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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 11:19
C’est qui la dame ?

« C’est qui la dame ? ». C’est la question que je me suis posée en voyant cette blonde en tailleur bleu saluant une foule qui lui tournait le dos. Et là, prise de conscience terrible : la dame, c’est Hillary Clinton, et tous ces gens qui lui tournent le dos ont un téléphone en main pour prendre un selfie.

 Le « Moi d’abord » dans toute sa splendeur. On ne se contente plus d’une photo à l’arraché d’une star de la politique ou du show-biz, il faut qu’on ait sa tronche sur le cliché. « Devant c’est moi. Derrière c’est Hillary Clinton. »

 Hillary Clinton en second plan. Vrai renversement des valeurs. Les grands de ce monde servent d’arrière-plans à des prises de vue éternisées dans des téléphones et servant d’illustration à un album d’un style nouveau, « Moi au premier plan de l’Evénement ».

 C’est le règne de Kevin Superstar. « Kevin permet à Hillary Clinton de poser avec lui. Kevin était là quand la mairie a brûlé. » On le voit devant le brasier, le bras tendu, le téléphone en main. Kevin a rencontré Johnny. Et on voit Kevin, le bras tendu, faire un sourire en gros plan devant un Johnny qui chante sur scène.


Kevin connaît la force du hashtag
Kevin est dans tous les lieux où se passent les hauts faits de l’histoire avec un grand « H » ou un petit. Il se met en scène avec ceux qui font la culture et même les faits divers. Et il veut que ça se sache. Alors il publie ses clichés. Sur Facebook. Oui mais là, il peut juste épater ses amis. Pas cool. Heureusement, Kevin connaît Instagram et Twitter et il connaît surtout la force du hashtag.
Le hashtag est un propulseur d’une grande puissance qui envoie vos clichés dans l’univers et dans des milliers de fichiers où ils seront vus, commentés et partagés. Il s’agit juste de trouver des hashtags porteurs pour se retrouver dans les fichiers les plus consultés ou le plus de fichiers possible. En anglais s’il vous plaît ! (hop, il y a plus de gens qui parlent chinois mais Assimil n’a pas encore vulgarisé la langue chinoise).                                                               

 Armande a fait un selfie où elle pose avec son chat et l’a publié tous azimuts avec une ribambelle de hashtags #cat#pet#tenderness#neveralone# (chat-animal domestique-tendresse-jamais seul) pour toucher des centaines de milliers d’amateurs de chats et de gens solitaires. Et hop ! La voilà égérie pour les amateurs de chats et gourou pour ceux qui ont compris qu’avoir un chat est un moyen fort pour lutter contre la solitude.                                          

   Les médias branchés 24h/24 sur Twitter à la recherche des buzz, voyant le succès foudroyant de ce selfie d’Armande au lit avec son chat, l’ont baptisée « le Moon des êtres solitaires, celle qui leur donne l’espoir d’une vie dans le bonheur d’une tendresse partagée.

Le selfie change le monde. Les Kevin, les Florian mais aussi les Maurice et les Liliane manient cet art de l’auto-portrait, ils ont, pour ce faire, changé leur coiffure, leurs lunettes, leur emploi du temps. Lucien dit : « Je fais du sport tous les jours. Je veux améliorer ma silhouette. Je ne veux pas être condamné à faire des selfies en plan américain ».

Kate et William, paparazzis d’eux-mêmes

Incroyable ! Sur le plan psychologique, le selfie donne une autre dimension à notre « Moi » qui devient un « Moi la personne la plus importante au monde ». Devant les stars.

 

 Conséquence : les stars se lancent dans le selfie pour devenir à nouveau, grâce à Instagram et à Twitter, des personnes importantes dans le monde. Kate et William font eux-mêmes, en selfies, leurs photos pour la presse. « Paparazzis d’eux-mêmes. ». Pour faire la chasse aux paparazzis ils seront obligés de se donner à eux–mêmes des coups de pied au cul !

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

 

 

 

C’est qui la dame ?
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 07:32
Méditation et médisances.

 

L’heure est au repli sur soi, à la mise au point générale, celle qui est donnée par de longues promenades sur les sentiers des forêts ou dans les sables du désert. L’heure est venue de regarder son âme en faisant abstraction pendant un temps du tartare de saumon, du cordon-bleu et des saucisses-frites. La Vérité sur notre chemin ne se trouverait que dans l’ascétisme du bouillon de légumes et de l’eau des sources, celle qui a déjà été bue et pissée par ceux qui nous ont précédés, une eau donc qui contient l’expérience de vie de milliers de générations.

