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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:23
Il est où, le Burkémon ?

L’été, c’est fini ! Les tartes aux quetsches et les choucroutes ont refait surface, c’est la fin de ce trimestre voué aux voyages, aux tongs, au barbecue et aux sprays à la citronnelle. Je dis : « Ouf ! », je suis épuisée. La faute aux burkinis et aux Pokémons.

Ces deux termes sont les maîtres mots de ces mois de canicule.

Juillet 2016. Le monde est en proie aux affres du terrorisme. Les femmes sont en pleine course d’aquabike pour modeler leur corps. Les hommes sont en transes à cause de l’Euro de foot. Et là, le venu d’on-ne-sait-où, ce commandement « Pokémon go » ! Une exhortation à la chasse à des bestioles aussi psychédéliques que virtuelles. La fièvre gagne vite. Mamema dit : « Diss hann mer au gemacht ! » Elle se souvient des mêmes rassemblements, du même empressement de masse pour la chasse aux… champignons, aux myrtilles et aux marrons sauvages.

Vous connaissez Rudi ? Rudi, c’est un voisin. Il est au fait de tout ce qui se passe dans l’actualité. Il milite. C’est un militant polyvalent, politique aussi. Il composte, il mange cinq fruits et légumes par jour. Il a été le premier à avoir des alcootests dans sa voiture et cet été il a fait la chasse au burkini : sur son vélo, il parcourait les chemins en direction des gravières, des étangs et des bords de rivière pour sa croisade. Mais le burkini est comme le coquillage : on ne le trouve qu’au bord de la mer ! Et puis la chasse au burkini est une chasse difficile : il n’y a eu que 740 burkinis achetés sur l’ensemble du territoire en 2016. Rudi est déçu. D’autant plus que l’automne met les burkinis, les bikinis, les monokinis et les toufkinis dans les tiroirs embaumés par des huiles essentielles de cèdre.

La chasse au gluten est ouverte

La guerre contre le burkini me semble picrocholine ! Certes, on peut débattre de l’ingérence vestimentaire de l’étranger sur nos us et coutumes et sur notre identité. Mais n’y a-t-il pas eu pire ? Qui a analysé la mutation profonde de notre société causée par l’arrive du « jeans » venu des USA ? La France entière est en jeans. Et alors ? Avec l’aide des grands couturiers, promoteurs de la femme maigre, nous sommes dans une civilisation « unisexe » et « androgyne ». Nous voilà devant une grande mutation sociologique : celle du sexe et du genre avec cette question fondamentale : « Qui est homme ? Qui est femme ? » Et l’apparition du troisième genre. Rien n’est anodin.

Si sur les plages on a vu des burkinis, on a aussi vu, en plus grand nombre, des femmes adeptes du thigh gap, des femmes à la recherche d’un écartement des cuisses de 5 cm, celui qui est donné quand on a 45 kilos pour 1,70. Qui s’en offusque ? N’est-ce pas là un problème de santé publique ? Qui fait la guerre aux affameurs et aux vendeurs de ténias vivants ou chimiques ?

Nous voilà en septembre et une nouvelle chasse est ouverte : la chasse au gluten ! Sus !

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

Il est où, le Burkémon ?
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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 11:15
Le buffet est ouvert !

« Le buffet est ouvert ! » c’est un peu comme le « Ite, missa est ! » du dimanche matin, trois mots qui libèrent la foule d’un discours prononcé du haut d’une estrade ou d’une chaire.

« Ite ! », « Allez-y », ces 3 mots envoient les fidèles vers l’apéro dominical dans une salle de bistrot où sont déjà alignés les Picon et les bretzels frais après la messe. Ils envoient aussi l’assistance d’un congrès ou d’une assemblée générale vers le hall d’une salle polyvalente où trônent des tables nappées de blancs et parsemées d’une myriade de mignardises salées et sucrées paramétrées pour vous en boucher un coin.

Même situation, même mouvement d’une foule vers une oasis où l’estomac peut être gavé de petits fours après que les oreilles ont été gavées de discours.

Si l’apéro du dimanche matin est une démarche isolée et volontaire, la marche vers le buffet d’une soirée commerciale a quelque chose de stalinien. L’itinéraire est obligatoire, le service d’ordre à brassards angoissant, l’organisation paramilitaire.

