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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 19:22
Le septième jour de la couture.

 

Le septième jour est le jour du repos et de la contemplation. C’est le jour où même Dieu s’est reposé, content de ce monde qu’il avait créé, laissant cependant à l’Homme toute latitude de continuer son œuvre en transformant le bois en meubles, les pierres en maison, le coton et la laine en vêtements pour cacher cette nudité, source de péchés de chair.

Il y eut des tanneurs, il y eut des tisserands ; il y eut des fileuses de laine et des tricoteuses. Les doigts des femmes eurent ce prolongement magique qu’on appelle une aiguille. Et, Hokus Pokus !, sortaient de leurs mains des draps à enrouler autour des corps, puis des tuniques rêches ou satinées selon le rang social de la viande à envelopper, des robes à crinoline, des pantalons en toile ou en soie. Du temps de nos grands-mères, le tailleur du village passait dans les maisons avec ses échantillons de tissus de flanelle, de laine ou d’alpaga, unis, rayés, à carreaux.

Cette toile de tente dont personne ne voulait

Les femmes créaient elles-mêmes des robes personnalisées -par le choix du tissu ou de par l’ajout de quelques fioritures- mais toujours issues des patrons Burda, découpés à la roulette dans le magazine qui leur apprit aussi l’horoscope et les secrets du point « paon » pour des chaussettes en coton blanc.

Il y eut un soir, il y eut un matin. Il y eut le jean et le tee-shirt à manches courtes ou à manches longues qu’on appela sweat-shirt. Et tout s’arrêta. Regardez autour de vous, c’est une parade de jambes bleues.

Le jean enserre la majorité des culs qu’ils soient jeunes ou pas, ronds ou pas, gros ou pas. Ce monde qui rejette la monotonie déambule dans ces pantalons en toile bleue inventée par Lévi-Strauss un jour qu’il recycla cette toile de tente dont personne ne voulait.

Hommes, femmes, ados, enfants, même bébés de trois mois ont le bas de leur corps enveloppé dans ce symbole de l’esprit de troupeau agrémenté d’un tee-shirt qui lui est un signe fort de l’expression personnelle et des causes que l’on défend. En effet sur son tee-shirt on peut montrer son amour pour Bob l’éponge, pour Rihanna ou pour Messi mais on peut aussi militer pour Charlie et la liberté d’expression, pour Greenpeace et la sauvegarde des baleines, pour la montée du FC Dauendorf en régionale 4.

On peut manifester son bonheur sempiternel avec un « Yes !!! » ou son côté anarchiste avec un « NO ». J’aime ces parades de gens en uniformes. Cela me rappelle les jours où je suivais les pantalons bleus de la fanfare municipale au son du tambour. Cela me rappelle les jours où je suivais les défilés de beaux militaires au son du clairon.

Le retour du coquelicot

J’aime la contemplation. Elle pousse à la méditation. Elle me fait prendre conscience d’un monde asexué. Un monde qui voit la créativité se mourir. Suivez un des passants chez lui. Risquez un œil par sa porte entrouverte ou par sa fenêtre ! Regardez bien ! Vous avez de grandes chances de voir un coquelicot. Sur une nappe. Sur un tableau. Sur un miroir. Le coquelicot est devenu la coqueluche de la déco.

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ? 
non ....ce n'est pas moi....
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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 11:58
Humeur Vices, sévices et tournevis !

« Sodome et Gomorrhe », a dit Mamema en lisant le journal cette semaine, en rajoutant « Dee bekomme noch ehr Fett », petite phrase pour rappeler que le ciel punit toutes les turpitudes.

Je ne serais donc pas étonnée de voir des nuages de sauterelles envahir les chambres du Carlton de Lille et des vautours manger sur le corps de DSK les parties par lesquelles il a péché.

Ma tante Agathe, ancienne dame de compagnie dans une bonne maison parisienne, de rajouter : « Dans moins de trente ans il sera à jamais calmé ».

