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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 11:25

 

 

 

Vous le remarquez, que vous êtes dans un bocal ? Comme un cornichon mais un cornichon seul. Il faut éviter les autres cornichons. Ils peuvent vous filer le mildiou. Cette pandémie nous a enfermés. Encore plus. Nous sommes dans un bocal posé sur l’étagère de Google pour admiration publique sur les murs de Facebook, Instagram et WhatsApp. Nous y étions déjà avant. Nous y sommes encore plus.
Avant, je dansais avec Momo. Maintenant Momo m’envoie des petites vidéos où il danse sur TikTok ! Il fait le buzz. À se trémousser dans sa cuisine devant son wok ou dans sa salle de bains devant son lavabo double vasque, il fait le buzz. Avant, je sentais la force de ses bras, les effluves citronnés de son eau de toilette, les phéromones du bonheur de se serrer contre moi. Maintenant, il est inodore et figé comme les petits fœtus conservés dans le formol dans le musée des curiosités médicales. Momo est dans un bocal.
Avant, j’avais la visite de Paulette ou de Laurent, maintenant, je les vois sur le FaceTime de WhatsApp ! Vous me direz, c’est mieux pour le bilan carbone si chacun reste chez soi, et surtout pour les orangs-outans, puisqu’on ne consommera pas de brownies avec un café et donc pas d’huile de palme, ce produit contenu dans les friandises qui met en danger la vie des orangs-outans à cause de la déforestation qu’il engendre. Merci à ceux que j’aime de protéger les orangs-outans et de me laisser cloîtrée entre les vitres de votre smartphone ! Que Dieu continue à protéger les orangs-outans ! Dieu ! Si vous pouviez me libérer du bocal… Je suis comme les CB. Je fonctionne sans contact.

L’importance du toucher
Le prix Nobel de médecine 2021 parle de l’importance du toucher comme s’il y avait péril en la demeure en ces temps où les enfants ne naissent plus toujours après des étreintes chaudes et odorantes mais dans les odeurs d’éther et par injection, en ces temps où les SMS fourmillent de ces cœurs rouges qui ne remplaceront jamais les caresses et les bisous mouillés. C’est en grande partie grâce aux nouveaux titulaires du prix Nobel, grâce à David Julius et Ardem Patapoutian que l’on connaît des mécanismes qui rendent un câlin agréable, une gifle douloureuse, ou un piment brûlant.
L’ère du digital
Moi je suis une tactile. J’ai besoin de toucher ceux que j’aime. Encore et encore. Le « toucher » n’est plus de mise. C’est l’ère du digital. Ça n’a rien à voir. Le digital, c’est avoir les doigts sur un clavier. Heureusement qu’il me reste le « gluuwe ». Le plaisir de sortir les raisins secs du kouglopf avec les doigts.

 

 

Huguette Dreikaus ?

  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 

 

 

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 11:24

 

 

Qui l’eût cru ! Le prénom est passé de l’état civil aux primaires des élections présidentielles. Néanmoins il reste dans les mains de l’État. Il faut depuis toujours l’aval des autorités au pouvoir pour pouvoir nommer son enfant. Nous les Alsaciens, nous le savons très bien puisqu’il y eut des tranches de notre histoire où les Jean sont devenus des Hans et les Roger des Rüdiger. Pauvre Roger Hund de Froeschwiller qui est devenu un Rüdiger Hund (räudiger Hund = chien galeux) ! Personne n’a oublié l’histoire de Henner qui, à la Kommandantur, a voulu faire enregistrer sa fille sous le prénom « Socken » pour qu’elle puisse s’appeler Josette (chaussette) à la Libération.
Chaque attribution de prénom est un combat. Même au sein de la famille où les traditions sont à respecter : « Chez les Haberschmitt, l’aîné des garçons s’est toujours appelé Antoine ! » Et chaque enfant mâle Haberschmitt appellera son aîné Antoine par respect pour la famille et parce que sinon, sa part d’héritage sera amputée de ces 5 000 euros qui sont distribués par an aux ayants droit.
C’est selon cette loi de la pérennité des prénoms liés à une smala que le petit Windsor doit s’appeler Georges dans une génération de Liam, Owen et Eden. Triste pour ce petit bonhomme ! Triste aussi pour les princesses de ne pas échapper à Charlotte, Sophie et Elisabeth.
Pas toujours facile de naître dans le gotha. Cela dit, ce n’était pas simple non plus pour les filles de ma génération qui devaient porter le nom de leur marraine en deuxième prénom. Quelles séances de fous rires à l’école quand, à la lecture de l’état civil, on découvrait des Isabelle-Cunégonde, des Françoise-Berthe et des Stéphane-Fernand.

