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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 12:01

 

 

 

 

 

 

 


 

Claquer la porte ? Quoi de plus banal (quand du moins ce n’est pas celle du boulot). La claquer sans y penser est plus risqué. La claquer en ayant laissé la clé dans la serrure, côté intérieur, voilà qui devient périlleux. Lorsque le tout est brillamment tenté un dimanche matin, on découvre que l’aventure commence parfois sur son palier.
 
Inutile d’aller au fond de la brousse pour se sentir seul au monde. Un entresol d’immeuble dans un quartier bourgeois de Strasbourg peut faire l’affaire.
 
Première épreuve, trouver un sauveur. Un serrurier, quoi. Où l’on mesure que la notion du temps peut être relative, y compris celle d’un service dit 7 jours sur 7.
 
Ne pas désespérer trop vite : au cinquième appel ce dimanche-là, bingo. Zorro décroche. Et annonce ses tarifs, à la mesure du moment. Ce sera cher, une invitation au resto aurait été plus avantageuse.
 
Mais on ne choisit pas toujours le menu, ni ses commensaux. L’artisan est donc venu, a foré le barillet, remplacé le mécanisme et sorti l’addition. 800 euros ma p’tite dame, service, déplacement et nouvelle serrure compris.
 
Affirmer que tirer la porte derrière soi n’est jamais gratuit aura rarement pris autant de pertinence. L’artisan étant sympathique, et n’ayant jamais caché que de nos jours on n’avait plus rien pour pas cher, la facture a été réglée sans trop sourciller.
 
Il est vrai que, sans le vouloir, le Superman de la perceuse s’était montré vaguement humoristique. D’abord, en voulant consoler sa cliente : une serrure d’ultra-haute sécurité aurait pu lui résister bien plus longtemps (aïe, la facture). Ensuite, en déballant ses références professionnelles : son truc à lui serait plutôt le perçage de coffres-forts oubliés...
 
À ce tarif-là, de fait, il y aurait de quoi se sentir riche. C’est peut-être ce qu’a pu se dire notre étourdie en refermant, avec un luxe de précautions, sa porte précieusement garnie.

Didier Rose


 

  Je pense donc je lis les DNA

        

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 19:18



 

 


 

 

 

 

Officiel : le printemps, c’est demain. Bonjour jupettes, Ray Ban, allergies. Il va être question de changer d’air. Peut-être d’ère, si l’on en croit certaine campagne électorale.

Avant de se vouloir printemps des peuples, la nouvelle saison sera, et c’est énorme, une occasion d’enfin respirer. Avec le retour des p’tits zosiaux, devraient disparaître devant les troquets tous bavolets, auvents et pare-brise qui rendaient les endroits irrespirables.

C’est bien français, mais c’est ainsi : plus il fait froid, plus les tenanciers transforment leurs terrasses en yourtes improbables, cahutes de toile qui, en plus d’être chauffées (gare à l’érythème facial par infrarouge), s’éloignent radicalement de la définition d’une installation extérieure.

Du coup, s’il est un endroit où l’on étouffe en hiver, c’est bien en terrasse. Strasbourg a déclaré la guerre aux braseros, jugés aussi vains qu’énergivores. D’autres chaudières peuvent plomber l’atmosphère en milieu confiné : nos amis les fumeurs.

Le royaume du crapoteur hivernal, c’est la terrasse couverte. À l’abri des frimas, ça pétune à qui mieux mieux, l’environnement peut tourner par absence d’aération à la fumigation forcée, voire au fumage de jambons. Prière d’allumer ses antibrouillards pour lire la carte.

Avec le printemps, souvenirs que tout ça. Le réchauffement du fond de l’air contribue à sa purification. Toujours cigarettes et cigares au menu, certes. Du moins peut-on, théoriquement, tourner les naseaux au vent.

La belle saison devrait donc libérer les poumons. Si, patatras!, par une sorte de cercle vicieux qui fait tout le charme de notre monde, les clopeurs, bien malins, ne se massaient d’instinct au soleil.

D’où retour à la case fumoir. Et plaintes ces temps-ci d’associations antitabac, favorables à un cessez-le-feu définitif en terrasse. Des extrémistes proposeraient même aux beaux jours d’exiler les fumeurs... à l’intérieur. Sans trop se mouiller, on peut parier que l’idée passera pour aimable fumisterie.