La semaine passée était très hormonale. Tant dans les faits divers proxo-politiques que dans les nouvelles culturelles avec la première du film Cinquante nuances de Grey (Grey étant le nom d’un golden boy de la finance). En mélangeant les deux histoires dans cette opération mentale qui nous permet de prononcer un jugement moral commun à plusieurs points de l’actualité, on pourrait dire : « Les riches sont des pervers », « les riches en capitaux sont les as des péchés capitaux ! »

Le riche qui est souvent un malgré-lui du vice

D’ailleurs, je me suis mise à chanter « ah ça ira ! ça ira ! » Heureusement que mon ami Otto a mis les choses au point avec sa théorie sur le riche qui est souvent un malgré-lui du vice. Otto dit : « Pour commettre certains péchés, il faut avoir les moyens et le temps. Des gens comme Grey et DSK sont des victimes de leur oisiveté dorée ».

Mon compagnon Louis a la cage d’escalier à repeindre, les fleurs à soigner, et deux heures de rééducation à suivre tous les jours pour mettre sa prothèse du genou en bonne place, il n’a pas le temps d’aller au Carlton!

L’oisiveté dorée est la mère de tous les vices ! Dans Cinquante nuances de Grey, le sieur Grey n’a rien à faire. On ne le voit pas travailler. Il n’a qu’une activité : essayer d’attraper Anastasia. Cette chasse est longue et ennuyeuse d’autant plus qu’on sait que la proie est on-ne-peut-plus consentante. Durant 90 minutes on s’ennuie.

Mais l’itinéraire amoureux de Grey et d’Anastasia doit, selon le scénario, passer par des pratiques sado-maso avec des chaînes, des cordes à nœuds, des tournevis, du gros scotch et des fouets. Oui ! Pour l’amour sado-maso les prémices se font à la quincaillerie avec l’achat des fournitures. Et il faut de la place pour le « laboratoire ». Celui de Grey a 45 m2. Je vous pose la question : quel humain moyen a 45 m2 à sa disposition pour y ranger ses jouets à base de métal et de cuir ? A 2000 euros du m2 il faudrait 90000 euros pour la salle de perversion… ça vous met le 3 pièces avec cuisine et salle de bain à plus de 500 000 euros. De quoi calmer les ardeurs.

Hélas ! Réaliser le film dans un garage au milieu des bidons d’huile et des pneus aurait été moins glamour que cet appartement avec baies vitrées au décor si froid !

La réalité dépasse la fiction

Mon neveu Kevin piaffait sur son siège : « Mais ça va commencer quand ? » Allez Kevin ! Il suffit d’attendre. Pendant les cinq dernières minutes du film Grey assène six coups de martinet à Anastasia. L’horreur ! En fait, tout bien considéré, c’est la ration que je prenais deux fois par semaine pendant ma période d’éducation et d’inculcation des bonnes manières.

Et pendant que dans un environnement luxueux Anastasia prend une petite fessée avec des lanières de cuir véritable, quelque part, dans un tribunal, une jeune femme du Carlton de Lille parle d’« empalement d’une rare violence ». Encore une fois la réalité dépasse la fiction.

 

 

 

 

 

 

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 12:17

 

 

 

 

 

   « Geh nie gaje de Wind », disait ma grand-mère (ne marche jamais contre le vent), le monde va bien quand le vent nous pousse dans la bonne direction, quand dans le frêle esquif de notre vie les dieux nous emmènent vers cet endroit où l’herbe est toujours verte. Mais les dieux de nos jours sont chassés au nom de la laïcité et au nom de l’hygiène qui recommande cette désintoxication du peuple par la suppression de son « opium ». 

Les vents contraires soufflent avec rage. Le tsunami des idéologues a balayé les assises de nos certitudes. « Die Welt steht Kopf », le monde ne tourne plus rond. 

Les valeurs ont été remisées dans le Grévin, les gadgets obsolètes au même titre que le vase de Soissons, la baignoire de Marat et la jupe en bananes de Joséphine Baker.

  La seule certitude qui reste aux gamins de 18 ans, c’est de mourir un jour car ils ne voient pas un avenir rose immédiat au bout de leur longue route scolaire et on les laisse s’étioler, se scarifier et s’amaigrir dans des jeans de marque, avec le casque de leur Smartphone sur les oreilles. Ou les laisse se perdre dans un monde virtuel. 

Les femmes dépriment dans leur solitude de femme bafouée ou de parent isolé. Elles broient du noir devant leurs misérables feuilles de paye. On brandit la CAF mais les bouteilles d’oxygène ne remplacent pas les poumons. La précarité n’est pas un avenir. Les béquilles doivent être transitoires. « No future » n’est pas un slogan à écrire sur le fronton des mairies.

