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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 18:53

 

 

 

 

 

   Scène de train. Scène ordinaire. Un wagon de gens réunis par hasard, par des horaires communs, dans des transports horizontaux. Ce point commun ne fait pas le ciment de rencontres. On ne se parle pas. Chacun est occupé. Celui-ci écoute de la musique, les oreilles bouchées par des écouteurs. Celle-là joue à Candy Crush, le visage figé par l’attention portée au jeu. Le troisième fait ses SMS avec les pouces sur un clavier minuscule. La quatrième fait les soins quotidiens à apporter à ses ongles et Dieu sait que le monde disparaît quand on doit se concentrer sur la bonne répartition du vernis. Personne ne lève le nez. Comment faire pour que ces gens-là se parlent ? 

C’est simple : enlevez leur le train. Laissez-les sur le quai et ils deviendront une foule irritée, revendicatrice et créatrice de slogans. « Pas de train, pas d’autorail ? Vous n’êtes que des canailles ». « Cheminots gare à vos jambonneaux ». Et ça scande et ça se donne la main pour une manif.

  La foule naît de la pensée unique. « La foule, c’est quand tout le monde veut tout en même temps. » Merci, ce début d’année a largement illustré cette définition. J’ai couru. J’ai couru pour les soldes, marathonienne d’un jour, en quête de mes effets noirs, prête à me mesurer aux autres mais aussi rassurée par le fait de courir dans la même direction que les autres dans cette fraternité bisannuelle de ceux qui espèrent trouver chaussures à leur pied sans que cela leur coûte un bras. 

J’aime cette fraternité conçue dans la lutte contre les prix chers et qui s’arrête devant les gondoles. Comme dit Confucius, « les lions courent en hordes pour échapper au feu mais s’écharpent devant la dépouille d’une gazelle. »

  Le début des soldes, c’était le 7 janvier. 7 janvier, c’est aussi la date de ce terrible attentat. Les événements de la rue Nicolas-Appert, dans le XIe arrondissement de Paris, ont de nouveau agglutiné les molécules de millions de personnes comme la lave des volcans fait s’agglutiner entre eux les éléments de la nature les plus hétéroclites.

  Une foule unie fait un peuple

Quatre millions de personnes dans la rue mues par un seul désir, « Ne plus jamais voir ça ». Rien de plus fort que les émotions collectives. Ce sont des foules que j’aime. « Mitnander isch immer scheener », comme dit Mamema.

  Emportés par la foule qui nous traîne/Nous entraîne/

Écrasés l’un contre l’autre/Nous ne formons qu’un seul corps/

  Aller dans la même direction, c’est s’aimer. Mercredi, le 14, c’est la foule des « J’aime Charlie » qu’on a, à nouveau, vue dans la rue mais pas une foule qui avance d’un pas lourd et silencieux. Non ! Une foule qui court comme celle des soldes. Direction les kiosques pour trouver le dernier Charlie. Celui de la semaine d’après. L’after. Raz-de-marée d’humains pour une razzia en règle. On se serait cru au bon 000000aaaaa.jpgvieux temps des magasins Goum dans cette lutte âpre que se livrent les clients quand tout article vendu devient un trophée. Facebook, tel le mur de ma place Rouge, portaient haut les photos des Conquérants de l’impossible brandissant le journal à la couverture verte exhortant les gens au grand pardon. Yom Kippour avec neuf mois d’avance.

Une foule unie fait un peuple. Quatre millions pour Charlie… 114 849 pour la grippe… Mais pour la grippe, la cohésion sera dissoute par les antibiotiques.


 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 00:35

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je suis… donc je pense »

On vient à peine de se souhaiter une bonne santé et la paix dans le monde que déjà 2015 montre sa solidarité avec les années d’avant et nous rappelle que le yin et le yang sont frères siamois.

 Si à Monaco on exhibait Gabriela et Jacques dans le soleil et les vivats de la foule, le sang coulait à Paris dans les locaux d’un journal satirique. Deux bébés d’un côté, douze morts de l’autre. « The dark side of the life », comme dirait mon neveu qui aime parler anglais quand il est sous le coup de l’émotion. Il dit que c’est son vocabulaire Facebook.

 Ce qui s’est passé le 7 janvier a donné une envergure particulière à ceux qui, comme mon neveu, alimentent les réseaux sociaux. Petite remarque : ceux qui auront choisi de garnir leur « mur » avec les jumeaux de Monaco ont loupé leur entrée dans le monde de « ceux qui ont quelque chose à dire » et le disent sur Facebook.