La méditation nous rend meilleurs. C’est aussi la leçon du dalaï-lama, celui qui préside aux destinées des moines du Tibet et de Weiterswiller.

Il est venu nous voir. Cet homme porteur de la sagesse nous exhorte à devenir meilleurs, à prendre le bonheur là où il se trouve, à aller au-delà de nos échecs. Autour des plats du jour ou des cafés et même des Seidels on ne parle que de ça. Les pensées du dalaï-lama ont effacé des conversations les élucubrations sur le burkini et sur les malversations innommables de Franz Beckenbauer.

La seule chose qui reste dans les mœurs instaurées depuis peu, c’est le « sans gluten ». Tous ces adeptes de la méditation continueront à manger leur salade sans pain, à boire des cafés sans gâteau et à siroter une bière bio. Chacun devient moine. Chacun est prêt à revêtir l’habit des fakirs avec une vie vouée à la renonciation et à l’amour. Oui mais il est entendu que cette activité d’humain-modèle ne peut se pratiquer qu’en CDD et en horaire aménagé. Être dans cette philosophie toute sa vie serait-il comme vivre dans un enveloppement de boue à perpète alors qu’une thérapie doit être courte ?

La dualité entre le « ça » et le « surmoi »

Selon la Bible, les périodes d’ascétisme doivent durer 40 jours. Elles sont même datées dans l’année liturgique. Devient-on meilleur en 40 jours comme le lapin devient bon en une heure de cuisson et l’agneau en sept heures ? Mamema dit : « Emol kommt d’Sau russ » (il y a des moments où le cochon qui sommeille en nous se réveille).

La dualité humaine entre « le ça » et le « surmoi » est ineffaçable. Il y a du M. Hyde en nous. Il y a des bébés mignons et rieurs qui sautent sur les genoux de maman avant de lui faire sauter la cervelle. Il y a des amoureux qui vous offrent un jardin et qui vous parlent des anges mais qui plantent leur petite graine ailleurs et finissent par vous parler d’avocat.

Il y a des gens sur Facebook qui, sur leur mur, étalent des images avec des citations New-Age glanées sur des sites-fait-pour-ça, des photos du dalaï-lama avec ses paroles en surimpression à côté de textes aux mots tranchants mis là pour assassiner une belle-mère, une sœur, un maire de village. Sur Facebook, le harcèlement a la virulence de la peste noire et la persistance du lierre.

La conjugaison l’illustre : « Je médite, tu médites, il médite, nous médisons, vous médisez, ils médisent ».

 

 

 

 

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Méditation et médisances.
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 16:33
D’avant en arrière et de gauche à droite.

Et si l’ultime façon de trouver le bonheur était dans ce mouvement de va-et-vient du corps de gauche à droite et d’avant en arrière ? C’est la question que je viens de me poser en voyant les mines réjouies et les yeux pétillants de tous ces « schunklers » rassemblés dans les tentes de la Wiesn à Munich pour célébrer le Oktoberfest.

Un retour à la prime enfance

Les bras gauches se glissent sous les bras droits les plus proches et les bras gauches se glissent sous les bras droits, et la liesse est là ! Le « schunklage » chasse les tracas qui semblent solubles dans ces oscillations horizontales et verticales. C’est un retour à la prime enfance, celle dont Freud dit qu’elle imprime en nous nos comportements définitifs. Mais si ! Souvenez-vous de ces moments dans les bras de votre maman quand elle vous berçait de gauche à droite pour effacer vos cauchemars, calmer vos bobos et réprimer vos chagrins : « Nina bubbele, koch im Kind e suppele ».

Et quand votre taille met fin aux séances douces dans les bras de maman, on vous pose dans la nacelle d’un cheval à bascule ou sur la croupe d’un Donald flashy en PVC qui se met en branle pour un euro à insérer dans sa fente et qui vous attend dans le couloir d’entrée des centres commerciaux. Le rire naît de ce mouvement d’avant en arrière et d’arrière en avant ! « Bascule avec moi ! », chante Marc Lavoine pour signifier avec pudeur son envie de démontrer son amour absolu, celui qui n’a d’autre forme d’expression ultime que ces va-et-vient d’avant en arrière qui impriment des formes de corps agglutinés dans l’herbe des prés, dans le coton des draps et dans la moleskine des sièges des voitures.