Plutôt le détecteur de métal que les couverts en plastique

La foule s’y rend en marche lente et en pas cadencé pour avoir la bonne vitesse d’approche vers l’hôtesse préposée aux accessoires – assiette en carton, fourchette et couteau en PVC pour tout le monde.

Je déteste les fourchettes en plastique qui perdent leurs dents comme une mémé de 95 ans, je déteste le couteau en plastique qui se plie sur les reliefs d’un pâté en croûte mou.

J’aimerais tant me soumettre au détecteur de métal à la sortie de la soirée si je pouvais avoir des couverts en inox pour couper correctement ma tranche de saumon cru, allongée là comme un sushi en mal de chemise, au lieu d’avoir à l’avaler à la manière de la poule qui avale un lombric, la tête sur le côté pour essayer d’éviter une de ces collisions qui vous met du jus de pomme sur la tête ou de la mayonnaise sur les manches du tailleur.

Je déteste le torticolis du lendemain qui me punit d’avoir passé du temps à chercher un truc, le « truc » qui soit original et plus savoureux que ces knacks qui ont tant trempé dans leur bassine qu’elles en sont délavées et que, par osmose avec l’eau de leur bain, elles sont devenues inodores, incolores et sans saveur.

Il y a bien – ô bizarrerie inattendue – des mauricettes rondes ! Et ces bretzels en forme de cœur qui sont un sacrilège boulanger !

Je déteste ces buffets dînatoires où tu te retrouves avec ton verre d’une main et ton carton de l’autre, otage de ces 540 calories si encombrantes à l’état solide ou liquide qu’elles t’empêchent même de te gratter le nez ou de sortir ton téléphone qui vibre dans ton soutien-gorge…

A cause de la bière que tu tiens à la main gauche et du risotto aux cèpes qui est collé sur la soucoupe en carton dans ta main droite, tu vas louper l’appel de l’homme de ta vie qui voulait te dire : « Je t’aime comme je n’ai aimé aucune des 23 copines que j’ai eues avant toi ». Le buffet dînatoire et les limites de mobilité qu’il t’impose peuvent te faire passer à côté de la chance de ta vie.

Retrouver l’air frais, Joe Cocker et les torches aux marrons

Confucius dit : « Ce qui est bien dans certaines choses, c’est ce que tu ressens après ».

Après un buffet il est bon de retrouver l’air libre, l’air frais, le calme de la voiture, Joe Cocker qui chante dans l’autoradio. Tu restes assis sur le siège de conducteur et là tu dégustes les petites torches aux marrons que tu as réussi à grappiller.

Mamema dit : « Rien n’est jamais tout noir ». C’est vrai ! Même les chats noirs ont la langue rose.

10.10.2015

 

 

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
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Le buffet est ouvert !
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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 17:09
Manger apaise.

 Vaste sujet : « Quelles relations entre cuisine et culture ? »

                   

On sait que les rites ancestraux et les traditions religieuses tiennent une grande part dans les habitudes culinaires.
La pratique du jeûne périodique et la liste des aliments interdits par les curés, rabbins et imams influencent nos menus.

Ne négligeons pas non plus l'aspect patrimonial des repas propres à certaines couches sociales ou professionnelles : la soupe de pois des marcheurs, les Röjgebradelti des marcaires, les fromages des bergers, les salaisons des paysans. 
De nos jours, culture et nourriture riment d'autant plus qu'on ne fait pas de vernissage sans pain-surprise, de conférence scientifique sans collation, de congrès d'anthropologues sans buffet dînatoire.  Et pas d'exposition d'artistes villageois sans tarte flambée !

Le Moyen Age est de retour avec ses ménestrels et ses tournois mais aussi avec sa soupe d'épeautre et ses pièces de vénerie à la broche.

 Même les séances théâtrales de 21 h débutent à 19 h avec des knacks et des merguez. Shakespeare, Dario Fo ou Raymond Weissenburger entrent mieux dans nos cellules grises si une profusion de suc gastrique leur sert de vecteur.

Culture rime avec nourriture et nourriture rime avec littérature. Dans les salons du livre, l'auteur des Soupes de tante Germaine et des Mille Visages de la Pomme de Terre trône à côté de l'écrivain élu au Goncourt ou de l'auteur de ventes magnifiques, Marc Lévy.

Les collecteurs de recettes ont droit au label « écrivains » au même titre que les romanciers, les philosophes et les sociologues, selon le principe « qui écrit est écrivain » !


