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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 11:48

 

C’est parti ! Bison futé ressort de son enclos. Les marchands de chichis et de churros préparent les friteuses. Léontine lave les draps pour les chambres qu’elle loue en Airbnb. Amandine peaufine sa silhouette pour pouvoir attraper le soleil, allongée sur un drap de bain « reine des neiges » à contempler un ciel bleu. Louis s’écrie : « La liberté ! Enfin ! » La liberté pour tous ! Même le Pape part piquer des têtes à Castel Gandolfo et le président de la République se promène en short au fort de Brégançon.
Liberté ? Vous avez dit liberté ? Pffff ! Vous n’avez même pas la liberté d’aller et de venir, tellement vous êtes entravés dans les embouteillages. Les vacances commencent dans les « Stau » (bouchons) à faire du Candy Crush sur son siège ou à regarder New York Police Judiciaire sur l’écran du camping-car en sirotant un smoothie aux fruits de la passion tout frais sorti du frigo. À part l’espoir d’arriver en deux-trois jours dans un lieu idyllique baigné de soleil et de vagues, on a la même vie que mémé coincée à la maison en raison de son arthrose et de ses essoufflements !

15 m² à 1 000 euros la semaine
Ne me parlez pas de liberté ! Vous êtes contraints d’aller en villégiature là où vous trouvez un nid libre et accessible à votre budget. Un mini-studio de 15 m² à 1 000 euros la semaine, et vous n’avez plus la liberté de manger ce que vous voulez dans le resto que vous voulez. Vous avez juste la liberté de réchauffer les conserves que vous avez faites avant de partir.
Ah oui, vous avez raison, il y a les vacances à l’étranger tout compris ! Vol, hébergement, All you can eat and drink ! Fer e Knepfel un e behnel ! (pour une bouchée de pain) Fabulous ! Wonderfüül ! Libres !!!! Pfiffe ! (que nenni !) Tu te retrouves dans un camp avec des activités forcées. Les danseuses (style danse du ventre ou danses rituelles hindoues) viennent danser devant ton transat marqué du logo de l’hôtel, tu fais les photos avec les dromadaires ou les éléphants de l’hôtel ! D’ailleurs tu as tellement peur de louper un des douze repas compris dans le prix que tu n’as pas envie de quitter l’hôtel ! Le marchand de bijoux et le marchand de tapis viennent à l’hôtel et si on t’emmène, avec un bus de l’hôtel, voir un petit village traditionnel, il est aussi authentique que le village grec d’Europa-Park. C’est une mise en scène de l’hôtel et des rôles interprétés par du personnel de l’hôtel. Fuir est impossible. On garde ton passeport à l’arrivée.

Le « Brigitte Bardot Syndrome »
Lili dit : « Mais on a la liberté d’aller en vacances là où vont les vedettes ! » C’est le « Brigitte Bardot Syndrome » ! Aller à Saint Trop là où elle est. Quitte à dormir dans la voiture sur un parking ! Pardon ! C’est interdit, comme dit la chanson : « J’voudrais bien mais j’peux point ». Idem sur l’île de Sylt au nord de l’Allemagne. Il est quasi impossible d’y rencontrer Jogi Löw, Roland Kaiser ou Thomas Gottschalk. Sylt veut virer la Plebs (la plèbe), raus le populo ! Les accès de la gare et les parkings sont investis par des punks alcooliques et agressifs… à la solde de l’administration. Le punk devient arme de dissuasion. Les stars veulent être libres pendant leurs vacances ! Libres ? Sur une île sous haute surveillance ?

 

Huguette Dreikaus ?