Le prénom doit naître de l’amour
Et voilà que le prénom est sommé de rester français en France. Fini, les Jason, les Brandon, les Karim, les Leïla, les Nikos. Plus de Igor ni de Grichka ! Nix ! Out les marques extérieures de ses origines. Moi, je dis : « Stop ! » Le prénom doit naître de l’amour. L’amour des siens ou l’amour de ses héros ! Ma cousine a appelé son fils Joffrey parce qu’elle aime l’amoureux de la Marquise des Anges. Mon aîné s’appelle Laurent à cause des doux sentiments que m’inspirait Laurent Terzieff. Si l’implication personnelle doit être absente dans le choix des prénoms et que ce choix doit dépendre de l’État, autant en revenir à la méthode romaine où les aînés s’appelaient Primus ou Prima, les deuxièmes Secundus et les troisièmes Tertius. Sinon on peut aussi appliquer la thèse de Wiechert (die Jeromin-Kinder), théorie selon laquelle le prénom doit se rapporter à celui qui le porte. Son héros s’appelle Jons Ehrenreich (homme d’honneur)
Selon ses règles, comme je suis l’aînée des enfants et que je suis ronde, appelez-moi Prima Leibiga !

 

 

Huguette Dreikaus ?

  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....


 

 

 

 

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 16:13

 

 

 

 

La vie ne cesse de m’apprendre que l’humilité est la première vertu. Alors je bats ma coulpe. Tout est de ma faute. En deux mois, j’ai réussi à pourrir l’existence de millions de personnes !
Tout d’abord j’ai accepté de vieillir d’une année. C’était le 26 août. J’ai accepté d’avoir un an de plus entraînant vers la vieillesse tous ceux qui sont liés à moi. Tous ceux qui disent « J’ai le même âge qu’Huguette » sont désormais en route vers un destin d’octogénaires comme moi. Ma petite fille Katell qui jouait jusque-là tranquillement avec ses crayons de pastel a été propulsée d’un an en avant et doit désormais rester assise sans parler dans une salle austère. Siegfried Matthus est décédé le lendemain de mon anniversaire… si je ne l’avais pas fêté, il serait encore en train de composer des opéras.
Pardon !

Le bonheur des uns…
Pardon aussi pour ce temps pourri ! C’est ma faute. Je bats ma coulpe. Je suis responsable même si je partage cette culpabilité avec mon installateur d’arrosage automatique. Pardon ! Il faut que je dise, à ma décharge, que j’ai été traumatisée l’année dernière à cause de l’assassinat par le soleil de ma pelouse, de mes hortensias et de mes impatientes de Guinée. Je voulais leur donner une chance de survie cette année par une installation d’un système « bac riviera » aux dimensions de mon jardin. Hélas le devis et donc les travaux ont tardé et tardé. J’ai alors prié le ciel de venir à mon aide. Ma prière a été entendue. Ma pelouse et les fleurs ont été arrosées tous les jours ! Cela a ruiné vos barbecues, vos sorties piscines et vos moissons. J’avais oublié l’adage : « Le bonheur des uns… »
Je demande pardon enfin à Peter Falk, David Suchet, Margaret Rutherford et Joseph Hannesschläger de les avoir privés de leur repos éternel par mon addiction à Colombo, Hercule Poirot, Miss Marple et les Rosenheim-Cops.