  Mamema disait : « Wann de Moral hangt, geh zuem Dokter, er hett Pilverle » (si tu n’as pas le moral, va chez le médecin, il a des cachets pour ça). Oui Mamema, mais le médecin déprime lui-même. Le mien est sous antidépresseur depuis toutes ces tracasseries qu’on lui inflige sur le plan administratif.

Les chefs de police sont en prison

Si vous êtes dans la mouise, ne cherchez pas secours chez votre avocat. Il marche dans la même gadoue que vous. Il réclame justice comme vous. Il n’y a plus d’avocat pour vous, il n’y a même plus d’avocat pour les avocats. Chacun doit plaider pour soi. Dans les prétoires il y a des robes noires avec col blanc de tous les côtés de la barrière.

Comment ? Vous voulez rechercher la justice auprès de la police ? Vous ne trouverez personne au poste. Ceux qui ont été caillassés sont encore en maladie avec changement de pansements toutes les deux heures, les autres préparent une razzia contre des policiers ripoux.

  Oui, Mesdames et Messieurs, nous sommes chez les Dalton. Les policiers pourchassent les policiers. Les chefs de police sont en prison, ces prisons où pourtant il y a déjà assez de monde avec les délinquants.

Qui sait si Dieu n’est pas devenu athée ?

Confucius dit : « Le monde est rond. Les contraires sont toujours proches. Le point le plus près de la maison est aussi le point le plus loin de la maison si on passe par derrière ».
Les médecins peuvent donc être malades ? Les policiers peuvent être ripoux ! ? Les avocats peuvent être traités injustement ? Les profs peuvent avoir peur des élèves ? Le directeur de Pôle emploi pourrait-il perdre son boulot ?

000000aaaaa.jpg

 

Plus rien n’est sûr en ce bas- monde.  J’ose à peine prier le ciel. En voyant tout ce fatras, qui sait si Dieu n’est pas devenu athée ? 

 

 

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 17:24

 

 

 

 

 

 

«Il paraît qu’on les reverra défiler au pas dans nos rues, exhortés à poser le pied gauche avant le pied droit par un sous-officier scandant inlassablement ces deux mots « Han deï, han deï ! »

 Il paraît qu’on entendra à nouveau résonner les tambours et les clairons. Mamema dira : “C’est en rentrant de l’armée que les jeunes de jadis ont ramené la musique dans nos villages”. Nos fanfares municipales sont nées là et ont gardé de l’armée les uniformes et les formations en rectangle parfait pour parader. Il paraît que c’est une demande unanime de revoir des soldats, des troufions, des pioupious en kaki.

Du lien social

L’État pense que ce serait bien. Les fées se penchent sur ce projet. Le sociologue dit : “Cela tissera du lien social.” Tous ces jeunes issus de milieux différents apprendront à se connaître, à vivre ensemble. Quand on remarque que les autres ronflent aussi et que les autres puent des pieds aussi on ne se sent plus paria du bonheur. Le politique dit : “Ils apprendront à nouveau ce que c’est un pays, une nation, un peuple.”

Ils se rendront compte de la notion de groupe. La fraternité et l’égalité naissent dans les boîtes de ration. L’espoir se cultive à force d’attendre le vaguemestre avec un paquet postal de compléments alimentaires comme le saucisson, le chocolat et les terrines de maman. Les responsables de l’état civil diront : “La démographie va avancer.” Il est vrai que le soldat ensemence le terreau démographique situé dans un rayon de 10 km autour de sa caserne, soit parce qu’il s’ennuie loin de chez lui, soit qu’il veut se prolonger dans la vie d’un enfant avant de disparaître au combat.

 Il paraît que les scénaristes de films se réjouissent de refaire des chefs-d’œuvre au lieu de se contenter de nous gaver avec des navets.

On rencontrera peut-être sur un écran un autre Robin William crier “Good Morning !” On pourra rire sur de nouveaux “Charlot Soldat” ou “Laurel et Hardy conscrits”.

 Il paraît que ce sera un progrès social, un nouvel équilibre pour l’individu. Oui, mais créer des régiments de 500 pious-pious pour s’occuper des vieux, lacer les godasses des enfants de maternelle ou vider les haricots à l’hôpital ce n’est pas la peine.