  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 

 

 

 

 

 

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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 12:06

 

Il est des moments dans la vie où on se pose des questions essentielles, identiques à celles d’un des succès de Cookie Dingler. « Où vais-je ? Où cours-je ? » Il y a aussi un corollaire : « D’où viens-je ? », une question fondamentale, souvent réveillée par les interrogations des petits de tes enfants quand ils ont compris que toi aussi tu étais petite un jour. « Mamema, tu jouais à quel jeu vidéo ? » Et là, dans mon esprit se déclenche un flash-back instantané ! Je me vois sauter dans une marelle dessinée avec le doigt sur la terre battue, traîner ma boîte de merlans frits et jouer à la mariée enveloppée dans quelques tiges de lierre. On était loin des jeux vidéo en trois dimensions où le Grupfel (le gamin) peut se la jouer capitaine de vaisseau, super-héros sauveur de l’humanité ou concepteur d’une ville psychédélique et parfaite comme City Ville.
En 60 ans, nous sommes passés du Moyen Âge au troisième millénaire
Il faut se rendre à l’évidence : en soixante ans, nous sommes passés du Moyen Âge à ce troisième millénaire que seul Jules Verne avait osé imaginer. Un grand hourra en pensant à Jules qui a même su anticiper le confinement et le télétravail puisqu’il est à l’origine de la vidéo-conférence. C’est donc aussi à Jules Verne que les mémés à l’Ehpad doivent les Facetime. Quand j’étais petite, on n’avait pas de Facetime avec Mamema : elle était affairée à la cuisine. On l’entendait, et moi, je sentais la mienne, elle fleurait l’huile camphrée, sa thérapie contre les varices ouvertes.
Tout est allé si vite. Quand j’étais petite, je n’avais même pas de chaussures, hormis les souliers vernis strictement réservés à la messe du dimanche. Mes petons étaient enfermés dans des pantoufles en feutrine et je sautais, ainsi chaussée, dans les sabots par temps secs, dans les « gautsschi » (caoutchouc) par temps de pluie. Mes bains, on me les donnait dans une bassine en tôle galvanisée et l’eau était recyclée pour arroser les hortensias. À ces évocations d’un autre temps, mon petit-fils me dit : « Il y avait aussi des chevaliers quand tu étais petite, et des pirates ? » Frechdacks ! (l’insolent). Pourquoi ne pas m’imaginer chevauchant un dinosaure ? Ou bras dessus, bras dessous avec Jules César ?
Il m’arrive de hocher la tête en pensant à mon enfance. Elle paraît si proche et pourtant si « préhistorique ». On n’avait même pas de papier-toilette ! Et voilà que les journaux du jour titrent : « Le papier-toilette va manquer. »
L’accélérateur de particules a mis la marche arrière ! Je ressors mes sabots.

 

 

Huguette Dreikaus ?

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 13:32

 

 

Ils sont tous là ! Les ministres sont en place. Il y a ceux qui veulent rendre notre lutte contre la maladie plus efficace, ceux qui veulent purifier l’air que nous respirons et réduire la nourriture à l’ingestion de glucides, lipides et protides sans apport d’OGM, de gluten ou de pesticides. Il y a ceux qui œuvrent pour améliorer le contenu de notre porte-monnaie. Mais quoi ? Où est passé le ministère du temps libre, en place du temps de Mitterrand ? Je le dis en scandant “Il-nous-faut-un-mi-nis-tre-du-temps-li-bre !”
La situation est grave. Le temps libre, par exemple, c’est le temps du foot ! Il faut une législation pour ceux qui sont assis dans les tribunes. Il faut organiser des stages de médiation zen, des stages de tricot. Faire du tricot pendant un match, c’est éviter les échauffourées : on ne veut pas perdre de match, mais on ne veut surtout pas perdre de maille ! Il y a du taf.