 

 

Didier Rose


 

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             Dernières Nouvelles d'Alsace  19 mars 2012

 

 

 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 01:10

 

 

 

 

 

 

 

Quelqu’un nous veut du bien. Si, si. Depuis le début de l’année, il nous écrit. Ça a commencé par un amical « J’ai des nouvelles à te donner ». Sympa. Sans doute aurait-il fallu répondre illico. Le rappel s’est fait pressant. « Il y a des réponses pour toi ».

Plus que sympa, cette fois : courageux. L’époque ne manque pas de nous poser questions, et pas des plus simples.

Là encore, un défaut de réaction semble de nature à provoquer le malaise : « Je te conseille de ne pas passer à côté ».

Personne n’aime passer « à côté », sauf peut-être d’une bouche d’égout laissée ouverte. Encore faudrait-il savoir exactement ce qu’on loupe.

Levons le suspense. À nous, comme à de nombreux autres on suppose, est proposée avec insistance une offre promotionnelle pour dix minutes de « voyance gratuite » par téléphone.

On espère que le terme de gratuit s’oppose à payant, et non à fondé. Une divination gratuite, voilà qui pourrait être interprété, littéralement et avec un peu de mauvais esprit, comme un augure sans valeur, absurde, injustifié, irrationnel.

Or, la divination est tout sauf gratuite :
50 000 astrologues en France verraient venir près de 3 milliards d’euros de recettes par an. Ce qui valoriserait la boule de cristal à 60 000 euros annuels, soit 250 euros par jour ouvrable. De bon augure pour le niveau de vie des oracles.

Mieux, le « marché » de la prophétie appliquée à nos petites existences se flatte d’excellents pronostics : l’augmentation annuelle des vaticinations devrait atteindre 10 %, avec quelques plaintes pénales en bonus.

Tandis que les devins de la bourse rament sur leurs courbes et que les pythies politiques se noient dans les sondages, la pendule et le jeu de cartes surnagent. Surfent, même, sur la crise. S’assurer un avenir, finalement, n’est peut-être pas si sorcier.

 

Didier Rose


 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 01:04

 

 

 

 

 

 

Il va nous manquer une case. Mais c’est pour la bonne cause. L’administration est priée de supprimer l’un des trois genres qu’elle persistait à distinguer. Sur les formulaires, on ne cochera plus Mademoiselle.

Conserver cette option, selon des mouvements féministes, c’était la croix de trop. Pourquoi pas une ligne Damoiseau, pour les célibataires masculins ?

En ces temps de défusion et de recomposition des familles, de mélange et de repartage des fratries, de bonneteau des régimes matrimoniaux (mariage, remariage, redivorce), la précision Mademoiselle paraissait plus que machiste : désuète.

De surcroît, elle était susceptible d’engendrer des quiproquos. On pouvait être Mademoiselle et pacsée. Ou célibataire et néanmoins Madame, depuis qu’une circulaire de 1972 a ouvert ce droit à toute femme de plus de 21 ans. L’usage accorde ce même Madame à une mère, même célibataire. A l’inverse, dans la noblesse, l’absence de titre valait à une femme, y compris mariée, d’être appelée Mademoiselle !

En boutant Mademoiselle hors du vocabulaire officiel, la France enterre d’autres mentions datées, comme « nom de jeune fille » et « nom d’épouse ».

L’équité et la modernité y gagnent ce que la langue française y perd. Mademoiselle n’était pas que civilité. Le terme pouvait valoir politesse, voire compliment, et parfois susciter une volée courroucée en retour.

Bref, Mademoiselle était d’un usage délicat, une part de son charme, de sa poésie même, jusqu’à en faire rougir ce grand sensible de Proust. Il paraîtrait que les appellations sœurs, comme Miss ou Fraülein, ne connaîtraient pas meilleur sort.

Qu’on se rassure : il n’est pas, encore, question de lisser les genres, d’aseptiser les sexes au point de fusionner, sur le plan du protocole au moins, ces autres vieilleries que sont Madame et Monsieur.
publié

 

Didier Rose


 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 12:37

 

 


 

 


 

En ce jour de la Saint Gaston, y a peut-être le téléphon’qui son’. Et ce n’est pas forcément du bidon. Si votre portable se met à donner du carillon, il ne faudrait pas que, comme dans la chanson, y ait « jamais personne qui répond’». Votre journée, voire plus, risquerait d’en pâtir.
 