Un de ces événements qui donnent une poussée sismique à votre âme

Depuis mercredi tout est différent sur les pages bleues des PC et des smartphones. Fini, les photos du cabillaud sur lit d’épinards ou du wedding cake avec les personnages de Walt Disney. Terminé, les vidéos de Minou-coquin, de Milou-bisous et les selfies devant l’école.

 On a tout juste réussi à caser les images de la galette-maison et des rois ou reines couronnés après abus de frangipane. C’était -1 ! A un jour près, on n’aurait jamais vu les galettes briochées.

  Comme dit Mamema, « il n’est pas bon que les infos majeures se télescopent ».

 Alexandre M. illustre bien cette pensée de Mamema quand il dit : « Quand je reçois mon prix de fleurissement, il y a la fête des pompiers dans le village, le journal parle toujours des pompiers. Il est vrai que les fleurs n’empêchent pas les incendies de s’étendre. »

 Après tout, les jumeaux de Monaco, on aura encore des décennies pour les voir sur le balcon princier. La tuerie du 10 rue Nicolas-Appert est un de ces événements qui donnent une poussée sismique à votre âme, forcent votre bouche à parler et votre main à écrire.

Talion et « les employés de bourreau »

Depuis mercredi, les « Je suis Charlie » de Facebook ne sont plus les biographes des 24 heures chrono écoulées dans leur vie. Depuis mercredi, chacun se fait éditorialiste, pamphlétaire ou philosophe. On peut lire des « Je suis Edwy Plenel », des « Je suis Onfray » et des « Je suis Talion ».

 Talion, c’est celui qui porte le nom de cette loi qui réclame un œil pour un œil, une dent pour une dent et un mort pour un mort et qui a de nombreux « like » sur les pages bleues de Zuckerberg.

Dans les rédactions, on devra peut-être tenir compte de ces écrits lors des revues de presse. On dira donc « à propos de cet événement : qu’ont écrit Daniel Fortin des Echos, Thomas Legrand de France Inter mais aussi Ray Fort et Bonavant Thur de Facebook ? »

 Talion… Celui qui se cache derrière ce pseudo a un talon d’Achille, un grave handicap s’il veut briller comme éditorialiste de la presse écrite : il ne maîtrise pas l’orthographe. 000000aaaaa.jpgOr, comme dit Confucius, « tant que ce type et ses disciples exigeront le retour de la « guiotine » (sic), il n’y aura pas à créer une école pour former des employés de bourreau »…

 


 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 18:47

 

 

 

 

 

 

 

Les vœux ? Qui en veut ? J’en ai à redonner. J’ai beaucoup de doubles. « Bonne santé. » J’ai des centaines de vœux de bonne santé ! Cela ne m’a pas empêchée d’avoir un taux de glycémie avoisinant le nombre de jours inscrits sur mon tout nouveau calendrier.

  Sur le tout nouveau calendrier, j’ai déjà noté tous mes rendez-vous chez le médecin, au scanner et dans les laboratoires, c’est vous dire que je ne compte pas sur les vœux pour enrayer les attaques que bactéries et usures naturelles vont infliger à mon corps. 

Qui veut de mes vœux de bonne santé ? J’ai aussi des vœux d’amour éternel. Ah quel doux vœu que celui qui vous laisse entrevoir que vous allez devenir l’objet d’un sentiment éternel dans ce monde où les sites pour adultère et les clubs échangistes pullulent !

Miracle 

Vous en voulez ? Je vous file les vœux d’amour éternel que j’ai reçus. Moi-même je ne prononce plus les mots : « Je vous souhaite un amour éternel ». La dernière fois qu’ils sont sortis de ma bouche, c’était lors d’un de ces mariages « in » où le contrat de mariage contient toutes les clauses du divorce et toutes les factures prouvant qui a acheté quel jean, quelle assiette et quel sèche-cheveux.

  On peut émettre des vœux mais pas n’importe où et pas pour n’importe qui. Pouvoir souhaiter des choses à des gens en se sentant ainsi capable de donner une nouvelle orientation à leur vie, ce n’est pas rien quand même !

  En écrivant sur une carte « Je te souhaite de rencontrer ton Prince », on se met tout de même au rang de cette fée, marraine de Cendrillon, qui envoie sa filleule à la rencontre de l’homme de sa destinée ! En susurrant à l’oreille d’un malade « Je te souhaite de guérir cette année », on se croit tout de même certain d’avoir le même pouvoir que les eaux de Lourdes. N’est-ce pas présomptueux ?