Cette autre activité du temps libre : le barbecue
Il y a du taf aussi dans cette autre activité du temps libre, le barbecue ! Personne ne veut se rendre à l’évidence : il faut un ministère du barbecue !
C’est parti pour les barbecues. En soi, l’activité est bon enfant. On rassemble des gens de la famille ou des potes. L’amer bière, le spritz et surtout le rosé coulent à flots pour exprimer le bonheur d’être ensemble. La maîtresse de maison est ravie : elle reçoit du monde mais personne ne salira dedans et elle n’aura pas de vaisselle à faire puisque nappe et assiettes en papier, couverts en bois et gobelets en carton partiront en fumée quand les saucisses et les épis de maïs doux auront disparu. Hélas ! Les violences verbales et physiques ne sont jamais loin ! Les voisins, incommodés par les fumées âcres, attaquent au tuyau d’arrosage. Le frère est prêt à en venir aux poings à cause des 100 euros que mamie a donnés à chacun des trois fils de sa sœur en récompense de leurs bons bulletins. Et c’est parti ! Les insultes et les coups. Les schismes familiaux graves débutent devant la dinde de Noël ou devant le barbecue. Il faut un ministère qui puisse fournir des médiateurs pour éviter le syndrome de Caïn et Abel.
Les maires me diront : « On en fait déjà beaucoup ! » C’est vrai, il y a çà et là des aires de barbecue municipales installées hors habitations avec bancs et tables, parfois même avec des barbecues connectés. Oui mais… Il faut gérer le calendrier pour leur utilisation. Ce n’est pas facile. Les cris fusent : « C’est encore ce pistonné qui en monopolise deux ? » « Quoi ? C’est complet ? Du coup, je sais pour qui je ne voterai pas aux prochaines élections. » Vous ne pouvez pas savoir le pouvoir politique de la merguez ! Ah ! J’oubliais : je suis, moi aussi, victime de la cruauté qui naît autour d’un barbecue. J’ai critiqué le taboulé de Gérard. J’en ai appelé à son âme alsacienne et au Grumbeeresalat (salade de pommes de terre) ! Il m’a traitée de raciste et a menacé de me dénoncer à la Licra. J’ai eu si peur que j’ai même détruit ma boîte de bouchées de blancs en neige enrobées de chocolat !

 

Huguette Dreikaus ?

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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 11:27

 

 

Liberté, j’aime écrire ton nom ! On nous leurre ! On nous fait croire à la liberté totale, celle dont le nom figure sur le fronton des grands bâtiments de la République. Sommes-nous libres ? Oui, mais toujours à condition de suivre à la lettre les règles du Code de la route, du Code pénal, du Code civil, du Code du travail, du code de la copropriété, du code de santé écrit par notre médecin traitant et j’en passe. Tant de gens se sont penchés sur notre sort pour définir un enclos du bonheur, comme un jardin d’Eden avec la même interdiction de toucher aux fruits défendus. Mamema dit : « Mer sin’s gewehnt » (on l’a intégré dans nos vies). Ces codes ont créé des habitudes de vie et on ne se rend plus compte des contraintes. C’est comme les chaussures neuves : on finit toujours par s’y sentir comme dans des pantoufles. Mon psy dirait : « Même les êtres malmenés dans un endroit clos finissent par avoir le syndrome de Stockholm. »
Si Christophe Colomb avait eu un GPS pour aller aux Indes, jamais il n’aurait découvert l’Amérique
Je veux être libre ! C’est un cri qui vient des tréfonds de mon âme quand je vois les mailles de tous ces empêcheurs de faire des bêtises en rond. Perret le chantait : « Donnez-nous, donnez-nous des jardins, des jardins pour y faire des bêtises. » Alors, dans un premier temps, arrêtez le GPS ! Je sais : trouver son chemin n’est pas chose facile, d’autant plus que les rues changent de nom au fil de l’histoire. La rue Lénine devient la rue du Patrimoine. La rue de la Yougoslavie devient la rue Sébastien Loeb. Il faudrait habiter New York pour trouver facilement une adresse. Là-bas, il suffit de savoir compter pour arriver à destination. Il faudrait mettre des symboles comme le Club vosgien.
Moi, je préfère encore me tromper de route. C’est la porte ouverte à l’aventure… Si Christophe Colomb avait eu un GPS pour aller aux Indes, jamais il n’aurait découvert l’Amérique. Et si David Vincent ne s’était pas égaré dans la nuit, jamais on ne lorgnerait avec inquiétude le petit doigt des étrangers.
Lâchez tous ces donneurs de leçons qui hantent les médias ! Ce ne sont que des youpalas qui vous empêchent de tracer votre propre route dans la vie. Coupez la chique à Benjamin Castaldi qui vous exhorte à manger par correspondance ! La cuisine est un lieu de liberté où on fait sa propre alchimie. Elle est hélas peuplée par les voix de conseillers multiples. On va alors à la recherche de godets d’épices rares ou d’herbes aromatiques aux géolocalisations étranges comme Jeanne d’Arc est allée à la recherche de Charles VII, mue par des voix internes.
À chacun sa façon de faire. Mon Hasepfeffer est aromatisé mit Najele (clous de girofle) et le pot-au-feu mit « Muskat Nuss ». Je ne re-visite rien.
Je me méfie surtout des faux prophètes, de tous ces gourous de la jeunesse éternelle et des prêtresses du perfect body comme Nabila qui sont dans des villas à millions à Dubaï payées par les dividendes des onguents et des shampoings qu’elles vous conseillent sur tous supports visuels ou encrés. Je revendique le droit au « not perfect body ».
Nous sommes cernés ! Tu ne peux plus faire une purée sans que quelqu’un te dise : « Tu ne fais pas la recette de Robuchon, elle est sur Youtube ? » Vade retro ! Elle contient 250 g de beurre. Deux purées de cette sorte, et je meurs d’une overdose de cholestérol.