Il y a des formations spéciales pour ça. On ne donne pas un équilibre psychologique aux uns en enlevant le travail aux autres. On ne donne pas 500 euros à l’un pour ne pas avoir à donner 1 200 euros à l’autre.

 Poser un être nouveau « Soldat de 2015 » sur l’échiquier de la vie pour permettre à la société de retrouver de vraies valeurs, c’est bien à condition d’inventer la vie qui va avec.

 000000aaaaa.jpgMamema dit : “C’est comme avec les schittle. C’est bien de tronçonner un arbre et mettre les rondins sur le billot pour en faire des bûches. Mais si tu ne mets pas ces bûches dans le feu, elles se demanderont toujours à quoi elles servent si elles restent empilées dans le hangar”».

 

 

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 18:53

 

 

 

 

 

   Scène de train. Scène ordinaire. Un wagon de gens réunis par hasard, par des horaires communs, dans des transports horizontaux. Ce point commun ne fait pas le ciment de rencontres. On ne se parle pas. Chacun est occupé. Celui-ci écoute de la musique, les oreilles bouchées par des écouteurs. Celle-là joue à Candy Crush, le visage figé par l’attention portée au jeu. Le troisième fait ses SMS avec les pouces sur un clavier minuscule. La quatrième fait les soins quotidiens à apporter à ses ongles et Dieu sait que le monde disparaît quand on doit se concentrer sur la bonne répartition du vernis. Personne ne lève le nez. Comment faire pour que ces gens-là se parlent ? 

C’est simple : enlevez leur le train. Laissez-les sur le quai et ils deviendront une foule irritée, revendicatrice et créatrice de slogans. « Pas de train, pas d’autorail ? Vous n’êtes que des canailles ». « Cheminots gare à vos jambonneaux ». Et ça scande et ça se donne la main pour une manif.

  La foule naît de la pensée unique. « La foule, c’est quand tout le monde veut tout en même temps. » Merci, ce début d’année a largement illustré cette définition. J’ai couru. J’ai couru pour les soldes, marathonienne d’un jour, en quête de mes effets noirs, prête à me mesurer aux autres mais aussi rassurée par le fait de courir dans la même direction que les autres dans cette fraternité bisannuelle de ceux qui espèrent trouver chaussures à leur pied sans que cela leur coûte un bras. 

J’aime cette fraternité conçue dans la lutte contre les prix chers et qui s’arrête devant les gondoles. Comme dit Confucius, « les lions courent en hordes pour échapper au feu mais s’écharpent devant la dépouille d’une gazelle. »

  Le début des soldes, c’était le 7 janvier. 7 janvier, c’est aussi la date de ce terrible attentat. Les événements de la rue Nicolas-Appert, dans le XIe arrondissement de Paris, ont de nouveau agglutiné les molécules de millions de personnes comme la lave des volcans fait s’agglutiner entre eux les éléments de la nature les plus hétéroclites.

  Une foule unie fait un peuple

Quatre millions de personnes dans la rue mues par un seul désir, « Ne plus jamais voir ça ». Rien de plus fort que les émotions collectives. Ce sont des foules que j’aime. « Mitnander isch immer scheener », comme dit Mamema.

  Emportés par la foule qui nous traîne/Nous entraîne/

Écrasés l’un contre l’autre/Nous ne formons qu’un seul corps/

  Aller dans la même direction, c’est s’aimer. Mercredi, le 14, c’est la foule des « J’aime Charlie » qu’on a, à nouveau, vue dans la rue mais pas une foule qui avance d’un pas lourd et silencieux. Non ! Une foule qui court comme celle des soldes. Direction les kiosques pour trouver le dernier Charlie. Celui de la semaine d’après. L’after. Raz-de-marée d’humains pour une razzia en règle. On se serait cru au bon 000000aaaaa.jpgvieux temps des magasins Goum dans cette lutte âpre que se livrent les clients quand tout article vendu devient un trophée. Facebook, tel le mur de ma place Rouge, portaient haut les photos des Conquérants de l’impossible brandissant le journal à la couverture verte exhortant les gens au grand pardon. Yom Kippour avec neuf mois d’avance.