Vivre, c’est savoir goûter ces mouvements simples d’avant en arrière et de gauche à droite. Se laisser bercer ou se laisser secouer. Vivre, c’est bouger. Pouvoir bouger jusqu’au bout, c’est aussi savoir répéter ces mouvements d’avant en arrière et de gauche à droite encore et encore jusqu’à la douleur dans ces séances qui nous font clamer devant tout auditoire réceptif ou captif : « Je fais du sport ». Et il y en a, des adeptes de cette nouvelle culture du corps. C’est la « fit- ness » : celle qui se décline en pompes (« en haut, en bas ! ») et en pédalages dans le vide, jambes tendues (« en avant, en arrière »). Il paraît que même ce « schunklage »-là, pratiqué dans des ensembles fluo et dont vous sortez perclus de courbatures, libère des endorphines qui vous apportent le bonheur. Du moins finirait-on par atteindre ce point suprême où on ne ressent plus la douleur.

Lili dit : « Moi, je ne ressens plus la douleur d’être au boulot quand je me balance sur ma chaise ». Bon sang, mais c’est bien sûr ! La chaise de bureau ou la chaise d’écolier qu’on actionne d’avant en arrière et d’arrière en avant permet à notre esprit de s’évader de l’atmosphère en ces endroits où on se sent oppressé ou opprimé.

Finalement, ce n’est pas pour rien qu’on a inventé le rocking-chair, ce fauteuil qui nous permet de goûter des moments de calme bercés d’avant en arrière et d’arrière en avant.

« Je m’en balance ! »

Et moi ? Moi, j’aime les mots. La force des mots ! Alors, devant les tracas de la vie, j’ai une formule magique pour ne pas en souffrir. J’ai un pneu crevé ? « Je m’en balance ». On dit du mal de moi ? « Je m’en balance ! » Il m’a quittée ? « Je m’en balance ! ». Je m’en balance d’avant en arrière et de gauche à droite.

Huguette Dreikaus

 

 

 

 

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D’avant en arrière et de gauche à droite.
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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:23
Il est où, le Burkémon ?

L’été, c’est fini ! Les tartes aux quetsches et les choucroutes ont refait surface, c’est la fin de ce trimestre voué aux voyages, aux tongs, au barbecue et aux sprays à la citronnelle. Je dis : « Ouf ! », je suis épuisée. La faute aux burkinis et aux Pokémons.

Ces deux termes sont les maîtres mots de ces mois de canicule.

Juillet 2016. Le monde est en proie aux affres du terrorisme. Les femmes sont en pleine course d’aquabike pour modeler leur corps. Les hommes sont en transes à cause de l’Euro de foot. Et là, le venu d’on-ne-sait-où, ce commandement « Pokémon go » ! Une exhortation à la chasse à des bestioles aussi psychédéliques que virtuelles. La fièvre gagne vite. Mamema dit : « Diss hann mer au gemacht ! » Elle se souvient des mêmes rassemblements, du même empressement de masse pour la chasse aux… champignons, aux myrtilles et aux marrons sauvages.

Vous connaissez Rudi ? Rudi, c’est un voisin. Il est au fait de tout ce qui se passe dans l’actualité. Il milite. C’est un militant polyvalent, politique aussi. Il composte, il mange cinq fruits et légumes par jour. Il a été le premier à avoir des alcootests dans sa voiture et cet été il a fait la chasse au burkini : sur son vélo, il parcourait les chemins en direction des gravières, des étangs et des bords de rivière pour sa croisade. Mais le burkini est comme le coquillage : on ne le trouve qu’au bord de la mer ! Et puis la chasse au burkini est une chasse difficile : il n’y a eu que 740 burkinis achetés sur l’ensemble du territoire en 2016. Rudi est déçu. D’autant plus que l’automne met les burkinis, les bikinis, les monokinis et les toufkinis dans les tiroirs embaumés par des huiles essentielles de cèdre.