  Il ne faut pas préjuger de ses capacités en matière de magie. Les vœux, il faut les exprimer autrement. Sous forme de question peut-être. « Pourquoi ne pas croire à l’impossible ? » Laisser planer l’idée d’un miracle est plus sage que de le promettre. Même le gars qui nous fait rêver à un gain au PMU ne nous donne que des pronostics, pas des certitudes.

  Le mot « vœu » est devenu un mot creux, un mot de circonstance, un mot qui a perdu son âme. Il qualifie maintenant un rite : « On va aller aux vœux du maire ». « Louis m’a envoyé ses vœux » devient synonyme de « Louis m’a envoyé un SMS pour le nouvel an ». Fini le côté magique ! Fini le caractère sacré. « Kevin renouvelle ses vœux de baptême » veut dire « Pour ses 14 ans on va faire une bonne bouffe et Kevin aura un Mac, un scooter et une Rolex ».

  Les faits divers nous apprennent aussi de quoi sont capables ceux qui ont fait vœu de chasteté ou vœu d’intégrité dans leur fonction. Mamema dit : « Les meilleurs vœux sont ceux qu’on se fait à soi-même, car si on a vraiment le vœu d’avoir du pain frais avec le café du matin, on va bouger ses fesses, prendre le vélo et se le chercher le pain frais du matin. » 

000000aaaaa.jpgMoralité : ce n’est pas celui qui te souhaite d’avoir du pain frais le matin qui va te l’apporter. Quoique… Mais là on entre dans le domaine du miracle. Vivre un jour un miracle, voilà ce que je vous souhaite. De tout cœur

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 08:39

 

 

 

 

 

Il est venu le temps des imprécateurs, de ces personnages qui se sentent investis de la mission de vous faire connaître le bonheur absolu.

 Ils pullulent dans les émissions de télé où ils vous apprennent que le bonheur est dans le pré, dans une maison libérée de ses lambris, dans des vêtements courts et des coiffures de lionne, et surtout dans la réussite de quelques recettes de cuisine ampoulées.

 Ils sont légion dans les magazines où ils vous serinent que le bonheur meurt dans un corps dont le poids dépasse 50 kilos et vous incitent donc à finir votre vie avec du blanc de poulet grillé, des carottes et des yaourts nature.

 Ils vous attendent avec des prospectus de fitness centers ou d’officines où, après une heure sur le tapis de marche, on vous fait respirer les huiles essentielles pour dégager le nez, le foie et les soucis, et où on vous fait ingurgiter les fleurs de Bach pour trouver l’amour, la réussite professionnelle et des cheveux brillants. 

Manger de la viande ! Et le bilan carbone ?

 Les imprécateurs ont envahi les zones de sérénité de Noël. Là où seule l’Armée du Salut parlait à votre conscience aux abords des stands de guimauve et de vin chaud, ce sont des légions de donneurs de leçons qui ont sauté sur les places des villes et sur les pages glacées de ces hors-série de saison qui, auparavant, se contentaient de publier des images de guirlandes lumineuses, de bougies et de Bredle.

 La crèche ? « Nous sommes un pays laïc, il ne faut pas heurter les gens qui ne partagent pas notre foi. Et puis un enfant posé sous le souffle d’un bœuf qui pourrait être une vache folle, n’est-ce pas contraire aux règles d’hygiène ? »

 La dinde ? « Pourquoi ce carnage chez les volatiles ? Le végétarisme seul peut sauver l’humanité ! Manger de la viande c’est créer un bilan carbone désastreux. »

Les lumières ? « Il faut économiser les énergies. Innovez ! Vivez un Noël à la bougie et à la Maglite. »

Les réunions de famille : « Tous ces déplacements en voiture et en avion génèrent des gaz d’échappement si drus qu’ils seraient capables de tuer 20 000 personnes en France s’ils se concentraient tous en un seul lieu. Fêtez en famille mais avec la webcam ! »

 Des chocolats ? « Vous n’avez qu’à oser si vous voulez être dialysés à court terme. »

 Les imprécateurs sont comme les parfums d’ambiance. Le petit « pschitt » dont ils vous aspergent sur les places et sur les pages des magazines, ce petit pschitt vous imprègne. Il est comme un message subliminal qui s’incruste et pollue vos conversations les plus privées. « Chéri, tu ne penses pas qu’on pourrait faire un réveillon végétarien ? ». « Maman nous ne viendrons pas le 25. Tous ces kilomètres juste pour un repas, ce n’est pas sérieux ».

 Non mais allô ! Vade retro, toi qui bavasses. Le bonheur est dans la transgression.

 000000aaaaa.jpgJ’ai parcouru 200 kilomètres pour voir les gens que j’aime, trois heures dans ma voiture à chanter et à écouter un audio livre.