Une foule unie fait un peuple. Quatre millions pour Charlie… 114 849 pour la grippe… Mais pour la grippe, la cohésion sera dissoute par les antibiotiques.


 

 

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 00:35

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je suis… donc je pense »

On vient à peine de se souhaiter une bonne santé et la paix dans le monde que déjà 2015 montre sa solidarité avec les années d’avant et nous rappelle que le yin et le yang sont frères siamois.

 Si à Monaco on exhibait Gabriela et Jacques dans le soleil et les vivats de la foule, le sang coulait à Paris dans les locaux d’un journal satirique. Deux bébés d’un côté, douze morts de l’autre. « The dark side of the life », comme dirait mon neveu qui aime parler anglais quand il est sous le coup de l’émotion. Il dit que c’est son vocabulaire Facebook.

 Ce qui s’est passé le 7 janvier a donné une envergure particulière à ceux qui, comme mon neveu, alimentent les réseaux sociaux. Petite remarque : ceux qui auront choisi de garnir leur « mur » avec les jumeaux de Monaco ont loupé leur entrée dans le monde de « ceux qui ont quelque chose à dire » et le disent sur Facebook.

Un de ces événements qui donnent une poussée sismique à votre âme

Depuis mercredi tout est différent sur les pages bleues des PC et des smartphones. Fini, les photos du cabillaud sur lit d’épinards ou du wedding cake avec les personnages de Walt Disney. Terminé, les vidéos de Minou-coquin, de Milou-bisous et les selfies devant l’école.

 On a tout juste réussi à caser les images de la galette-maison et des rois ou reines couronnés après abus de frangipane. C’était -1 ! A un jour près, on n’aurait jamais vu les galettes briochées.

  Comme dit Mamema, « il n’est pas bon que les infos majeures se télescopent ».

 Alexandre M. illustre bien cette pensée de Mamema quand il dit : « Quand je reçois mon prix de fleurissement, il y a la fête des pompiers dans le village, le journal parle toujours des pompiers. Il est vrai que les fleurs n’empêchent pas les incendies de s’étendre. »

 Après tout, les jumeaux de Monaco, on aura encore des décennies pour les voir sur le balcon princier. La tuerie du 10 rue Nicolas-Appert est un de ces événements qui donnent une poussée sismique à votre âme, forcent votre bouche à parler et votre main à écrire.

Talion et « les employés de bourreau »

Depuis mercredi, les « Je suis Charlie » de Facebook ne sont plus les biographes des 24 heures chrono écoulées dans leur vie. Depuis mercredi, chacun se fait éditorialiste, pamphlétaire ou philosophe. On peut lire des « Je suis Edwy Plenel », des « Je suis Onfray » et des « Je suis Talion ».

 Talion, c’est celui qui porte le nom de cette loi qui réclame un œil pour un œil, une dent pour une dent et un mort pour un mort et qui a de nombreux « like » sur les pages bleues de Zuckerberg.

Dans les rédactions, on devra peut-être tenir compte de ces écrits lors des revues de presse. On dira donc « à propos de cet événement : qu’ont écrit Daniel Fortin des Echos, Thomas Legrand de France Inter mais aussi Ray Fort et Bonavant Thur de Facebook ? »

 Talion… Celui qui se cache derrière ce pseudo a un talon d’Achille, un grave handicap s’il veut briller comme éditorialiste de la presse écrite : il ne maîtrise pas l’orthographe. 000000aaaaa.jpgOr, comme dit Confucius, « tant que ce type et ses disciples exigeront le retour de la « guiotine » (sic), il n’y aura pas à créer une école pour former des employés de bourreau »…

 


 

 

 

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 18:47

 

 

 

 

 

 

 

Les vœux ? Qui en veut ? J’en ai à redonner. J’ai beaucoup de doubles. « Bonne santé. » J’ai des centaines de vœux de bonne santé ! Cela ne m’a pas empêchée d’avoir un taux de glycémie avoisinant le nombre de jours inscrits sur mon tout nouveau calendrier.

  Sur le tout nouveau calendrier, j’ai déjà noté tous mes rendez-vous chez le médecin, au scanner et dans les laboratoires, c’est vous dire que je ne compte pas sur les vœux pour enrayer les attaques que bactéries et usures naturelles vont infliger à mon corps. 