La chasse au gluten est ouverte

La guerre contre le burkini me semble picrocholine ! Certes, on peut débattre de l’ingérence vestimentaire de l’étranger sur nos us et coutumes et sur notre identité. Mais n’y a-t-il pas eu pire ? Qui a analysé la mutation profonde de notre société causée par l’arrive du « jeans » venu des USA ? La France entière est en jeans. Et alors ? Avec l’aide des grands couturiers, promoteurs de la femme maigre, nous sommes dans une civilisation « unisexe » et « androgyne ». Nous voilà devant une grande mutation sociologique : celle du sexe et du genre avec cette question fondamentale : « Qui est homme ? Qui est femme ? » Et l’apparition du troisième genre. Rien n’est anodin.

Si sur les plages on a vu des burkinis, on a aussi vu, en plus grand nombre, des femmes adeptes du thigh gap, des femmes à la recherche d’un écartement des cuisses de 5 cm, celui qui est donné quand on a 45 kilos pour 1,70. Qui s’en offusque ? N’est-ce pas là un problème de santé publique ? Qui fait la guerre aux affameurs et aux vendeurs de ténias vivants ou chimiques ?

Nous voilà en septembre et une nouvelle chasse est ouverte : la chasse au gluten ! Sus !

 

 

 

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Il est où, le Burkémon ?
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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 11:15
Le buffet est ouvert !

« Le buffet est ouvert ! » c’est un peu comme le « Ite, missa est ! » du dimanche matin, trois mots qui libèrent la foule d’un discours prononcé du haut d’une estrade ou d’une chaire.

« Ite ! », « Allez-y », ces 3 mots envoient les fidèles vers l’apéro dominical dans une salle de bistrot où sont déjà alignés les Picon et les bretzels frais après la messe. Ils envoient aussi l’assistance d’un congrès ou d’une assemblée générale vers le hall d’une salle polyvalente où trônent des tables nappées de blancs et parsemées d’une myriade de mignardises salées et sucrées paramétrées pour vous en boucher un coin.

Même situation, même mouvement d’une foule vers une oasis où l’estomac peut être gavé de petits fours après que les oreilles ont été gavées de discours.

Si l’apéro du dimanche matin est une démarche isolée et volontaire, la marche vers le buffet d’une soirée commerciale a quelque chose de stalinien. L’itinéraire est obligatoire, le service d’ordre à brassards angoissant, l’organisation paramilitaire.

Plutôt le détecteur de métal que les couverts en plastique

La foule s’y rend en marche lente et en pas cadencé pour avoir la bonne vitesse d’approche vers l’hôtesse préposée aux accessoires – assiette en carton, fourchette et couteau en PVC pour tout le monde.

Je déteste les fourchettes en plastique qui perdent leurs dents comme une mémé de 95 ans, je déteste le couteau en plastique qui se plie sur les reliefs d’un pâté en croûte mou.

J’aimerais tant me soumettre au détecteur de métal à la sortie de la soirée si je pouvais avoir des couverts en inox pour couper correctement ma tranche de saumon cru, allongée là comme un sushi en mal de chemise, au lieu d’avoir à l’avaler à la manière de la poule qui avale un lombric, la tête sur le côté pour essayer d’éviter une de ces collisions qui vous met du jus de pomme sur la tête ou de la mayonnaise sur les manches du tailleur.

Je déteste le torticolis du lendemain qui me punit d’avoir passé du temps à chercher un truc, le « truc » qui soit original et plus savoureux que ces knacks qui ont tant trempé dans leur bassine qu’elles en sont délavées et que, par osmose avec l’eau de leur bain, elles sont devenues inodores, incolores et sans saveur.

Il y a bien – ô bizarrerie inattendue – des mauricettes rondes ! Et ces bretzels en forme de cœur qui sont un sacrilège boulanger !

Je déteste ces buffets dînatoires où tu te retrouves avec ton verre d’une main et ton carton de l’autre, otage de ces 540 calories si encombrantes à l’état solide ou liquide qu’elles t’empêchent même de te gratter le nez ou de sortir ton téléphone qui vibre dans ton soutien-gorge…

A cause de la bière que tu tiens à la main gauche et du risotto aux cèpes qui est collé sur la soucoupe en carton dans ta main droite, tu vas louper l’appel de l’homme de ta vie qui voulait te dire : « Je t’aime comme je n’ai aimé aucune des 23 copines que j’ai eues avant toi ». Le buffet dînatoire et les limites de mobilité qu’il t’impose peuvent te faire passer à côté de la chance de ta vie.

Retrouver l’air frais, Joe Cocker et les torches aux marrons

Confucius dit : « Ce qui est bien dans certaines choses, c’est ce que tu ressens après ».