Un smartphone est un peu la médecine de l’homme moderne. Une vraie armoire à pharmacie. Sur ses étagères, pas de molécules magiques. Mais des électrons, et c’est parfois plus efficace.
 
Faiblards de la pharmacopée et un peu mous du genou, voilà une béquille sur batterie qui en tous lieux, et presque toutes circonstances, connaît les gestes qui sauvent – le premier restant d’appeler au secours, il n’est pas inutile de le rappeler. Et pas sur Facebook, où on risque de récolter en retour des commentaires aussi utiles que « J’aime ».
 
Ne plaisantons pas sur le sujet, il en va de nos artères. À ce jour, plusieurs milliers d’applications du domaine médical sont téléchargeables sur un téléphone moderne. Qui dira que les portables ne sont décidément qu’une plaie ?
 
Tout y passe, ou presque : lieux d’implantation de défibrillateurs, capteurs optiques pour déterminer la saturation d’oxygène dans le sang, consignes de premier secours, voire télédiagnostic. Une société alsacienne, Actimage, a d’ailleurs développé un ingénieux logiciel ciblé sur le diabète.
 
Plus fort encore, une étude indiquerait que des patients suivraient plus docilement les injonctions de leur téléphone que de leur médecin. Indice de ce qui est vraiment important, dans la vie des gens ?
 
En attendant des applications anti-rhume ou douées de propriétés désinfectantes, le téléphone dit intelligent pourrait finalement en donner pour notre argent. On applaudira alors ce nouvel adjuvant à notre santé. Sans se bercer d’illusions. L’abonnement illimité remboursé par la sécu, l’affaire est vraiment trop téléphonée.

Didier Rose


 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 01:05

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

n'ai pas trouvé ....de ground hog 

 


Plus célèbre que le hamster d’Alsace : Madame marmotte. Pas n’importe laquelle, non plus. Celle de Punxsutawney (à vos souhaits).

Comment ça, bled inconnu au bataillon ? Cette bourgade de Pennsylvanie est célèbre, au contraire. Immortelle, depuis qu’au cinéma un film a uni les destins de l’acteur Bill Murray et de « Phil-la-marmotte ».

Venons-en à nos moutons, à savoir notre rongeur. Chaque année en février, la marmotte de Punxsu-etc. est censée prédire l’arrivée du printemps. Un peu comme feu Paul le poulpe en foot, mais en moins fortiche : Phil viserait à peine plus juste que le hasard…

La belle affaire que ces pseudo-prédictions. Sans flonflons, ni trompettes, l’un de nos voisins immédiats a su se montrer autrement perspicace, en des domaines bien plus pointus.

Qui aurait pu prévoir, sinon notre grand hamster chéri, que la France serait condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne pour incapacité à préserver la biodiversité au pied des Vosges ?

Quel autre mammifère aurait pu prédire qu’un jour architectes, bâtisseurs ou traceurs de route en viendraient à se ronger les plans, jusqu’à devoir réviser des projets en surface pour cause de tanières souterraines ?

Qui, sinon notre cricetus cricetus adoré aurait pu annoncer qu’on verrait dans la plaine d’Alsace non plus des géomètres tracer des droites, mais des vacataires compter des terriers sur leurs doigts ?

Certains politiques, paraît-il, confondraient hamster et urticaire. Pauvre bestiau, annonciateur malgré lui d’une époque où la nature est devenue gageure.

Un rongeur de Pennsylvanie ne suffit pas à faire le printemps. Pas plus que le grand hamster d’Alsace (appelé marmotte de Strasbourg, qu’on se le dise) n’est encore sorti de son hiver démographique.

Vu ses talents de devin, on aurait aimé lui demander deux-trois bricoles, sur les futures élections, ou le prochain tirage du Loto. Mais l’animal a mieux à faire : il dort. Coquin de sort.

 

Didier Rose


 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 17:37

 

 

 

 


 

 

 

 



Basta, les grands froids. Une immense vague de chaleur est prévue demain sur toute la région. C’est qu’à la Saint-Valentin, jamais les élans du cœur on ne retient.

Donc : chaud devant. Puisqu’il est question d’émotions, prière d’aligner les biffetons. La fête des amoureux ne se paie pas que de déclarations enflammées.

Pour ne point être taxé de frilosité sentimentale, les usages recommandent d’avoir fait préalablement chauffer la monnaie. Se pointer la main sur le palpitant et les poches creuses, voilà qui risque d’être assimilé à la plus givrante des pingreries. Voire d’installer comme un glacis dans certains couples, auquel le printemps n’est peut-être pas près de remédier.