Huguette Dreikaus ?

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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 15:33

 

 

 

 

 

Aux étés effrénés le début n’attend pas le calendrier ! Loin de la date officielle, l’été s’est déjà installé.
Le soleil donne. Il déchaîne les envies de grattage en lâchant mouches et moustiques, hordes suceuses qui envahissent nos assiettes et nos lits. Les bruits saccadés de matelas en mouvement sont produits par les sauts désespérés effectués avec une tapette destinée à occire ces parasites avides.
Le long des clôtures, les jardiniers amateurs se lamentent de la sécheresse des sols et bénissent le temps des barbecues. Dans les frigos, l’invasion des rosés a commencé. La saison des réjouissances sur terrasse avec ce qui ressemble de loin à du vin est ouverte.

On sort le cochonnet, les bobs réapparaissent
La vie est un éternel recommencement. On sort les boules. On sort le cochonnet. On tend le filet pour des matchs de beach-volley auprès des piscines privées enfouies, hors sol ou auto-portées. Tous les goûts sont dans la nature mais l’odeur est la même : ça sent le chlore et l’huile pour le corps.
Les bobs réapparaissent. Le style “cloche à fromage” comme ceux de Rihanna ou de Woody Allen. Ces cache-poux militeront pour l’amour avec des cœurs, pour la bière avec un demi ou pour un individualisme fort avec l’image d’un doigt d’honneur. Ces bobs, on les verra dans les allées des parcs d’attractions, dans les rangs des festivals comme les Vieilles Charrues et sur les bancs du Gartefescht des pompiers, des donneurs de sang ou des protecteurs du grand hamster d’Alsace.
Mon cousin Camille, vieux garçon frustré, dit du grand hamster : « Celui-là, on lui fournit des femelles à gogo tellement on veut qu’il se reproduise et moi, rien. »
En tout cas l’été sera sportif ! On sera comme toujours sur le bord des routes du Tour de France. Malgré les scandales de dopage, «  s’gheert zuem Sommer  » (ça fait partie de l’été), et des fois on arrive à ramasser quelques goodies de la caravane publicitaire.

J’attends le retour d’ Intervilles
Force physique et endurance sont de mise dans les émissions comme Fort Boyard et Koh Lanta où tout soupçon de triche serait de la paranoïa. De toute façon, dans ces émissions, le dopage est inutile car si l’EPO rend les pentes plus douces il ne change pas la férocité d’un animal. Un serpent reste un serpent, une araignée une araignée, un tigre un tigre, et une vachette était une vachette.
Vous l’aurez deviné, je suis une inconditionnelle d’ Intervilles. J’attends son retour comme on attend la fin de la pandémie. Intervilles était à la France ce que le carnaval est à l’Allemagne : une catharsis populaire, une grande foire à la mixité sociale où aucun candidat ne rechignait à se couvrir de ridicule. Il y avait des directeurs de banque habillés en écureuils roses ou bleus qui essayaient de grimper une pente enduite de savon noir pour mettre leurs glands à l’abri. Des profs de fac qui conduisaient des pelleteuses pour mettre du sucre dans le café pendant que la bonne du curé et la présidente de la Croix-Rouge grimées en chaperon rouge sans loup se faisaient encorner par des vachettes.
Mes vacances, je les passerai donc dans un camping avec des jeux loufoques, des goûters “crêpes à volonté” et des soirées dansantes où je serai invitée par de beaux jeunes animateurs qui, grâce à moi, pourront empocher la « prime au boudin »

