Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 12:03
La chasse aux maris est ouverte.

 

Pendant ce mois de novembre on fête Hubert et Catherine. La chasse est donc ouverte. La chasse aux bêtes à poils et aux maris.
Chers amis de la laïcité, ne vous offusquez pas de tant de dévotion : la Saint-Hubert et la Sainte-Catherine sont aussi dénuées de leur connotation religieuse que le « con » est dénué de sa connotation anatomique et que le « rail » a perdu sa connotation ferroviaire.
Hier c’était donc la Sainte-Catherine, journée mondiale d’empathie pour celles qui n’ont pas réussi à « pécho » un mari alors que leur carte d’identité révèle un âge canonique de 25 ans.
Diantre ! Quel est le problème de ces filles qui sont encore seules à 25 ans ? Faites voir la photo ! Mon Dieu ! Ben oui, là on comprend ! Attention, la course au mari est âpre : il y a plus de filles que de garçons. Il n’est pas facile de séduire le mâle.

Comme le chante Cookie Dingler, « Même dans Elle ils disent qu’il faut faire un effort ».
Fêter la Sainte-Catherine c’est comme fêter la Toussaint

Le succès passe par les repas à 5 points WW, les joggings matinaux qui mettent des auréoles sur les t-shirts et les épilations du maillot en ticket de métro (pour les allers-retours)

Elle passe surtout par le recours à une assistance des nouvelles technologies : un clic sur Internet. Un casting télé. Ou alors : une inscription au Club vosgien.

Tout n’est pas perdu, les filles ! Vous pouvez avoir dix orteils de plus dans votre lit en épousant un des éleveurs de vaches niais et rougeauds tels que les sélectionne l’équipe de L’amour est dans le pré.

Vous pouvez avoir l’ADN d’un mâle autour de la cuvette de vos WC en épousant, sans l’avoir rencontré avant le mariage, un Hervé barbu et moustachu cherché pour vous par des scientifiques de la téléréalité - « Mariée au premier regard ».

Vous pourrez parcourir les sentiers pédestres des Vosges la main baguée dans la main baguée d’un Louis rencontré lors de la montée du Club au Lac des Perches.

Les Catherinettes, ça existe. Oui mais, fêter la Sainte-Catherine c’est comme fêter la Toussaint. On peut fêter la Sainte-Catherine sans être en manque de mari comme on peut fêter la Toussaint sans être mort.

Et si le mariage n’était plus la panacée pour les filles ? Ne vivons-nous pas l’ère des célibattantes ?

C’est l’ère de ces femmes qui font carrière seules, qui font des bébés toutes seules, qui peuvent dormir dans des chambres roses et kawaii sans avoir à opter plutôt pour une déco anis et chocolat pour ne pas perturber la testostérone d’un cohabitant bagué.

Seule Kate porte encore le chapeau

Confucius dit : « Le besoin de partager sa vie avec un mâle naît de l’utilisation d’un déambulateur ! ». Les Catherinettes 2016 auraient l’âge de leur « patronne » : Catherine Deneuve.

Les Catherinettes ne portent plus le chapeau. Elles vont nue tête. La seule Catherine qui porte encore le chapeau, c’est Catherine d’Angleterre, la Kate de William.

Mamema dit : « En amour ce qui est beau ce n’est pas de porter le chapeau, c’est de perdre la tête ».

 

La chasse aux maris est ouverte.

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

La chasse aux maris est ouverte.
Repost 0
18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 12:47
J’ois la voix

11 novembre. Je me réveille avec cette nouvelle sur mon écran : « Léonard Cohen est mort. Une des plus belles voix du monde vient de s’éteindre ». Léonard Cohen, juste une voix pour le monde. On connaît peu de l’homme. C’est avec sa voix qu’il a conquis le monde. La force de la voix. Celle qui peut changer l’histoire d’un peuple comme celle qui a envoyé Jeanne d’Arc combattre les Anglais. Comme celle de la Lorelei qui a éconduit tant de marins. Comme celle de Dieu qui a envoyé Moïse loin de l’Egypte. Comme celle de Radio Londres qui a dynamisé la Résistance française pour aller sur le chemin de la liberté.

