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21 novembre 2022 1 21 /11 /novembre /2022 12:29

 

L’ère présente est une ère de retour. Comme un retour aux paradis perdus. Comme on recherche son sang mis en réserve pour avoir plus de chance lors d’une opération, on recherche dans le passé ce qui pourrait apporter du mieux-être dans la vie actuelle. C’est le retour d’Intervilles pour que les conflits entre villes soient moins sanguinolents que le conflit entre Moscou et Kiev. C’est le retour de la lampe de poche pour éviter le gaspillage de cette énergie électrique, bien plus essentielle pour les couveuses et le fonctionnement des usines que pour éclairer les beautés architecturales, qui ne perdent rien de leur beauté si on ne les regarde que sous la lumière du jour. Mamema dit «  üsser de Millichzahnle kommt alles widder zeruck  » (à part les dents de lait tout revient un jour).
Noël est totalement dans ce contexte. On sort les recettes centenaires pour faire les bredele. D’aucunes sont obligées de les retranscrire en alphabet français parce que les Urgrossel (arrière-grands-mères) les ont écrites en alphabet gothique. J’ai sorti les boules de sapin en verre, celles qui ornaient déjà le sapin de mes arrière-grands-parents. Et voilà que j’entends cet appel à la radio « Opération boîte à chaussures. Mettez cinq cadeaux dans une boîte à chaussures pour les plus démunis ». C’est le retour d’un objet culte de mon enfance.

Des bredele qui sentent le cuir…
Une boîte à chaussures c’est quoi ? C’est un contenant rectangulaire en carton rigide ! Elle contient des chaussures et après son usage premier, elle est prête à recevoir tout autre contenu, non liquide ! Les «  Schuhlaade  » c’était le Ikea de l’époque : le rangement facile et gratuit de surcroît. Maman y rangeait les factures. Papa y rangeait ses «  zahldaastreife  » (bulletins de salaire). Mamema y rangeait ses médicaments. Pour babeba, elles étaient des cercueils pour les petits animaux morts et des sources de vie nouvelle puisqu’elles abritaient toutes ses semences… végétales.
Le message radio dit « Mettez cinq cadeaux dans une boîte à chaussures pour les plus démunis ». C’est également redondant. Nous avons toujours expédié des bredele aux expats pour Noël. Pourtant c’est une opération risquée à cause des odeurs. Il ne faut pas oublier que dans les boîtes à chaussures il y avait des chaussures. En principe elles sentent le cuir. Des bredele qui sentent le cuir, ce n’est pas la panacée. Mamema dit «  muesch stoffschlappe laade namme  » (il faut prendre des boîtes de pantoufles en tissu). Comme dirait Confucius, « les odeurs restent mais celles qui ne sentent rien sont supportables ».

 

Huguette Dreikaus ?

  non ....ce n'est pas moi.... mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 

 

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9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 13:41

 

Nous entrons dans la pénombre. La nuit redevient noire. On a atteint ce point où, comme on dit au casino, « rien ne va plus ». À force de jouer à la roulette russe avec les énergies et avec Poutine, on a eu le coup de Trafalgar. 23 h : les autorités coupent la lumière.
Je suis en train de redécouvrir le noir absolu. Celui de la campagne de mon enfance. Sans éclairage de rue. Sans affichage digital lumineux de l’heure sur un réveil. Sans être éblouie par le frigo qui allume ses spots et votre mauvaise conscience à chaque ouverture de porte. Sans les manifestations lumineuses du portable qui annonce l’arrivée de messages nocturnes envoyés par quelque âme en peine ou par un marchand de panneaux photovoltaïques, – comme si à une heure du matin on avait un désir irrépressible de panneaux photovoltaïques ! Je coupe toute source lumineuse. Je reste dans le noir absolu. Il est fascinant…