Après un buffet il est bon de retrouver l’air libre, l’air frais, le calme de la voiture, Joe Cocker qui chante dans l’autoradio. Tu restes assis sur le siège de conducteur et là tu dégustes les petites torches aux marrons que tu as réussi à grappiller.

Mamema dit : « Rien n’est jamais tout noir ». C’est vrai ! Même les chats noirs ont la langue rose.

10.10.2015

 

 

 

 

 

 

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Le buffet est ouvert !
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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 17:09
Manger apaise.

 Vaste sujet : « Quelles relations entre cuisine et culture ? »

                   

On sait que les rites ancestraux et les traditions religieuses tiennent une grande part dans les habitudes culinaires.
La pratique du jeûne périodique et la liste des aliments interdits par les curés, rabbins et imams influencent nos menus.

Ne négligeons pas non plus l'aspect patrimonial des repas propres à certaines couches sociales ou professionnelles : la soupe de pois des marcheurs, les Röjgebradelti des marcaires, les fromages des bergers, les salaisons des paysans. 
De nos jours, culture et nourriture riment d'autant plus qu'on ne fait pas de vernissage sans pain-surprise, de conférence scientifique sans collation, de congrès d'anthropologues sans buffet dînatoire.  Et pas d'exposition d'artistes villageois sans tarte flambée !

Le Moyen Age est de retour avec ses ménestrels et ses tournois mais aussi avec sa soupe d'épeautre et ses pièces de vénerie à la broche.

 Même les séances théâtrales de 21 h débutent à 19 h avec des knacks et des merguez. Shakespeare, Dario Fo ou Raymond Weissenburger entrent mieux dans nos cellules grises si une profusion de suc gastrique leur sert de vecteur.

Culture rime avec nourriture et nourriture rime avec littérature. Dans les salons du livre, l'auteur des Soupes de tante Germaine et des Mille Visages de la Pomme de Terre trône à côté de l'écrivain élu au Goncourt ou de l'auteur de ventes magnifiques, Marc Lévy.

Les collecteurs de recettes ont droit au label « écrivains » au même titre que les romanciers, les philosophes et les sociologues, selon le principe « qui écrit est écrivain » !


Cultiver la cellulite, c'est lutter pour la paix sociale

 Les philosophes, eux, se targuent de donner des leçons de diététique, au nom de la nouvelle religion du bien-être.

Quant aux sociologues, ils expliquent les grands événements par des carences alimentaires exceptionnelles. La révolution est dans l'air quand le peuple a faim. Cultiver la cellulite, c'est lutter pour la paix sociale. Manger apaise. Pas de violence dans les romans de Simenon. Pourquoi ?

Jules Maigret mange entre meurtres et interrogatoires.  « Food Culture » !
Voilà un festival qui va nous réjouir. Personnellement j'attends beaucoup de cette réunion au sommet entre éminences grises et toques blanches.
Qu'on me fasse enfin connaître la formule physique de la cuisson parfaite d'un oeuf à la coque mou ! Quel calcul faire entre le poids de l'oeuf, sa date de ponte et la taille de la casserole pour trouver le temps exact indispensable à l'immersion dans l'eau ?
En attendant, je vais me régaler avec des Mozart-Kugeln. Amadeus a laissé des symphonies, le Mozart du commerce gourmand a laissé des boules de chocolat.

 Comme dirait Léontine, grande mélomane, « si Beethoven avait su faire des chocolats, il aurait encore pu jouir d'une partie de son oeuvre après sa surdité ».

depuis 2008 dans les "bouillons" mais toujours d'actualité

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Manger apaise.
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Published by Huguette - dans Huguette Dreikaus
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 15:51
T’es OK ?

T’es OK ? Question de fond qu’on se pose tous les jours en se croisant dans la rue. Furtivement. Sans attendre de réponse. Juste pour témoigner son attention. « Ça va ? » Petite phrase interrogative qui engage des conversations devant la machine a café de l’entreprise. Dans ces moments-là, on tempère : « Un peu de grippe mais ça ira ». On se résigne : « C’est dur en ce moment. Hop ! C’est dur pour tout le monde ! » On relate les opinions des autres : « Dans le journal, ils disent que l’économie va mieux ».

Oui ! Mais c’était avant ce mois de juin. Avant tous ces événements qui se bousculent.