 Et surtout : je ne pèse pas 50 kilos et je suis heureuse.

 

 

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 07:46

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a tous dans notre poche quelques pierres blanches pour marquer des événements incroyables et inouïs ou pour fixer dans notre mémoire des miracles de la vie. Hier a été un de ces jours. Le jour où j’ai dû saler la choucroute.

 Ce monde a un problème de sel, un peu comme si nous étions une génération d’hypertendus qui risquions la mort à chaque plat. En cette période de fin d’année, en ce temps de repas en batteries, le traiteur est secoué par des angoisses. Tout ce qu’il sert doit convenir aux hypertendus, aux diabétiques, aux insuffisants rénaux et autres allergiques répandus parmi les invités aux festins des associations, des entreprises, des partis et des chapelles. Et voilà qu’on cultive l’insipide et la « jardinière », cette triplette « sel-poivre-moutarde » déposée sur la table pour la finition du plat. Gastronomie interactive.

Le palais ne jouit plus

« Nous avons 500 personnes », « nous sommes 455 », et le cooking commence. Petits canapés massicotés dans du pain mou garnis de trucs rouges, de trucs blancs ou de trucs roses et mous qu’on appelle « pâté ». Univers d’esthétisme. Parades de verrines, de cuillères garnies et de toastinettes. Insipides. Le palais ne jouit plus. On ne sale plus. On n’épice plus. Pour ne pas faire hurler les esprits critiques. Pour ne pas provoquer de chocs anaphylactiques. C’est la cuisine « sur la pointe des pieds ».

Haddocks et harengs go home !

Pour le plat de résistance, la viande c’est souvent du veau ou une volaille pour rallier les ennemis du porc et les adeptes de la viande blanche dans le cadre des régimes. Texture étrange. Goût indéfinissable. Le petit flan de pommes de terre trône entre le fagot de haricots et la tomate recouverte d’un crumble de chapelure. Il faut dire que la frite pue et risque de pourrir les beaux tissus des manteaux du vestiaire avec son odeur si forte. On ne peut prendre ce risque. On ne peut pas non plus prendre le risque de répandre de forts relents de poissons. Haddocks et harengs go home ! C’était bon pour Jésus le jour de la multiplication des pains : une séance de plein air avec des gens qui avaient véritablement faim.

 Où est le sodium ? Où est le natrium ? Où est le sel de la terre ? Le sel a été le premier « salaire ». Le salaire fout le camp. Le sel c’est aussi ce qui parfume la sueur. On n’a plus le droit de sentir la sueur. Sinon, comment pourrait-on recycler les anciens sportifs dans des pubs pour déodorants ?

 000000aaaaa.jpgHier, j’ai dû saler ma choucroute. Aujourd’hui je vais manger des harengs. Lu sur le paquet « Harengs doux ». Il paraît que le Chrischtkindelsmarik offre encore du sel. On l’y répand généreusement sur les frites belges. On y accède après 45 minutes de queue. Le chemin vers le sel n’a jamais été facile. Je vais le parcourir. Le chemin de Compo-sel. Saint Cérébos priez pour moi.

 

 

 

 

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chat pap

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 12:00

 

 

 

 

 

 

 

 



On est près de Noël et ce temps de sérénité devient pour moi un temps de questions existentielles. 

Je connais ces longues réflexions, lors des épreuves du bac, devant une feuille blanche et une tablette de chocolat : « C’est quoi la culture sinon des comportements héréditaires et faut-il s’en libérer ? », « L’émotion est-elle tolérable pour un sujet raisonnable ? », « L’homme moderne peut-il et doit-il encore faire l’expérience du sacré ? » Et on se lançait dans cette analyse avec thèse, antithèse et synthèse donnant raison à l’un, donnant raison à l’autre, donnant raison à tous.

La pensée privée absolue 

Les dissertations ont toujours été des exercices de tolérance. Mais la dialectique, « cette pratique ordinaire du dialogue entre deux interlocuteurs ayant des idées différentes », a été abolie par l’apparition de la pensée privée absolue publiée avec force dans des tweets et sur des pages de réseaux sociaux. « Je pense, donc je suis ». Et nous voilà envahis de prophètes semeurs de zizanie qui s’attachent des théories de tout poil pour essayer de se hisser au rang de Platon, de Rudolf Steiner ou de Rika Zaraï. 

Chaque jour voit naître des courants philosophiques qui se font aussi nombreux et divers que les « Geschmacksrichtungen » (goûts) de ces capsules de café vendues dans des boutiques de luxe.