La nuit totale vous enveloppe et vous protège
Dire que papa Eugène m’enfermait dans le noir, pour me punir de mes excès de créativité en matière de conneries à faire. Je n’ai pas peur du noir. La nuit totale vous enveloppe et vous protège. C’est la lumière dans la nuit qui vous fait repérer et fait de vous une cible. Dans le film Lili Marleen , le soldat qui allume sa cigarette dans l’obscurité de sa mission secrète se fait abattre par balle. Dans les polars des années 60 et 70, c’est dans la lumière des cabines téléphoniques, où ils voulaient appeler de l’aide, que les fugitifs se faisaient assassiner. Cette scène est un poncif des feuilletons. Maman Madeleine me donnait une lampe de poche pour aller chercher du lait chez les « Duschehanse ». Je ne l’allumais jamais. Trop la trouille de me faire repérer par les tireurs de queue-de-cheval et autres sadiques qui vous faisaient des « frites » sur les jambes nues.
C’est extraordinaire, les émotions qu’on ressent dans le noir. Les odeurs. Les ombres. La fascination des ombres. Deviner le monde. Et comme « im Dunkeln ist gut munkeln » (autrement dit la tendresse – et plus si affinités – se manifeste plus fort dans le noir), sans le noir absolu, je ne serais pas de ce monde. Papa, même marié, n’avait pas le droit de voir maman nue. Ouf, il n’y avait aucun rayon lumineux la nuit de ma procréation…
Mamema dit «  Wann s’nie dunkel daad ware kennt mer nit dee scheene Momente hann mit Liechter  » (sans l’obscurité, nous ne pourrions pas vivre tous ces moments lumineux et heureux). Si on ne fait pas le noir absolu un soir d’anniversaire, on ne ressent pas de la même façon l’arrivée du gâteau hérissé de bougies. Comme dit Confucius, « la nuit noire c’est bien, surtout quand elle est suivie d’un matin clair ou carrément ensoleillé ».

 

 

Huguette Dreikaus ?

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29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 11:19

 

 

 

 

Ma petite voix me dit « Voyons Madame, la télé émet 24 h sur 24, 7 jours sur 7, il faut des émissions ». Je dirais : « Faites-en, faites de la vraie création ! ».
Assise devant ma télé l’après-midi pour un repos essentiel, je suis gavée de toutes ces multiples redifs. Tous les jours, sur les chaînes de “l’entertainment”, ils passent les mêmes épisodes de Monk, de Barnaby , de Poirot , de Mongeville. Les mêmes. Il y a des gens tués dans un des épisodes de ces feuilletons qui doivent vivre leur mort tous les jours. La malédiction du Hollandais volant. Même les Rosenheim-Cops radotent ! À pleurer.
Alors, comme dit l’adage, « à défaut de grives on vous sert des merles ».
La réalisation et les stars coûtent trop cher ? On fabrique des stars ! À moindres frais. Des quidams triés sur le volet qui auront ainsi le quart d’heure de gloire que prophétisait Andy Warhol. Tout devient show.
Histoire de faire rigoler ou pleurer dans les chaumières, moult émissions culinaires sont devenues des cook-shows avec des stars de la marmite qui s’exercent dans l’art du Tischlein Deck dich (ndlr : la Petite-table-sois-mise des frères Grimm).
Hocus pocus, Kévin Muller doit surprendre à l’instar du David Copperfield de la cuisine, le petit Mariotte qui te fait un bout de banquet en 3 minutes. Et puis il y a Un dîner presque parfait , cette arène où se bousculent des candidats-gladiateurs exposés, comme les premiers chrétiens, aux sarcasmes du public et aux quolibets de ceux qui se sont rempli la panse et vomissent du fiel. C’est du grand art. Allez, tirez sur le baudet candidat !
Mamema dirait : « Muss das sein ? » (est-ce que tout cela est nécessaire ?) On dirait. Sinon tous ces producteurs ne pourraient pas programmer toutes ces mises à mort morales. Il faut cesser ce ball-trap où l’on tire sur des pigeons fragiles comme l’argile.