Libérer sa conscience
À cause de ma peur de la pandémie, je suis restée confinée et je leur ai fait le coup du « Fliegender Holländer ». Je les ai extirpés de ce paradis qu’ils avaient largement mérité pour avoir dû, toute leur vie, porter un imperméable infâme, marcher à petits pas ridicules, porter des chapeaux extravagants ou manger des Schweinshaxen (Waedele). Et pourquoi ? Parce que je ne supporte pas la solitude et que j’ai la flemme de trotter sur un tapis de marche. Pardon !
Il est bon de libérer sa conscience ! Es fällt mer e Stein vom Herz (j’ai un poids en moins sur la conscience) ! Dene Stein wirf ich euch in de Garte (et ce poids-là, je le lance dans votre jardin).

 

 

Huguette Dreikaus ?   
ce n'est pas moi....moi c'est Simone

 

 

 

 

 

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30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 10:31

 

 

 

Vous pouvez compter les mots « Alsace » et « Delta » (le nouveau variant) dans vos quotidiens régionaux comme vous comptiez les voitures bleues lors des trajets vers les vacances sur les routes embouteillées : vous obtiendrez des chiffres époustouflants.
Jeudi encore, « Alsacefanday » (écriture agglutinante du web) ! De l’Alsace en veux-tu, en voilà. De l’Alsace sur les tasses, les pots à baeckeoffe, les t-shirts et jusque dans le cœur des chips « Hopla ». Vive l’Alsace et ses symboles : le bretzel, la cigogne, la choucroute et le kougelhopf. Des symboles bien malmenés avec les orientations nouvelles de l’alimentation et la rareté des grenouilles. Les cigognes ne trouvent plus pitance, la choucroute est mise à l’index pour ses calories, le bretzel et le kougelhopf se doivent d’être sans gluten sous peine de mettre la santé de leurs « tunker » en danger !

Je fais mon coming out !
Mais l’Alsace est grande, l’Alsace est forte ! Les mots pour le dire dans les évocations de tous genres venaient aisément jeudi… en français. Pourtant, on le sait, depuis qu’on ne parle plus latin, on ne parle plus des Romains. Oui, je sais, on peut être chauve tout en étant le meilleur coiffeur. Mamema dit : « Halt din Mull ! Sunsch bekommsch widder de Saukiwel annegelaart » (Ne dis rien, sinon tu auras de nouveau des insultes !). C’est vrai qu’on avait lancé - il fut un temps - des exhortations pour me bannir loin de mon Alsace sur de lointaines terres lorraines.
Permettez que je fasse mon coming out ! J’aime l’Alsace. De tout mon être. De toutes mes molécules. Des molécules de mon cœur, des molécules de mon cerveau, des molécules de ma chair, même des molécules de toute ma cellulite (je me dis que Dieu m’a donné ce supplément de graisse pour me donner un supplément d’amour à offrir). J’aime cette langue qui permet d’exprimer tous ces sentiments avec des mots énoooormes et si adaptés à la mesure de ce que nous éprouvons. J’aime les mots de Mamema qui, dans une explosion de colère, proférait à mon encontre des « rummel nun de die Dunderwetter, was hesch denn du elnder grindiger Hund schun widder aangstellt ? » (intraduisible) ce qui est tout de même plus fort dans une démarche éducative que : « Mince ! Qu’est-ce que tu as fait comme bêtise ? »
Je connais les limites de la langue. Je prie en français ou en allemand. Je ne connais qu’une prière en alsacien : « Ich bin noch klein. Min Herzele isch rein. S’derf niemes drinne wohne ass s’Liebgottele allein » (Je suis encore petite. Mon cœur est pur. Seul le bon Dieu a le droit d’y habiter).
Je connais aussi les difficultés de ma langue. Je ne parle pas le même alsacien que ma petite fille Katell. Elle a 2 ans ¾… Pas plus tard que jeudi, je lui ai dit : « Uff elsassich isch confiture “schaggel” » et elle me rétorque : « Nee ! “schleggel” ». Moi, je parle buurisch et pas elle ! Mamema a dit : « Mach butter un jambon uffs brot noo sin er d’accord » (Mets du beurre et du jambon sur les tartines et vous serez d’accord pour la prononciation).