  Philosopher est devenu une activité de saison. On conteste la Saint-Valentin en février : « Le chocolat ne fait pas l’amour », « manger à deux est trop restrictif pour une époque où l’échangisme permet de révéler tout notre capital amoureux ». La Toussaint se conteste en novembre : « Un cimetière, terre foncière inestimable en milieu de ville, est-il tolérable dans les temps où les terrains manquent ? » Noël se conteste à Noël : les crèches deviennent suspectes. Elles ne répondent pas au principe laïc de la République.

  Les rois mages deviennent des princes orientaux ramenant des substances illicites et pratiquant le trafic de l’or. Le bœuf est soupçonné d’être une vache folle. Joseph et Marie deviennent l’archétype d’une forme de couple rétrograde engoncé dans le schéma “un homme, une femme, un enfant” et le petit « Negerle » qui hochait la tête quand on lui introduisait une pièce dans le cou est honni par les gens qui luttent contre le racisme.

La laïcité ferait soulever les pavés si nous n’étions pas au temps du macadam 

La virulence des propos est incomparable. La laïcité ferait soulever les pavés si nous n’étions pas au temps du macadam. Je tremble pour la cathédrale, ce signe religieux fort qui s’érige dans la ville bien au-dessus des toits de la CUS et de l’université. Hérésie ? Les athées demandent des villes à leur image. Marché de Noël oui mais instauré comme « Marché d’Hiver » ou « marché de Lumières ». Noël sans crèche. Sans anges. Sans fond religieux. Le père de Lili, libre-penseur patenté m’a dit : « La religion nous fait vivre dans l’illusion. Moi je suis athée, Dieu merci ». 

000000aaaaa.jpgMamema dit : « Moi je fais mes bredle comme toujours et je pense ce que je veux ». C’est que mamema ne se laisse jamais impressionner par les courants contraires. Elle dit : « Ich mach doch e Krippele un wann’I uff Schirmeck komm ». Mamema fera sa crèche « même si on la met à Schirmeck ». Et on chantera « Stille Nacht » en allemand. Parce que, chez nous, on ne touche pas à l’âme. 

 

 

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@ bientôt ....

d

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 18:38

 

 


 