Le feu qu’on a vu souvent rejaillir d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux, c’est dans les chansons. Dans la vraie vie, des torrents d’acrimonie peuvent se déverser, et se figer durablement, pareil que la lave.

Tout n’est pas si noir, dans ce paysage à vocation plutôt rose bonbon : à cette période de l’année, les idées cadeaux sont « données » par pelletées.

On s’est vu proposer un coussin Trabant (25  €), des boutons de manchettes à engrenages (79  €), New York avec réductions shopping (1 340  €), un collier de cœurs gravés Chouchou et Loulou (53  €), un pyjashort en satin rouge transparent très hum-hum (35  €), un coupon Régalons-nous (soldé à 79,90  €). Et le truc auquel votre moitié n’aurait jamais pensé : 1 000 nouveaux fans sur le plus grand réseau social, non plus à 990  € le lot, mais à 249  €. Soit une ristourne de 75 %, pour des gens que l’on connaît, garanti sur facture, à 0 %.

Le vrai-faux pote à 25 centimes ? Chacun reste libre de mesurer l’effet d’aubaine. Ou pas. Et on attend la suite. Non, pas le service automatique de tchat avec ses nouveaux « amis ».

Mais le plus logique des cadeaux virtuels que l’on puisse (se) faire à la Saint-Valentin, faute de mieux : LE big love totalement fictif, juste pour épater la galerie internet et paraître moins seul. On n’y a pas déjà pensé ? Du calme : le temps de fixer un prix qui paraisse acceptable. Et ça viendra.

 

 

Didier Rose


 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 13:00

 

 

 


 

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Adieu cadeaux, gâteaux, galettes. Les fêtes sont déjà loin, fini la fiesta. L’avent et ses espoirs sont passés, voici l’après. Demain sonne le glas de janvier, un nouveau départ dans l’année.

Février, un tournant. L’année en effet ne restera pas seulement dans les mémoires pour raisons électorales. Ni par simple coïncidence calendaire : 2012 est un sacré numéro, le rendez-vous des vendredis 13. Outre janvier, les mois d’avril et de juillet aussi célébreront la patte de lapin et le trèfle à quatre feuilles. Que du bonheur, pour la Française des Jeux.

Mais si février contribue à faire de ce millésime une exception, c’est surtout pour ses 29 jours au compteur.

2012 est bissextile, ce n’est pas si gratuit. Dans le monde salarié, par exemple, un jour de plus au turbin pour le même prix. On applaudit.

Sur un autre versant, les bénéficiaires d’indemnités et d’allocations journalières, et ce ne sont sûrement pas les plus vernis, toucheront un rabiot : le pécule quotidien attaché à ce 29 e jour, prime de février qui ne tombe malheureusement que tous les quatre ans.

Il n’en va évidemment pas de même pour les natifs du 29 février. Un anniversaire prétendument tous les quatre ans, le vieillissement soi-disant divisé par quatre, l’affaire eût été trop belle.

Outre le plaisir d’être né un jour pas comme les autres, et de partager cette particularité avec le fameux Sapeur Camenber, les petits malins nés un 29 février ont ce privilège exorbitant de pouvoir fêter leur anniversaire quand bon leur chante, trois années sur quatre. Autrement dit, soit à l’instant précis où l’on bascule du 28 février au 1er mars — mais c’est un peu court. Soit le 28 février. Soit le 1er mars. L’essentiel étant que famille et potes soient synchrones.

À propos de synchronisation, après le calamiteux 2011, au moins une bonne nouvelle : à part le 11 Novembre, aucun férié cette année ne tombe un dimanche. Ça change un peu.

Didier Rose


 

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 Camember est un personnage de soldat illettré (il ne reconnaît bien que la très utile lettre H) et un peu simplet dont les agissements sont souvent absurdes. Né le 29 février 1844 dans le village imaginaire de Gleux-lès-Lure (Saône-Supérieure), il ne peut fêter son anniversaire que tous les quatre ans, et se trouve donc (après une enfance tapageuse) mobilisé dès sa cinquième bougie. Le sapeur Camember (François-Baptiste-Éphraïm) est le héros d'une des premières bandes dessinées françaises due à Christophe (1856-1945) Les facéties du sapeur Camember.
Marie-Louis-Georges Colomb, dit Christophe 1856-1945  est l'auteur.