Cultiver la cellulite, c'est lutter pour la paix sociale

 Les philosophes, eux, se targuent de donner des leçons de diététique, au nom de la nouvelle religion du bien-être.

Quant aux sociologues, ils expliquent les grands événements par des carences alimentaires exceptionnelles. La révolution est dans l'air quand le peuple a faim. Cultiver la cellulite, c'est lutter pour la paix sociale. Manger apaise. Pas de violence dans les romans de Simenon. Pourquoi ?

Jules Maigret mange entre meurtres et interrogatoires.  « Food Culture » !
Voilà un festival qui va nous réjouir. Personnellement j'attends beaucoup de cette réunion au sommet entre éminences grises et toques blanches.
Qu'on me fasse enfin connaître la formule physique de la cuisson parfaite d'un oeuf à la coque mou ! Quel calcul faire entre le poids de l'oeuf, sa date de ponte et la taille de la casserole pour trouver le temps exact indispensable à l'immersion dans l'eau ?
En attendant, je vais me régaler avec des Mozart-Kugeln. Amadeus a laissé des symphonies, le Mozart du commerce gourmand a laissé des boules de chocolat.

 Comme dirait Léontine, grande mélomane, « si Beethoven avait su faire des chocolats, il aurait encore pu jouir d'une partie de son oeuvre après sa surdité ».

depuis 2008 dans les "bouillons" mais toujours d'actualité

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Manger apaise.
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Published by Huguette - dans Huguette Dreikaus
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 15:51
T’es OK ?

T’es OK ? Question de fond qu’on se pose tous les jours en se croisant dans la rue. Furtivement. Sans attendre de réponse. Juste pour témoigner son attention. « Ça va ? » Petite phrase interrogative qui engage des conversations devant la machine a café de l’entreprise. Dans ces moments-là, on tempère : « Un peu de grippe mais ça ira ». On se résigne : « C’est dur en ce moment. Hop ! C’est dur pour tout le monde ! » On relate les opinions des autres : « Dans le journal, ils disent que l’économie va mieux ».

Oui ! Mais c’était avant ce mois de juin. Avant tous ces événements qui se bousculent.

Qui oubliera ce mois de juin ? Cette barbarie nouvelle ? Ces terroristes « maison » qui commettent des exactions par eux-mêmes, qui clament : « Je l’ai fait par moi-même », comme on le dirait d’une pizza ou de la peinture d’une façade. La guerre devient-elle individuelle et consommable selon l’envie du moment comme un pot de soupe en poudre ?

Faut-il avoir peur de tout le monde ? La voisine Germaine pourrait-elle un jour devenir « La folle du Pétunia » et poser une bombe dans nos parterres de fleurs parce que nous avons planté des zinnias ?

Quand la pluie passe de la météorologie à la théologie…

Je vous le dis, les questions qu’on se pose en ce mois de juin sont terribles. C’est comme pour le bac ! OK, Kevin va avoir le bac comme 90 % des candidats. Oui mais que fera-t-il avec le bac ? Il est refusé dans les 8 BTS qu’il a demandés et il n’a pas envie de se faire massacrer à la fac.

Et alors ? Alors les ados préfèrent faire le casting de « The voice » ou de « Immer wieder sonntags », car là, même s’ils échouent, ils auront eu leur quart d’heure de gloire à la télé et des années de gloire dans les rangs de ceux qui regardent la télé.

« Alors, ça va ? » Qui osera poser cette question aux sinistrés de la pluie ? Ceux qui ont vu leur voiture ou leur maison emportées par les flots. Ceux qui ont vu leurs objets doudous ensevelis dans la boue ?

Mamema a dit : « Was lauft denn daade ? » (Quel est notre destin ?), une de ces questions qu’on se pose quand la pluie passe de la météorologie à la théologie. « Was lauft denn doo ? » Question sur notre devenir !


Même les gens de notre entourage nous posent des questions qui nous plongent dans le désarroi : « Maman, j’ai quitté ma copine, je peux revenir vivre à la maison ? », « Madame, je suis chargée de votre suivi médical. Votre dernière radio des seins, vous l’avez faite quelle année ? » Sacré mois de juin. Vivement le mois de juillet, qu’on parle d’autre chose !

DNA 18 juin 2016

 

 

 

 

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T’es OK ?
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 11:00
Il y en a un peu plus : j’vous le mets quand même ?