Qui veut de mes vœux de bonne santé ? J’ai aussi des vœux d’amour éternel. Ah quel doux vœu que celui qui vous laisse entrevoir que vous allez devenir l’objet d’un sentiment éternel dans ce monde où les sites pour adultère et les clubs échangistes pullulent !

Miracle 

Vous en voulez ? Je vous file les vœux d’amour éternel que j’ai reçus. Moi-même je ne prononce plus les mots : « Je vous souhaite un amour éternel ». La dernière fois qu’ils sont sortis de ma bouche, c’était lors d’un de ces mariages « in » où le contrat de mariage contient toutes les clauses du divorce et toutes les factures prouvant qui a acheté quel jean, quelle assiette et quel sèche-cheveux.

  On peut émettre des vœux mais pas n’importe où et pas pour n’importe qui. Pouvoir souhaiter des choses à des gens en se sentant ainsi capable de donner une nouvelle orientation à leur vie, ce n’est pas rien quand même !

  En écrivant sur une carte « Je te souhaite de rencontrer ton Prince », on se met tout de même au rang de cette fée, marraine de Cendrillon, qui envoie sa filleule à la rencontre de l’homme de sa destinée ! En susurrant à l’oreille d’un malade « Je te souhaite de guérir cette année », on se croit tout de même certain d’avoir le même pouvoir que les eaux de Lourdes. N’est-ce pas présomptueux ?

  Il ne faut pas préjuger de ses capacités en matière de magie. Les vœux, il faut les exprimer autrement. Sous forme de question peut-être. « Pourquoi ne pas croire à l’impossible ? » Laisser planer l’idée d’un miracle est plus sage que de le promettre. Même le gars qui nous fait rêver à un gain au PMU ne nous donne que des pronostics, pas des certitudes.

  Le mot « vœu » est devenu un mot creux, un mot de circonstance, un mot qui a perdu son âme. Il qualifie maintenant un rite : « On va aller aux vœux du maire ». « Louis m’a envoyé ses vœux » devient synonyme de « Louis m’a envoyé un SMS pour le nouvel an ». Fini le côté magique ! Fini le caractère sacré. « Kevin renouvelle ses vœux de baptême » veut dire « Pour ses 14 ans on va faire une bonne bouffe et Kevin aura un Mac, un scooter et une Rolex ».

  Les faits divers nous apprennent aussi de quoi sont capables ceux qui ont fait vœu de chasteté ou vœu d’intégrité dans leur fonction. Mamema dit : « Les meilleurs vœux sont ceux qu’on se fait à soi-même, car si on a vraiment le vœu d’avoir du pain frais avec le café du matin, on va bouger ses fesses, prendre le vélo et se le chercher le pain frais du matin. » 

000000aaaaa.jpgMoralité : ce n’est pas celui qui te souhaite d’avoir du pain frais le matin qui va te l’apporter. Quoique… Mais là on entre dans le domaine du miracle. Vivre un jour un miracle, voilà ce que je vous souhaite. De tout cœur

 

 

 

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 08:39

 

 

 

 

 

Il est venu le temps des imprécateurs, de ces personnages qui se sentent investis de la mission de vous faire connaître le bonheur absolu.

 Ils pullulent dans les émissions de télé où ils vous apprennent que le bonheur est dans le pré, dans une maison libérée de ses lambris, dans des vêtements courts et des coiffures de lionne, et surtout dans la réussite de quelques recettes de cuisine ampoulées.

 Ils sont légion dans les magazines où ils vous serinent que le bonheur meurt dans un corps dont le poids dépasse 50 kilos et vous incitent donc à finir votre vie avec du blanc de poulet grillé, des carottes et des yaourts nature.

 Ils vous attendent avec des prospectus de fitness centers ou d’officines où, après une heure sur le tapis de marche, on vous fait respirer les huiles essentielles pour dégager le nez, le foie et les soucis, et où on vous fait ingurgiter les fleurs de Bach pour trouver l’amour, la réussite professionnelle et des cheveux brillants. 

Manger de la viande ! Et le bilan carbone ?

 Les imprécateurs ont envahi les zones de sérénité de Noël. Là où seule l’Armée du Salut parlait à votre conscience aux abords des stands de guimauve et de vin chaud, ce sont des légions de donneurs de leçons qui ont sauté sur les places des villes et sur les pages glacées de ces hors-série de saison qui, auparavant, se contentaient de publier des images de guirlandes lumineuses, de bougies et de Bredle.