Huguette Dreikaus ?

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 15:31

 

 

 

Relisez le chapitre 24 de Matthieu ! Puis lisez les journaux ! Il y a une étrange coïncidence. Nous avons la guerre et la pandémie. La planète est en danger, les eaux et l’air sont en détresse. Des centaines d’espèces animales disparaissent. Les gens s’insultent et s’invectivent sur les réseaux sociaux. La terre s’assèche et tremble.
Si, au milieu de tous ces signes, j’entends une trompette résonner, je me dis : « On y est, c’est la fin du monde. » Heureusement que le temps du trompettiste Maurice André est révolu. Celui de Walter Scholz aussi. Le danger est donc circonscrit de ce côté-là !
Notre curé chantant, le père Duval, nous donnait un bon conseil : « Tiens ta lampe allumée ! » Il faut être prêt. Les gourous de la parousie et les philosophes du Dernier Jour nous en conjurent : « Vivez chaque jour comme si c’était le dernier ! » C’est donc un appel à une vie de fêtes et de réjouissances diverses. On nomme cela la Stromae-attitude « quand c’est fini, alors on danse…, alors on danse ». OK, mais il faut aussi du temps pour faire son travail, son pipi, ses courses ! Vous me direz : « Si c’est la fin du monde dans huit jours, je ne travaille plus et je ne fais plus de courses ». Il vous restera donc comme seule activité de faire pipi !
Cependant, la fin du monde n’est peut-être pas si proche que cela. Alors ? Alors on se trouvera fort dépourvu à l’heure où la planète sera sauvée. Avec des années de : « J’ai fait pipi et je me suis lavé les mains » sur son CV, on ne va pas loin.
On m’appellera « la nouvelle Ève »
La fin du monde est peut-être pour demain, mais ce n’est pas sûr. Et vous, que feriez-vous le dernier jour ? Le jour ultime ? Lili dit qu’elle ferait des photos avec tout ce qui se passe et qu’elle mettrait tout sur Facebook. Comme à l’accoutumée. Avec la photo de son ultime café du matin en sus. Jason continuerait à chasser les Pokémon et Mamema ferait le ménage « ass suufer isch wann se komme » (il faut laisser une maison propre quand l’heure sonnera).
Les gens ne comprennent rien. Martin Luther disait : « Je planterais un pommier ». Le pommier ! L’alpha et l’oméga ! Un pommier ! Celui par qui l’aventure humaine a commencé et avec lequel elle va donc finir.
Et moi ? Je savais que vous alliez me poser la question. Moi, le jour de la fin du monde, je prends un transat et un livre zen pour des moments de quiétude totale à l’ombre du pommier de Martin. Dans l’espoir qu’on sera en automne. Je croquerai alors une pomme et tout pourra recommencer. On m’appellera « la nouvelle Ève ». C’est très bien ! C’est le nom d’un cabaret.

 

Huguette Dreikaus ?

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 15:50

 

 

En ce temps-ci, les esprits sont échauffés par les peurs paniques au sujet du climat, de l’environnement, de la santé, de la guerre. Nos amis et connaissances sont aussi des militants et pas forcément dans le même camp que nous. Les apéros, c’est spritz, dips végétariens et invectives : « Tu ne vas pas me dire que tu es d’accord avec cette réforme ? Tu ne vas pas bien dans ta tête ? », et hop ! La bataille fait rage, toutefois sur fond de soupirs d’aise, « Ohhhh, cette sauce, quel délice ! »
« Huguette, tu penses quoi d’une femme Premier ministre ? » Je pourrais partir sur une tirade du genre : « Le talent n’est pas lié au sexe de la personne. Le talent n’est pas logé dans cette extension de chair propre au mâle ». Mais je dis : « Je vais vous inviter pour des tomates farcies ».