C’est parti ! Ça sent le sapin, la cannelle et la pomme chaude. Tino Rossi se la joue « Ghost » et refait un tour de chant à la façon des Vieilles Canailles du rock français qu’on avait ressorties également pour quelques concerts avant de les renvoyer à leurs Doliprane et leurs cannes.
Tout recommence. Et pourtant, rien n’est jamais pareil. Waydelich dit « Une boîte de sardines ressemble à une autre boîte de sardines mais elles n’ont pas la même histoire ». Ce sont les histoires autour de ses Noëls qui font que Noël est ressenti autrement par chacun. Prononcez le mot dans la rue à chaque passant et fixez sa réaction dans la photothèque et dans la phonothèque de votre tout nouveau smartphone, celui qui vous rappelle les anniversaires du jour, la valeur de l’euro face au yen, les rendez-vous chez le pédicure, celui qui calcule vos calories, écrit vos textos par écriture intuitive et vous permet de vous engueuler avec un homme à la voix synthétique qui vous renseigne sur tout sans laisser de poils dans votre lavabo.
Tout le monde s’exprime, même les morts.
Dans le jargon des médias on appelait cela un micro-trottoir. Pour cet exercice, le petit reporter musclé allait parcourir les rues avec son magnéto Nagra de 6 kilos sous le bras pour interroger le chaland. De nos jours, il suffit de lire les tweets et les posts Facebook pour savoir l’opinion vraie des gens sur un sujet car tout le monde s’exprime. Même les morts qui continuent à exister sur leur page Facebook.
Alors Noël. Il y a ceux qui émettent des sons aigus « Jouhou » et d’autres des sons graves « Hole mi ! Cherchez-moi ! » Il y a les « Kling » et les « Klang ». Les Kling se délectent de cette période « C’est quand même beau toutes ces lumières ! Et puis je décore mes fenêtres ; les branches de sapin, ça change des pétunias, gall ? »
« J’aime ce moment de l’année, je me fais du thé de Noël, j’allume des bougies, je mange des chocolats, j’ai un autre comportement que dans le reste de l’année et surtout je peux de nouveau porter le Astrakan Mantel de maman ». « Hop, moi je dis, c’est bon de boire du warmer vin chaud Wyn. Moi j’en bois à beaucoup de stands, nit, il faut encourager les pompiers et la Croix Rouge et tous les autres. En plus, comme on te donne deux euros quand tu rends le verre, t’as l’impression que c’est gratuit ».
Le syndrome du pain d’épices ?
À ces paroles, tu te dis que Noël doit faire sécréter des endorphines dans le corps, anesthésier les soucis, dissoudre les chagrins. Est-ce le syndrome du pain d’épices ? Il est vrai que ce gâteau en forme de cœur ou de cake possède tous les ingrédients du bonheur : de la cannelle pour chasser les mauvais esprits, du girofle contre le mal de dents, du bicarbonate pour une bonne digestion, des dents blanches et un effet nettoyant pour la céramique des sanitaires. Que demander de plus ?
Euphorique ? Vous avez dit que je suis euphorique ? Peut-être l’étais-je avec les « Kling ». C’est un des symptômes de mon empathie naturelle : Être d’accord avec ceux qu’on écoute. Je suis donc aussi d’accord avec les « Klang ». Les Wihnachts-Brummler (les râleurs de Noël) ne manquent pas. « Ça commence trop tôt. Bientôt on pourra fêter Noël avec les chrysanthèmes et les citrouilles. Hop ! Ça économisera le sapin et les boules ».
Les séparatistes de Noël
« Moi, je ne me réjouis pas, on sera de nouveau chez la belle-sœur qui veut faire Masterchef végétarien et qui va nous seriner avec son soja et sa soupe au quinoa en disant qu’il faut respecter l’âne et le bœuf qui ont réchauffé l’enfant Jésus et qui ne méritent pas de finir en salami ou en bourguignon ». « Moi, je suis contre Noël parce que ça fait dépenser trop d’argent, Noël c’est comme un percepteur qui se mettrait dans votre salon, couvert de lumières, pour vous vider votre porte-monnaie ».
000000aaaaa.jpgJe les connais, les séparatistes de Noël, ceux qui se terrent chez eux en relisant les écrits sur l’athéisme de Karl Marx, en regardant l’intégrale de Star Wars pour se propulser dans le futur au lieu d’évoquer le passé. J’en ai vu aussi qui migrent vers des contrées pour lesquelles Noël n’a pas de visa et là, sous une tente, une yourte ou dans une chambre d’hôte chez des gens qui affichent le concept « Maison laïque et Feng shui », là, ils méditeront dans un hamac suspendu au-dessus d’un carré de galets dans des odeurs de thé fumé.
Confucius dit « Être pour Noël ou contre Noël, c’est le ying et le yang d’une même vibration, car toutes les cloches font Dong une fois qu’elles ont fait Ding ».
 

 

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 11:42

 

 

 

 



 

Mamema disait « Tu peux tout faire sauf te faire prendre ». Il est vrai que d’être pris sur le vif en train de commettre une de ces choses qui enfreignent les règles de bienséance, les lois du code pénal, celles du décalogue ou qui raccourcissent la durée de vie des objets nous plonge dans un sentiment mêlé de honte et de contrition.

  Comme l’erreur est humaine et comme nous sommes tous profondément humains, nous ne pouvons pas toujours échapper à ce que le dictionnaire appelle une faute, une bévue, ce que la bible appelle un péché, ce que le garagiste appelle une aile froissée et ce que le teinturier appelle une tache. Confucius dit « Si tu trempes ton t-shirt noir en entier dans l’eau de javel on ne verra plus qu’il présente des taches de javel par endroits ».

  L’escamotage est un art dont les ficelles sont inhérentes à l’intelligence de l’espèce humaine. Le Tipp-Ex cache les fautes, un pull à col roulé cache les suçons, un chewing-gum à la menthe cache les odeurs de cigarettes, la super-glu fait disparaître les bris de vases, le dessous de lit avale le désordre d’une chambre en un tour de mains, la boîte aux lettres abrite les accessoires interdits aux ados entre l’heure de leur retour de l’école et leur départ pour la même institution le lendemain matin.

  Le moindre bas filé peut bouleverser nos comportements rationnels

  Nous sommes tous de vils escamoteurs. Cette délinquance mineure nous pousse à faire des achats compulsifs dictés par le feu de notre culpabilité et nous précipite dans les boutiques de produits solvants, dans les rayons de colles et de clous ou chez Dédé l’Astuce qui saura remettre les choses en état contre paiement TTC. Für eine heile Welt… pour que notre monde retrouve son axe de rotation.