Ce mot « la voix » a été cité des centaines de milliers de fois ces deniers jours en raison des élections américaines où, jour après jour, et pis, heure après heure, et enfin, minute après minute, on comptabilisait les voix. Ces voix si précieuses à celui ou à celle qui veut accéder au pouvoir suprême. Toutes les voix comptent, et la voix de tout électeur est respectable, car il a fait son choix en son âme et conscience. Les indécis ne votent pas. Le vote populaire et démocratique est souverain. Pour avoir la voix du peuple dans les urnes, il faut savoir d’abord écouter la voix du peuple dans ses manifestations publiques, dans ses révoltes émises sur les réseaux sociaux, pour connaître ses orientations intimes.

Pour les élections dans le monde entier, c’est une nouvelle donne. Les votants n’écoutent plus la voix de ceux qui disent « Attention, si vous votez pour celui-là ou celle-là, vous allez à la catastrophe ! » Ils veulent tous manger de la pomme interdite. Qui sait ? Elle peut avoir meilleur goût que la mangue ! L’élection de Trump laisse sans voix !

La douleur est muette

Une chanteur est souvent réduit à sa voix : « Quelle voix extraordinaire ! » Les jeunes prennent des cours de chant pour accéder au firmament de ceux qui marquent leur époque par leur voix. Forts des trémolos de Jean-Baptiste Maunier dans Les Choristes , ils s’affrontent dans des concours au jury sans pitié, dans des émissions comme la Star Academy ou « The Voice ».

Un électeur est souvent réduit à la voix qu’il donne au moment des élections, puis on n’écoute plus sa voix une fois l’investiture du candidat accomplie.

Mais nous ? Ne sommes-nous pas réduits à n’être que des voix ? Des voix qui parlent au bout des téléphones ? Il est bon de faire le bilan. Quels sont les amis ou les membres de la famille que nous rencontrons pour de vrai ? Quels sont ceux dont nous avons la voix dans le téléphone de temps en temps pour capter quelques vibrations, quelques émotions ou tout simplement pour pouvoir nous dire : « Le lien n’est pas rompu » ? L’amitié et l’amour deviennent virtuels. On ne reçoit souvent plus rien d’autre que la voix de ceux qu’on aime. Je ne dirai rien de plus, car il est écrit dans le grand livre des adages : « La douleur est muette ».

 

 

Je suis dans mon bureau
 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

J’ois la voix
Repost 0
6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 18:00

 

 

 

Je suis dans mon bureau

 

« Pas le temps de prendre un café avec toi, Lili ! Je suis overbookée, j’ai mes entreprises à gérer. » De toute façon, les seuls cafés que je prends c’est lors de rendez-vous d’affaires pour détendre l’atmosphère avant de discuter le bout de gras.
Letemps n’est plus aux occupations ludiques et superficielles. Comme tant de concitoyens j’ai de multiples start-up. L’ordinateur me meut. Un clic, un client. Un client pour partager ma voiture samedi pour aller à Paris. Oui ! Je suis une agence Bablacar. Un client pour louer ma voiture la semaine prochaine. Je suis une agence Koolicar. Dimanche trois clients pour chercher leur Schwarzwälder. Je suis auto-entrepreneur « Kuchenko ». Mercredi prochain je promène les lévriers de Madame Sounso. Je suis patronne de l’entreprise « Toutoutour ». Le soir je fais le coucher de cinq octogénaires. J’ai une entreprise d’aide à la personne « Mémédodo ».

Par les temps qui courent, si on veut du travail, il faut le créer
Après « Mariage pour tous », c’est « Entreprise pour tous ». Chacun peut devenir patron. Par les temps qui courent, si on veut du travail il faut le créer. Comme dit Confucius : « Si la pluie ne tombe pas sur toi, pose-toi sous ta douche ».
La seule nécessité absolue : avoir un ordinateur et hop c’est parti ! Kevin fait son business avec le Bon Coin. Il vend et vend encore. Les meubles de mamie. Les pâtes à sel de sa sœur. Les autographes qu’il glane à la sortie du Zénith. Il achète aussi pour revendre. Il a un chiffre d’affaires de 1 300 euros par mois.

Kevin se prend pour le Trump de l’article de seconde main sauf qu’il ne pose pas ses mains sur les filles. Il se pavane avec une voiture allemande enrichie d’un tuning « Formule 1 » et le magazine Challenges a consacré un article à cet homme d’affaires « nouvelle génération ».

Etre son propre patron est très tendance. Avancée économique ou régression ?