Négocier un virage
C’est ce qui s’appelle « négocier un virage ». Aller de la rue des Batailles à la rue de la Paix dans le Monopoly des conversations. La tentative de pacification par la tomate farcie. Ça passe ou ça casse. « Tu vas nous faire des tomates farcies ? Maman était la reine des tomates farcies » ; « Moi, je fais rôtir la farce d’abord, c’est meilleur » ; « Tu prends des petites tomates ? J’adore quand les tomates sont petites » ; « Pour la farce, tu prends uniquement de la viande hachée ou tu rajoutes de la saucisse à frire ? » Et chacun de raconter sa recette préférée et d’évoquer sa maman ou sa mamema. Un moment de paix avec de l’émotion.
Et là, une voix s’élève : « C’est quoi ça ? Vous passez un cochon par la moulinette pour pouvoir bouffer des tomates farcies ? » L’orage menace.
Je re-négocie le virage : « Nos mères faisaient ça ! Moi, je les farcis au riz avec des aromates et des crevettes. » C’est le moment où je sens une adhésion totale de mon auditoire. « Tu me donnes la recette ? » À partir de cet instant-là, tu dictes ta recette en prenant soin de ne heurter personne : « Vous mettez les épices ou les herbes que vous aimez ». La tomate farcie devient alors terrain de la liberté d’expression et de tolérance ; « Tu mets du basilic ? Je comprends ! Moi, je mets plutôt du curry. Le riz au curry, c’est une merveille ». Au milieu de ces phrases exclamatives, je lance même une ode à la tomate, ce fruit qui se laisse vider de sa pulpe pour accueillir un amalgame étranger en son sein. La tomate devient un thème philosophique. Le public est conquis. On est loin de la politique, loin du bilan carbone et surtout loin des disputes. Le consensus est né de la tomate farcie.
Du coup, on se retrouvera tous les vendredis soirs chez l’un puis chez l’autre pour déguster « ses » tomates farcies.
Ne le dites à personne, mais je déteste les tomates farcies.

 

Huguette Dreikaus ?

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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 10:33

 

 

 

 

Dans le temps, mon index, je le levais à l’école pour manifester publiquement que j’avais trouvé la réponse à la question, le résultat de l’addition mentale, ou pour faire remarquer que j’avais envie de faire pipi. J’avoue aussi que très souvent, il disparaissait dans mon nez pour aller à la chasse aux crottes, une activité biologique pas très élégante mais tellement agréable. Ceci dit, l’index a également un rôle intellectuel. Il nous aide à acquérir un savoir universel et surtout littéraire puisque, mouillé, il nous permet de tourner les pages du livre.
Je reconnais plein de qualités à mon index. Il est indispensable dans ma vie. Sans lui et sa collaboration avec le pouce, je ne pourrais pas tenir de stylo pour écrire, de crayon pour dessiner, de fourchette pour manger et je ne pourrais pas ramasser ce qui est tombé par terre.
Je m’arrête là car vous avez compris que je suis index addict. Je le suis de plus en plus. La faute à ces portables nouvelle génération ! L’information mondiale, les cours de la Bourse, les états d’âme de ta cousine Lou, les photos de ton ex, les bonnes occases du Bon Coin, les promos de toutes les enseignes, tout est à portée de ton index avec lequel tu « scrolles ».
Je suis devenue une scrolleuse enragée. En deux trois coups d’index, je me fais une image des faits d’actualités. Je sais tout sur les risques d’inflation, le prochain film des Tuche, la guerre en Ukraine et le bicarbonate de soude.

