis que les sous de mamie sont engloutis par son séjour en maison de retraite et empêchent ainsi les querelles chez le notaire- reprennent de plus belle dans les salons ou les maisons open air avec vue sur une télé de 2x4 m.

  Personnellement j’ai rompu tout lien avec mon amie Lili qui a osé dire que « ma » mariée avait de la moustache. Non mais, elle a vu les clavicules en relief de la sienne ?

 

 

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 18:04

 

 

 

 

 

 

Demain, avec l’heure d’été, la pause de midi sera déjà terminée à midi, les enfants auront déjà repris le chemin de l’école. Ceux qui sont morts dans la nuit à 2 heures seront en fait morts à 3 h. Ils auront eu une heure de mort supplémentaire.

  Lundi on accrochera ses habits de dimanche remplis des odeurs de tarte flambée attrapées au bistrot du village où on se retrouve par affinités pour les « after ».

  Le dimanche, il y a plein d’« after ». Les footballeurs se désespèrent de leur score, les basketteuses avec leur 1,85 m pleurent sur la difficulté à trouver jupe à leur taille et sur la fatalité de leur jean. Les marcheurs y détaillent la faune et la flore des sentiers de leur randonnée dominicale.

L’électeur du dimanche est l’administré du lundi

  Demain, ce sera l’after-élections. On reparlera du scrutin.

À la boulangerie, Édith dira son émotion, celle qui l’étreint à chaque scrutin quand elle retourne à l’école du village comme quand elle était petite fille.

  Louis dira que la messe du dimanche était bien fréquentée, plus que d’habitude, parce que l’église est en face de la mairie et qu’avant d’aller voter les gens sont allés prier. C’est comme à la Toussaint où on profite de voir les morts de la famille pour faire une visite aux vivants.

  Lundi les nouveaux élus rencontreront les électeurs du dimanche qui sont les administrés du lundi. Et ils s’entendront dire « J’ai voté pour toi. Ne l’oublie pas ».

  Nathan, le nouvel élu, se demandera comment il n’a pu faire que 50,3 % avec tous ces individus rencontrés dans la rue qui ont juré, à l’unanimité, avoir voté pour lui « Sur la tête de ma mère ». Nathan se dira que si le ciel prenait au sérieux les serments de certains, il y aurait beaucoup de décès en ce lundi. Surtout des mamans.

  Lundi, Nini se regardera dans la glace. Et se trouvera changée. Elle se trouvera une tête différente. La tête si commune aux femmes politiques. Elle sera maire de son village. Elle se rappellera les feuillets d’insultes anonymes affichées sur les arbres de la commune et les cornes de diable dessinées au marqueur sur ses affiches. Elle se dira que ce ne sera pas facile.

     Mais dans la vie rien n’est facile. Pour personne.

000000aaaaa.jpg Lundi, Jean ira voir son banquier. Il lui dira « Vous pouvez me faire un prêt sans problème, j’ai été élu adjoint, je vais toucher de l’argent ». Et il aura fait le premier pas sur cette route où on fait tout pour un titre, pour une place réservée sur la tribune d’honneur des défilés ou pour être embrassé par une miss.
Car Dieu que c’est bon, le baiser d’une miss !
Lundi, plus rien ne sera pareil. Lundi, les dés seront jetés.
Lundi, plus rien ne sera pareil. Puisque tu pars.

 

 

 

 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 07:44

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Tout est décalé en ce bas monde ! Nous décalons tout et peu de choses se font quand c’est vraiment le moment...

IL Y A TROIS JOURS, quand il faisait grand beau temps, toutes les conversations s’articulaient autour de ce soleil aussi persistant qu’inattendu. Les candidats aux municipales arpentaient les marchés un tract dans une main, une glace géante dans l’autre. Tout lemonde était d’accord : « Ce soleil, ce n’est pas normal ! ».
Mamema dit « Diss gheert sichnit », faisant du plus grand des astres un contrevenant aux bonnes moeurs météorologiques. Et elle ajoutait « Na, mer ware’s schun bezahle! » (On va finir par le payer!).
Elle n’est pas seule à prédire
un avenir noir aux bourgeons
qui ne manqueront pas de se
faire détruire par de nouveaux frimas. Toujours cette croyance populaire: « Tout plaisir pris se paie »!