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 08:47


 


 

 

 

 


Allô maman, bobo ? La chanson était prémonitoire. On savait les smartphones salement envahissants. Jusqu’à rendre indigestes des déjeuners au restaurant, transformer des voyages à bord du TGV en pulsion meurtrière, voire interrompre, dernièrement, le Philharmonique de New York en pleine Neuvième de Mahler.

Hélas, cette maladie grave qu’est devenue la téléphonite aiguë est transmissible. S’est propagée là même où on lutte contre les contaminations : le bloc opératoire. Personne n’avait prévu pareille contagiosité du virus numérique...

Si donc, bien inconfortablement installé sur le billard, un malade entend implorer « Ne coupez surtout pas ! », il ne devrait pas en déduire que le chirurgien panique. Il téléphone, peut-être. Si une sonnerie retentit, ne pas en conclure davantage qu’un capteur cardiaque part en vrille. Il peut s’agir d’un texto qui vient d’arriver à l’infirmière. Enfin, si l’anesthésiste trifouille sombrement un clavier, ne pas se signer d’emblée: il gère, possiblement, ses courriels.

Raccrochez, c’est une horreur (médicale). Aux États-Unis, toujours précurseurs en tout, de premiers procès visent des chirurgiens plus préoccupés de leur répondeur que du bistouri. Situations impossibles en France, bien sûr. Même si des cadors de la suture y ont invoqué l’intérêt d’être joignables dans les temps morts – expression qu’il vaut mieux ne pas prendre, dans un hôpital, au premier degré.

Verra-t-on des panneaux « Éteignez votre portable » à l’entrée des salles de chirurgie, ce qui ne manquera pas de faire rire des patients dans le plus simple appareil ? Quoique, pour le malade, user d’un portable au bloc aurait des avantages. Comme de rassurer les potes : « Jusque-là, tout va bien, rappelle dans cinq minutes ».

Toujours branchés ? Pas qu’en médecine. Une élue alsacienne a eu l’idée de diffuser, sur les réseaux sociaux et en direct, des photos de documents débattus en séance non publique. Génial. La politique régionale à cœur ouvert, une plongée à vif dans les entrailles du pouvoir, les coulisses électorales disséquées en temps réel : de quoi en remontrer à tous les D r House accros au portable.

 

 

Didier Rose


 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 01:06






 

 

 

 

 

 

 

J’ai 80 ans, le mollet rond, la taille itou et le derme aussi tendu que le moral des ménages. Pourtant, en ces temps d’incertitude, je reste valeur sûre : ni le climat flageolant, ni l’euro chancelant ne trompent mon humeur.

Je suis… Non, pas le père Noël, personnage effectivement apparu en 1931 dans une pub de Coca-Cola – mais dont, contrairement à la légende, la naissance et les apparitions sont antérieures, attestées par des illustrés du XIX e siècle.

Je suis en fait Babar. Certes, tombé dans le domaine public, comme certains de mes rivaux dans l’oubli. Pour autant, vivant comme jamais. Un pied de nez aux marionnettes pixelisées, un poids sur l’estomac des héros vidéos.

Défense de se moquer : l’éléphant même vieillissant a bonne mémoire, et encore meilleure presse. Psys, enseignants et même illustrateurs s’ébaudissent, en 27 langues mais pas en alsacien, du succès d’un anthropomorphisme basé sur des vraies valeurs de la vraie vie traditionnelle.

Et ce n’est pas plus mal. Au moment où les télés en viennent à filmer les trains qui arrivent non plus en retard mais à l’heure ; en des temps où la fin de la planète se décide en salles des marchés ; dans une époque où l’on fait ses courses à la kalachnikov, on ne peut en vouloir à un éléphant (même pas rose, n’en déplaise à certains) d’évoquer un monde désincarné, faisant voyager les mômes et leurs parents tête contre tête.

De mauvais esprits ont vu dans l’octogénaire en habit vert assez ridicule un personnage pas si net, époux de sa propre cousine, entretenu par une vieille dame, monarque autocrate. Comme s’il fallait s’offusquer d’un conte dont, par ailleurs, les produits dérivés font les bons comptes.

Babar n’a rien à voir avec le père Noël, c’est entendu. Et c’est un peu dommage : l’esprit régressif des fêtes y aurait encore gagné.

 

 

Didier Rose


 

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