Regardons ce phénomène par le petit bout de la lorgnette. Avec cet état de fait on est loin de l’ère Steve Jobs ou Dassault, ces temps où l’entreprise vendait les réalisations techniques époustouflantes de ses patrons. Le monde entier avait l’œil rivé sur Apple et sur les usines de l’aviation.
L’économie populaire à l’africaine
Kevin est l’illustration d’un monde de revente. Pas de création. Pas de production.
Nous sommes dans un monde de « Tous vendeurs » propre à l’économie populaire africaine. Là-bas on est propriétaire d’un tabac : un tapis posé sur le sol pour proposer des cigarettes à l’unité. On gère un commerce ambulant avec un cabas renfermant des mouchoirs en cellulose. On a une entreprise d’entretien des chaussures : une chaise pour le client et une brosse pour ses chaussures. On a un magasin de fruits en posant ses pastèques au bord de la route.
Pas de pas-de-porte. Pas de vitrine. Tout comme Kevin.
Alors, intéressé ? Dites-moi ce que vous avez à vendre et je vous dirai comment appeler votre « boîte ».
Pour les marchés de Noël, il est juste encore temps de créer « Bredelshop », ou « Candle-Candy » (des bougies en forme de bonbons géants), « Cannelle – Brestchdel » (bretzels à la cannelle) sinon Finger-spitze (dentelles faites à la main).
C’est no limit !
Ne criez pas haro sur ces nouvelles entreprises. Elles sont si importantes qu’elles ont l’honneur de figurer sur les listes du fisc, ce Who’s Who de la réussite sociale

 

Je suis dans mon bureau
 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Je suis dans mon bureau
Repost 0
26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 11:00
Like a rolling stone !

 Et voilà , c’est dit ! Le prix Nobel de Littérature est allé à Bob Dylan. Les rotatives se déchaînent. Les oiseaux Tweet ont du grain nouveau à se mettre sous la dent. La littérature prête toujours le flanc aux mises en délibéré.

Personne ne conteste le prix Nobel de Physique. La science est faite de certitudes. Au lycée, les devoirs de maths ou de physique commencent par : « Démontrez que le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés de l’angle droit ». En quelque sorte, les fondements des maths sont immuables depuis la découverte des nombres négatifs. En revanche la contestation est de mise et même obligatoire en littérature où les dissertations commencent par « Pensez-vous que… ? »

Alors ? Si vous applaudissez des deux mains les Nobel fraîchement nommés dans le domaine des sciences, pensez – vous qu’il fallait donner celui de littérature à un parolier de chansons ?
Il faut avoir atteint l’âge requis, comme les papes
Relisez Gide, Hermann Hesse, Hemingway, Herta Muller et tous les autres lauréats. Entrez dans leur monde de mots. Juge-t-on les mots ou l’impact qu’ils ont ? That is the question.
Bob Dylan est un poète de la chanson. Il est sur les rayons des discothèques comme d’autres Nobel sont dans les rayons des bibliothèques, mais pas autant que les Beatles qui ont vendu un milliard de disques. On le trouve chez les soixante-huitards imprégnés de musique folk et chez les amateurs de veillées où on chante « The answer is blowin’in the wind » et « Stewball ».
Les rockers chantent Elvis, Joe Cocker ou les Pink Floyd. Bob Dylan est donc bien à classer dans une certaine forme de culture. Une culture appartenant déjà au passé.
En outre, Bob Dylan a l’âge pour le Nobel. Comme les papes, les lauréats du Nobel doivent avoir l’âge requis : au-delà de 62 ans selon la moyenne des lauréats. Dylan a 75 ans. Dario Fo vient de mourir à 90 ans. Un âge de pape. La littérature est une religion.
Les intellectuels sont en émoi. « Comment ont-ils osé ? » Un prix est une somme d’argent ou une médaille à distribuer selon les critères d’un jury. Tout jury est souverain.
Patrick Sébastien n’est pas près de chanter “Les Sardines” à Stockholm
Un jury de concours de beauté ou de concours littéraire n’est pas un jury d’examen. Il a le droit de se laisser guider par ses émotions ou par son désir de changer la donne.

Ainsi, cette année, il y a des prix Nobel qui ont vu de nouveaux paramètres de sélection. Celui de la paix est donné au président colombien pour avoir essayé de faire la paix avec les FARC. Il a juste essayé… Mais comme disait le curé de mon enfance à propos des péchés : « Avoir envie de le faire compte comme si on l’avait fait ».