 La crèche ? « Nous sommes un pays laïc, il ne faut pas heurter les gens qui ne partagent pas notre foi. Et puis un enfant posé sous le souffle d’un bœuf qui pourrait être une vache folle, n’est-ce pas contraire aux règles d’hygiène ? »

 La dinde ? « Pourquoi ce carnage chez les volatiles ? Le végétarisme seul peut sauver l’humanité ! Manger de la viande c’est créer un bilan carbone désastreux. »

Les lumières ? « Il faut économiser les énergies. Innovez ! Vivez un Noël à la bougie et à la Maglite. »

Les réunions de famille : « Tous ces déplacements en voiture et en avion génèrent des gaz d’échappement si drus qu’ils seraient capables de tuer 20 000 personnes en France s’ils se concentraient tous en un seul lieu. Fêtez en famille mais avec la webcam ! »

 Des chocolats ? « Vous n’avez qu’à oser si vous voulez être dialysés à court terme. »

 Les imprécateurs sont comme les parfums d’ambiance. Le petit « pschitt » dont ils vous aspergent sur les places et sur les pages des magazines, ce petit pschitt vous imprègne. Il est comme un message subliminal qui s’incruste et pollue vos conversations les plus privées. « Chéri, tu ne penses pas qu’on pourrait faire un réveillon végétarien ? ». « Maman nous ne viendrons pas le 25. Tous ces kilomètres juste pour un repas, ce n’est pas sérieux ».

 Non mais allô ! Vade retro, toi qui bavasses. Le bonheur est dans la transgression.

 000000aaaaa.jpgJ’ai parcouru 200 kilomètres pour voir les gens que j’aime, trois heures dans ma voiture à chanter et à écouter un audio livre.

 Et surtout : je ne pèse pas 50 kilos et je suis heureuse.

 

 

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 07:46

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a tous dans notre poche quelques pierres blanches pour marquer des événements incroyables et inouïs ou pour fixer dans notre mémoire des miracles de la vie. Hier a été un de ces jours. Le jour où j’ai dû saler la choucroute.

 Ce monde a un problème de sel, un peu comme si nous étions une génération d’hypertendus qui risquions la mort à chaque plat. En cette période de fin d’année, en ce temps de repas en batteries, le traiteur est secoué par des angoisses. Tout ce qu’il sert doit convenir aux hypertendus, aux diabétiques, aux insuffisants rénaux et autres allergiques répandus parmi les invités aux festins des associations, des entreprises, des partis et des chapelles. Et voilà qu’on cultive l’insipide et la « jardinière », cette triplette « sel-poivre-moutarde » déposée sur la table pour la finition du plat. Gastronomie interactive.

Le palais ne jouit plus

« Nous avons 500 personnes », « nous sommes 455 », et le cooking commence. Petits canapés massicotés dans du pain mou garnis de trucs rouges, de trucs blancs ou de trucs roses et mous qu’on appelle « pâté ». Univers d’esthétisme. Parades de verrines, de cuillères garnies et de toastinettes. Insipides. Le palais ne jouit plus. On ne sale plus. On n’épice plus. Pour ne pas faire hurler les esprits critiques. Pour ne pas provoquer de chocs anaphylactiques. C’est la cuisine « sur la pointe des pieds ».

Haddocks et harengs go home !

Pour le plat de résistance, la viande c’est souvent du veau ou une volaille pour rallier les ennemis du porc et les adeptes de la viande blanche dans le cadre des régimes. Texture étrange. Goût indéfinissable. Le petit flan de pommes de terre trône entre le fagot de haricots et la tomate recouverte d’un crumble de chapelure. Il faut dire que la frite pue et risque de pourrir les beaux tissus des manteaux du vestiaire avec son odeur si forte. On ne peut prendre ce risque. On ne peut pas non plus prendre le risque de répandre de forts relents de poissons. Haddocks et harengs go home ! C’était bon pour Jésus le jour de la multiplication des pains : une séance de plein air avec des gens qui avaient véritablement faim.