Miss Waedele 2019 court les castings
Le pompon, c’est L’amour est dans le pré.
On est revenu au temps des « Jacques », au XIV siècle. Un Jacques, membre de la Jacquerie, était alors synonyme de benêt. C’est d’ailleurs resté en Alsace où l’on taxe de « Jacob » un être peu futé si on ne va pas jusqu’à le traiter de Jockel.
Que fait la Haute autorité des instances agricoles pour faire stopper cette mise au pilori de ses ouailles ? Et si on remplaçait cette ineptie par la projection de films sur le monde rural comme Le Petit paysan ou La vache  ? Ou les films de Pagnol ? Cindy s’insurge : « Ah non, avec L’Amour est dans le pré , je me marre. Surtout ce Thierry qui a parlé du kiki qu’on met dans le trou ». À mourir de rire.
C’est parti pour le show. Ma cousine va être dans une émission de speed dating. La famille est contaminée. Elle m’a dit : « Ce serait bien que je puisse faire Cristina Cordula pour être sublaïme  ».
La fièvre gagne. La fille de Lili, Miss Waedele 2019, court les castings. Peu importe que ce soit pour un jeu, un reality show ou pour vendre le bracelet de sa mémé dans Affaire conclue. Lili dit : « Pourvu que la France entière voie comme ma fille est belle. »
Confucius dirait : « Tant qu’il y aura un public… ».

 

 

 

Huguette Dreikaus ?

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19 octobre 2022 3 19 /10 /octobre /2022 11:58

 

du dictionnaire

 

Vous pouvez vous moquer d’Elizabeth Montgomery, la « sorcière bien-aimée » qui avait tout et tout de suite en remuant le nez. Vous, vous n’avez même plus besoin de nez élastique ou de pouvoirs surnaturels ! Il vous suffit de cliquer sur un de ces appareils connectés aux miracles. Lili me dit : « J’aimerais bien savoir la tête qu’elle a maintenant, Sophie Marceau » ? Je lui dis de cliquer dans Google images : « Sophie Marceau maintenant ». Quinze secondes après elle avait la photo, Hocus Pocus.
Il est loin le temps où Panini nous permettait de voir la gueule des stars du ciné et du foot rien qu’en ouvrant un album. Oui mais… Il fallait des mois et des mois pour le remplir cet album, il fallait des visites à tous les kiosques du coin, il fallait des moments d’échanges et de trocs sans concession avec les copains de l’école. Ce n’était pas une sinécure et puis il fallait donner six Mylène Demongeot pour avoir un Alain Delon.
À l’heure actuelle, avec un PC et une imprimante, tu as toutes les figurines que tu veux. En un temps record. Tu peux même en imprimer des centaines pour en tapisser ta chambre.