Ils nous envahissent ! Ils sont partout. Ils sortent de nulle part. Ils s’autoproclament. Ils font tout pour vous faire comprendre qu’ils sont indispensables dans la quête de ce Graal qu’on appelle « bien-être ».

Ce Graal qu’on appelle « bien-être »

Ce « bien-être » est au bout de quelques heures d’immersion dans les bulles du spa du resto où vous mangeâtes jadis votre Schnitzel (escalopes) et qui vous sert dorénavant des panais bio avec du riz complet. Madame Louise, la patronne, est devenue coach en nutrition. Ce « bien-être » est au bout de quelques séances de cross fit prodiguées par une coach de santé qui vous conseillera même de faire un prélèvement dans votre foie pour vous garantir une meilleure forme physique selon le principe « Ne pas connaître la teneur de votre bile vous rend carrément débile ».

Ce « bien-être » vous est donné par Greg, ce clone de Toulouse-Lautrec qui vous apprenait à danser la valse et la rumba. Greg, qui désormais est coach « pour un meilleur ressenti sensuel de votre propre bien-être ». Posés en tailleur sur un tapis en mousse, ses adeptes doivent, les yeux fermés, ressentir des palpations virtuelles. « Là, Lisa, je vous passe virtuellement les doigts sur les côtes, vous sentez que ça vous chatouille ? » J’ai envie de dire : « Enlève tes doigts virtuels de ma carcasse ». Et tous ces gourous de pacotille de vous dire : « C’est juste un petit plus à notre activité ! » Cela n’est pas sans me rappeler cette fameuse phrase culte des vendeuses de la Coop et des femmes entourées de leurs paniers de fruits et de légumes au marché : « Il y a un peu plus. Je vous le mets quand même ? » Non ! Jamais plus ! Il faut respecter les limites d’un savoir-faire. Ce n’est pas parce qu’on est coiffeuse et qu’on fait des shampooings sur la tête qu’un jour on peut s’attaquer à l’intérieur du crâne et faire des trépanations !

Les pousse-au-vice du marketing

C’est le plus qui est à l’origine de toutes nos turpitudes et de nos maux. « Yo, pour un verre de plus ! » Voilà une phrase qui a déjà propulsé plus d’une voiture contre un platane ».

« Allez, allez pour une tranche de Bienenstich ((gâteau allemand) en plus, vous n’allez pas mourir », et hop !, vous vous retrouvez dans le club des diabétiques obligés de sortir avec la panoplie glycophage ou de rentrer dans des robes grandes comme des toiles de tente.

Mamema dit : « Moi, je disais toujours oui quand on me posait la question : il y en a un peu plus, je vous le mets quand même ? Résultat, j’ai certainement dépensé le prix d’une belle voiture à force », et Kevin de lui répondre : « À partir de maintenant, tu dis non et dans trois ans tu m’achètes un 4x4 ».

Pourtant le marketing est au dépassement. « Vous avez trois pour le prix de deux », « une pizza 12 €, trois pizzas 27€», « pour un euro de plus, vous aurez la clim en plus dans la voiture », « pour un euro de plus, vous aurez une deuxième paire de lunettes pour la personne de votre choix ». Les pubs regorgent de ces « pousse-au-vice ».
Difficile d’y résister. « Yo, mais il faut quand même en profiter ». C’est ce que je me suis dit quand, lors d’une vente « gros volumes », j’ai acheté du gel douche aux parfums variés. J’ai de quoi m’assurer des douches parfumées pendant cinq ans et j’atteindrai peut-être l’an 2020 sans avoir entamé la boîte de gel douche parfumé à l’abricot. On m’a pris une liberté fondamentale : celle de choisir au débotté avec quel savon je veux me laver !

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Il y en a un peu plus : j’vous le mets quand même ?
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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 16:49
Le « Griessbabb » subliminal.

Les temps sont difficiles. Les éleveurs s’autoproclament « les Cosette de l’économie ». Les femmes pleurent sur le sexisme et le harcèlement dont elles font l’objet. Les jeunes désespèrent devant le carton avec l’inscription « No future » qu’on leur met entre les mains en même temps que leur diplôme du bac. Les vieux sont figés dans les fauteuils des maisons de retraite attendant l’inéluctable devant la photo de ceux qui ne viennent plus. Les psychologues envahissent tous les mètres carrés des bâtiments publics ou privés pour une assistance verbale tandis que les grands noms de la chimie pharmaceutique proposent des euphorisants propres à ouvrir les vannes du rire. Et voilà que le remède contre les chagrins dus à des coups portés à mon cœur et à mes nerfs sciatiques s’est imposé à mon inconscient. J’ai ressenti une pulsion quasi biblique qui a porté mes pas vers un paquet de semoule.