Qui oubliera ce mois de juin ? Cette barbarie nouvelle ? Ces terroristes « maison » qui commettent des exactions par eux-mêmes, qui clament : « Je l’ai fait par moi-même », comme on le dirait d’une pizza ou de la peinture d’une façade. La guerre devient-elle individuelle et consommable selon l’envie du moment comme un pot de soupe en poudre ?

Faut-il avoir peur de tout le monde ? La voisine Germaine pourrait-elle un jour devenir « La folle du Pétunia » et poser une bombe dans nos parterres de fleurs parce que nous avons planté des zinnias ?

Quand la pluie passe de la météorologie à la théologie…

Je vous le dis, les questions qu’on se pose en ce mois de juin sont terribles. C’est comme pour le bac ! OK, Kevin va avoir le bac comme 90 % des candidats. Oui mais que fera-t-il avec le bac ? Il est refusé dans les 8 BTS qu’il a demandés et il n’a pas envie de se faire massacrer à la fac.

Et alors ? Alors les ados préfèrent faire le casting de « The voice » ou de « Immer wieder sonntags », car là, même s’ils échouent, ils auront eu leur quart d’heure de gloire à la télé et des années de gloire dans les rangs de ceux qui regardent la télé.

« Alors, ça va ? » Qui osera poser cette question aux sinistrés de la pluie ? Ceux qui ont vu leur voiture ou leur maison emportées par les flots. Ceux qui ont vu leurs objets doudous ensevelis dans la boue ?

Mamema a dit : « Was lauft denn daade ? » (Quel est notre destin ?), une de ces questions qu’on se pose quand la pluie passe de la météorologie à la théologie. « Was lauft denn doo ? » Question sur notre devenir !


Même les gens de notre entourage nous posent des questions qui nous plongent dans le désarroi : « Maman, j’ai quitté ma copine, je peux revenir vivre à la maison ? », « Madame, je suis chargée de votre suivi médical. Votre dernière radio des seins, vous l’avez faite quelle année ? » Sacré mois de juin. Vivement le mois de juillet, qu’on parle d’autre chose !

DNA 18 juin 2016

 

 

 

 

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 11:00
Il y en a un peu plus : j’vous le mets quand même ?

Ils nous envahissent ! Ils sont partout. Ils sortent de nulle part. Ils s’autoproclament. Ils font tout pour vous faire comprendre qu’ils sont indispensables dans la quête de ce Graal qu’on appelle « bien-être ».

Ce Graal qu’on appelle « bien-être »

Ce « bien-être » est au bout de quelques heures d’immersion dans les bulles du spa du resto où vous mangeâtes jadis votre Schnitzel (escalopes) et qui vous sert dorénavant des panais bio avec du riz complet. Madame Louise, la patronne, est devenue coach en nutrition. Ce « bien-être » est au bout de quelques séances de cross fit prodiguées par une coach de santé qui vous conseillera même de faire un prélèvement dans votre foie pour vous garantir une meilleure forme physique selon le principe « Ne pas connaître la teneur de votre bile vous rend carrément débile ».

Ce « bien-être » vous est donné par Greg, ce clone de Toulouse-Lautrec qui vous apprenait à danser la valse et la rumba. Greg, qui désormais est coach « pour un meilleur ressenti sensuel de votre propre bien-être ». Posés en tailleur sur un tapis en mousse, ses adeptes doivent, les yeux fermés, ressentir des palpations virtuelles. « Là, Lisa, je vous passe virtuellement les doigts sur les côtes, vous sentez que ça vous chatouille ? » J’ai envie de dire : « Enlève tes doigts virtuels de ma carcasse ». Et tous ces gourous de pacotille de vous dire : « C’est juste un petit plus à notre activité ! » Cela n’est pas sans me rappeler cette fameuse phrase culte des vendeuses de la Coop et des femmes entourées de leurs paniers de fruits et de légumes au marché : « Il y a un peu plus. Je vous le mets quand même ? » Non ! Jamais plus ! Il faut respecter les limites d’un savoir-faire. Ce n’est pas parce qu’on est coiffeuse et qu’on fait des shampooings sur la tête qu’un jour on peut s’attaquer à l’intérieur du crâne et faire des trépanations !

Les pousse-au-vice du marketing

C’est le plus qui est à l’origine de toutes nos turpitudes et de nos maux. « Yo, pour un verre de plus ! » Voilà une phrase qui a déjà propulsé plus d’une voiture contre un platane ».