Du timbre au clic
Incroyable ! Les langues ne lèchent plus ! Les albums d’images comme l’album Suchard avec les icônes retraçant la Bible sont out ! Les timbres sont autocollants et la Coopé n’a plus ses coopé-timbres. Dieu ! Ce qu’on pouvait lécher les timbres et les coller soigneusement soit pour la ristourne soit pour le cadeau de Noël. Sou par sou, timbre par timbre, tu attendais onze mois pour voir arriver le lot de trois casseroles ou les draps molletonnés si doux aux fesses. Exit tout ça ! Clique sur Amazon et tu l’as chez toi le lendemain et sans frais.
On n’a plus le temps de rêver
Le countdown pour l’obtention d’une chose prend son départ dans le désir encore inconscient. Tu n’as même plus le temps de rêver à un beau tapis, de l’imaginer chez toi. Plus le temps de faire grandir le désir : tu as commis l’erreur de cliquer sur les tapis de Google images et, depuis, ton tapis te harcèle dans des myriades d’algorithmes qui apparaissent sur ta page de news, sur le document historique que tu as ouvert pour te renseigner sur la vie d’Elizabeth II.
Ton tapis apparaît même sur le profil Facebook de Lucie Oberstrumpfmeyer, celle qui t’a rayé la voiture sur le parking de la salle de fitness. Et hop. Deux jours après tu as le tapis. Comme dirait mamema «  ass de Ruh hesch  » (tu l’achètes pour avoir la paix !). Il est où le bonheur ? Il est où ?
Cette mainmise sur le temps, c’est gore ! « Le passé c’est vieux et ridicule ». « Le futur c’est maintenant ». C’est le «  nunc et hodie  » des Romains (maintenant et aujourd’hui). Mettez au rancart la nostalgie et les rêves à la con.
La fille de Lili a pleuré. Elle est enceinte de trois mois mais elle ne peut pas rêver son enfant. Elle sait déjà que c’est une fille. Elle a son bulletin de santé génétique. Elle a même son horoscope calculé par une sœur du gynéco. Mamema a dit «  Lonn doch d’litt warte !  » (permettez aux gens d’attendre).
Comme en ce moment aux abords des pompes à essence…

Huguette Dreikaus ?

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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 15:30

 

 

Nous sommes en pleine crise énergétique ! Personne ne le niera. Le cri « Ce n’est pas Versailles ici » retentit près de myriades d’interrupteurs. Le chauffage est à 19° et les charges risquent de coûter autant que le loyer. Les boulangers sont en crise : le prix de la baguette s’envole. Les panneaux photovoltaïques sont présentés comme l’arche était présentée à Noé. Le peuple se pose des questions sur la gestion de cet hiver aux paramètres nouveaux qui s’annonce et voilà que, du haut de l’État, de la plus haute sphère de l’État, de la Présidence, est édictée la règle d’or de notre salut : porter des pulls à col roulé ! Photos à l’appui, notre Président et son ministre de l’Économie et des Finances s’en font les chantres. Incroyable ! Nous voilà dans une crise sans précédent et la solution est chez Kiabi, dans le catalogue de la Redoute ou sous les aiguilles à tricoter de Germaine.
Et moi ? Comme je kiffe ce retour inopiné à mes jeunes années ! Les années où on portait des sous-pulls à col roulé orange sous des tricots de style irlandais. C’était rock’n’roll. Mick Jagger en portait. Marcello Mastroianni séduisait à donf avec son col roulé ! Même Daniel Craig l’arborait dans Spectre. Nous les filles, on cachait des suçons sous notre col roulé, preuve de notre sex-appeal ou preuve que le flirt qui nous accompagnait au cinéma n’était pas intéressé par le film. Et comme le smartphone n’existait pas…

Accessoire de mode
Vous allez me dire : « Elle fait l’apologie du col roulé où je me trompe ? » Halte-là. Je fais l’apologie du col roulé en tant qu’accessoire de mode ! Mais là, présentement, en ce mois d’octobre 2022, le col roulé nous est présenté comme le sauveur absolu capable de nous libérer des affres de la régression énergétique et économique. Mamema dirait «  Jo ich mein’s au ! Hop mer laït au e kruttblatt uff wann mer arthrose hett  » (N’importe quoi ! hop, en attendant, on pose aussi une feuille de chou sur un point d’arthrose).
Tout est dans la foi. On a bien les pastafaristes, les adorateurs du spaghetti qui se promènent avec une passoire sur la tête ! Pourquoi pas les Turtelnecks qui croiraient porter le salut du monde autour de leur cou ? Nous sommes dans une époque charnière et nous brandissons des amulettes diverses pour conjurer le sort. Les musées populaires auront à refaire leur catalogue ! Sortez-en les bouillottes, lampes de poche, chaufferettes, poêles à bois, kacheloffe et pulls à col roulé ! Mettez-y les radiateurs électriques, les avions et voitures si désastreux pour le bilan carbone !
Les temps changent. Mais une chose est sûre : le col roulé n’est pas le sésame de la chienlit. La nature belliqueuse de Poutine n’est pas soluble dans ce supplément de laine ! En outre : porter un pull-over à col roulé ne me donne pas assez de force dans les mains pour me permettre d’ouvrir mon pot de confiture.