Le réconfort est dans les placards de la cuisine

« Va ma fille ! Tu trouveras le réconfort. Le réconfort est dans les placards de la cuisine ».

Je connaissais déjà les vertus analgésiques de la tartine à la confiture trempée dans le Milichkaffi (café au lait), j’avais déjà cherché du réconfort dans un sandwich au lawerwurscht (saucisse de fois) avec des cornichons aigre-doux. Et là, le mercredi 9 mars 2016 à 20 heures, j’ai trouvé l’extase, celle que l’on ressent quand une douleur dentaire aiguë disparaît ou quand la visite s’en va enfin après les trois jours où ils ont critiqué votre canevas « La liseuse », votre living-bar et votre choucroute-à-faire-des-obèses. Merci à mon « Griessbabb » ! Pas facile à trouver le point G de la cuisson de la semoule avec du lait sucré, ce point où le mélange garde la consistance de la purée, cet autre mets apaisant dans lequel on trace des sillons comme pour signifier le chemin nouveau à prendre pour trouver le bonheur.

Mon « Griessbabb », je l’ai ingurgité avec une cuillère, une petite cuillère, comme celle qu’utilisait maman pour faire entrer dans mon petit ventre de bébé ce baume chaud et sucré pour le bien-être de mon âme. Mon Griessbabb m’a rendue un peu mégalo : « Que m’importe que Louane ait un césar, que la princesse suédoise ait un nouveau bébé et que Johnny Depp ait une nouvelle maîtresse, aucun d’eux n’a le privilège de manger mon Griessbabb ». Mon Griessbabb a guéri mon chagrin d’amour : « Personne ne lui fera un Griessbabb aussi bon que le mien, finalement c’est un pauv’type ». Même le Jiminy Cricket de la diététique qui habite ma conscience m’a félicitée : « Bravo ! Ce n’est pas gras, ce n’est pas acide. Une petite pomme après ça et c’est parfait ».

« Hmmmmmmmmmm »

Le bonheur est simple. Le bonheur se partage. J’ai partagé le bonheur que donne le Griessbabb. Dans cet outil de diffusion aussi efficace qu’une ménagère sortant de la Coopé, sur Facebook, j’ai publié une photo de mon Griessbabb, sans aucun commentaire. Ma page Facebook a été inondée de « Hmmmmmmmmmm ». Ce cri d’orgasme muet m’a fait comprendre que dès le jeudi 10 mars, le Griessbabb a dû faire son apparition sur bien des tables.

 

Mamema dit : « En plus, c’est bien pour la Sécu. Elle n’a pas besoin de payer des dentiers pour ceux qui aiment le Griessbabb. On n’a pas besoin de le mordre. »

 

 

 

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Le « Griessbabb » subliminal.

DNA du  12 03 2016

 

 

 

 

 

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 17:00
Bagage main, bagage vilain.

 

« Nous, on emmène des bagages ! On a les moyens ! ». La fracture sociale devient visible sur les tapis de bagages des aéroports. Il est bien loin le temps où on « faisait sa valise » selon ses humeurs en y entassant les produits chimiques divers à ingurgiter contre l’arthrose ou contre les rides, les tenues les plus improbables ou les plus chics, les doudous divers, les romans pour les séances de transat ou pour les nuits blanches dans l’hôtel envahi par les vibrations issues des platines du DJ. « Faire sa valise » est devenu un acte réfléchi qui se fait avec le fascicule de Vigie-Pirate, le livret des produits non explosifs et surtout avec une balance haute précision et un double mètre ruban.

Les mensurations de la valise

La sortie chez la marchande de valises n’est plus une sinécure. Ce n’est plus cette sortie shopping au cours de laquelle on renifle le cuir, on caresse la doublure, on essaie les clés minuscules et où on teste les performances des roues sur la piste d’essai installée dans l’arrière-cour des maroquiniers. Maintenant, comme pour les élections de Miss, on demande les mensurations de la valise, son poids aussi car si la bougresse a un kilo de valise en plus, c’est 1 kilo de jeans et de strings en moins. La vendeuse connaît tous les paramètres de la valise idéale : « Tout dépend avec quel avion vous partez ! Avec les low-cost il vaut mieux voyager avec un bagage main, emmener une valise c’est hors de prix ! » Et elle vous conseille d’acheter « calibré » 55x35x25 pour la compagnie nationale, 55x40x20 pour la compagnie bleu et jaune, 56x45x25 pour la compagnie orange ! Tout ça pour un contenu de 10 kg, la compagnie allemande avec la grue cendrée n’autorise que 8 kg : dans le pays des touristes perpétuels, le voyage doit se faire en shorts !