« Allez, allez pour une tranche de Bienenstich ((gâteau allemand) en plus, vous n’allez pas mourir », et hop !, vous vous retrouvez dans le club des diabétiques obligés de sortir avec la panoplie glycophage ou de rentrer dans des robes grandes comme des toiles de tente.

Mamema dit : « Moi, je disais toujours oui quand on me posait la question : il y en a un peu plus, je vous le mets quand même ? Résultat, j’ai certainement dépensé le prix d’une belle voiture à force », et Kevin de lui répondre : « À partir de maintenant, tu dis non et dans trois ans tu m’achètes un 4x4 ».

Pourtant le marketing est au dépassement. « Vous avez trois pour le prix de deux », « une pizza 12 €, trois pizzas 27€», « pour un euro de plus, vous aurez la clim en plus dans la voiture », « pour un euro de plus, vous aurez une deuxième paire de lunettes pour la personne de votre choix ». Les pubs regorgent de ces « pousse-au-vice ».
Difficile d’y résister. « Yo, mais il faut quand même en profiter ». C’est ce que je me suis dit quand, lors d’une vente « gros volumes », j’ai acheté du gel douche aux parfums variés. J’ai de quoi m’assurer des douches parfumées pendant cinq ans et j’atteindrai peut-être l’an 2020 sans avoir entamé la boîte de gel douche parfumé à l’abricot. On m’a pris une liberté fondamentale : celle de choisir au débotté avec quel savon je veux me laver !

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Il y en a un peu plus : j’vous le mets quand même ?
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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 16:49
Le « Griessbabb » subliminal.

Les temps sont difficiles. Les éleveurs s’autoproclament « les Cosette de l’économie ». Les femmes pleurent sur le sexisme et le harcèlement dont elles font l’objet. Les jeunes désespèrent devant le carton avec l’inscription « No future » qu’on leur met entre les mains en même temps que leur diplôme du bac. Les vieux sont figés dans les fauteuils des maisons de retraite attendant l’inéluctable devant la photo de ceux qui ne viennent plus. Les psychologues envahissent tous les mètres carrés des bâtiments publics ou privés pour une assistance verbale tandis que les grands noms de la chimie pharmaceutique proposent des euphorisants propres à ouvrir les vannes du rire. Et voilà que le remède contre les chagrins dus à des coups portés à mon cœur et à mes nerfs sciatiques s’est imposé à mon inconscient. J’ai ressenti une pulsion quasi biblique qui a porté mes pas vers un paquet de semoule.

Le réconfort est dans les placards de la cuisine

« Va ma fille ! Tu trouveras le réconfort. Le réconfort est dans les placards de la cuisine ».

Je connaissais déjà les vertus analgésiques de la tartine à la confiture trempée dans le Milichkaffi (café au lait), j’avais déjà cherché du réconfort dans un sandwich au lawerwurscht (saucisse de fois) avec des cornichons aigre-doux. Et là, le mercredi 9 mars 2016 à 20 heures, j’ai trouvé l’extase, celle que l’on ressent quand une douleur dentaire aiguë disparaît ou quand la visite s’en va enfin après les trois jours où ils ont critiqué votre canevas « La liseuse », votre living-bar et votre choucroute-à-faire-des-obèses. Merci à mon « Griessbabb » ! Pas facile à trouver le point G de la cuisson de la semoule avec du lait sucré, ce point où le mélange garde la consistance de la purée, cet autre mets apaisant dans lequel on trace des sillons comme pour signifier le chemin nouveau à prendre pour trouver le bonheur.

Mon « Griessbabb », je l’ai ingurgité avec une cuillère, une petite cuillère, comme celle qu’utilisait maman pour faire entrer dans mon petit ventre de bébé ce baume chaud et sucré pour le bien-être de mon âme. Mon Griessbabb m’a rendue un peu mégalo : « Que m’importe que Louane ait un césar, que la princesse suédoise ait un nouveau bébé et que Johnny Depp ait une nouvelle maîtresse, aucun d’eux n’a le privilège de manger mon Griessbabb ». Mon Griessbabb a guéri mon chagrin d’amour : « Personne ne lui fera un Griessbabb aussi bon que le mien, finalement c’est un pauv’type ». Même le Jiminy Cricket de la diététique qui habite ma conscience m’a félicitée : « Bravo ! Ce n’est pas gras, ce n’est pas acide. Une petite pomme après ça et c’est parfait ».