Huguette Dreikaus ?

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4 octobre 2022 2 04 /10 /octobre /2022 11:06

 

Entrez dans le grand Barnum de la Débrouille ! À chacun son art ! Cette période de disettes où le chauffage risque de coûter autant que le loyer et où la baguette a le prix de la brioche, voit naître une foule d’innovateurs en tout genre qui posent les jalons de leur savoir-prendre. Nous sommes comme des pigeons, prêts à s’aventurer sous le tamis installé pour nous capturer rien que pour avoir le plaisir de croquer deux-trois grains de blé.
Entrez dans le grand cirque ! Vous y verrez une foultitude d’arts s’exprimer ! Il n’est pas loin le remake du film de Sydney Pollack On achève bien les chevaux , ces marathons de danse où on verra sautiller ou valser des quidams à la recherche de quelques bons d’essence ou de combustible ! On reverra, comme dans le film La Barbe à papa, des Moses Pray sillonner les régions pour vendre des bibles afin d’échapper à la misère…

Isolations frelatées et des arnaqués par dizaines
Encore que, de nos jours, on vend plutôt des isolations frelatées ou des panneaux photovoltaïques dont la seule qualité reconnue est d’être bleus. Les gazettes évoquent des arnaqués par dizaines. Yves a même signé six commandes et a vu sa maison (mal) isolée six fois ! Entrez ! Laissez-vous tenter ! Commandez ! Ça servira bien à quelqu’un !
La chance se paie
Entrez dans le Barnum ! Soyez acteur, pas spectateur ! Écrivez des mails pour annoncer à Jeannette ou à Henri que vous leur laissez la totalité des sept millions d’euros en votre possession contre un chèque de 6 000 euros pour les frais de notaire ! N’ayez pas peur, ça marche ! Les chèques ne manqueront pas d’arriver. Tout le monde sait que la chance se paie…
C’est un temps béni pour les illusionnistes et les magiciens ratés. Hokus Pokus ! Vu mais pas pris ! Vu sur un site de vente, payé par PayPal ! Jamais livré ! Impair passe et manque ! Le rideau s’est déjà levé sur cette nouvelle forme d’illusions. Parfois même, il faut le dire, il y a de véritables morceaux de talent dedans. Fingerfertigkeit  ! Dextérité manuelle dans la façon indolore de subtiliser sacs et portables. Mullfertigkeit  ! Dextérité orale ou l’art du boniment. « Je vous vends tout ce qui ne marche pas. » Et ça… ça marche.
La cour des Arts est déjà ouverte ! Il ne manque plus que la cour des Miracles. Mendier avec talent. Comme le mendiant dans Little Big Man qui ne recule devant aucune mutilation. Comme dans le roman Oliver Twist de Charles Dickens, où les interventions chirurgicales ablatives ont cours. Mais comme dit Confucius, « 
L’important c’est de survivre ».

Huguette Dreikaus ?

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 10:53

 

 

 