Le Nobel de littérature est allé à un poète de la chanson. Regrettable qu’ils n’y aient pas associé Joan Baez. Apparemment la notion de couple chez les nobellisés ne peut toucher que les scientifiques. Ecoutez « Like a rolling stone » et Keep calm. Restez serein.

Patrick Sébastien n’est pas près de chanter « Les Sardines » sur les podiums de Stockholm. Les Kastelruther Spatzen n’y chanteront pas « Eine weisse Rose » non plus.

Cela ne les empêchera pas d’être sur le podium des cœurs. Comme dit Mamema à propos des concours de beauté : « C’est Raphaël Lavigne le plus bel homme de France mais c’est babeba que j’aime ».

 

 

 

 

Like a rolling stone !

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Like a rolling stone !
Repost 0
18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 11:19
C’est qui la dame ?

« C’est qui la dame ? ». C’est la question que je me suis posée en voyant cette blonde en tailleur bleu saluant une foule qui lui tournait le dos. Et là, prise de conscience terrible : la dame, c’est Hillary Clinton, et tous ces gens qui lui tournent le dos ont un téléphone en main pour prendre un selfie.

 Le « Moi d’abord » dans toute sa splendeur. On ne se contente plus d’une photo à l’arraché d’une star de la politique ou du show-biz, il faut qu’on ait sa tronche sur le cliché. « Devant c’est moi. Derrière c’est Hillary Clinton. »

 Hillary Clinton en second plan. Vrai renversement des valeurs. Les grands de ce monde servent d’arrière-plans à des prises de vue éternisées dans des téléphones et servant d’illustration à un album d’un style nouveau, « Moi au premier plan de l’Evénement ».

 C’est le règne de Kevin Superstar. « Kevin permet à Hillary Clinton de poser avec lui. Kevin était là quand la mairie a brûlé. » On le voit devant le brasier, le bras tendu, le téléphone en main. Kevin a rencontré Johnny. Et on voit Kevin, le bras tendu, faire un sourire en gros plan devant un Johnny qui chante sur scène.


Kevin connaît la force du hashtag
Kevin est dans tous les lieux où se passent les hauts faits de l’histoire avec un grand « H » ou un petit. Il se met en scène avec ceux qui font la culture et même les faits divers. Et il veut que ça se sache. Alors il publie ses clichés. Sur Facebook. Oui mais là, il peut juste épater ses amis. Pas cool. Heureusement, Kevin connaît Instagram et Twitter et il connaît surtout la force du hashtag.
Le hashtag est un propulseur d’une grande puissance qui envoie vos clichés dans l’univers et dans des milliers de fichiers où ils seront vus, commentés et partagés. Il s’agit juste de trouver des hashtags porteurs pour se retrouver dans les fichiers les plus consultés ou le plus de fichiers possible. En anglais s’il vous plaît ! (hop, il y a plus de gens qui parlent chinois mais Assimil n’a pas encore vulgarisé la langue chinoise).                                                               

 Armande a fait un selfie où elle pose avec son chat et l’a publié tous azimuts avec une ribambelle de hashtags #cat#pet#tenderness#neveralone# (chat-animal domestique-tendresse-jamais seul) pour toucher des centaines de milliers d’amateurs de chats et de gens solitaires. Et hop ! La voilà égérie pour les amateurs de chats et gourou pour ceux qui ont compris qu’avoir un chat est un moyen fort pour lutter contre la solitude.                                          

   Les médias branchés 24h/24 sur Twitter à la recherche des buzz, voyant le succès foudroyant de ce selfie d’Armande au lit avec son chat, l’ont baptisée « le Moon des êtres solitaires, celle qui leur donne l’espoir d’une vie dans le bonheur d’une tendresse partagée.

Le selfie change le monde. Les Kevin, les Florian mais aussi les Maurice et les Liliane manient cet art de l’auto-portrait, ils ont, pour ce faire, changé leur coiffure, leurs lunettes, leur emploi du temps. Lucien dit : « Je fais du sport tous les jours. Je veux améliorer ma silhouette. Je ne veux pas être condamné à faire des selfies en plan américain ».

Kate et William, paparazzis d’eux-mêmes

Incroyable ! Sur le plan psychologique, le selfie donne une autre dimension à notre « Moi » qui devient un « Moi la personne la plus importante au monde ». Devant les stars.