«J’ai senti un manque terrible, celui de l’arôme de mûres en train de mijoter»

Confucius dit: (La cellulite est dans la torche aux marrons, la cirrhose dans le vin (même le malaga) et le mélanome est dans le bronzage ».
Tout est dans tout et l’anachro nisme se paie. « Nie üsser de Zitt », disait maman, "jamais quand ce n’est pas l’heure". J’aurais dû l’écouter. Pas plus tard que jeudi.
Qu’est ce qui m’a pris ? Ne
cherchez pas ! C’était ce sacré
soleil! L’effet t-shirt et sanda
les! Tu te crois en plein été.
Cette sensation n’a pas éveillé
un désir de piscine chez la
non-nageuse que je suis. Elle
n’a pas déclenché une envie
d’esquimaux glacés chez
l’adepte de régimes minceur
que je suis. Elle m’a fait sentir
un manque terrible, celui de
l’arôme de mûres en train de
mijoter et de se transformer en une confiture sublime.
Après une prière pour le repos
de l’âme de Jacob Perkins et
une action de grâce pour son
oeuvre, je me rendis devant son invention suprême, le congélateur, pour retirer deux sachets de ma récolte 2013 de ces baies qui montrent que même les horribles buissons peuvent donner des fruits fantastiques.
Vous l’aurez compris, j’avais
des mûres quasi fraîches en
mars et j’allais en faire de la
confiture !
Anachronisme ! Je n’aurais pas
dû ! J’aurais dû voir le doigt
pointé en « Ja ! Ja ! » de ma
man. Hélas, le doigt de maman
pointait fort mais ma chair
était faible.
Arriva ce qui devait arriver.
Une fois le pot à fond cuivre
posé sur le feu avec la mélasse
si odorante, le devoir fiscal
m’appela devant mon ordina
teur. De chiffre en chiffre je fus plongée dans cet exercice annuel qui nous montre quel
bien nous faisons à la Mère
Patrie. Mon âme sentait le lau
rier et je posais déjà cette couronne sur ma tête quand mon nez sentit les mûres qui se carbonisaient sur la plaque approvisionnée en gaz russe.
Les fumées envahissaient la
maison, mon chat s’était plan-
qué sous le canapé, car si moi,
humain, je n’avais pas compris
que toute substance oubliée
sur le feu finit en charbon et en cendres, lui, petit félidé inculte, savait que si les fumées montent, le salut est au ras du soL
Ainsi, sous l’effet du soleil qui
m’avait incitée à respirer des
odeurs de mûres en décoction,
la fatalité liée aux anachronis
mes auxquels nous cédons a
peut-être porté un coup fatal à mes poumons.
000000aaaaa.jpgPour la confiture, j’attendrai le mois d’août.

Surtout qu’en août je ne serai pas distraite par ma déclaration de revenus.
Vive le mois d’août !

 

 

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 12:08

 

 

 

 

 

 

 

Rions ! Rions tous ! Le rire est de rigueur.

Les psys créent des groupes où on pratique le rire comme on pratique l’aquagym ou le tennis, sauf que sa pratique ne nécessite ni eau ni jupettes blanches.

  Le rire est le propre de l’homme et celui qui ne rit pas est bête. Il faut donc s’efforcer de maintenir cette marque d’humanité en nous. Il est du devoir de chacun de se gausser et de le montrer par des secousses répétées du torse, par une vue offerte sur le contenu de la bouche depuis les dents jusqu’à la luette et par l’expulsion de « hi hi » sonores suivis de hoquets frénétiques. 

Les spécialistes de la santé soutiennent une thèse selon laquelle la pratique quotidienne du rire participe à la longévité. Même mamema dit « Quand j’ai eu ma césarienne pendant la guerre c’est-à-dire sans anesthésie : si on ne m’avait pas fait regarder Laurel et Hardy avec un linge mouillé de schnaps dans la bouche, je serais morte ». Voilà un cas où Laurel et Hardy effacent d’une mémoire les exploits d’un chirurgien certes des plus doués qui m’a permis, par cette opération-là, d’avoir une maman. 