L’avenir a un chiffre : 19° ! Température fortement conseillée entre quatre murs en cette période que les Allemands qualifient de « Schwere Zeiten » (des temps difficiles).
Mamema disait : « Solang ass uns kein Bombe uff de Schaddel bekomme kenne mer uns gumple » (tant que les bombes ne tombent pas sur nos têtes, on peut s’adapter).
Hélas ! Même pour les bombes, on n’est pas sûr. Mais cela est encore dans les tarots d’une Elizabeth Tessier. Pour le moment, on s’en tient aux restrictions et ces dernières ont un chiffre : 19° !
19 °C garantis pour tous ? Ou juste conseillés à ceux qui peuvent allègrement aller jusqu’à 24 degrés ? Telle est la question.
Si dans mon enfance, j’avais pu dormir dans une chambre à 19 °C, c’eût été le nirvana (vous remarquerez que j’ai sorti mon Bescherelle).
En effet, nous étions chauffés par un unique poêle pour toute une maison et par les quelques degrés de la cuisinière au bois. A l’étage, le froid était sibérien et dessinait des fleurs magnifiques sur les vitres des fenêtres. J’avais une bouillotte et ma petite sœur pour me donner chaud. On se déshabillait à côté du poêle sur lequel chauffait le pyjama (je vous l’avais déjà fait savoir : j’ai une histoire antédiluvienne).
Dans le contexte des années 1950, lire dans les journaux que la température des logements est fixée à 19 °C garantis nous aurait émus aux larmes ! Mais en 2022, quand dans les immeubles même les plus modestes chauffés uniformément à 21° il faut baisser la température de 2°, alors ce sont les esprits qui s’échauffent.

Ne négligeons pas le pouvoir chauffant de l’haleine
L’humain est ainsi fait : il ne supporte pas les marches arrière, les revirements de situation et les atteintes aux acquis.
Et pourtant, nos aïeux moustachus et nos aïeules coiffées de leurs Schlaufkapp ont survécu à des périodes de -10 °C courants, dans des maisons glaciales. Même nous, les baby-boomers, nous avons appris à faire face avec les « Seelewärmer » (petit gilet de nuit) et les Bettsocke (chaussettes pour le lit). Et puis les Inuits dorment à même le sol dans leurs igloos, nus dans une peau de bête.
Mamema disait : « Il n’y a que les Lorrains qui souffrent moins du froid car ils dorment près de l’étable et sont réchauffés par le souffle des vaches » (sie ware warmghucht).
Ne négligeons pas le pouvoir chauffant de l’haleine. Viendez, je vous soufflerai dessus !
En attendant, je tricote pulls, gants et bettsocke. Avec application, méthode et Zuversicht ! (confiance, mais je préfère le mot allemand, c’est avec ce mot que maman m’a donné sa philosophie de vie).
Alors, 19 °C pour tous, pitié, non ! Ça ferait fondre la banquise, détruirait les igloos des Inuits et même mourir les palmiers en Afrique. 19 °C pour tous et c’est la fin de ce qui fait notre planète. N’oublions pas que 19 c’est aussi le chiffre du Covid. Et comme dirait Edouard, mon oncle lubrique, « 69 oui, 19 non ! ».

Huguette Dreikaus ?

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5 septembre 2022 1 05 /09 /septembre /2022 10:54

 

Mes très chers frères, mes très chères sœurs, je vous le dis haut et fort ! Comme ma rotule est sortie de sa cavité, la terre a dû sortir de son axe de rotation et se mélanger les latitudes. Où est la pluie ? Quelle est la rançon à payer pour y avoir à nouveau accès ?
Il y a ceux qui jubilent : « Pour un été c’était un été ! Que du beau temps ! Promenades, pique-nique et transat au soleil tous les jours ! ». Et en plus, ce temps-là, c’était chez nous. Même pas besoin d’alourdir le bilan carbone pour aller poser son transat dans des paysages méditerranéens, sous des palmiers ! On avait le même climat sous les mirabelliers de Knoeringue et entre les immeubles de Hautepierre.
C’est comme une avancée de la démocratie, quand tout le monde a un temps de vacances pendant ses vacances. On peut alors être aussi heureux à courir dans l’herbe de Dauendorf avec un t-shirt de chez « Action » qu’à courir sur le green d’un golf à Nice en polo Lacoste.
Et puis il y a ceux qui courent en uniformes rouges avec des lignes jaune fluo, un casque rouge sur la tête. Ils courent à cause du même soleil pour protéger les forêts, les animaux des forêts et les gens qui sont dans les forêts. C’est la course contre la sécheresse. Je l’ai pratiquée aussi pour sauver mes poissons d’un manque d’oxygène, pour sauver mes fleurs d’un dépérissement certain.
Drôle d’été, volets baissés
Ce n’est pas Hildegard von Bingen qui dirait que « les fleurs, c’est juste pour le plaisir des yeux ». Narcisses, perce-neige, lauriers roses, entrent dans la fabrication de médicaments, même les anticancéreux ! Merci à celui qui a arrosé les pervenches de Madagascar : elles me sont d’une grande aide en ce moment !
Drôle d’été à vivre volets baissés ! Dans la pénombre propice à la méditation, je récite des formules magiques pour faire venir la pluie. J’attends la pluie, c’est l’essentiel de mon activité. Mamema me disait « Lave les vitres ! Et la pluie viendra sofort ». Nix ! Même le coup des vitres n’a pas marché ! Il y a quelque chose de pourri dans la magie. Je m’accroche donc au dicton le plus infaillible dans les circonstances présentes : « La pluie finit toujours par arriver. »