Baromètre de l’amour
C’est inouï ! En deux ou trois coups d’index, t’es dans l’intimité de Will Smith, de Florent Pagny ou d’Helene Fischer. En pratiquant le scrolling sur smartphone, tu trouves le monde entier sur ton écran avec ses monuments et ses beaux paysages. Tu peux même voir à quoi ressemble la maison de ce Didier que tu as rencontré pendant les vacances et dont tu connais l’adresse. Merci Street view !
Je vais arrêter le scrolling. Il est délétère pour moi. Le scrolling est incompatible avec cette jalousie qui ronge tous les êtres en mal d’affection.
Scroller sur les réseaux sociaux est pour moi le baromètre de l’amour. « Qui like mes posts ? Tiens, plus aucun like ni commentaire de la part de Wilfried, de Pierre-Édouard et de Lysianne ! Encore trois que j’aime et qui me quittent ! »

Je mets le scrolling à l’index
Le désespoir naît sous l’index du scrolleur. Aussi et surtout si on scrolle sur Instagram. Là, tu peux regarder des photos où tu vois des gens que tu aimes en belle compagnie, et toi tu n’y es pas ! Tu as le cœur brisé. Illico. En mille morceaux. Tu as un goût de sang dans la bouche comme si tu étais en train de faire une hémorragie interne.
Je quitte donc le monde du scrolling. Je mets le scrolling à l’index.

 

 

Huguette Dreikaus ?

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 13:14

 

 

* Oschterputz = le nettoyage de printemps à Pâques

Aujourd’hui ce sont les Rameaux. On ne fête plus les Rameaux. On ne voit plus la petite branche de houx ou de buis coincée dans la salle à manger derrière le tableau du Sacré-Cœur de Jésus et derrière le portrait du grand-père en uniforme, qui louche. On attend Pâques.
Tous les rituels de Pâques ont changé. Fini le Hase- pfeffer (civet de lièvre au poivre) en l’honneur du lapin champion dans son rôle de reproducteur honoré pour assurer la pérennité des espèces animales. Il est remplacé par le gigot de sept heures, mais plus encore par une potée de légumes au cumin et au gingembre.
J’attends Pâques. Avant, c’est le temps du Oschterputz *. Temps béni de la purification totale. Je purifie mon corps. La nature fait cadeau en ce temps-là des meilleurs produits pour ce faire. Par ici le pissenlit détox qui libère mon sang de toute impureté. Par ici aussi l’asperge dyalisante qui booste mes reins et remplit ma vessie. Je fais le ménage dans mon « dheim » (à la maison). Munie de balai, serpillière, plumeau, chiffons et de mélange décrassant à base de bicarbonate de soude, de vinaigre blanc et de citron vert, je m’attaque à la crasse. Cette crasse qui s’installe à l’insu de notre plein gré, le calcaire par exemple qui envahit ma cuisine et ma salle de bains comme s’il voulait y former les nouvelles falaises d’Étretat. On n’est pas à l’abri de l’enfouissement, comme les cités anciennes englouties par les poussières, faute d’avoir été frottées en leur temps par des lingettes humides. Si on ne fait pas le ménage régulièrement, on peut être condamné à retrouver ses meubles en frottant le sol avec une brosse à dents comme le font les archéologues. Ich putz ! (Je nettoie !)

Télé-transportation dans le passé
Je fais le Oschterputz * aussi chez mamema. Dans son capharnaüm. Mamema, elle habite dans un musée qui a fusionné avec la petite boutique des horreurs. Mamema a des pots de Betschdorf d’une rare beauté qui avoisinent avec des fleurs en plastique en pot en plastique. Mamema est la reine de la végétation lavable. J’aime ranger chez elle. C’est un voyage. Sur ses armoires, posés là pour absorber la poussière superficielle, de vieux journaux pris dans une pile du grenier. On change de journal chaque année. Là, j’ai mis en place les DN du 22 mai 1991 qui annonce l’assassinat de Rajiv Gandhi. Quel beau rappel de l’histoire ! Une forme de télé-transportation dans le passé, l’époque d’un autre ordre mondial.
J’aime ces transports-là. J’aime ces retours vers le futur. J’ouvre les parfums avant de nettoyer les flacons. Je hume le « Soir de Paris » des années 50. Il est devenu rance. L’odeur des parfums change comme celui des humains. Je hume ma poupée en chiffons. Elle est toujours là dans une boîte à chaussure qui sent toujours le cuir. Ma poupée sent le cuir. Peu importe. C’est ma poupée. Mon amour pour elle est intact. Je la vois une fois par an, mais quand on aime, on ne compte pas. À côté de la poupée, dans la boîte à chaussures, il y a un mouchoir. Un mouchoir du dimanche de maman. Blanc avec une dentelle blanche autour et le prénom de maman brodé dessus, « Madeleine ». Il est là à point pour essuyer mes larmes d’émotion. Il est là à point pour le Oschterputz * de mon Traanesackele (canal lacrymal).