Lili ne voyage plus en avion. Elle suit encore aujourd’hui, deux ans après l’incident, une séance de rééducation psychologique. Le 7 juin 2014, en effet, elle a été victime d’un choc traumatique grave quand le personnel de sécurité de l’aéroport l’a cueillie à la sortie des portiques de contrôle des bagages et l’a interrogée pendant deux heures pour savoir : « Qui est derrière votre tentative d’attentat ? », « avez-vous été en Syrie ? » Lili soupçonnée d’être un membre de Daech pour avoir été trouvée en possession d’un tube de dentifrice, un tube de cire dépilatoire, un pot de crème antirides et un flacon d’eau de toilette de marque, le tout à l’intérieur de son bagage cabine ! Il a fallu l’intervention de tous les services secrets des pays occidentaux pour blanchir Lili qui a dû passer des vacances avec une mauvaise haleine et avec des jambes poilues à cause de la confiscation de ses produits d’hygiène.

 

Ridicule !

Ô bagage ! Ô désespoir ! Que d’actes ridicules sont commis en ton nom ! Ridicule en effet d’avoir à poser son sac dans une cavité calibrée, plus ridicule encore et tellement horrible d’avoir à partager l’édicule déjà exigu des toilettes avec sa valise quand la vessie exige d’être délestée de son contenu. Hélas, on ne peut plus faire autrement car selon le précepte nouveau, « celui qui quitte sa valise la retrouvera explosée par les services de déminage ».

 

 

 

 

 

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Bagage main, bagage vilain.
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 11:00
 Ma vie selon l’alphabet.

Le voile est levé, la nouvelle a suinté ! Les mots nouveaux officialisés dans les dictionnaires reconnus par l’Académie française viennent d’être publiés en avant-première. Je pourrai donc organiser ma vie selon les nouveaux principes.

Après avoir longtemps cherché ma voie sur le chemin de Compostelle - où j’ai finalement seulement appris à soigner les ampoules au pied et à respirer avec une branche de menthe sur le nez pour supporter les phéromones de la foi - je me fie totalement au Petit Robert et au Gros Larousse pour savoir comment vivre ma vie pour être dans l’air du temps.

Si je continue le goji et le véganisme, je contracterai un crédit de 60 ans

Cette année les mots-phares sont, de A à Z : alfalfa, emoji, uberiser.

Super ! Me voilà avec une plante à ajouter à mon herbier de bien-être à côté du pissenlit, du gingembre et des céréales germées, je veux parler de l’alfalfa, cette jumelle de la luzerne qui nous donne des sels minéraux et même des œstrogènes qui luttent contre les bouffées de chaleur, l’ostéoporose et la baisse du pouvoir de séduction.

Ma copine Lili m’a dit : « Si tu continues avec ce que tu as appris l’année dernière tu atteindras 150 ans ».

Ouf ! Si donc je continue le goji et le véganisme encensés tous les deux dans le Petit Robert de l’année dernière, je peux contracter un crédit de 60 ans pour me payer un attique avec vue sur la cathédrale : je serai sûre de vivre assez longtemps pour rembourser.

C’est la joie !

On n’uberise pas l’amour, c’est trop sérieux

Dommage que ce clavier classique ne me permette pas d’exprimer toute ma joie à l’aide des émojis car je vous en mettrais plein la vue avec des feux d’artifice, des chiens qui virevoltent, des chats qui sautent de joie, des mains qui applaudissent, d’autres qui tendent un pouce levé.

Avec tous ces symboles monosémiques nommés émojis, les messages venant de l’émotion la plus interne deviennent lisibles.

L’adage dit : « Les grandes douleurs sont muettes ». Les grandes colères et les grands sentiments aussi. Mais tout cela peut s’exprimer par l’image “émoji”.

Je reçois des SMS qui ne contiennent plus de mots. Plus que des émoticônes. Même pour exprimer l’amour.