 

Huguette Dreikaus ?

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 11:49

 

 

Le début de l’été marque la fin de saison dans les écoles, ateliers, les commerces et dans les médias.
La semaine passée a été émaillée de ces fameuses fêtes de fin d’année. Dans les écoles, au milieu des fumées de barbecue et devant des tables remplies de gâteaux faits maison, les têtes blondes s’adonnent à des danses allégoriques. Ils peuvent représenter une forêt qui danse ou des ustensiles de cuisine qui dansent. La magie du costume. Ainsi, dans mes jeunes années, je me suis retrouvée un jour maman d’un chêne et d’une cuillère en bois !
Dans les entreprises, on prend congé, avec émotion, de ceux qui ne viendront plus à la rentrée, ceux qui partent à la retraite, ceux dont on chante les mérites dans une litanie de louanges ponctuée par des « weisch noch ! » (tu te souviens) et arrosée par des crémants festifs et des bières en fût. Çà et là, on entend les soupirs de ceux qui envient le futur pensionnaire d’avoir pu terminer sans ambages son parcours professionnel. Beaucoup se demandent ce qui sera à la fin des vacances et si l’entreprise sera toujours là.

L’heure est au maillot de bain et à l’inquiétude
L’heure est au maillot de bain et à l’inquiétude. Mais la fameuse philosophie alsacienne prend vite le dessus : « Mer ware schun saan » (on verra bien). L’Alsacien est fataliste : « S’kommt doch alles wie’s komme soll » (arrivera ce qui doit arriver).
Dans les chaumières, on prépare les valises pour le départ en villégiature ou les outils pour les travaux dans la maison. Il y a la tapisserie à refaire ou une véranda à monter si ce n’est un mur végétal à installer. Mamema dit : « Et cette année, on ne ramène pas de souvenirs. On ne va pas payer de surplus bagages pour des trucs qu’on peut commander sur le Net et qui viennent à la maison. » Il est vrai que l’époque où Mahomet allait à la montagne est révolue ! Depuis quelques années, c’est la montagne qui vient sonner à la porte de Mahomet.
Peu à peu, le monde réel devient le show-room pour tout ce qu’on va acheter sur Internet ou regarder de plus près sur YouTube. Mes voyages, je les refais sur YouTube. Je peux même entrer dans des lieux interdits de visite pour le grand public ou visiter une cathédrale au son de la musique de Bach interprétée par les meilleurs virtuoses. Ces visites-là sont très agréables d’autant plus que je les fais les pieds posés sur un Revitive qui améliore la circulation sanguine dans mes jambes. Chose que tu ne peux pas faire en visitant Notre-Dame.
La saison des vacances est donc proclamée officiellement. Dès demain, radios et chaînes de télé amorcent leur grille d’été. On verra réapparaître le « Traumschiff » et Franck Dubosc nous demandera à nouveau « Alors, on n’attend pas Patrick ? » mais comme disait Frank Dreikaus, « il vaut mieux écouter des inepties que d’être sourd ».