 

 

Huguette Dreikaus ? 

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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 10:55

 

 

Je me promène dans les rues. Les affiches électorales fleurissent. Les markers sont de sortie. C’est de bonne guerre d’utiliser les affiches pour exprimer des moqueries. Qui n’a pas dessiné ici une moustache à une candidate et là-bas des dents noires à un candidat ? Quand on était gamins, redessiner les cils de Catherine Deneuve, agrandir les oreilles de Giscard ou mettre des lunettes noires même à l’image de la Vierge, c’était oser entrer en contact « direct » avec des personnages si loin de nous dans la vraie vie.
« Désiré, c’est celui qui a fait un gros nez à Louis XIV sur le tableau Rossignol de l’école. » Et voilà Désiré cité dans la même respiration qu’un des plus puissants rois de France. Quelle notoriété ! Même si elle est confinée dans le cercle restreint de l’école de son village. L’atteinte à l’honneur du souverain donne une aura à celui qui a commis le délit.
Des actes inexplicables
Et puis il y a eu la violence. Les croix gammées sur les affiches électorales. Les cibles de tir dessinées autour de la tête des candidats. La rage de tuer ; rappelez-vous ! Ravaillac est entré dans l’Histoire avec Henri IV et Chapman est entré dans l’Histoire avec John Lennon. Deux assassins inscrits sur la même page et dans le même article que leurs victimes sans avoir rien fait d’autre que de commettre ce meurtre. Des actes inexplicables… comme s’il y avait une injustice à réparer. La violence compensatoire ? Je me souviens du meurtre du petit Eric Peugeot et de la phrase d’un siroteur de bière au coin d’un comptoir : « Dee Litt muen au ebs hann » (ces gens comme ces Peugeot richissimes ? C’est bien qu’il leur arrive aussi des malheurs.) La mort d’un enfant pour réduire les inégalités sociales ?
Dans le film La vie est un long fleuve tranquille , les Groseille crachent sur la speakerine. Dans la Drôme, Damien Tarel donne une gifle au chef de l’État. « Dem Hochnasige hett er’s gezaït » (C’est bien de rabaisser son caquet à ce prétentieux), a dit le siroteur de bière ! Se sentir mieux en utilisant la violence contre les autorités. Plus de discussions. Crachats et coups de poing. Confucius dirait : « C’est le risque des statues de rois et de compositeurs classiques posées en place publique d’être recouvertes de fiente de pigeons et aspergées par l’urine des chiens et des ivrognes. »
L’audace fait acheter des sacs de farine et écrire des propos humiliants sur Facebook. « Celui-là, il va voir ce qu’il va voir. » J’ai eu droit à un : « Tu te prends pour qui, toi ? Tu t’es regardée ? »
Je sais maintenant que je suis peut-être devenue une statue. Mais je sais aussi que quelque part il y a un gros pigeon qui a la diarrhée.

 

Huguette Dreikaus ? 