Nous sommes dans une ère de bouffons. Le personnage en question a quasiment disparu depuis que les rois et autres présidents provoquent eux-mêmes des ricanements et des rires. Pourtant les antennes nationales produisent encore des « rigolettos » patentés. Sont-ils nécessaires pour permettre aux gens, le temps d’un sketch, d’oublier leurs malheurs ? Sont-ils comme des projectiles aux normes NF mis sur orbite par le pouvoir pour son autoflagellation ? En tout cas, ce sont des bouffons conventionnés. Encadrés peut-être. Comme me disait un cabarettiste réputé, « Nous, on cogne fort sauf sur ceux qui nous octroient les subventions ».

Le peuple reprend l’humour en mains

Pour faire rire il faut être humble. Celui qui fait rire c’est le simplet. C’est Charlot. C’est Bourvil. C’est Pierre Richard. C’est le loser. C’est l’Auguste, pas le clown blanc. 

Loin de la télé, il est beau de voir que le peuple reprend l’humour en mains. Par des diaporamas en PowerPoint. Par des caricatures nées sous des plumes anonymes mais bien acérées. Par des parodies de chansons. Par des détournements de photos de presse. Toute cette création fait l’objet d’une large diffusion par mail, par page Facebook, par compte Twitter où elle touche un public aussi nombreux que la descendance d’Abraham, où elle est célébrée par des « Oscars » de l’excellence.

  000000aaaaa.jpgJe suis moi-même une adepte de cette forme d’humour. Un humour « privatisé ». De celui qui fait rire au téléphone, à la machine à café, dans le train, au stammtisch du bistro, dans les cours de récré – bref, dans tous ces lieux où les gens pratiquent le rire communicatif et collectif. Comme dit mamema, « Wann alli lache, lacht de Herrgott mit ». Si nous rions tous, Dieu rit avec nous.Et Dieu a de l’humour.
Demandez à Jonas !

 

 

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 12:07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La vie est une lutte », dit l’adage. « S’laawe isch e Kampf », disait maman.

 Heureusement nous avons de quoi nous défendre. Des anticorps pour lutter contre les virus. Des coups de poing à distribuer, « eini uff’s guggel ». Du gaz hilarant à répandre contre les grincheux. Une menace quand un chien nous embête : « Si tu recommences, j’te mets à la SPA ». Une réplique imparable à adresser au lapin nain : « Ne te prends pas pour un Grand Hamster ! Tu n’es pas une espèce protégée, tu vas finir à la casserole ! »

 Mais le vrai problème est ailleurs. Nous ne savons pas nous défendre quand on nous couvre de compliments.

 La tendresse semble contre nature dans un monde où il est entendu que l’homme est un loup pour l’homme. Nous sommes mal équipés pour ce genre de situation. Prenez la cérémonie des Césars ou des Oscars, ces grand-messes du compliment et de la flatterie. On y voit toute la gamme des bizarreries que suscite l’admiration collective.

Il y a celui qui, se référant à un autre moment de plaisir, lance un cri orgasmique. Il y a celle qui lève les bras au ciel en espérant que sa robe va glisser et que l’apparition de ses seins généreux va lui permettre de gagner les coulisses très rapidement. Il y a celui qui brandit le trophée d’une main et masse son cou de l’autre en mimant des spasmes de strangulation. Bref, ils ne savent que faire.

« Les mots me manquent », disent d’aucuns. Ils disent la vérité.

 Certains remerciements frisent le désastre. 

Les mots de remerciement, on préfère les envoyer au lendemain de la cérémonie, sur un carton pré-imprimé où un ours en peluche tient une pancarte marquée « Merci » ou via une carte virtuelle où un essaim de cœurs sort d’un bouquet de fleurs.

 Dire « Merci » est difficile. Il y a des remerciements publics qui frisent le désastre intégral : « Je remercie ma grand-mère qui a fait ma mère sans laquelle je ne serais pas là ». « Je remercie la grippe espagnole de m’avoir épargné ; cela m’a permis de faire ce film ». « Je remercie ma voiture qui m’a emmenée sans accident à cette soirée ».