« Hmmmmmmmmmm »

Le bonheur est simple. Le bonheur se partage. J’ai partagé le bonheur que donne le Griessbabb. Dans cet outil de diffusion aussi efficace qu’une ménagère sortant de la Coopé, sur Facebook, j’ai publié une photo de mon Griessbabb, sans aucun commentaire. Ma page Facebook a été inondée de « Hmmmmmmmmmm ». Ce cri d’orgasme muet m’a fait comprendre que dès le jeudi 10 mars, le Griessbabb a dû faire son apparition sur bien des tables.

 

Mamema dit : « En plus, c’est bien pour la Sécu. Elle n’a pas besoin de payer des dentiers pour ceux qui aiment le Griessbabb. On n’a pas besoin de le mordre. »

 

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

mais toutes les deux... alsaciennes  ..

Le « Griessbabb » subliminal.

DNA du  12 03 2016

 

 

 

 

 

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 17:00
Bagage main, bagage vilain.

 

« Nous, on emmène des bagages ! On a les moyens ! ». La fracture sociale devient visible sur les tapis de bagages des aéroports. Il est bien loin le temps où on « faisait sa valise » selon ses humeurs en y entassant les produits chimiques divers à ingurgiter contre l’arthrose ou contre les rides, les tenues les plus improbables ou les plus chics, les doudous divers, les romans pour les séances de transat ou pour les nuits blanches dans l’hôtel envahi par les vibrations issues des platines du DJ. « Faire sa valise » est devenu un acte réfléchi qui se fait avec le fascicule de Vigie-Pirate, le livret des produits non explosifs et surtout avec une balance haute précision et un double mètre ruban.

Les mensurations de la valise

La sortie chez la marchande de valises n’est plus une sinécure. Ce n’est plus cette sortie shopping au cours de laquelle on renifle le cuir, on caresse la doublure, on essaie les clés minuscules et où on teste les performances des roues sur la piste d’essai installée dans l’arrière-cour des maroquiniers. Maintenant, comme pour les élections de Miss, on demande les mensurations de la valise, son poids aussi car si la bougresse a un kilo de valise en plus, c’est 1 kilo de jeans et de strings en moins. La vendeuse connaît tous les paramètres de la valise idéale : « Tout dépend avec quel avion vous partez ! Avec les low-cost il vaut mieux voyager avec un bagage main, emmener une valise c’est hors de prix ! » Et elle vous conseille d’acheter « calibré » 55x35x25 pour la compagnie nationale, 55x40x20 pour la compagnie bleu et jaune, 56x45x25 pour la compagnie orange ! Tout ça pour un contenu de 10 kg, la compagnie allemande avec la grue cendrée n’autorise que 8 kg : dans le pays des touristes perpétuels, le voyage doit se faire en shorts !

Lili ne voyage plus en avion. Elle suit encore aujourd’hui, deux ans après l’incident, une séance de rééducation psychologique. Le 7 juin 2014, en effet, elle a été victime d’un choc traumatique grave quand le personnel de sécurité de l’aéroport l’a cueillie à la sortie des portiques de contrôle des bagages et l’a interrogée pendant deux heures pour savoir : « Qui est derrière votre tentative d’attentat ? », « avez-vous été en Syrie ? » Lili soupçonnée d’être un membre de Daech pour avoir été trouvée en possession d’un tube de dentifrice, un tube de cire dépilatoire, un pot de crème antirides et un flacon d’eau de toilette de marque, le tout à l’intérieur de son bagage cabine ! Il a fallu l’intervention de tous les services secrets des pays occidentaux pour blanchir Lili qui a dû passer des vacances avec une mauvaise haleine et avec des jambes poilues à cause de la confiscation de ses produits d’hygiène.

 

Ridicule !

Ô bagage ! Ô désespoir ! Que d’actes ridicules sont commis en ton nom ! Ridicule en effet d’avoir à poser son sac dans une cavité calibrée, plus ridicule encore et tellement horrible d’avoir à partager l’édicule déjà exigu des toilettes avec sa valise quand la vessie exige d’être délestée de son contenu. Hélas, on ne peut plus faire autrement car selon le précepte nouveau, « celui qui quitte sa valise la retrouvera explosée par les services de déminage ».

 

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....

mais toutes les deux... alsaciennes  ..

 

 

Bagage main, bagage vilain.
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Texte Libre

deytsc

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