 

 Conséquence : les stars se lancent dans le selfie pour devenir à nouveau, grâce à Instagram et à Twitter, des personnes importantes dans le monde. Kate et William font eux-mêmes, en selfies, leurs photos pour la presse. « Paparazzis d’eux-mêmes. ». Pour faire la chasse aux paparazzis ils seront obligés de se donner à eux–mêmes des coups de pied au cul !

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

 

 

 

C’est qui la dame ?
Repost 0
9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 07:32
Méditation et médisances.

 

L’heure est au repli sur soi, à la mise au point générale, celle qui est donnée par de longues promenades sur les sentiers des forêts ou dans les sables du désert. L’heure est venue de regarder son âme en faisant abstraction pendant un temps du tartare de saumon, du cordon-bleu et des saucisses-frites. La Vérité sur notre chemin ne se trouverait que dans l’ascétisme du bouillon de légumes et de l’eau des sources, celle qui a déjà été bue et pissée par ceux qui nous ont précédés, une eau donc qui contient l’expérience de vie de milliers de générations.

La méditation nous rend meilleurs. C’est aussi la leçon du dalaï-lama, celui qui préside aux destinées des moines du Tibet et de Weiterswiller.

Il est venu nous voir. Cet homme porteur de la sagesse nous exhorte à devenir meilleurs, à prendre le bonheur là où il se trouve, à aller au-delà de nos échecs. Autour des plats du jour ou des cafés et même des Seidels on ne parle que de ça. Les pensées du dalaï-lama ont effacé des conversations les élucubrations sur le burkini et sur les malversations innommables de Franz Beckenbauer.

La seule chose qui reste dans les mœurs instaurées depuis peu, c’est le « sans gluten ». Tous ces adeptes de la méditation continueront à manger leur salade sans pain, à boire des cafés sans gâteau et à siroter une bière bio. Chacun devient moine. Chacun est prêt à revêtir l’habit des fakirs avec une vie vouée à la renonciation et à l’amour. Oui mais il est entendu que cette activité d’humain-modèle ne peut se pratiquer qu’en CDD et en horaire aménagé. Être dans cette philosophie toute sa vie serait-il comme vivre dans un enveloppement de boue à perpète alors qu’une thérapie doit être courte ?

La dualité entre le « ça » et le « surmoi »

Selon la Bible, les périodes d’ascétisme doivent durer 40 jours. Elles sont même datées dans l’année liturgique. Devient-on meilleur en 40 jours comme le lapin devient bon en une heure de cuisson et l’agneau en sept heures ? Mamema dit : « Emol kommt d’Sau russ » (il y a des moments où le cochon qui sommeille en nous se réveille).

La dualité humaine entre « le ça » et le « surmoi » est ineffaçable. Il y a du M. Hyde en nous. Il y a des bébés mignons et rieurs qui sautent sur les genoux de maman avant de lui faire sauter la cervelle. Il y a des amoureux qui vous offrent un jardin et qui vous parlent des anges mais qui plantent leur petite graine ailleurs et finissent par vous parler d’avocat.

Il y a des gens sur Facebook qui, sur leur mur, étalent des images avec des citations New-Age glanées sur des sites-fait-pour-ça, des photos du dalaï-lama avec ses paroles en surimpression à côté de textes aux mots tranchants mis là pour assassiner une belle-mère, une sœur, un maire de village. Sur Facebook, le harcèlement a la virulence de la peste noire et la persistance du lierre.

La conjugaison l’illustre : « Je médite, tu médites, il médite, nous médisons, vous médisez, ils médisent ».

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Méditation et médisances.
Repost 0
26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 16:33
D’avant en arrière et de gauche à droite.

Et si l’ultime façon de trouver le bonheur était dans ce mouvement de va-et-vient du corps de gauche à droite et d’avant en arrière ? C’est la question que je viens de me poser en voyant les mines réjouies et les yeux pétillants de tous ces « schunklers » rassemblés dans les tentes de la Wiesn à Munich pour célébrer le Oktoberfest.

Un retour à la prime enfance

Les bras gauches se glissent sous les bras droits les plus proches et les bras gauches se glissent sous les bras droits, et la liesse est là ! Le « schunklage » chasse les tracas qui semblent solubles dans ces oscillations horizontales et verticales. C’est un retour à la prime enfance, celle dont Freud dit qu’elle imprime en nous nos comportements définitifs. Mais si ! Souvenez-vous de ces moments dans les bras de votre maman quand elle vous berçait de gauche à droite pour effacer vos cauchemars, calmer vos bobos et réprimer vos chagrins : « Nina bubbele, koch im Kind e suppele ».