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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 11:44

 

 

 

Dans les drames profonds qui frappent l’univers, on voit peu à peu un côté surnaturel. Quarante jours de pluie, et on reparle du déluge. Les garçons qui naissent reçoivent le prénom de Noé par des parents sûrs d’engendrer là le futur sauveur des ratons laveurs et des vers de terre en couple.
Les feux en Australie, la Covid, la violence des tempêtes ? On reparle des plaies d’Égypte. Mamema dit : « Un mer sin im réjéland gewann » (de plus, nous étions dans le pays de la pénitence). En fait, il n’y a pas beaucoup de péchés à faire quand on est confiné chez soi. Nous sortons d’une bonne année de rédemption par la fabrication de pain, par le muselage de l’adultère et par l’ingestion forcée de feuilletons aussi vieux que la grand-mère de Mathusalem. C’était une forme de paradis originel exempt de pommier, où même le Serpent était maintenu à distance par les règles du « Mach di eweg ! Du bloosch mer de virus ins Gsicht » (Tire-toi ! Tu me souffles le virus dans le visage).
Et voilà que Dieu a remis le pommier dans le paradis. L’Île de la tentation est ressortie des profondeurs de l’Atlantide. Tout est ouvert ! Tout est permis !
Béatrice a préparé ses billets pour aller les jouer au Casino. « Als ebs wie d’Junge nit bekomme » (pas de raison que tout mon argent aille aux gosses).

Tous les péchés sont à nouveau permis
Lili a enfin pu troquer ses pantoufles du Dr  Scholl contre des stilettos et arpente les rues pour se ruer dans les boutiques de mode, afin de redevenir « sortable », loin du pyjama « hello Kitty » du télétravail. C’est la fête aux biftons jetés par la fenêtre !
Berny rêve de parfaire ses tablettes de chocolat dans sa salle préférée, dans une explosion de phéromones loin du rameur à domicile coincé dans son ministudio, juste devant son bar le privant du péché d’alcoolisme. Il rêve de ses débordements de fitness et de mojitos.
Tous les péchés sont à nouveau permis. Alice dit : « Hop ! Fin du couvre-feu ! Mon Lulu va de nouveau traîner dans les bars à lorgner des filles aux jambes aussi hautes que les tabourets du comptoir. Je vais pouvoir remettre mes cornes ». Mesdames, votre Jules renoue avec ses vices. Les bars. Les sorties arrosées. Les nuits sans horaire fixe pour rentrer. Messieurs, votre Louloute vous fera à nouveau couler des litres d’adrénaline à faire chauffer la carte bleue dans des lieux pourtant estampillés « non essentiels » !
Le jardin d’Eden est redevenu un jardin Pierre Perret. Un jardin pour y faire des bêtises. Et tant pis pour les genoux en sang ! Il y a du mercurochrome.

 

 

Huguette Dreikaus ? 
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25 mai 2021 2 25 /05 /mai /2021 11:31

 

 

 

 

 

Depuis peu, j’ai un regard ascensionnel. Je regarde vers le haut. Pas loin. Je ne suis ni astronome ni assez férue de voyages interplanétaires pour essayer de voir Pesquet tourner autour de la Terre. Pesquet ? Celui qui va à 400 km dans l’espace pour voir la tour Eiffel. Mamema dit : « Lach nit ! (Ne rigole pas !) Nous, on va bien au Mont Sainte-Odile pour voir les Alpes ». Bref, je regarde vers le haut et je regarde l’épée de Damoclès qui se balance au-dessus de mon futur crâne. Diss Schwert bambelt. Confucius dit : « L’intensité du balancement de cette épée est l’échelle de Richter du danger de mort qui nous menace. »