L’art suprême consiste à invectiver : « Je dis merde à ceux qui, comme moi, ont reçu un trophée et n’ont pas eu la décence de le chercher sur ce podium ». Ou « C’est bien joli de me donner un césar et de refuser mon adhésion aux intermittents du spectacle, car, Messieurs, ce n’est pas en faisant un film tous les quatre qu’on peut remplir son frigo, sa cave à cigares et la panse de son labrador ! »

000000aaaaa.jpgRemercier en invectivant, c’est l’art suprême de Mamema. Quand Babeba lui offre des fleurs et lui dit combien il l’aime après tant d’années, elle lui lance, les yeux humides de larmes, « Jo du, Dolle »
(Celui-là, quel nigaud !)

 

 

 

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 08:11

 

 

 

 

 

 

 

Adieu Bedos, Valls, Sotchi, Copé… Il nous faut respirer. Il nous faut prendre le vert. Aller à la campagne, mais pas à la campagne à portée de nos baskets ou de nos vélos ! Trop facile ! Alors ? Direction Paris avec ce TGV qui va si vite qu’on n’a pas le temps de tricoter un seul chausson pour le bébé de la petite-nièce et que les vaches qui défilent devant les fenêtres soudées sont floues. Tant pis les vaches nous attendent à Paris. Au Salon. 

J’aime les vaches. Au diable leurs dénominations et leurs pedigrees, c’est la bête que j’aime voir : ce mouvement perpétuel de la mâchoire de gauche à droite et de droite à gauche. Sa mastication a la régularité des ailes du moulin et elle est tout aussi productive. Si le moulin fabrique de la farine, la vache fabrique du lait, des bouses et de la chaleur. Chez la tata lorraine, la maison était chauffée par l’haleine des vaches comme la crèche du petit Jésus était chauffée par le souffle du bœuf. Les bouses séchées chauffaient la cuisinière. Tant pis pour l’odeur. Le nez savait faire le tri. Il ne gardait que l’odeur de lait chaud et de miel, de patates rissolées et de lard chaud. C’était une vache de belle vie ! 

Paris ! Elles sortent des vans comme les stars des hippodromes ! Elles ont des coiffeurs comme les candidates à un titre de miss. Elles vont même jusqu’à faire des yeux de biche ! Tout ça pour être couronnées, labellisées, « pedigretées »…

Manger et être mangé 

D’un seul coup d’un seul, à la faveur d’un diplôme, une génisse peut échapper à la guillotine de l’abattoir mais pour être soumise aux saillies répétées, à cet abattage fatal auquel on destine les bonnes reproductrices comme les bonnes gagneuses. Olga, Bella et Elsa feront des veaux de ceux qui feront d’excellents cordons-bleus et de sublimes bouchées à la reine. Au Salon, le chaland tâte la croupe d’Olga, de Bella et d’Elsa avant de mâcher la fricassée de veau. Aucune vache ne se perd. Toutes les vaches se transforment. Et c’est vachement bon ! 

Je suis née au cul des vaches. Je prise le cul des vaches. D’aucuns préfèrent les culs de juments, fermes et rebondis. Je préfère le cul des vaches, mou et pendant à l’instar de leurs babines : il a quelque chose de rassurant. Le cul des vaches n’est pas guindé et elles ont le droit d’exister sans que l’on prenne ses dimensions tous les jours pour s’assurer de la pureté de sa race. Qu’importe d’ailleurs leurs mensurations puisqu’elles n’entendent qu’un seul cri « Mort aux vaches » ! 

000000aaaaa.jpgLeur sort est fatal : manger et être mangé. Elles n’ont aucun moyen de lutte si ce n’est cette queue hypermobile qui leur permet juste de semer la panique dans un essaim de moucherons arrogants qui se posent encore et encore sur leur croupe. Les vaches ne rient pas tous les jours.