Et quand votre taille met fin aux séances douces dans les bras de maman, on vous pose dans la nacelle d’un cheval à bascule ou sur la croupe d’un Donald flashy en PVC qui se met en branle pour un euro à insérer dans sa fente et qui vous attend dans le couloir d’entrée des centres commerciaux. Le rire naît de ce mouvement d’avant en arrière et d’arrière en avant ! « Bascule avec moi ! », chante Marc Lavoine pour signifier avec pudeur son envie de démontrer son amour absolu, celui qui n’a d’autre forme d’expression ultime que ces va-et-vient d’avant en arrière qui impriment des formes de corps agglutinés dans l’herbe des prés, dans le coton des draps et dans la moleskine des sièges des voitures.

Vivre, c’est savoir goûter ces mouvements simples d’avant en arrière et de gauche à droite. Se laisser bercer ou se laisser secouer. Vivre, c’est bouger. Pouvoir bouger jusqu’au bout, c’est aussi savoir répéter ces mouvements d’avant en arrière et de gauche à droite encore et encore jusqu’à la douleur dans ces séances qui nous font clamer devant tout auditoire réceptif ou captif : « Je fais du sport ». Et il y en a, des adeptes de cette nouvelle culture du corps. C’est la « fit- ness » : celle qui se décline en pompes (« en haut, en bas ! ») et en pédalages dans le vide, jambes tendues (« en avant, en arrière »). Il paraît que même ce « schunklage »-là, pratiqué dans des ensembles fluo et dont vous sortez perclus de courbatures, libère des endorphines qui vous apportent le bonheur. Du moins finirait-on par atteindre ce point suprême où on ne ressent plus la douleur.

Lili dit : « Moi, je ne ressens plus la douleur d’être au boulot quand je me balance sur ma chaise ». Bon sang, mais c’est bien sûr ! La chaise de bureau ou la chaise d’écolier qu’on actionne d’avant en arrière et d’arrière en avant permet à notre esprit de s’évader de l’atmosphère en ces endroits où on se sent oppressé ou opprimé.

Finalement, ce n’est pas pour rien qu’on a inventé le rocking-chair, ce fauteuil qui nous permet de goûter des moments de calme bercés d’avant en arrière et d’arrière en avant.

« Je m’en balance ! »

Et moi ? Moi, j’aime les mots. La force des mots ! Alors, devant les tracas de la vie, j’ai une formule magique pour ne pas en souffrir. J’ai un pneu crevé ? « Je m’en balance ». On dit du mal de moi ? « Je m’en balance ! » Il m’a quittée ? « Je m’en balance ! ». Je m’en balance d’avant en arrière et de gauche à droite.

Huguette Dreikaus

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

 

 

D’avant en arrière et de gauche à droite.
Repost 0
14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:23
Il est où, le Burkémon ?

L’été, c’est fini ! Les tartes aux quetsches et les choucroutes ont refait surface, c’est la fin de ce trimestre voué aux voyages, aux tongs, au barbecue et aux sprays à la citronnelle. Je dis : « Ouf ! », je suis épuisée. La faute aux burkinis et aux Pokémons.

Ces deux termes sont les maîtres mots de ces mois de canicule.

Juillet 2016. Le monde est en proie aux affres du terrorisme. Les femmes sont en pleine course d’aquabike pour modeler leur corps. Les hommes sont en transes à cause de l’Euro de foot. Et là, le venu d’on-ne-sait-où, ce commandement « Pokémon go » ! Une exhortation à la chasse à des bestioles aussi psychédéliques que virtuelles. La fièvre gagne vite. Mamema dit : « Diss hann mer au gemacht ! » Elle se souvient des mêmes rassemblements, du même empressement de masse pour la chasse aux… champignons, aux myrtilles et aux marrons sauvages.

Vous connaissez Rudi ? Rudi, c’est un voisin. Il est au fait de tout ce qui se passe dans l’actualité. Il milite. C’est un militant polyvalent, politique aussi. Il composte, il mange cinq fruits et légumes par jour. Il a été le premier à avoir des alcootests dans sa voiture et cet été il a fait la chasse au burkini : sur son vélo, il parcourait les chemins en direction des gravières, des étangs et des bords de rivière pour sa croisade. Mais le burkini est comme le coquillage : on ne le trouve qu’au bord de la mer ! Et puis la chasse au burkini est une chasse difficile : il n’y a eu que 740 burkinis achetés sur l’ensemble du territoire en 2016. Rudi est déçu. D’autant plus que l’automne met les burkinis, les bikinis, les monokinis et les toufkinis dans les tiroirs embaumés par des huiles essentielles de cèdre.