 Où est le sodium ? Où est le natrium ? Où est le sel de la terre ? Le sel a été le premier « salaire ». Le salaire fout le camp. Le sel c’est aussi ce qui parfume la sueur. On n’a plus le droit de sentir la sueur. Sinon, comment pourrait-on recycler les anciens sportifs dans des pubs pour déodorants ?

 000000aaaaa.jpgHier, j’ai dû saler ma choucroute. Aujourd’hui je vais manger des harengs. Lu sur le paquet « Harengs doux ». Il paraît que le Chrischtkindelsmarik offre encore du sel. On l’y répand généreusement sur les frites belges. On y accède après 45 minutes de queue. Le chemin vers le sel n’a jamais été facile. Je vais le parcourir. Le chemin de Compo-sel. Saint Cérébos priez pour moi.

 

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi.... 
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

chat pap

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 12:00

 

 

 

 

 

 

 

 



On est près de Noël et ce temps de sérénité devient pour moi un temps de questions existentielles. 

Je connais ces longues réflexions, lors des épreuves du bac, devant une feuille blanche et une tablette de chocolat : « C’est quoi la culture sinon des comportements héréditaires et faut-il s’en libérer ? », « L’émotion est-elle tolérable pour un sujet raisonnable ? », « L’homme moderne peut-il et doit-il encore faire l’expérience du sacré ? » Et on se lançait dans cette analyse avec thèse, antithèse et synthèse donnant raison à l’un, donnant raison à l’autre, donnant raison à tous.

La pensée privée absolue 

Les dissertations ont toujours été des exercices de tolérance. Mais la dialectique, « cette pratique ordinaire du dialogue entre deux interlocuteurs ayant des idées différentes », a été abolie par l’apparition de la pensée privée absolue publiée avec force dans des tweets et sur des pages de réseaux sociaux. « Je pense, donc je suis ». Et nous voilà envahis de prophètes semeurs de zizanie qui s’attachent des théories de tout poil pour essayer de se hisser au rang de Platon, de Rudolf Steiner ou de Rika Zaraï. 

Chaque jour voit naître des courants philosophiques qui se font aussi nombreux et divers que les « Geschmacksrichtungen » (goûts) de ces capsules de café vendues dans des boutiques de luxe.

  Philosopher est devenu une activité de saison. On conteste la Saint-Valentin en février : « Le chocolat ne fait pas l’amour », « manger à deux est trop restrictif pour une époque où l’échangisme permet de révéler tout notre capital amoureux ». La Toussaint se conteste en novembre : « Un cimetière, terre foncière inestimable en milieu de ville, est-il tolérable dans les temps où les terrains manquent ? » Noël se conteste à Noël : les crèches deviennent suspectes. Elles ne répondent pas au principe laïc de la République.

  Les rois mages deviennent des princes orientaux ramenant des substances illicites et pratiquant le trafic de l’or. Le bœuf est soupçonné d’être une vache folle. Joseph et Marie deviennent l’archétype d’une forme de couple rétrograde engoncé dans le schéma “un homme, une femme, un enfant” et le petit « Negerle » qui hochait la tête quand on lui introduisait une pièce dans le cou est honni par les gens qui luttent contre le racisme.

La laïcité ferait soulever les pavés si nous n’étions pas au temps du macadam 

La virulence des propos est incomparable. La laïcité ferait soulever les pavés si nous n’étions pas au temps du macadam. Je tremble pour la cathédrale, ce signe religieux fort qui s’érige dans la ville bien au-dessus des toits de la CUS et de l’université. Hérésie ? Les athées demandent des villes à leur image. Marché de Noël oui mais instauré comme « Marché d’Hiver » ou « marché de Lumières ». Noël sans crèche. Sans anges. Sans fond religieux. Le père de Lili, libre-penseur patenté m’a dit : « La religion nous fait vivre dans l’illusion. Moi je suis athée, Dieu merci ». 

000000aaaaa.jpgMamema dit : « Moi je fais mes bredle comme toujours et je pense ce que je veux ». C’est que mamema ne se laisse jamais impressionner par les courants contraires. Elle dit : « Ich mach doch e Krippele un wann’I uff Schirmeck komm ». Mamema fera sa crèche « même si on la met à Schirmeck ». Et on chantera « Stille Nacht » en allemand. Parce que, chez nous, on ne touche pas à l’âme. 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi.... 
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

@ bientôt ....

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