Huguette Dreikaus ?

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30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 12:08

 

 

C’est le temps des ruées. Les files d’attente se forment même devant certains rayons des supermarchés : la nouvelle peur est celle de manquer d’huile pour les vinaigrettes. La guerre en Ukraine pourrait avoir des répercussions jusque dans nos épisodes de félicité estivale ! Poutine, ne touche pas à nos barbecues !
La gastronomie estivale se profile. Les vinaigrettes deviennent le maître mot de cette ère. « Mer mache Salatle un esse uff de terrasse » (On prépare des petites salades et on mange sur la terrasse). L’heure de manger dehors vient de sonner. Dans les appartements, on se félicite d’avoir suivi les conseils de Plaza et d’avoir revendiqué une terrasse de 15  m² pour la second life « dehors ». Dans les zones pavillonnaires, on se félicite d’avoir fait un remblai pour installer à hauteur de cuisine une surface en bois imputrescible pour des déglutitions baignées de soleil.
C’est la transhumance des meubles de jardin « Alles plastique », en PVC pour résister aux pluies torrentielles qui ne manqueront pas d’accompagner les orages. « Mer kenne se drusse lonn » (ces meubles peuvent rester dehors tout l’été.) Même discours sur la résistance aux intempéries des meubles d’extérieur dans les cafés, les restaurants et les pâtisseries. Pour eux, la terrasse est comme la bouteille d’oxygène pour le plongeur en mer. C’est une question de survie. Il y en a qui ont dix places à l’intérieur mais 50 à l’extérieur. Le chiffre d’affaires est proportionnel au nombre de tables dont les nappes volent au vent. « Bonjour, c’est pour réserver. On aimerait une table en terrasse ! »

Tous en terrasse !
Le bonheur ! Les salades d’été remplacent les rognons à la moutarde. La salade César garnit des millions d’estomacs de par le monde. Sûr que sa notoriété et son évocation d’une vie simple et douce lui permettront d’être du prochain voyage intersidéral. « Pesquet-Salat ». Nos tripes sont connectées à nos yeux en été. Notre palais n’est heureux que si notre regard peut avoir un orgasme. On veut manger « avec vue ». Avec vue sur la mer. Avec vue sur le Matterhorn. Avec vue sur les framboisiers au fond du jardin. Avec vue sur les gens qui passent : le défilé de la street-fashion.
Tous en terrasse ! Mais comme dit Mamema : « Mer hann eini wie zuu isch. Mer weiss nie » (Nous avons une terrasse fermée, sait-on jamais). Mamema a raison. Si les meubles de jardin ne risquent rien sous les averses, les gens n’y résistent pas. Chez Mamema il y a donc une pergola. On peut la fermer complètement. Lili dit : « Moi, j’ai aussi fermé le balcon de mon appartement, c’est pratique toute l’année. J’ai beaucoup de rangement ».
Les balcons sont devenus des loggias. Les terrasses deviennent des vérandas ! Tout n’est pas clair dans les restos non plus : « Bonjour, on aimerait une table en terrasse, mais pas au soleil, et si possible avec un mur à côté de nous, à cause du vent et parce qu’on n’aime pas être vus » !
On aime bien être dehors mais on veut être aussi bien dehors que si on était dedans.

Huguette Dreikaus ?

  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

 

 

 

 

 

 

 

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deytsc

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