 

 

 

 

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 13:07

 

 

 

     

 

Les JO de Sotchi sont ouverts. Encore un monde à part qui s’érige pour quelques jours dans un pays aux antipodes de l’esprit des jeux ; dans un pays où pour la gloire d’un seul homme on bâtit une ville virtuelle illuminée un temps par les spots des médias pour célébrer les capacités du corps humain et celles des architectes de l’éphémère capables de faire sortir d’une terre vierge et belle des cubes et des pyramides de béton psychédéliques.

  Ce sera le monde de Sotchi, englouti ensuite dans l’obscurité de l’anonymat, laissant une terre meurtrie. On pourra y visiter une ville fantôme en réservant une place chez un tour – opérateur qui vous garantira de pouvoir dormir dans le lit d’un athlète médaillé comme Boucle d’or a dormi dans le lit de l’ours. Le seul point positif c’est que le monde aura à nouveau, l’espace de 16 jours, une communauté forte en son sein, une communauté d’humains qui saura applaudir aux mêmes performances et désespérer des mêmes échecs.
Papa délocalisé, Maman mondialisée.

Avec le déclin de la famille apparaît un communautarisme effréné. La faute à la disparition des grands repas de famille après la messe du dimanche ou certains soirs de semaine, ces pot-au-feu ou ces soupes de légumes – tarte aux quetsches qui nous réunissaient le temps de quelques câlins, quelques invectives et quelques larmes.

  La faute à l’Etat qui a tout fait pour faire exploser la famille. Parce que Papa a été « délocalisé » dans une usine de Roumanie. Parce que maman a été « mondialisée » par son accession à un poste de direction au Club Med et se trouve à Djerba. Parce que Kevin fait ses humanités aux Etats-Unis. Parce que Jennifer fait des études d’orthophoniste en Belgique. Parce que Mamema est seule dans sa maison et elle fait chambre d’hôtes, va au thé dansant et marche avec le Club Vosgien pour lutter contre son désespoir.

  Alors ? Alors on voit apparaître des communautés à l’infini. Papa, Maman, Kevin et Jennifer sont dans la communauté des Français à l’étranger, Jennifer et Kevin font partie de la communauté des Jeunes de Taizé et des Taggers Anonymes. Mamema fait partie de la communauté des SQSE (Seniors qui sortent ensemble) et du Club Vosgien jumelé au Schwarzwaldverein. Et surtout il font tous partie de la communauté bleue de Facebook.
« J’ai raté ma crème à la vanille »

Plus d’un milliard et demi d’êtres humains se retrouvent là dans cette fraternité du pouce levé posé sous des posts divers comme « J’ai raté ma crème à la vanille », « Mon petit chat a la diarrhée », « Il fait beau ». On ne peut qu’aimer ce que les gens affichent sur leur profil. Le symbole du pouce baissé n’existe pas.

  D’un clic on retrouve les photos de ses petits et de ses potes, on lit des pensées positives, des recettes de canard, des récits de voyage en Tasmanie ou de randonnées entre Schirrhein et Oberroedern. On peut se délecter d’images de petits chats, de chevaux au galop, de bords de mer entre Caraïbes et Knokke-le-Zout, de motos et de choucroutes et de gens hilares.

  Le monde entier est à notre portée dans les cadres bleus de Facebook. L’amitié aussi. Même si elle est virtuelle.

Comme dit Confucius, « un ami virtuel écoute vos chagrins qui sortent en onomatopées sans salir votre canapé et il admire votre quiche aux poireaux sans empester avec ses rots ».

 Qu’importe le virtuel ! Sur Facebook, tu n’es pas seul. Si à 3 h du matin, tu écris « je n’arrive pas à dormir », tu as 52 amis qui écriront « moi non plus ». Une nouvelle famille. 

000000aaaaa.jpgBon je vous laisse, j’ai un flash mob. Un ami Facebook me demande de le rejoindre dans une boulangerie pour une action « J’achète un croissant » On sera 400 paraît-il. et il y a déjà 600 CRS sur place. Des CRS qui doivent être aussi sur Facebook. On ne craint donc rien.

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi.... 
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 

 

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Texte Libre

deytsc

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