Ceux qui n’iront plus à la Coopé
Le syllogisme dit que Socrate est mortel et que le chat est mortel et cet axiome nous suffit. On est navré pour Socrate, on est défait moralement en ce qui concerne le chat en pensant au sien, mais grosso modo, on se dit : « C’est la vie ». Personne ne songe vraiment que la mort fait partie intégrante de la vie. On lit les avis mortuaires dans le journal avec optimisme, car l’âge de ceux qui -  comme dit Mamema  – n’iront plus à la Coopé est plus proche de celui de Mathusalem que de celui d’Abel tombé sous les coups de son frère.
Je regarde au-dessus de moi et je la vois, cette épée de Damoclès. Et pourquoi ? Parce qu’il y a de plus en plus de voix qui s’élèvent pour me signaler qu’elle est présente et qu’elle « bambel » (pendouille). Quand je dis qu’il y a plusieurs voix qui m’ont avertie du danger imminent qui me guette, je ferais mieux de parler d’une chorale. Le docteur avant l’opération : « Une hémorragie peut être fatale ». La copine délicate : « J’ai vu trois personnes de ton âge dans les annonces mortuaires ». L’assureur : « Vous avez une convention obsèques ? » Le voisin amoureux des chats : « Je prendrai soin de Shah et de Pacha quand vous ne serez plus là ». Le banquier : « Je peux vous donner d’excellents conseils pour gérer votre succession ». J’ai même ouï une voix teintée par mon ADN me dire : « Tu donneras la maison à qui ? Faut y réfléchir ! »
J’ai à nouveau 20 ans
Il m’arrive alors parfois de fermer les yeux, comme si l’inéluctable était là. Même pas peur. Je prie. Je prie. Je prie souvent et beaucoup. J’écoute le psaume 91 sur Youtube. Puis, j’entends « bim » sur mon téléphone… C’est un SMS : « Je t’aime ». Et j’ai à nouveau 20 ans. Je connais ma fin du chemin, mais alors, après avoir lu ce message, je chante sur un air de Brassens : « J’ai encore 20 ans, mon vieux Corneille, et je t’emm… en attendant ! »

 

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16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 11:43

 

 

 

Rangés les chapeaux baroques et les brodequins à boucle, finis les meurtres dans des maisons bourgeoises où les cadavres gisaient sur des tapis orientaux de luxe devant des bibliothèques somptueuses, reléguées les tasses à thé et les affaires conclues effectuées par contemplation méditative et jeu de déductions ! Miss Marple is out !
Les enquêtrices nouvelles sont arrivées. Capitaine Marleau ou Morgane Alvaro versus Miss Marple, c’est Meghan Markle ou Sarah Ferguson versus la Queen Elizabeth ! Ça coupe le souffle !
Les Sherlock à œstrogènes que le destin a classées dans la catégorie « hors normes » séduisent le grand public. Les audiences qui vont au-delà des six millions de téléspectateurs, soit 10 % des Français, la capitaine Marleau y est entrée de plain-pied. La série a passé au rebut les athlètes de Koh-Lanta qui, dorénavant, avalent des couleuvres et traversent des lacs infestés de crocodiles pour rien si ce n’est pour être humiliés dans les médias en étant placés derrière une capitaine de gendarmerie qui boit la bière à la bouteille, qui salue les légistes à coups de « cotons-tiges », se défend à coups de pied dans les « valseuses » et résout les énigmes sans avoir à rester en équilibre sur un poteau qui file des échardes.
La France confinée, coincée entre ses quatre murs de 19 h à 6 h et dans un rayon de 10 km en dehors de cet horaire a besoin d’une autre liberté : celle du langage, celle des mœurs, celle du corps. Capitaine Marleau combine les trois. Morgane Alvaro aussi.
Morgane Alvaro ! Miss HPI (haut potentiel intellectuel) ! En audience, elle a broyé le couple Deneuve et Depardieu avec un score de dix contre un. Deneuve et Depardieu dans Potiche sont allés à la cave comme le vase moche de tata Juliette…