  Le moindre bas filé peut bouleverser nos comportements rationnels. Dans ces moments affreux où l’on voit ses mailles qui se sont désolidarisées du réseau, Simsalabim ! On sort un vernis à ongle pour circonscrire les mailles rebelles et on applique une de ces rustines idoines : une étoile en maille forte adhésive. Le trou devient alors déco. C’est la vieille loi des écussons adhésifs qu’on appliquait au fer chaud sur les trous dans les pantalons. Lili dit « le jean est le meilleur remailleur pour les bas ». Personne ne voit les mailles filées de ton collant quand tu en portes. Et les trous dans les jeans ? Ils disparaissent derrière des trous artistiques inventés par les créateurs de mode. Plus il y a de trous, moins on voit qu’il y avait un trou.

  Je ne lance la première pierre à personne. Elle pourrait avoir un effet boomerang et je pourrais le recevoir en pleine tronche. Il est vrai que je suis en chasse de la moindre tache et de la moindre particule intruse. Je vis la main prête à saisir l’éponge qui gratte avec son dos, la bouteille de vinaigre blanc ou le paquet de bicarbonate de soude. Schönheitsfehler ? « Wisch und weg » Ah ! J’oubliais le petit aspirateur de table ! Avec moi, il doit subir une vie de boulimique, forcé qu’il est d’avaler illico presto les miettes, les poils du chat et les molécules de poussière de rue que les chaussures déposent sur le carrelage.

Tout passe, tout casse, seuls les détritus restent 

000000aaaaa.jpgIl y a juste un problème avec les aspirateurs maintenant, qu’ils soient grands ou petits : ils sont transparents ! Ils ne cachent plus ni la poussière ni les peaux mortes, ni les cheveux tombés, ni les feuilles jaunies. Ils nous rappellent sans cesse que tout passe, que tout casse mais que les détritus restent.

 

 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 13:42

 

 

 

 

 


   

 

 

Un jour tu te réveilles avec cette certitude : je vais marcher. Tu entres alors dans cette période de ta vie où tu fais de la marche consciente. Et tu marches. Non plus en mettant un pied devant l’autre pour aller d’un point A vers un point B comme le veut la vie qui te pousse du lit à la table, de la table à le quête de nourriture, du boulot vers la maison.

  Tu marches pour garder la forme, pour éliminer le sucre de ton sang, les kilos sur les hanches et pour une méditation active. Les arbres et les étendues cultivées te ramènent à une forme de contemplation ou de vie mystique. Tu vis les rêveries d’un promeneur solitaire.

Marcher est une philosophie, un acte politique

  Parfois tu marches en groupe comme pour les processions, comme dans les manifs, comme pour aller à Saint-Jacques-de-Compostelle. Tu marches alors pour la paix dans le monde, pour le salut du grand hamster d’Alsace, pour alimenter la caisse des pompiers. Tu marches contre le racisme, contre les violences faites aux femmes ou contre les manteaux de fourrure. Marcher est une philosophie. Marcher est un acte politique. Ni Mao, ni Martin Luther King ne diront le contraire.

  Les grandes marches s’inscrivent dans l’Histoire. Le Strasbourg-Paris devenu le Paris-Colmar est de celles-là. « On va regarder les marcheurs ! » Cette phrase exclamative nous poussait au bord des routes pour voir se déhancher ces forcenés de la marche en route pour un périple non-stop de plus de 400 km. Je revois encore leurs coudes noueux, leurs visages émaciés aux nerfs tirés par l’effort, leurs jambes agitées par des mouvements bizarres de leur bassin. On leur faisait des signes avec nos fanions, on contemplait ces héros de l’impossible, ces surhommes devant l’effort, parcourir ces kilomètres d’asphalte qui avaient finalement le même but que le TGV : rallier Paris à la capitale du Bas-Rhin ou à celle du Haut-Rhin en un minimum de temps. Un exploit fait pour gagner un truc pas plus affriolant qu’un lot de tombola des stands du Messti. « Et un mixer pour Roger ! » et « Un bon pour une épilation pour François, c’est sa femme qui va être contente ! » Le vainqueur ramassait un téléviseur, pas plus donc que Germaine qui passerait un dimanche après-midi assise devant ses grilles de loto bingo.

  Je les ai côtoyés de près ces hommes que rien n’arrêtait. Ni la pluie. Ni le froid. Ni les ampoules. Le genre de sportif qui n’a ni sponsor, ni manager, ni soigneur, ni garde du corps, ni staff médical. Il fallait les voir de près, vidant des tubes entiers de crème dans les chaussettes pour éviter les douleurs. Il fallait combattre les chaussettes : elles échauffent les pieds, les écorchent aussi ou provoquent des réactions allergiques selon leurs composantes textiles.

  L’histoire s’arrête avec un décret du maire de Colmar.