Huguette Dreikaus ?

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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 11:48

 

C’est parti ! Bison futé ressort de son enclos. Les marchands de chichis et de churros préparent les friteuses. Léontine lave les draps pour les chambres qu’elle loue en Airbnb. Amandine peaufine sa silhouette pour pouvoir attraper le soleil, allongée sur un drap de bain « reine des neiges » à contempler un ciel bleu. Louis s’écrie : « La liberté ! Enfin ! » La liberté pour tous ! Même le Pape part piquer des têtes à Castel Gandolfo et le président de la République se promène en short au fort de Brégançon.
Liberté ? Vous avez dit liberté ? Pffff ! Vous n’avez même pas la liberté d’aller et de venir, tellement vous êtes entravés dans les embouteillages. Les vacances commencent dans les « Stau » (bouchons) à faire du Candy Crush sur son siège ou à regarder New York Police Judiciaire sur l’écran du camping-car en sirotant un smoothie aux fruits de la passion tout frais sorti du frigo. À part l’espoir d’arriver en deux-trois jours dans un lieu idyllique baigné de soleil et de vagues, on a la même vie que mémé coincée à la maison en raison de son arthrose et de ses essoufflements !

15 m² à 1 000 euros la semaine
Ne me parlez pas de liberté ! Vous êtes contraints d’aller en villégiature là où vous trouvez un nid libre et accessible à votre budget. Un mini-studio de 15 m² à 1 000 euros la semaine, et vous n’avez plus la liberté de manger ce que vous voulez dans le resto que vous voulez. Vous avez juste la liberté de réchauffer les conserves que vous avez faites avant de partir.
Ah oui, vous avez raison, il y a les vacances à l’étranger tout compris ! Vol, hébergement, All you can eat and drink ! Fer e Knepfel un e behnel ! (pour une bouchée de pain) Fabulous ! Wonderfüül ! Libres !!!! Pfiffe ! (que nenni !) Tu te retrouves dans un camp avec des activités forcées. Les danseuses (style danse du ventre ou danses rituelles hindoues) viennent danser devant ton transat marqué du logo de l’hôtel, tu fais les photos avec les dromadaires ou les éléphants de l’hôtel ! D’ailleurs tu as tellement peur de louper un des douze repas compris dans le prix que tu n’as pas envie de quitter l’hôtel ! Le marchand de bijoux et le marchand de tapis viennent à l’hôtel et si on t’emmène, avec un bus de l’hôtel, voir un petit village traditionnel, il est aussi authentique que le village grec d’Europa-Park. C’est une mise en scène de l’hôtel et des rôles interprétés par du personnel de l’hôtel. Fuir est impossible. On garde ton passeport à l’arrivée.

Le « Brigitte Bardot Syndrome »
Lili dit : « Mais on a la liberté d’aller en vacances là où vont les vedettes ! » C’est le « Brigitte Bardot Syndrome » ! Aller à Saint Trop là où elle est. Quitte à dormir dans la voiture sur un parking ! Pardon ! C’est interdit, comme dit la chanson : « J’voudrais bien mais j’peux point ». Idem sur l’île de Sylt au nord de l’Allemagne. Il est quasi impossible d’y rencontrer Jogi Löw, Roland Kaiser ou Thomas Gottschalk. Sylt veut virer la Plebs (la plèbe), raus le populo ! Les accès de la gare et les parkings sont investis par des punks alcooliques et agressifs… à la solde de l’administration. Le punk devient arme de dissuasion. Les stars veulent être libres pendant leurs vacances ! Libres ? Sur une île sous haute surveillance ?

 

Huguette Dreikaus ?

  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 

 

 

 

 

 

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deytsc

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