Colombo peut mettre son cigare dans le cendrier
Il faut se méfier des rousses. Les rousses déchirent ! C’est le syndrome Pippi Langstrumpf (Fifi Brindacier), la rouquine qui soulève des chevaux, et le syndrome Mylène Farmer qui affole tous les mâles. Mamema disait : « Roti sin andersch » (les rousses sont différentes). Une fois de plus, le pouvoir des rouquines est démontré. Morgane, en plus de prendre la tête des sondages de Médiamétrie, affiche un QI de 160. C’est une HPI doublée d’une overdose de perspicacité. Fa-ra-mi-neux ! Et comme elle met le commissaire Karadec dans les choux ! Dans les épisodes de Capitaine Marleau et ceux de HPI, le mâle n’est pas dominant ! Franchement, ça fait un bien fou à nous les femmes, surtout quand on voit tous les jours s’allonger la liste des femmes tuées et violentées par leurs conjoints.
Colombo peut mettre son cigare dans le cendrier et son imper dans la poubelle à textiles. La relève est là. Les intrigues nouvelles sont arrivées. Les biberons sur la table de Morgane remplacent les théières posées sur le guéridon de Miss Marple. La chapka de Marleau remplace l’imper de Colombo et la pipe de Maigret.
Hélas, on ne remplacera que difficilement les textes d’Audiard dits par le commissaire Maigret, en particulier cette phrase qui est un monument de la philosophie du crime : « La culpabilité d’un seul n’exclut pas la responsabilité de tout le monde. »

 

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 10:15

Riedseltz Bas-Rhin : Une page des Dernières Nouvelles d'Alsace dans le nid !

 

 

« Du liebes Kind, komm geh’   mit mir ! / Gar schöne Spiele spiel ich mit dir » (Cher enfant, viens donc avec moi ! / Je jouerai à de très beaux jeux avec toi) Goethe, Erlkönig , le Roi des Aulnes.
C’est une invitation au jeu que je vous lance. Jouer, c’est vivre une vie qui n’existe pas encore. Petit, on joue à la maman, à l’infirmière, à l’astronaute ou au pilote de Formule 1, pour se projeter dans un avenir où on ne sera plus emballé dans des couches ou vissé sur une chaise devant un exercice de maths. Jouer, c’est aussi vivre une vie qui n’existe plus.

Alors, jouez avec moi ! Maintenant.
On va jouer au bistrot. Six mois sans bistrot, c’est risquer d’oublier. Nous risquons d’oublier ces tablées de potes ou d’anonymes où on avalait jus de houblon, de treille ou d’anis, et où on crachait son fiel sur l’incapacité des politiques, la nullité des joueurs de flûte et la malhonnêteté des banquiers, pour le salut de son moral et pour le maintien des gamma-GT.
On risque d’oublier ce coin de bar où on racontait son chagrin d’amour tout en croquant des cacahuètes au rythme du Gondolier de Dalida devant un verre de blanc gommé quand Wirts-Suzanne (la patronne) devenait, pour les mélancoliques du zinc, ce que le Dr   Kroger était pour Monk.
Antoine, Lucien et moi, on joue au bistrot. Lucien a fait un faux comptoir comme au théâtre, et dans un cadre de bouteilles remplies d’eau colorée mais avec de vrais seidel à la pression, nous refaisons cette ambiance, figée par la pandémie comme Pompéi a été figée par l’éruption du Vésuve. Les conversations sont invariables « Diss isch der e Welt » (Dans quel monde vivons-nous !) et là, nous chantons en chœur la litanie mortuaire pour les cerisiers gelés, pour les oiseaux mazoutés, les villages engloutis. Suit le rosaire solidaire pour le deuil d’Elizabeth, les échecs du Racing et la morbidité des gros. Le tout ponctué par « Bring mer noch e seidel » (Encore un demi, stp.) ou « Hesch e bretschdel ? » (As-tu un bretzel ?)