Les sentiments sont uberisés. Uberiser veut dire brader. On n’uberise pas l’amour. C’est trop sérieux.

Ne croyez pas que je ne pratique pas l’uberisation ! Je la pratique à fond. Je covoiture, je blablacarise, J’uberise ma caravane posée sur le camping du Fleckenstein puisque je la loue à des copines en mal de « day-use » contre une rémunération en confitures-maison.

Allons danser la zumba avant de déguster un café gourmand

Rassurez-vous, je suis punie pour cette double faute (location sauvage et complicité d’adultère), la confiture a tellement augmenté la teneur en sucre dans mon sang que l’appareil de mesure de glycémie a affiché l’émoticône du Samu !

J’aime ma vie. Elle suit le cours des mots. Les mots inscrits dans la nouvelle version des dictionnaires.

Cela ne m’empêche pas de garder des comportements dictés par des mots des années précédentes.

Ainsi, cet après-midi, fidèle au Petit Robert et au Larousse 2015, je vais chausser mes stilettos, danser la zumba au Fitness-center avant de m’asseoir sur une terrasse pour déguster un café gourmand et vapoter.

 

 

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 Ma vie selon l’alphabet.
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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 11:51
Tu écriras cent fois « je dois être sage »

Le mot à la mode est « dépénalisation ». On dépénalise le haschich reconnu comme un antalgique. On dépénalise les vols de vélo selon le principe « Il n’y a pas mort d’homme ». On dépénalise les petits caïds qui sèment la terreur dans les classes et les cours. Parce qu’il ne faut pas traumatiser ces petits chéris. Parce que ce que la violence est un épisode aussi incontournable dans la construction de la vie que l’extraction des dents de lait. Les punitions à l’école, c’est fini ! Triste !

Je dis « triste » parce que je viens de me faire une journée « punitions » en flash-back. J’ai fait le tour de mon jardin en canard, accroupie avec mes mains sur les chevilles. En me dandinant le long du grillage, je me remémorais la douleur de cet exercice. Je devais marcher en canard dans la cour pour avoir « parlé pendant l’exposé de la maîtresse sur la vie de Charlemagne ». Je devais marcher en canard dans la cour « pour avoir trempé la natte de ma voisine de devant dans l’encrier ».

La reine du dérivatif

Je n’ai pas oublié ce que cette marche entravée inéluctable a éveillé en moi. Je suis devenue la reine du dérivatif.

Donner aux yeux ou aux oreilles le bonheur qui est interdit aux pieds par exemple. Pendant l’exécution de cette punition gymnique, dans ma tête, je visualisais le Kasskueche de mamema ou mes « Gchirrle », mes dînettes de vaisselle en bakélite rose avec des fleurs et mes petites casseroles en alu. Dans mes oreilles, j’entendais maman chanter « la Paloma ». Hier, si après mon dandinement, mes muscles réclamaient de l’arnica, je savais aussi que mes émotions étaient intactes. Aussi intactes que mes cahiers d’écolière.

J’ai encore mes cahiers, les petits cahiers à grands carreaux avec les tables de multiplications au dos. Les cahiers du jour et les cahiers mensuels sont couverts d’écrits à la plume, en « pleins et déliés », avec de temps en temps un trou laissé par la partie bleue de la gomme Mallat, une usure par un frottement perpétré par une enfant qui n’avait qu’un but : enlever la trace de sa faute en frottant la page avec autant d’acharnement que la femme de Barbe Bleue a frotté la clé de la chambre interdite pour que son époux ne se rende pas compte qu’elle est allée à l’encontre de la loi. J’ai aussi des « cahiers de punitions » : Je les ai parcourus hier, lors de mon punition-commemoration-day. Des punitions écrites au Bic pour aller plus vite. « Je ne mange pas de chewing-gum en classe », « Je ne tape pas mes petits camarades », « Je me lève quand la maîtresse me parle », « J’apprends mes leçons » et j’en passe. Toutes ces règles à retenir étaient à « écrire cent fois ». Le chiffre « cent » est pour moi le signe qui apparaissait à chacune de mes bêtises. Je devais écrire « cent fois » ce que je ne devais plus faire si je voulais être une élève modèle. Maman me tançait en disant : « Je t’ai déjà dit cent fois que tu ne devais pas mettre les coudes sur la table ».