  Il fallait voir leurs chaussures grandir au fil du parcours. Un Paris-Colmar qui se commence avec un 41 se finit avec un 44. Tu vis sur un grand pied à l’arrivée. Tu arrives juste encore mu par la caféine contenue dans tes cellules pour te permettre de rester éveillé et grâce à la chaleur de l’ami qui marche à côté de toi et dont la chaleur corporelle te sert de GPS. Mais tu arrives. Tu es un héros, un vrai.

  Hélas, il arrive un jour où on achève les chevaux, un jour aussi où on vire les héros. On ne le trouve pas rentable. On trouve cette forme d’héroïsme obsolète. Ce sport sans accessoires est rébarbatif au monde commercial. Parce qu’à part des chaussettes et de bonnes chaussures il ne fait rien vendre : ni voiture, ni maillots, ni billet d’entrées aux prix prohibitifs. Il n’est pas utile au produit national brut. Il est comme un moulin à café dans ce monde de capsules. 

000000aaaaa.jpgL’histoire s’arrête avec un décret du maire de Colmar. Mamema dit : « Il faut être Moïse pour arrêter les eaux tumultueuses de la mer. Alors on arrête ce qu’on peut ».

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi....
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 19:00

 

 

 

 

 

 


Ça s’en va et ça revient. C’est fait de tout petits riens.
C’est comme un raz-de-marée. Ça arrive sans signe avant coureur et ça vous submerge. Je veux parler des psychoses collectives.
« Ma brave Dame, j’en ai connu dans ma vie ! » J’en ai vu des psychoses alimentaires qui ont fait courir les braves gens vers les supermarchés remplir leurs chariots à ras bord avec du sucre. C’est qu’il y eut un jour une rumeur, venue du fond de l’espace et du temps, qui disait : « Attention, le sucre va manquer ! » Et les femmes se mirent à envisager avec horreur une vie sans gâteaux, sans pudding, sans bonbons, sans toutes ces choses qui leur donnent un ascendant certain sur les enfants et les hommes. Lili disait : « Et ma confiture du matin ? » La panique s’amplifia quand les directeurs de supermarchés rationnèrent le sucre à deux kilos par client. On vit alors d’augustes ménagères partir à la recherche de sucre tel Indiana Jones à la recherche de l’Arche perdue. Dans les caves, à côté des paquets Erstein on vit s’empiler les paquets Südzucker qu’on allait quérir en Teutonie et qu’on ramenait avec une satisfaction revancharde sur les années de restriction imposée par la guerre. Devant chaque paquet de Südzucker Mamema lançait ce cri de victoire : « Wieder eins wie d’Schwoowe nit bekomme » (encore un que les Allemands n’auront pas).
Il y eut un soir, il y eut un matin et il y eut la ruée sur l’huile de table, puis sur l’essence. Les razzias se suivent et se ressemblent.

L’homme est un clown pour l’homme
Toujours cette peur de manquer. Toujours la peur de mourir par manque de sucre, d’huile ou d’essence. Les êtres humains, les « Morituri » comme les appelait César, sont sujets à des comportements bizarres nés de peurs irraisonnées et tenaces. Je dis que cette peur insensée est tenace car je vis encore sous l’effet de la panique déclenchée en son temps par la rumeur d’Orléans, cette légende urbaine qui disait que les jeunes filles se feraient enlever au moyen de trappes installées dans les cabines d’essayages et finissaient leur vie dans le harem d’un prince des 1001 nuits. Et voilà donc qu’on s’était mis à acheter des vêtements sans les essayer. Il y eut alors des jeans sans ourlet, des jupes trop larges et des manteaux trop courts. Ce fut une époque dorée pour les retoucheuses.
Les légendes urbaines ne sont pas mortes. Les paniques collectives ont la vie dure. Nous voici en pleine psychose du clown tueur. Chacun se voit poursuivi par un clown. Les faits divers relatent ceux qui sont persécutés par un clown. On voit des nez rouges partout. Les frères en Facebook publient les articles des journaux et les anecdotes personnelles. Devant tant de cruauté perpétrée par des pitres au visage grimé, un nouvel adage est né : « L’homme est un clown pour l’homme ».
Dans les médias, le virus du clown tueur partage les gros titres avec le virus Ebola. L’Auguste devient un nouveau Kaspar Hauser. On crie « Haro » sur les places, dans les cafés et dans la salle d’attente du dentiste.

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Braves gens, continuez votre chasse au clown. Vous avez raison. Le clown est dangereux. Il peut vous faire mourir de rire.

 

 

 

Huguette Dreikaus ?  non ....ce n'est pas moi.... 
mais toutes les deux... alsaciennes  ....

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deytsc

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