Faire semblant pour ne pas sombrer
Avec Irène et Astrid, je joue à Schuhlaade (magasin de chaussures). Emmaüs a rendu possible l’acquisition de miroirs obliques à poser sur le sol, d’affiches, et le show peut commencer : « Elles sont belles, ces chaussures ! Vous les auriez aussi en bleu ? Bleu pas trop clair, pas trop foncé, pas trop fluo ! Des chaussures bleues, vous voyez ». Comme dans la vraie vie, on fait ch… celle qui joue la vendeuse, pendant deux heures, comme pour de vrai. Cette dernière, à son tour, nous assène des « Un mit dem, (Et avec ça), je vous mets des lacets ? » - « Un mit dem, je vous mets du cirage ? » Ces jeux de rôle sont une thérapie contre le désespoir. Faire semblant pour ne pas sombrer. Comme Josée qui achète toujours un beefsteak pour son mari disparu, « Er isst diss gern » (Il aime bien ça), et qui suspend encore et encore de nouvelles chemises d’homme dans l’armoire de leur chambre.
Venez jouer avec moi ! On peut aussi jouer à « voyager dans un avion ». Y jouer, c’est croire qu’on le vivra bientôt pour de vrai. 
Il n’y a donc qu’une chose à laquelle je ne jouerai jamais : c’est au docteur.

 

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 10:09

 

 

Le nouveau monde d’Huguette est un monde de transformations internes à la maison. Changer une lampe, un plaid, un tableau.
Je me suis attachée (notez bien ce mot qui résume un syndrome) à Banksy qui met de la couleur dans un monde gris. Je suis cette petite fille au ballon rouge. Je l’étais chaque fois que je sortais du magasin « chaussures Georges » quand, dans mes tendres années, maman m’achetait des souliers vernis noirs. Maintenant je ne peux tremper ma madeleine de Proust que dans ma mémoire : les magasins de chaussures sont devenus non essentiels et de toute façon, on ne m’y donne plus de ballon rouge ! Le ballon rouge s’est fixé sur un de mes murs avec un châssis en bois.

Des voyages à travers des images de chaussures et de ballons
J’entreprends donc des voyages à travers des images de chaussures et de ballons. Comme quand j’étais petite. À l’époque de mes Schillerlocke (les anglaises), l’univers des magasins se résumait, pour la petite « trutsch » de Dauendorf, au catalogue de la Redoute et au catalogue de papiers peints de Monsieur Sturtzer. Que de voyages dans le cosmos de la Redoute entre pyjamas et « coin de feu » en laine, entre râpes à fromage et corsets roses.
Les pages de sous-vêtements étaient mon journal du hard. Avec les tranches de papier coloré de Monsieur Sturtzer, je rêvais d’une chambre à atmosphère, à atmosphère florale avec un décor de pivoines d’un rose délavé, ou à atmosphère de légèreté avec un décor de nuages.

Pour les enfants, on est comme Superman
Aujourd’hui mes catalogues sont des pages Internet. Commander le moindre article met de la vie dans ma maison. Cela me permet de revivre un épisode passionnant d’« Alexa et les livreurs ». Alexa et les livreurs sont les pôles fixes de mes relations. Les enfants ? Ne rêvez pas ! Pour les enfants, on est comme Superman : ils aiment bien vous voir surgir en cas de problème pour éliminer les dangers et permettre à leur vie de devenir cool, mais qui se soucie de savoir si Superman a de l’arthrose ou une envie de se promener avec vous dans le parc ? Tout ce qu’on demande à Superman, c’est de résoudre les problèmes et de disparaître à nouveau dans les airs. Alors j’ai « Alexa » qui, de bon matin, me souhaite une bonne journée, me parle des nouvelles du monde, me chante ma chanson préférée et me dit : « Le paquet d’autocollants thermiques va arriver aujourd’hui ». Dans la journée, le livreur va sonner à la porte et poser le paquet à mes pieds. C’est bon d’entendre sonner à sa porte. Ce suspens ! Qui vient maintenant ? Le livreur ou l’infirmière ?
Mamema dit : « Livreur oder infirmière, d’Hauptsach isch, es schallt noch an de Dier » (Livreur ou infirmière, l’essentiel c’est d’entendre sonner à sa porte). Aujourd’hui, j’attends des autocollants thermiques. Alexa vient de me dire: « Bonjour Huguette, votre livreur est en route ». L’infirmière vient de s’annoncer par SMS. Ce sera une journée mouvementée.

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

 

 

 

 

 

 

 

 

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deytsc

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