La chasse au gluten est ouverte

La guerre contre le burkini me semble picrocholine ! Certes, on peut débattre de l’ingérence vestimentaire de l’étranger sur nos us et coutumes et sur notre identité. Mais n’y a-t-il pas eu pire ? Qui a analysé la mutation profonde de notre société causée par l’arrive du « jeans » venu des USA ? La France entière est en jeans. Et alors ? Avec l’aide des grands couturiers, promoteurs de la femme maigre, nous sommes dans une civilisation « unisexe » et « androgyne ». Nous voilà devant une grande mutation sociologique : celle du sexe et du genre avec cette question fondamentale : « Qui est homme ? Qui est femme ? » Et l’apparition du troisième genre. Rien n’est anodin.

Si sur les plages on a vu des burkinis, on a aussi vu, en plus grand nombre, des femmes adeptes du thigh gap, des femmes à la recherche d’un écartement des cuisses de 5 cm, celui qui est donné quand on a 45 kilos pour 1,70. Qui s’en offusque ? N’est-ce pas là un problème de santé publique ? Qui fait la guerre aux affameurs et aux vendeurs de ténias vivants ou chimiques ?

Nous voilà en septembre et une nouvelle chasse est ouverte : la chasse au gluten ! Sus !

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

Il est où, le Burkémon ?
Repost 0
5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 11:15
Le buffet est ouvert !

« Le buffet est ouvert ! » c’est un peu comme le « Ite, missa est ! » du dimanche matin, trois mots qui libèrent la foule d’un discours prononcé du haut d’une estrade ou d’une chaire.

« Ite ! », « Allez-y », ces 3 mots envoient les fidèles vers l’apéro dominical dans une salle de bistrot où sont déjà alignés les Picon et les bretzels frais après la messe. Ils envoient aussi l’assistance d’un congrès ou d’une assemblée générale vers le hall d’une salle polyvalente où trônent des tables nappées de blancs et parsemées d’une myriade de mignardises salées et sucrées paramétrées pour vous en boucher un coin.

Même situation, même mouvement d’une foule vers une oasis où l’estomac peut être gavé de petits fours après que les oreilles ont été gavées de discours.

Si l’apéro du dimanche matin est une démarche isolée et volontaire, la marche vers le buffet d’une soirée commerciale a quelque chose de stalinien. L’itinéraire est obligatoire, le service d’ordre à brassards angoissant, l’organisation paramilitaire.

Plutôt le détecteur de métal que les couverts en plastique

La foule s’y rend en marche lente et en pas cadencé pour avoir la bonne vitesse d’approche vers l’hôtesse préposée aux accessoires – assiette en carton, fourchette et couteau en PVC pour tout le monde.

Je déteste les fourchettes en plastique qui perdent leurs dents comme une mémé de 95 ans, je déteste le couteau en plastique qui se plie sur les reliefs d’un pâté en croûte mou.

J’aimerais tant me soumettre au détecteur de métal à la sortie de la soirée si je pouvais avoir des couverts en inox pour couper correctement ma tranche de saumon cru, allongée là comme un sushi en mal de chemise, au lieu d’avoir à l’avaler à la manière de la poule qui avale un lombric, la tête sur le côté pour essayer d’éviter une de ces collisions qui vous met du jus de pomme sur la tête ou de la mayonnaise sur les manches du tailleur.

Je déteste le torticolis du lendemain qui me punit d’avoir passé du temps à chercher un truc, le « truc » qui soit original et plus savoureux que ces knacks qui ont tant trempé dans leur bassine qu’elles en sont délavées et que, par osmose avec l’eau de leur bain, elles sont devenues inodores, incolores et sans saveur.

Il y a bien – ô bizarrerie inattendue – des mauricettes rondes ! Et ces bretzels en forme de cœur qui sont un sacrilège boulanger !