Comme un calligramme de Guillaume Apollinaire

Quel écolier de nos jours a encore un cahier de punitions ? « Pff », disent les maîtresses. Et voilà des générations d’enfants qui ne pourront pas, longtemps après les années d’école, feuilleter de telles pages qui sont des œuvres d’art. Des lignes et des mots. C’est beau comme un calligramme de Guillaume Apollinaire.

Même si les mots sont enfermés dans le rectangle de la page d’un cahier. Qu’importe si ces mots ne forment pas de colombe, hier ils m’ont donné des ailes.

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

 

 

Punition par ici : Conjugaison
d'un verbe à tous les temps ...(12)

 

 

Tu écriras cent fois « je dois être sage »
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 11:06
Il passait ses nuits debout ! C’est peut-être un détail pour vous

Être debout la nuit, voilà une chose qui m’a toujours fascinée. C’était surréaliste pour moi de voir arriver dans notre bistrot, ouvert à 6 h du matin, des hommes en bleu de travail impatients de boire un café sorti d’une machine en forme de fusée dans un nuage de buée.

Je savais qu’ils avaient, durant la nuit, fixé des semelles sur des chaussures de sport, émaillé des casseroles et des faitouts, fait fondre du métal pour faire des plaques de fonte. Pour moi, ils étaient comme des Heinzelmännchen, ces lutins dont le destin était de nous aider dans nos tâches, de nuit, sans être vus de quiconque. Debout la nuit pour faire avancer le monde.

Plus tard, « Debout la nuit » c’était cette fatalité qui me frappait lors de rages de dents, de douleurs cervicales ou lors des fièvres alarmantes de mes enfants. C’était attendre le retour de mes jeunes sortis le samedi soir avec la voiture. Nuit debout. Nuit de veille. Nuit d’espoir aussi. L’espoir que la douleur cesse. J’en ai passé des nuits debout… mais assise devant d’interminables voyages en train diffusés par le ZDF. L’oxymore des nuits blanches : être debout assis devant la télé ou devant la fenêtre.

Le retour de l’agora

Et voilà que « Nuit Debout » devient un concept pour faire avancer le monde. Un concept de vigilance aussi. Une leçon à donner au pouvoir qui s’enlise dans une gouvernance absurde . Les citoyens se font oies du Capitole, tant ils sont prêts à cacarder 24 h sur 24 pour dire : « Ça suffit. Es langt ! Faut que ça change ! » Dans les rues et dans les parcs. C’est le retour de l’agora. On y philosophe, on y débat, on y chante des Gospels, on récite des textes fondamentaux de Rousseau, Socrate, Cohn-Bendit ou Kevin le Bref, youtubeur politique vedette. La démocratie. Le peuple assis mais en marche. Le peuple qui décide de l’avenir du peuple. Politique. Philosophie. Thermos. Sandwichs. Canettes.

La démocratie produit aussi des papiers gras et des bouteilles vides. Les contingences biologiques tuent la pureté des sentiments et des idéologies. Le yin n’est rien sans le yang. La sérénité d’Adam et d’Ève dans le jardin d’Eden a attiré le serpent qui ne pouvait pas voir ça ! Les « rêveurs d’un monde meilleur » réunis dans les parcs ont attiré les casseurs, les empêcheurs de refaire la société en rond, les petites frappes aussi. Il y a ceux qui ressortent le marteau et la faucille pour un monde de coopératives économiques, ceux qui sortent la charrue et les bœufs pour une planète plus saine, ceux qui sortent les fleurs et la croix de Néron pour qu’il y ait de l’amour entre les humains et il y a ceux qui sortent les frondes et les battes de base-ball, les poings américains et les crans d’arrêt. Abel et Caïn.

D’un côté la pureté des idées, de l’autre les taches. La faute à nos pulsions primaires. Les pulsions alimentaires qui jonchent le sol de détritus. Les pulsions sexuelles qui accrochent des préservatifs dans les branches de troènes des Parcs de la Pensée Progressiste. Les pulsions destructrices des « Sans foi ni loi » qui laissent sur leur passage du verre pilé, des voitures brûlées, du sang versé.

Mamema dit : « Es gibt Mensche un Unmensche. Sie sin awer alli menschlich » (il y a ceux qui sont humains et ceux qui sont inhumains, mais ce sont tous des êtres humains).

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Il passait ses nuits debout ! C’est peut-être un détail pour vous
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Texte Libre

deytsc

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