Je déteste ces buffets dînatoires où tu te retrouves avec ton verre d’une main et ton carton de l’autre, otage de ces 540 calories si encombrantes à l’état solide ou liquide qu’elles t’empêchent même de te gratter le nez ou de sortir ton téléphone qui vibre dans ton soutien-gorge…

A cause de la bière que tu tiens à la main gauche et du risotto aux cèpes qui est collé sur la soucoupe en carton dans ta main droite, tu vas louper l’appel de l’homme de ta vie qui voulait te dire : « Je t’aime comme je n’ai aimé aucune des 23 copines que j’ai eues avant toi ». Le buffet dînatoire et les limites de mobilité qu’il t’impose peuvent te faire passer à côté de la chance de ta vie.

Retrouver l’air frais, Joe Cocker et les torches aux marrons

Confucius dit : « Ce qui est bien dans certaines choses, c’est ce que tu ressens après ».

Après un buffet il est bon de retrouver l’air libre, l’air frais, le calme de la voiture, Joe Cocker qui chante dans l’autoradio. Tu restes assis sur le siège de conducteur et là tu dégustes les petites torches aux marrons que tu as réussi à grappiller.

Mamema dit : « Rien n’est jamais tout noir ». C’est vrai ! Même les chats noirs ont la langue rose.

10.10.2015

 

 

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Le buffet est ouvert !
Repost 0
25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 17:09
Manger apaise.

 Vaste sujet : « Quelles relations entre cuisine et culture ? »

                   

On sait que les rites ancestraux et les traditions religieuses tiennent une grande part dans les habitudes culinaires.
La pratique du jeûne périodique et la liste des aliments interdits par les curés, rabbins et imams influencent nos menus.

Ne négligeons pas non plus l'aspect patrimonial des repas propres à certaines couches sociales ou professionnelles : la soupe de pois des marcheurs, les Röjgebradelti des marcaires, les fromages des bergers, les salaisons des paysans. 
De nos jours, culture et nourriture riment d'autant plus qu'on ne fait pas de vernissage sans pain-surprise, de conférence scientifique sans collation, de congrès d'anthropologues sans buffet dînatoire.  Et pas d'exposition d'artistes villageois sans tarte flambée !

Le Moyen Age est de retour avec ses ménestrels et ses tournois mais aussi avec sa soupe d'épeautre et ses pièces de vénerie à la broche.

 Même les séances théâtrales de 21 h débutent à 19 h avec des knacks et des merguez. Shakespeare, Dario Fo ou Raymond Weissenburger entrent mieux dans nos cellules grises si une profusion de suc gastrique leur sert de vecteur.

Culture rime avec nourriture et nourriture rime avec littérature. Dans les salons du livre, l'auteur des Soupes de tante Germaine et des Mille Visages de la Pomme de Terre trône à côté de l'écrivain élu au Goncourt ou de l'auteur de ventes magnifiques, Marc Lévy.

Les collecteurs de recettes ont droit au label « écrivains » au même titre que les romanciers, les philosophes et les sociologues, selon le principe « qui écrit est écrivain » !


Cultiver la cellulite, c'est lutter pour la paix sociale

 Les philosophes, eux, se targuent de donner des leçons de diététique, au nom de la nouvelle religion du bien-être.

Quant aux sociologues, ils expliquent les grands événements par des carences alimentaires exceptionnelles. La révolution est dans l'air quand le peuple a faim. Cultiver la cellulite, c'est lutter pour la paix sociale. Manger apaise. Pas de violence dans les romans de Simenon. Pourquoi ?

Jules Maigret mange entre meurtres et interrogatoires.  « Food Culture » !
Voilà un festival qui va nous réjouir. Personnellement j'attends beaucoup de cette réunion au sommet entre éminences grises et toques blanches.
Qu'on me fasse enfin connaître la formule physique de la cuisson parfaite d'un oeuf à la coque mou ! Quel calcul faire entre le poids de l'oeuf, sa date de ponte et la taille de la casserole pour trouver le temps exact indispensable à l'immersion dans l'eau ?
En attendant, je vais me régaler avec des Mozart-Kugeln. Amadeus a laissé des symphonies, le Mozart du commerce gourmand a laissé des boules de chocolat.

 Comme dirait Léontine, grande mélomane, « si Beethoven avait su faire des chocolats, il aurait encore pu jouir d'une partie de son oeuvre après sa surdité ».

depuis 2008 dans les "bouillons" mais toujours d'actualité

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Manger apaise.
Repost 0
Published by Huguette - dans Huguette Dreikaus
commenter cet article

Texte Libre

deytsc

Articles Récents